Chroniques

Les PIM’S à l’Orange – Ma Madeleine de Proust

C’est en fouinant dans le rayon confiserie d’un hypermarché nîmois que je me suis retrouvé face à un tout petit linéaire de biscuits « Pim’s » à l’orange de la marque LU.

La vision de ce packaging, très légèrement modifié, a brutalement fait resurgir des images du passé : un vrai choc mémoriel.

Et toute une époque m’est revenue en mémoire, celle des années 80/90, époque où je sillonnais la France en voiture, pour mes déplacements professionnels, mais aussi familiaux.

Dans ces temps désormais anciens, les Pim’s à l’orange étaient l’une de mes préférences.

Ils étaient, me semble-t-il, consommés également en famille.

Quel plaisir de laisser fondre dans la bouche ce biscuit composé d’une génoise légère, d’un fourrage à l’orange, le tout recouvert d’un fin nappage de chocolat.

Ce mélange de saveurs orange chocolat en faisait le charme, en lui donnant ce petit côté so british, si original.

Ce qui est finalement tout à fait normal, puisque les Pim’s de Lu sont inspirés des « Jaffa Cake » inventés en Angleterre en 1927 par le confiseur McVitie and Price Ltd. Le nom de Jaffa fait référence à la variété d’orange dont le jus parfume le fourrage du biscuit.

C’est en 1982 que LU créa ses Pim’s à l’orange en s’inspirant de ces fameux biscuits anglais.

Ils faisaient partie de mes préférés et m’accompagnaient durant mes longs déplacements en voiture, à cette époque où je parcourais la France. Un creux à l’estomac, une petite faim, une chute d’attention, et sans m’arrêter, je saisissais un gâteau dans son étui sur le siège passager avec la main droite, la gauche maîtrisant le volant… quel délice de savourer alors cette douceur, tout en traversant les paysages divers et variés du territoire national.

J’ai ainsi dégusté des Pim’s dans toutes les régions de France.

Je me souviens de la traversée des Landes, quand je me rendais de Bayonne à Libourne, à Jonzac et dans tout le sud-ouest, visiter mes magasins du groupe Guyenne et Gascogne, en R20.

La longue route droite à travers la forêt landaise permettait une parenthèse bienvenue dans la dureté de la vie professionnelle.

Je me souviens aussi du parcours autoroutier Toulouse/Fontenay le Comte pendant mon stage E. Leclerc en 84 avec la R20 bordeaux, aller le lundi matin, retour le samedi soir.

Je me souviens d’un trajet plein de danger, d’Anglet à Élancourt, pour aller passer le réveillon 85 ou 86 chez nos amis Guiné. Après un parcours à partir du Pays Basque, nous avions été brutalement surpris, en haut d’une côte, vers Poitiers sur l’A10, par une soudaine vague de froid, en débouchant brusquement sur une route verglacée, où la plupart des voitures de vacanciers partaient à la faute, il y en avait dans tous les sens…

Mon expérience de la conduite en montagne m’a alors grandement servi, et sans donner un seul coup de frein, nous sommes arrivés sans encombre à destination. Il y avait un grand silence dans la voiture, au milieu d’un paysage dantesque avec des arbres et des fils électriques complètement givrés.

Je me souviens aussi de la longue route de Rouen à Rennes et Ploemeur, à travers Normandie et Bretagne, en R21 Turbo 2,2 L, quand j’œuvrais pour Codec. C’était la voiture de fonction fournie par l’entreprise à ses Directeurs.

La fameuse R 21 Turbo 2,2L

Je me souviens que le vendredi soir, en rentrant du siège de Longjumeau à notre domicile de Rouen/Bonsecours, je me défoulais en poussant quelques pointes à 220, la vitesse maximum jamais atteinte au volant.

La beauté des régions traversées venait faire oublier un temps les problèmes professionnels, une pause touristique dans un emploi du temps lourdement chargé.

Une chance en ces années 80, il n’y avait pas encore de téléphones de voiture, ni de portables, et l’on disposait de quelques heures de paix entre clients ou réunions…

Je me souviens des routes ensoleillées, sous la chaleur, entre Nîmes et la Côte d’Azur, quand j’allais visiter mes clients franchisés Codec à Menton, Antibes ou Cagnes/Mer.

Une petite halte sur l’autoroute dans un parking avec vue mer, un café, un pim’s, quelques articles de l’Équipe, et je repartais régénéré et prêt pour de nouvelles aventures.

Je me souviens aussi des trajets de Paris à Reims et Épernay le weekend pour aller assister aux conventions organisées pour nos clients, et qui se déroulaient dans de magnifiques caves champenoises.

Je me souviens du trajet Nîmes/Toulouse, en Laguna, aller le lundi matin, retour le vendredi soir, effectué le pied au plancher, comme si le temps m’était compté. J’effectuais le parcours sans arrêt, la dégustation d’un pim’s venant opérer une distraction bienvenue, en levant momentanément le pied, et en rechargeant ma capacité d’attention.

Je me souviens aussi des trajets Nîmes /Annecy et retour, quand je participais à des réunions de travail avec l’agence de communication Apache, dirigée par Pascal Dupont, qui devint notre ami.

Je me souviens aussi d’un jour dramatique, le 21 septembre 2001, lors de l’explosion de l’usine AZF. Je me trouvais alors à Annecy, et je partis vers 13 h pour rejoindre Toulouse d’une seule traite, car s’y trouvaient ce jour-là mon épouse, ma fille, mon petit-fils et ma mère. J’arrivais vers 21 h dans une ville quadrillée par la police et l’armée, le ciel sillonné d’hélicoptères de surveillance qui balayaient la ville avec de puissants projecteurs. L’appartement de ma fille n’avait plus de vitres, mais tout le monde était sain et sauf.

Je me souviens aussi des voyages en famille, pour les vacances, où nous faisions d’une seule traite des trajets comme Le Plessis Paté (Brétigny)/Toulouse, Caen/Toulouse, Bayonne/Méribel, Bayonne/Paris, Rouen/Caraman, etc.

Raphaël et Anne-Lise occupaient les sièges passagers et la chatte Capucine la lunette arrière.

Notre fille Anne-Lise se souvient très bien de la boîte de Pim’ déposée dans la boîte à gants, dans laquelle toute la famille se servait pendant ces longs voyages Nord/Sud de départ en vacances.

Les pauses gourmandes permettaient alors de savourer les fameux Pim’s à l’orange !

Mais je ne sais plus qui de nous quatre adorait les Pim’s autant que moi.

Toutes ces images défilaient dans ma tête pendant que j’hésitais devant le linéaire, où étaient présentés les fameux Pim’s à l’orange, et une nouveauté, des Pim’s à la poire.

Qu’allais-je acheter, les originaux à l’orange, ou les nouveaux à la poire ?

Qui allait l’emporter, le retour vers le passé ou la découverte de la nouveauté ?

Après quelques hésitations, c’est les Pim’s à la poire qui vinrent choir dans le caddie.

La curiosité l’avait emporté sur la tradition…

Quelques commentaires de lecteurs:

Alors ils sont bons à la poire ? Ça doit être pas mal !

Très joli texte et plein de souvenirs qui reviennent. C’est toi qui préférais les Pim’s orange.  Que de souvenirs tous ces trajets et comme c’était bien de ne pas avoir de téléphone portable en effet, quelle paix de l’esprit, et comme tu as dû voir de belles choses.

Anne-Lise 25 04 2026

 

Nous aussi, nous sommes des amateurs de Pim’s de longue date. Pas aussi assidus que toi, Roger, car nous les dégustons essentiellement pour le five o’clock avec une bonne de tasse de thé, pour rester dans l’ambiance British. En voiture, il faut faire attention de ne pas les laisser au soleil parce que l’enrobage fond facilement et peut causer quelques difficultés pour la conduite.

En ce qui nous concerne, nous sommes restés au Pim’s Orange, la poire ne nous a pas convaincus.

Longue vie au Pim’s 😉

Jackson (et Katia) 27/04/2026

 

Bravo pour ces souvenirs d’un autre temps.

Ma madeleine n’était pas le biscuit mais curieusement le chocolat !

En fait il s’agissait des « Pyrénéens » bien connus chez nous car fabriqués dans le piémont pyrénéen.

Nous les dégustions à Noël avec mes parents et ma sœur un par un pour les faire durer une semaine.

Quant à la route, je vous décris trois souvenirs marquants :

– Seul avec ma 2Ch Citroën de Toulouse à Chamonix d’une traite pour faire de l’escalade.

C’était dans les années 60 et il n’y avait pas d’autoroute !

– Avec mes deux petites filles qui dormaient heureusement, je revenais de Lacanau.

Sur la rocade de Bordeaux j’ai été pris dans un orage violent et crevé du mauvais côté.

Imaginez l’enfer pour changer la roue ! et ma femme partie devant avec sa 4L sans nouvelles de moi !

Car à l’époque on n’avait pas de portable …

– Enfin pour la vitesse dans les années 90, j’ai roulé sur autoroute avec l’Audi A6 de Roland G. …à 240 km/h pour un bref moment la première et dernière fois de ma vie …

JJ      28 /04/2026