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Café théâtre au Jeu de Paume

Fête des mères : Diptyque familial

Le Jeu de Paume à Aix-en-Provence a accueilli une pièce déjantée comme on en voit d’ordinaire dans des salles plus populaires, sans vexer pour autant le public habituel du théâtre qui a applaudi bruyamment. Il faut dire que l’histoire est bien menée, avec des rebondissements, des répliques à l’emporte-pièce et que les acteurs s’amusent bien (ce qui est la condition pour nous amuser), à commencer par Florence Janas, une vraie bête de scène qui ajoute à son texte force mimiques et virevoltes.

Diptyque en effet puisque composé de deux parties séparées par un entracte. Cela commence donc par une fête des mères ratée en l’absence de la mère pour un motif tellement grave que l’amie de la celle-ci, Florence et le plus jeune fils, Ziggy, auront beaucoup de mal à l’expliquer aux deux autres enfants, Gabriel et Louise. Un cinquième personnage, Arthur, le compagnon de Gabriel, vient compléter le tableau. Interprété par Cyril Metzger, il est plein de drôlerie, quoiqu’avec moins d’exubérance que Florence Janas (Florence dans la pièce). Quant aux enfants (Joaquim Fossi-Gabriel, Aubin Hernandez-Giggy et Adèle Royné-Louise), bien que pris dans leurs disputes et leurs angoisses, on ne les prend jamais au tragique conformément aux règles d’une comédie où il n’est pas question de s’identifier à des personnages dont les réactions outrées – même dans la colère ou le chagrin – sont d’abord imaginées pour faire rire.

Changement de décor et d’atmosphère après l’entracte puisqu’il s’agit du mariage de Louise avec un certain Arthur (même prénom que l’ami de Gabriel, ce qui donnera matière à quelques qui pro quo), lequel ne paraîtra pas davantage que la maman décidément aux abonnés absents. Le mariage tournera mal mais tout finira bien comme dans toute comédie qui se respecte. Un sixième personnage apparaît, Anne-Lise, l’amoureuse de Ziggy, interprétée par Elsa Guedj dont la voix suraiguë est, hélas, parfois difficilement audible.

Le texte de la pièce est signé Vincent Garder et Adèle Royné, apparemment responsables également de la mise en scène avec la collaboration artistique de Guillaume Vincent (lequel interprète parallèlement le duo Paradoxe avec Florence Janas). Il est toujours délicat d’être à la fois comédien et metteur en scène dans une pièce dont on est l’auteur (même si un Molière s’en tirait très bien). En l’occurrence, le jeu d’Adèle Royné (Louise) a semblé un peu en-dessous de ses camarades dans le registre comique, comme si elle ne parvenait pas à quitter le rôle d’observateur qui est propre au metteur en scène, d’autant qu’elle intervient également hors jeu pour annoncer chaque tableau.

Une mention particulière pour les changements de costumes tout au long de la deuxième partie.

Au Théâtre du Jeu de Paume, Aix-en-Provence, les 14 et 15 octobre 2026.