Editeur: Jean-Marie Gleize

Jean-Marie Gleize est professeur de littérature moderne et contemporaine et directeur du Centre d'études poétiques de l'École normale supérieure Lettres et Sciences humaines (Lyon). Il est auteur de plus de vingt ouvrages de poésie et de critique.
Poèmes (II)

MÉPRISE Les mains brûlantes qui couvaient le désir émergeant s’envolent laissant sur le corps embrasé de l’amante des colonnes géantes qui picorent et déchirent la chair blanche des seins gonflés qui se méprisent… ****** DE PROFUNDIS il y avait la neige sur les champs de l’hiver il y avait la pluie à la fin de […] Lire plus »

Éloge de la mangrove (Extraits)

  blanche canne qui déchausse précoces arpentages et bat paupières de toutes saisons d’enfance blanche canne pour enfin recoudre le fil liant mes cahiers pubères ils fleurent colle décatie annoncent l’éloge de la mangrove que j’esquisserai par encre de Chine et d’alluvions au défilé du parler vrai sais-tu que j’ai longtemps archivé chacune de mes […] Lire plus »

Instants / instantanés : les « Haïkus Martinique » de Michel Herland

Le signe calligraphié d’un H parcourt le petit recueil poétique « Haïkus Martinique » de Michel Herland, universitaire, économiste, essayiste, romancier, poète.

Il s’inscrit ici dans la lignée des auteurs français francophones comme P. Claudel, P. Eluard, Stéphanie Le Bail…, lesquels, séduits par la force de cette forme ultra courte de la poésie japonaise, se sont efforcés de la transcrire dans notre langue. Les difficultés de l’exercice sont multiples car il ne suffit pas en effet d’amaigrir un alexandrin trop bavard, d’enfermer un sonnet dans un tercet.

Cinq syllabes, puis sept et à nouveau cinq rythment les trois lignes de vers enrichis d’allitérations, d’assonances, de sonorités suggestives, quelques rares rimes. La versification seule pourrait faire japonisant mais ne ferait pas le haïku. Il y faut aussi toutes les richesses d’un instant évoqué.

Soleil explosé
Du bas en haut des nuées
Le ciel embrasé

Loin d’être dans une imitation servile autant que vaine, M. Herland innove. Et les puristes de ne pas tolérer et de s’indigner de certains écarts ?

Pourtant si l’on veut rester fidèle à l’esprit japonais qui prône comme vertu première l’humilité (ce que Carlos Ghosn aurait dû savoir), si l’on veut considérer l’esprit du haïku dont l’essence est la pure simplicité, l’auteur, M. Herland, nous propose un ouvrage de poésie pure, sans filtre, nue. Originale dans le sens où c’est à l’origine de sa sensation, de sa pensée que sont saisis les mots. Il les organise et scande selon la métrique traditionnelle 7, 5, 7, bien sûr, mais le scandale réside dans l’innovation même : l’usage de la photographie ! Le critique orthodoxe dira à juste titre que le haïkiste doit suggérer son paysage, son portrait, son émotion et qu’il revient au lecteur de les construire. La beauté du poème s’enrichit de la vision de l’autre de sa sensibilité ! Certes, trois fois certes, c’est au lecteur de construire son roman, ou son poème à partir du travail, du don, de l’auteur.

Il ne s’agit pourtant pas pour Michel Herland d’apporter une illustration à la défaillance d’un imaginaire. Au contraire. La rusticité d’une photographie numérique, brute ou à peine retravaillée, renforce le rituel des haïkus. Et surtout, le prétexte-support ainsi offert invite le lecteur à s’aventurer lui-même dans les bois, au bord des rivières, à la recherche de ses propres images. À un safari dans sa propre photothèque.

D’ailleurs, voici un petit jeu. Car l’esprit du haïku est souvent ludique. Et l’illustration castratrice. Avant tout, mettez un cache sur les clichés de l’auteur, après la lecture d’un poème fermez les yeux, écoutez-regardez votre image intérieure… comparez à la sienne… relisez… construisez… déconstruisez.

Vous serez tantôt en harmonie avec l’auteur, parfois en désaccord avec sa morale implicite, mais l’invitation au « partage de mots et d’images » auquel nous convie M. Herland s’opère d’autant plus aisément que sa sincérité est totale. Nous retrouvons ici, épurés, en filigrane, ses pensées, croyances, parfois même un soupçon… de l’érotisme caractéristique de ses romans.

Une dernière innovation qui mérite d’être soulignée : le dépaysement. Ni l’Asie, ni l’Europe. La nature, tropicale, luxuriante, exotique, insolite fait de cet objet-livre si simple constitue une entrée en matière attachante pour un touriste par exemple. Autant qu’une chanson douce, familière aux cœurs antillais.

Imaginerait-on ce professeur d’économie, du haut de sa chaire, sensible aux beautés de la nature ? C’est aussi le paysage intérieur de M. Herland que nous partageons avec ses thématiques (les riches et les pauvres, l’injustice…)

C’est petit chez lui
Mais l’herbe ne manque pas
Il s’en accommode

 

Ses obsessions (la mort, le temps qui passe)

La nuit va tomber
Le vieux bateau s’assoupit
Au fond de la baie

Ses interrogations (sur la religion, les racines, le pouvoir), sa curiosité de l’Autre, son humour aussi… ou encore son regard aigu isolant dans l’espace un détail pertinent (un chat, un rocher)

Ce chat aux grands yeux
Dans la ville abandonnée
A quoi rêve-t-il ?

 

 

Michel Herland, Haïkus Martinique, Poèmes et photographies, Fort-de-France, K-Editions, 2018, 128 p., 15 €.

 

 

« Jusqu’à la cendre » de Claude Luezior

            Fulgurant ”JUSQU’À LA CENDRE” : ce recueil de Claude LUEZIOR, préfacé par Nicole HARDOUIN, est illustré d’une magnifique œuvre du peintre Jean-Pierre MOULIN intitulée  « Au delà du tunnel ».

Il faut savoir que l’art poétique de Claude Luezior se situe dans le domaine âpre et risqué du chercheur d’or : le poète y investigue un gisement intérieur, dont il connaît les failles et les ruissellements. Ou plutôt le jaillissement d’un magma dans lequel il fouille à mains nues. Ainsi la nuit prend-elle son incandescence. L’intériorité de l’écrivain à l’écoute des ébranlements du monde et des fissures de l’humain, provoque des turbulences dont nous avions ressenti les secousses sismiques lors du précédent ouvrage intitulé ”CLAMES”.

« JUSQU’À LA CENDRE », livre chauffé à blanc par la conscience de la finitude, brûle les flancs de la vie : conscience vive qui nous incendie, car, de fait, ses scories et leurs dévers fertilisent notre quotidien : en marge / de nos écritures / le goût acidulé / d’espaces (…) marge vierge / mais brûlante / où peut éclore / juste un graphe / de l’indicible (…) mot-clef / d’une parenthèse (p.23).

C’est un feu-témoin de nos faiblesses, un feu que l’on voit de loin. Signe des dieux en colère devant l’état spirituel du monde, cet embrasement se transmue en feu intérieur qui tourmente et épure tout poète-lecteur à l’écoute. Feu qui le torture de questions sans réponses et qui l’oblige à assembler ses mots à chaud, comme le ferait un orfèvre de l’indicible : ” éteindre en moi / ces restes d’incendie / qui ravagent ma peau / et couvent encore / les morsures/ de leurs exigences ” ( p.74).

L’homme est partagé entre cette brûlure intense de la quête poétique toujours renouvelée et le froid glacial de la solitude personnelle qui transforme le poète à la fois écorché et pyromane en mendiant de l’amour : ”décalque une fois encore / ces mots évanouis / qui nous ont fait vivre” (p.60). Par bonheur, se présentent, au jour le jour, des miracles en minuscules, comme la contemplation tranquille d’un jardin tendre, dont la pudeur est rafraîchissante : ”au cadastre de la pluie, un escargot (…) et son désir de feuille (…) Pour elle seule ; une toute petite morsure d’amour”. Sans oublier, en embuscade : une épaule / peuplée de tendresse / pour trébucher / parfois (…) une épaule / qui respire / au gré d’un sein / tout juste issu / du paradis / (…) son épaule fertile / nourrissant / mes carences ( p.56 ).

Cette profonde partition pourrait avoir été écrite par un Berlioz pour la partie scandée en vers puissants : ”violence / fracassée / que distillent / encore / les millénaires” (p.21) et par un Mozart pour une partie en prose, gravée en italique, plus coulée, plus légère : “atteint de folie pure, le voici qui traduit le verbe en vin” ( p.40).

 

Claude Luezior, Jusqu’à la cendre, Librairie-galerie Racine, Paris, 2018, 15 €.

Poèmes (I)

TOURMENTE Par un soir noir d’hiver,sur les hauts plateaux de l’angoisse, je me suis égarée… Un vent aigre s’est levé, bousculant les nuages soulevant par plaques ondulantes les espaces tuméfiés…Sous le souffle glacé de son haleine a poudre grise des chemins s’est dressée pour former des lames déferlantes, écumantes de colère et de rage…Et je […] Lire plus »

Un recueil d’Isabelle Poncet-Rimaud

Isabelle Poncet-Rimaud Les soubresauts de l’âme ou la  révélation  de l’être dans Entre les cils,poèmes (Jacques André Éditeur, 2018)

            La poésie d’Isabelle Poncet-Rimaud a  toujours la beauté  de l’offre. Ce recueil ne fait pas exception. La citation de Marc-Henri Arfeux en épigraphe nous place d’emblée devant son caractère sacré: ” Aucun chemin,tel est le don […]”,même s’il semble inhabituel de supprimer ainsi la quête. Ici,la poétesse s’adresse à ce qu’il y a de plus élevé dans l’être humain: l’âme,souffle spirituel ( mot récurrent dans sa poésie),l’esprit, au sens de pensée, mais aussi le désir qui relie  les deux dans l’ être. Cette relation trinitaire prend la mesure de l’humain, c’est-à-dire son “épaisseur”:

L’âme écarte les rideaux
de l’esprir
juste assez pour que se glisse
l’être
et tâte de son épaisseur

            On a parfois l’impression que les métaphore coulent de source comme si l’ expression du sacré restait nue, dénuée d’artifice ou d’oripeaux,comme si, au coeur de l’être auquel Isabelle s’adresse, résidait l’art de recevoir le don de poésie. Celle-ci a le goût de la sensualité,de l’harmonie entre l’homme et sa résidence terrestre:

Elle porte la couleur de l’homme,
le revêt de la chair du monde.

(Poésie)

mais, sans doute doit-on rester humble, avant de passer à une étape supérieure. C’est certainement l’ expression d’une impuissance, une déploration explicite parce qu’il n’y a pas enchaînement mais rupture:

Pourquoi faut-il que le passage
procède toujours
d’une porte que l’on ferme?

Beaucoup de ces poèmes admonestent le lecteur,le mettent en garde contre toute invasion, la facilité d’envahir les terres ” de l’autre” dont “tu ne sais rien“. Chaque être est unique  et différent; le respect   semble ici la vertu cardinale. Pénétrer par effraction chez l’autre, c’est  accomplir un véritable viol,le déposséder de son essence.

            Pourtant,ne nous y trompons pas, ici l’harmonie n’est pas de mise. Isabelle évoque les”mots-cannibales“, “cruel,l’oiseau“, les “scories du temps“, une “griffure sur le mur /buté…  des mémoires“… Une nature  outragée par l’animal ou par l’homme qui infligent la mort,parfois pour survivre:

l’oiseau […]
vole l’argent
 frétillant
d’un ventre de poisson

            À quoi ou à qui renvoient ces stigmates? La nature tout entière est à l’œuvre pour mettre en garde l’homme contre le mal exercé parfois contre l’animal ou le végétal.

            Le don de soi qui est au coeur de cette poésie,dans son élévation,n’a rien d’inné. Il y a toujours une lutte entre soi et soi-même pour surmonter  la solitude de l’être  ou plutôt de l’âme  puisque ” la mort est inépuisable“.

            Que faire alors? Où réside l’espoir? Malgré une certaine sacralisation de la poésie, cette ” mystérieuse vision fugitive“,on perçoit une  forme de désenchantement voire de résignation dans Entre les cils, ne serait-ce que par le titre qui refuse de nommer le regard et peut-être la vision partagée qui devrait unir les hommes.

*

 La vie montre les crocs
quand l’heure approche
en vain.

            Lorsque Isabelle Poncet-Rimaud nomme la mort, ce n’est jamais pour l’apprivoiser puisque qu’elle est “inépuisable“,mais pour en souligner la rigidité : ” la mort /sur le carrelage froid / si froid”ou “la dalle froide“. Ici,la métaphore symbolise l’impuissance : j’aurais tant voulu[] j’aurais tant aimé...” s’exclame la poétesse puisque la mort nous prend toujours au dépourvu. On ne peut que déplorer que la vie continue vaille que vaille “sur les flots intranquilles/du temps“.  Allusion au Livre de l’intranquillité de Fernando  Pessoa?

            Qu’elle évoque avec beaucoup de pudeur et d’émotion  la perte du père ou de la mère,Isabelle Poncet-Rimaud déploie les “étendards de la mort” en une superbe métaphore filée ( page 32) pour mieux condamner l’absence, c’est-à-dire le manque,notre manque,notre vide intérieur devant la perte de ceux qui nous ont donné  la vie.

            N’y a-t-il donc que la violence d’un silence à opposer en vain  à la multitude comme dans ce bel oxymore si poignant où la personnification est essentielle.?

Le silence hurle
et joue des coudes
au milieu de la foule
[…]

*

            L’ homme  -et ses mots- semble parfois prisonnier,victime  de son impuissance, ( la mer d’impuissance), en exil perpétuel, à l’abri illusoire des vitres derrière lesquelles il contemple le monde de la ville, symbolisant l’enfermement de la condition humaine. Le citadin semble voué au statut de prisonnier.

            Comme elle est belle et accomplie cette poésie qui stigmatise “ l’impossible accord à jamais” de toute vie! Sans doute parce que nous devons faire le deuil de notre enfance  représentée par l’élément liquide, ” l’ eau des enfances“,- symbole du liquide amniotique et de l’arrachement au ventre maternel?- et devenir orphelins sans y être préparés.

Cette blessure encore
à la fenêtre de l’enfance
qui toujours claque
au vent de l’abandon

*

            On trouve également dans Entre les cils  le besoin de nommer pour mieux ressentir et transmettre -malgré  tout ?- une forme de plénitude. Ainsi avec  une  personnification sereine du silence, ombre bienveillante, dont la main et la tendresse se déploient en agissant  comme un baume universel:

La main du silence
bienfaisante
s’ouvre
voile
de tendresse dépliée

            Le silence, à la fois oppression et réconfort, est donc multidimensionnel et contradictoire: à la fois brutal et doux selon le moment.

            *

            Cette poésie vibre ” au fond de l’être” pour l’élever,parfois malgré lui, en construisant un chemin de libertés. Le monde est toujours présent, qu’il soit complice ou destructeur; l’amour toujours en mouvement ou réduit à l’immobilité comme si l’être humain était amputé d’un membre.

 L’alternative est belle dans son émotion,sa simplicité ontologique puisqu’il s’agit pour chacun d’entre nous de trouver:

la branche morte des  illusions ou la balle bondissante des amours partagées

mais avons-nous vraiment  le choix?

*

            De plus, l’amour ,souvent associé à l’eau: “les eaux amoureuses“, “l’eau des enfances” est une constante dans ce recueil. Il semble que la passion puisse sinon vaincre du moins atténuer les effets du temps dans Entre les cils. L’amour est peut-être un des chemins qui mènent  à la sagesse, pour Isabelle; il a force de vie, il est source d’enseignements même s’il est stigmate des impuissances, identité morcelée, dissimulation,”masque de nos carnavals“. Chez Isabelle, la contradiction -le mot est mal choisi certes- est synonyme d’interrogations fertiles.

.           On voudrait garder cette révélation au creux de la main jusqu’au seuil de la mort et oublier que,parfois ,”tu n’as pas su aimer“.

            Oui,forcément, il faudrait

un jour,peut-être
se souvenir
du verbe aimer

en oubliant, peut-être, la mort qui rôde. Peut-être… 

             Le va- et- vient de l’âme Animula vagula blandula[1]  entre souvenir et oubli anime Entre les cils au sens étymologique. Entre les deux, palpite l’ être humain nourri et souvent détruit par ses contradictions et une indéfinissable nostalgie. L’être, toujours insatisfait, reste un mystère parce qu’il se sent et se sait impuissant devant la mort,ce masque grimaçant. La poésie d’Isabelle Poncet-Rimaud restitue avec émotion la beauté évanescente et éternelle du monde malgré son incohérence, en des vers  inspirés dont certains sont de toute beauté.

            “Plus on voit ce monde, et plus on le voit plein de contradictions et d’inconséquences”,  constatait Voltaire.

            Mais entre les cils d’Isabelle Poncet-Rimaud jaillit l’intensité d’un regard,révélation de  l’être.

Cet article a paru en mars 2019 dans le numéro 1  de NORIA, revue littéraire et artistique dirigée par Giovanni Dotoli et Mario Selvaggio(AGA editriceaga/L’Harmattan)


[1]     in Marguerite Yourcenar: Les Mémoires d’Hadrien ( Gallimard)

Par Denis Emorine, publié le 15/04/2019 | Comments (0)
Dans: Critiques, Pratiques Poétiques
“Soleils vivaces” de Jean-Michel Aubevert

« Mon royaume n’est pas de ce monde » [1] Sous le signe de la rose et du soleil, le recueil de proses poétiques Soleils vivaces de Jean-Michel Aubevert questionne le monde, ses croyances de toutes sortes qui étouffent la liberté et le souffle de la vraie vie, celle de la rose qui éclot malgré tout, répandant […] Lire plus »

Sonnet rim-ant

Nœud des cordes à venin Le lasso qui s’étrangle L’outre de mauvais vin Pourrissement des mangles Un monsieur bedonnant Le gros poussa méprise Les larmes du mendiant Que la douleur attise Ailleurs dans l’océan Une tortue mystique Sombre dans le néant Et toi qui fais la manche Étique pathétique Vois ta vie qui s’épanche 25 […] Lire plus »

Conversations paysagères

à René HENANE, L’ARCHEOLOGUE DES POETES Depuis longtemps disparue on la croyait morte. Sur le sentier des caravanes dans les sables de la mémoire quelqu’un l’a retrouvée l’a réchauffée de son regard. Au silence de la petite boite de santal Il a donné un mot-chrysalide pour sortir de la nuit de l’alphabet. L’oreille collée aux   chuchotements […] Lire plus »

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