
Ce fut une entrée réussie pour notre premier concert en plein air 2026 du Festival de Piano de La Roque d’Anthéron, en ce samedi 18 juillet.
Au programme deux grands classiques, le 5ème Concerto (l’Empereur) et la 7ème de Beethoven.
Sur scène, nous retrouvions une nouvelle fois le sympathique Orchestre de Chambre de Paris, qui nous livre depuis quelques années des prestations très variées selon la personnalité et la valeur du chef. Si 2025 avait été médiocre, le cru 26 allait se révéler de haute tenue, grâce à une cheffe, Kristiina Polska, qui a mené l’affaire de main de maître(sse).
Elle a manœuvré l’orchestre comme un escadron de cavalerie : il fallait voir dans le 4ème mouvement de la 7ème symphonie les cordes sauter à chaque coup d’archet de leur siège, accentuant la cadence, suivant le rythme endiablé de la musique…on avait l’impression d’assister à une charge de la cavalerie légère. Et tous les autres instruments étaient à l’unisson.
Rien ne lui échappe, son regard parcourt inlassablement l’orchestre, manifestant d’un signe discret ses indications, appuyées par sa baguette tenue par sa main gauche, suivies à la lettre par les musiciens.
Cet orchestre est relativement jeune et il est visible que la cheffe excelle dans sa direction, d’une extrême précision, son œil est partout et la mécanique bien huilée.
Résultat, le jeu de l’orchestre frise la perfection.
Un enthousiasme communicatif, et une saine alacrité se dégagent de cette exécution.
Native de Türi (Estonie), âgée de 48 ans, Kristiina Poska appartient à cette nouvelle génération de femmes qui n’ont plus rien à envier aux hommes. Être cheffe d’orchestre pour une femme, est devenu aujourd’hui une grande banalité et les jugements ne portent plus que sur la valeur intrinsèque de la direction d’orchestre.
Elle est aussi directrice musicale de l’Orchestre Français des Jeunes qu’elle accompagnera cet été dans les Pays Baltes.

Le public ravi manifesta longuement sa joie, et fut récompensé par un magnifique bis, l’Ouverture des Noces de Figaro de Mozart, un final en apothéose pour cette belle et chaude soirée d’été.
En première partie nous avions pu apprécier le doigté délicat et sensible de Lise de la Salle, qui apporte au 5ème concerto une touche de douceur.
Sa légèreté toute en finesse contraste avec la fougue de l’orchestre de chambre particulièrement bien adapté à la puissance de l’œuvre beethovenienne.
Son bis sur un opus de Schubert viendra confirmer la beauté et le charme dégagés par son jeu.
Il faut noter la direction parfaite de la cheffe, Kristiina Poska, assurant en permanence des transitions parfaites entre l’orchestre et la soliste.
Le principal enseignement de cette belle soirée dans le parc de Floirans, à l’ombre des séquoias, et sous le chant des cigales, restera la prestation de cette talentueuse cheffe d’orchestre qu’est Kristiina Poska, tout en maîtrise et en profondeur.
Si une occasion se présente, ne la manquez pas et allez la voir officier !
