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« Mon Ventoux » d’Arnaud Caël

Après un hommage bien sympathique au tennis et à Roger Federer (1), Arnaud Caël publie chez le même éditeur un nouveau livre sur le sport, qu’il consacre cette fois au vélo et à « son » Ventoux, cette montagne isolée qu’on reconnaît de loin, au-dessus d’Avignon, avec sa couronne de cailloux blancs et dont l’ascension est devenue mythique pour les cyclistes de France et au-delà. Entre vingt et vingt-cinq kilomètres de montée suivant les itinéraires, le versant est, le plus long étant réputé le plus facile, le versant sud le plus dur et le versant nord entre les deux. Nombreux sont les cyclistes qui tentent l’aventure, moins nombreux ceux qui parviennent au sommet, quelques-uns y laissent même leur vie. Une épopée dont A. Caël rend compte sans grandiloquence et avec une empathie d’autant plus forte que réaliser lui-même l’ascension sur son vélo fut pour lui longtemps un rêve avant de devenir deux tentatives avortées et finalement un exploit réussi, sans lequel, imagine-t-on, ce livre n’aurait jamais été écrit.

Ventoux comme ventour en provençal qui signifie exposé au vent, étymologie immédiate et probante puisque le vent souffle souvent en rafales au sommet avec des pointes jusqu’à 320 km/h, très au-delà, évidemment, des performances des meilleurs grimpeurs puisque le record de vitesse des cyclistes sur ce parcours est de 23 km/h, record détenu par Iban Mayo qui mit exactement 55’51’’ pour atteindre le sommet (en 2004). Autre étymologie tout aussi probante, le provençal ventor, qui se voit de loin – ce qui est bien le cas, également, du Ventoux. On peut s’arrêter tout autant sur le celte ven top (cime blanche) puisque le sommet de cette montagne qui culmine à 1910 m d’altitude apparaît de loin blanc comme neige. Et il existe enfin une explication religieuse, le dieu des montagnes de cette région étant nommé Vintur…

Si tous ces renseignements sont bien dans le livre ils n’y occupent qu’une toute petite place, l’essentiel étant le rappel de quelques faits saillants de l’histoire cycliste du mont Ventoux (entré dans le répertoire du Tour de France en 1951) à côté de l’aventure humaine que constitue toujours une ascension de ce monstre vélocipédique, même avec les bicyclettes ultra légères et ultra techniques d’aujourd’hui, quand on n’est qu’un simple amateur.

Arnaud Caël, Mon Ventoux – préface de Bernard Thévenet, Paris, Andersen, 96 p., 9,90 €.

(1) Roger Federer jusqu’au bout de la nuit.

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