Editeur: Jean Jonassaint

Jean Jonassaint enseigne actuellement les littératures francophones à Syracuse University. Membre fondateur du « Collectif des chercheurs sur les littératures au Sud » de l’Agence Universitaire de la Francophonie, en plus de nombreux travaux sur les littératures francophones et latino-américaines, il a publié cinq livres : La Déchirure du (corps) texte et autres brèches (1984), Le Pouvoir des mots, les maux du pouvoir. Des romanciers haïtiens de l’exil (1986), Des romans de tradition haïtienne. Sur un récit tragique (2002), De Jonassaint, avec amour (2004), Typo/Topo/ Poéthique: sur Frankétienne (2008). Sa recherche actuelle porte principalement sur une épistémologie pratique des études francophones, et les littératures des Caraïbes. Il planche également sur un ambitieux projet de promotion des « lettres haïtiennes » dont les grands axes sont définis dans son article, « Pour un projet de sauvegarde et d’édition critique d’œuvres haïtiennes » (Littératures au Sud sous la direction de Marc Chémol, 2009). Photo : Jean Jonassaint (Nouvelle Orléans, décembre 2001), Thomas Spear, tous droits réservés.

Les « Mémoires des maisons closes » de Faubert Bolivar

mercredi 15 janvier 2020 par MF

Portes du ciel Un poète, et puisqu’il lui est interdit de discourir par la loi suprême autant qu’implicite qui le régit et que parfois, comme par provocation ou par impérieuse nécessité aussi bien, il enfreint, lâchant bride à son terrible et exigeant coursier, se doit de faire paraître, sinon par l’aplomb du marqué des mots […] Lire plus »

« La Nuit ne finira jamais » de Denis Emorine

La hantise de la mort 

Poète, romancier, essayiste, nouvelliste et dramaturge français contemporain, Denis Emorine ne cesse de s’interroger sur la fatalité de l’Histoire et l’identité brisée dans son nouveau recueil La nuit ne finira jamais (Éditions Unicité, 2019, 73 p.) dont le titre et le sous-titre nous font penser aux obsessions qui traversent comme un vent glacial son écriture: la mort et l’exil.

« La nuit sans fin » est l’ombre de la mort qui vient d’un passé torturant dont il ne peut se libérer, de la douleur d’une blessure incurable qui perce sans cesse son âme, l’empêchant de jouir de la vie, de l’amour.

Présent et passé se heurtent continuellement dans ses vers, la mort et la vie, inséparables et déchirantes, l’âme se replie, harcelée par des souvenirs trop cruels. Tout appel au secours lancé à la femme aimée, consolatrice et protectrice, s’avère impuissant face aux démons intérieurs qui s’emparent du poète. Il restera définitivement marqué par la guerre et par l’Est où il s’est découvert des racines slaves qui l’ont mené à s’imprégner de la grande culture russe. Le vers tout aussi troublant que douloureux « La mort vient de l’Est » annonce l’un des leitmotivs de ses poèmes.

Sous la pression d’une accélération temporelle, le poète se hâte de se livrer à la confession par une voix poétique délivrante, qui s’ouvre vers l’abysse intérieur. Les mêmes fantasmes de Prélude à un nouvel exil (2018) semblent surgir du labyrinthe du soi: la guerre, le fusil, le petit orphelin, la Russie, les morts, la mère, le poète, la femme aimée, la mort omniprésente qui guette de partout, de « derrière chaque fenêtre», dans une poursuite harcelante.

Ce qui ne finira jamais, c’est aussi la douleur de la rupture, de la perte, de l’absence, de l’exil, de l’amour outragé par l’Histoire qui hante sans cesse la conscience du poète. Le souvenir de la mort, le trou noir de sa mémoire affective, écarte toute joie et rend fou de désespoir, car les spectres du passé ne cessent de le hanter. Aucun refuge pour lui, ni même dans l’amour, assombri par le spectre de la mort. Comme un enfant effrayé, il aimerait retrouver la chaleur des bras maternels ou de la femme aimée pour le protéger contre le mal, contre ce qu’il ne peut oublier : « Retiens-moi encore/ je t’en prie/ n’ouvre pas les bras/ Étrangle-moi s’il le faut/ puisqu’il n’y a plus de refuge. »

Le poète conjure l’amour de lui offrir sa protection, mais c’est en vain, la torture ne finit pas, les souvenirs ne disparaissent pas. Ils reviennent avec plus de force, agressent continuellement sa cervelle à le rendre fou, un cauchemar d’où il ne peut sortir que par l’écriture: « Au fond de mes cauchemars/ le même train s’élance en hurlant/  sur les rails fourchus/ c’est le train de la mort/  qui caracole vers l’Est pourtant/  il ne sert à rien de me dissimuler/ entre mes draps sanglants/ il me désigne du doigt celui/ que je voudrais oublier/ on l’a arraché aux bras/ de la jeune femme brune aux yeux bleus/ qui hurle encore son nom/ sous la terre balafré de croix noires/ alors que je me débats en vain/ contre moi-même »

La douceur de l’amour est toujours étouffée par un chagrin incurable que rien ne pourrait vaincre, issu de l’exil intérieur, de la fracturation de l’identité, partagée entre l’Ouest et l’Est, thème récurrent de sa poésie : « Il y a si longtemps/ que j’habite l’isba du chagrin. »

Les poèmes laissent deviner le dialogue déchirant de l’identité/ l’altérité à travers une voix plurielle: je lyrique, tu féminin, il, cet autre lui-même, l’enfant d’autrefois qui l’habite ou il, le poète adulte face à son écriture, elle la mère, il le père ou l’alter, le poète russe avec lequel s’identifie une partie du moi dans le requiem pour l’Est.

Les femmes appelées par leur prénom ou nom et prénom dans les dédicaces, réelles ou inventées, avec un sentiment de nostalgie face à ses images floues de l’amour, toujours délicat, jamais passionnel. Elles semblent des épiphanies d’un archétype féminin recherché par l’homme depuis toujours pour le délivrer du sentiment du néant: « Je voudrais m’accrocher une dernière fois/ à ta main tendue/ mais je n’attrape que le vide ». L’image de la jeune femme brune aux yeux bleus revient souvent à côté d’un petit enfant, souvenir douloureux de la mère et de lui-même.

De la nuit du chagrin sans fin où le poète sombre, un lieu privilégié se fraye chemin lumineux dans sa mémoire, le Jardin du Luxembourg, lieu de rencontre heureuse de la femme idéale, l’anima de l’homme en psychanalyse. Ce rayon merveilleux éclaire de temps en temps le tunnel des souvenirs sombres dans lesquels s’enlise à jamais le poète.

S’il ne peut pas se débarrasser du passé, ni apprendre à l’apprivoiser pour vivre avec lui sans en être tracassé, il aura les mots comme seule consolation à libérer ses fantasmes dans l’écriture aussi illusoire que la vie : « les mêmes cauchemars apprivoisent tes nuits/ arrosées de deuil/ vivre est un outrage/ et l’écriture une excuse trop facile/ pour ne pas s’endormir les poings serrés. »

Le recueil débute et s’achève avec une page en prose. Celle du début parle d’un quai de gare où une plaque incrustée sur un mur rappelle la guerre. La page finale se veut un autoportrait, celui d’une voix poétique qui s’interroge sur la vie et l’écriture.

 

 

Denis Emorine, La Nuit ne finira jamaisPoèmes transpercés par le vent d’est, Ed. Uunicité, 70 p., 13 €.

 

Par Sonia Elvireanu, , publié le 07/01/2020 | Comments (0)
Dans: Critiques, Pratiques Poétiques | Format: ,

Les vœux du directeur

vendredi 3 janvier 2020 par MF

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« Une vie à l’imparfait » d’Irène Dumont

jeudi 2 janvier 2020 par Marie Faivre

Au pays de la mémoire, l’auteur nous invite à visiter  ce qui est resté en sommeil. «  Le livre de la nuit, un chant, un adieu Traversons cette nuit, traversons vite, mon ami l’azur s’emplit de rêves  et de papillons légers. J’ouvre la porte des songes, un oiseau, un enfant vert,            […] Lire plus »

« Le souffle du ciel » de Sonia Elvireanu

Sonia Elvireanu, Le souffle du ciel, Paris, L’Harmattan, coll. “Accent tonique”, 2019.

 

Rencontre avec l’être aimé au-delà de toute apparence : voilà le ressenti premier à la lecture de ces poèmes qui élargissent l’état de grâce du projet, la motivation universalisant le propos.

Les éléments naturels sont raccourcis dans leur état de manière à susciter chez le lecteur une sorte de choc des atomes perturbés dans leurs créations permanentes mêlant ciel, terreau nourricier et dialogue tel : « Ouvre, ma bien aimée, le jour est en train de mourir, je suis venu te caresser ».

L’aspiration vers le haut s’arrête cependant en relais de vie entre la lumière et les feuilles des grands arbres complices, avec en écho « cette (ta) voix pour caresser les (mes) jours et retarder la nuit ».

La cohésion du ciel et de la terre ayant prise dans la réalité par la neige pure interposée dans le silencieux gel des âmes, Sonia sait que « les choses de la vie ne sont pas des miracles », faisant de sa croyance une foi qui globalise bien une certaine ferveur tout humaine, avec « le baiser : (la) myrrhe et l’encens à l’aube ».

Le symbole de la faux est inversé en de joyeuses perspectives laissant bondir des sautillements de vie parmi la survivance des oiseaux.

Il y a une certaine jubilation à être. Et surtout… à être accompagnée.

Tout se fait prétexte à unir et joindre l’arc-en-ciel et l’horizon servant d’échelle à la grandeur du moment avec l’audace et la tentation de vouloir mettre en exergue des prérequis religieux dispensés dans une certitude sans faille où l’ombre et la lumière ont trouvé leur cheminement.

Toutes les nuances de l’Amour sont « parsemées dans les herbes ».

Le jour se passe bien « entre aube et crépuscule » où la présence a force solaire. Le texte est une longue infinitude avec ses reflets à même l’estran.

La lumière se brise en évocations intérieures à réprimer ce qui pourrait n’être que douleur.

Avec ce texte d’appel à vouloir transcender l’absence dans la réalité, l’auteur se veut insistante à recevoir un appel qu’elle sait pourtant physiquement impossible ; « fais-moi découvrir que tu vis/ Quelque part dans un autre temps ».

A travers sa démarche, la paupière semble importante à veiller sur ce qu’observe l’œil : elle protège d’une part et cligne d’autre part à se poser la  question de l’existence, de son parcours et de ce qui pourrait peut-être se passer après celle-ci.

Prendre de la distance passe par un sentiment de définitive permanence : « A chaque tombée du soir je suis toujours/ plus loin, mais si près de toi, mon amour ».

Une longue recherche d’Absolu finit par aboutir en soi-même, l’absence étant assimilée à la Vie qui poursuit son cours : « Je reviens au monde le cœur palpitant/ dans l’étreinte de l’être ».

« L’ombre inhabitée depuis longtemps » a force de présence dans cette poussée de fièvre amoureuse entre rêve éveillé, souvenirs et surtout grande espérance.

Avec « et par-dessus le monde/ Ton sourire », Sonia sait qui lui adresse la parole.

« Le souffle du ciel » lui répond superbement.

 

 

 

 

 

“Néant rose” de Dana Shishmanian : une tentative d’exorcisme poétique

lundi 2 décembre 2019 par Sonia Elvireanu

Poète et critique français d’origine roumaine, Dana Shishmanian vit à Paris depuis 1983. Elle est rédactrice à la revue littéraire « Francopolis ». Bien que douée pour l’écriture, elle n’écrit cependant pas pendant l’ancien régime dans son pays, sa voix d’écrivain s’affirme assez tard en exil, témoignant de la douleur et de la désespérance du déraciné, mais […] Lire plus »

Conversations paysagères (suite)

jeudi 21 novembre 2019 par Marie Faivre

« Viens Arbre Viens Sous les cieux de mes mains Tu n’es pas orphelin » Michel  Khalil Hélayel–  juillet 2019   SOUS LE CIEL DE TES MAINS Murmures dans les arbres Les rêves de la forêt Sous le ciel de tes mains  Se rassemblent pour le même voyage. Tissage d’argile  et de feu Dans le […] Lire plus »

Le souffle du ciel (extraits)

vendredi 8 novembre 2019 par Sonia Elvireanu

 Isis  À l’ombre des oliviers, le bleu de la mer Égée s’ébat sous les cils d’Élyane,  sa robe blanche s’enroule autour des colonnes de l’Agora,  le voile d’Isis en quête,  sur les eaux, les os en dérive se rejoignent en pont et chantent sur la mer. Voie étoilée  – Sois pour moi la reine de […] Lire plus »

Béatrice Marchal : De la mélancolie à la joie d’être

Béatrice Marchal, Un jour enfin l’accès suivi de Progression jusqu’au coeur, Paris, L’herbe qui tremble, 2018, 190 p.

 Poète et critique française contemporaine, présidente du cercle littéraire parisien Aliénor, Béatrice Marchal est l’auteure de 12 recueils de poèmes et de huit livres d’artistes auxquels s’ajoutent trois études critiques sur la poésie française dont La poésie en France depuis Baudelaire (Dunod, 1999). Son oeuvre poétique et critique est récompensée par plusieurs prix.

En 2018, elle publie en un même volume deux livres, Un jour enfin l’accès et Progression jusqu’au coeur, qui regroupent des poèmes sans titre et suggèrent son évolution psychologique et spirituelle de la mélancolie à la joie.

La poète porte son regard sur le paysage naturel et saisit le spectacle incessant de la vie souvent confrontée aux tourments de l’orage. Son âme blessée par les griefs de la vie, pétrie dans la souffrance muette, semble renaître petit à petit sous l’impulsion de la vie, de la beauté, de « l’harmonie naturelle ». Elle sent la lumière et la joie d’être s’épanouir autour d’elle, dans les herbes hautes, les chênes, les sapins, les feuilles des arbres, les crêtes des montagnes, les chants des oiseaux, et se laisse emporter par des sentiments nouveaux :  tendresse envers tout sursaut de vie et un désir secret d’en goûter sa plénitude.

L’auteure se rend compte que son coeur ressemble à cette apparente indifférence de la nature, entre secousse et calme, à même de retrouver son équilibre primordial. Dans son immobilité et captivité intérieures, elle sent en elle-même la pulsion de la vie délivrante. La blessure de l’absence telle un poison mortel au fond du coeur sera affaiblie par une « brusque poussée de sève » qui l’invite à renaître.

Les couleurs de la vie entre ciel, terre, mer, le paysage naturel, appellent l’être solitaire à « une beauté nouvelle », cet être pareil à l’arbre au bord de la route « qui abandonne au vent jusqu’au ciel son feuillage ».

La mélancolie de la perte éveille les souvenirs « d’un temps révolu/ d’un lieu perdu », « trop vivants pour laisser place à la paix », par lesquels on retrouve des bribes de vie conservées par la mémoire affective et l’enchantement d’autrefois : l’enfance, grâce à la poupée cachée au fond d’un placard ; l’image de la mère, du père, de l’être aimé ; un paysage, un espace familier autour d’un chêne.

Le désir d’une présence, d’une intimité, du partage de la vie, d’une rencontre, d’un regard se glisse dans son âme. Le présent prend le dessus, ne laisse pas le coeur sécher, la vie réclame son adhésion : « je ne suis pas une tombe », affirme la poète que les pulsions de la vie entraînent vers la joie de l’instant sans la nostalgie du passé.

Le regard contemplatif sera petit à petit remplacé par un dialogue entre le je et le tu, les deux voix d’un dédoublement permettant de saisir à la fois le dehors/ le dedans de l’être, le masque qui protège et la souffrance de derrière,  « la nostalgie sans trêve » de ce que l’on a perdu.

La conscience que l’on peut laisser une trace de nos vies éphémères, du vécu, le refaire par les mots, ne tarde pas à se manifester. Cependant, Béatrice Marchal sait bien que les mots ne peuvent pas guérir, seulement consoler. La neige, le silence parlent non seulement de l’oubli, mais aussi d’une renaissance possible, car le blanc est ambivalent, fin/ commencement, et le silence donne le temps de réfléchir et de comprendre. Il faut retrouver la lumière au plus profond de soi.

« Brisée devant la perte », s’en souvenir sans cesse, ressentir le remords du regret et encore la joie d’être, attendre le jour où l’on aura enfin accès à « ce qui chante en soi »,  à « une vie insoupçonnée/ au milieu de soi/ au centre d’une forêt/ où tout reste fidèle à l’impulsion première », voilà son cheminement : «Alors jaillit/ et se déploie/ et vibre au plus profond/ une mélodie sans origine connue/ inouïe. »

La poète plonge aux tréfonds du soi, s’y noie jusqu’à la perte de l’identité, à la recherche de la lumière intérieure, guide sur la voie à suivre devant la perte. Dans le magma du soi profond et inconnu gisent les souvenirs, les souffrances, les blessures, les troubles de la vie, les rêves et la mélancolie, les mots avant de naître pour parler de tout cela et consoler.

Dans son plongeon et noyade symboliques, descente en soi et traversée de la mer intérieure, l’auteure découvre un être nouveau qui tâche de s’ouvrir à la vie, de témoigner du vécu par l’imperfection des mots, mais aussi de renaître, de se réjouir, malgré ses peines. Modifiée par le passé, elle sera un être tendre, compatissant et engagé, conscient du rôle des mots donnés au poète pour consoler, combattre, dénoncer le mal, vaincre « les blessures qui brisent la plénitude de la vie » et l’oubli, de refaire les liens entre les gens et de redonner l’espoir.

Malgré la solitude et l’absence, le coeur s’ouvre à la beauté d’une fleur, d’un arbre, du ciel et de la mer, ressent la sève couler, goûte la saveur de la vie et s’en réjouit, réconcilié avec le passé dont on retient « le moût de ce qui fut vécu ».

Les poèmes de Béatrice Marchal sont accompagnés par les délicates peintures en encre de Chine d’Irène Philips, des variations sur la lettre T de l’alphabet. Le T apparaît comme un Tout composé de deux silhouettes gracieuses d’un couple inséparable, qui dansent et s’épanouissent au fil d’une métamorphose pareille à celle de la poète, célébrant la symphonie de la vie, fruit de l’amour, principe de la renaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pensées vagabondes

mercredi 30 octobre 2019 par Bernard Laurens-Anderson

Sixties Le disque va continuer de tourner. Une chanson, romance d’un été, qui sera vite oubliée, dès la rentrée. Joli monde éphémère et acidulé. Beau papillon dans la lumière, sans penser à la chute amère. Univers brillant de paillettes, magazines, photos, starlettes. Jeunes filles pâles en Courrèges, défilant à Cannes en cortège. On veut imiter […] Lire plus »