Auteur: Jacques Brasseul

Jacques Brasseul est professeur de Sciences Économiques

Dialogue sur le libre-échange avec André Segura, 2ème partie

Voici la deuxième partie d’un dialogue sur le libre-échange entre Jacques Brasseul et André Segura, Maître de Conférences, UFR de Sciences économiques, Université du Sud Toulon Var, le 7 février 2009.
André Segura, en plus de sa profession d’économiste, est un spécialiste des Mayas. Voir
son article dans Le Monde, à propos de la fin du monde « prévue » par les Mayas, selon le film 2012.

1ère partie

 

André Segura : Tous les pays ne tirent pas avantage de l’échange international

Cette thèse keynésienne a été reprise, sur une base analytique d’inspiration néo-classique, par la Nouvelle Théorie du Commerce International.

La politique économique qui vise à inscrire l’économie d’un pays dans le cadre du libre-échange international, dont l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est l’un des principaux agents, a un fondement théorique contestable et contesté. Les contestataires ne sont pas uniquement ceux qui s’inspirent de l’analyse keynésienne ; s’appuyant sur la réalité contemporaine, les promoteurs de la Nouvelle Théorie du Commerce International (NTCI), qui appartiennent aussi au courant néo-classique, s’opposent aux tenants de la veille théorie néo-classique qui inspire les partisans du libre-échange international.

La version de la théorie néo-classique qui constitue le fondement de la politique de libre-échange des pays capitalistes développés a commencé d’être élaborée il y a près d’un siècle par E. Heckscher, en 1919. Elle tendait à redémontrer la validité, sur une base analytique nouvelle, d’une thèse formulée en 1817 par D. Ricardo : le libre-échange international est une situation préférable à toute autre, autrement dit un optimum, parce que tous les pays qui s’y engageraient amélioreraient leur bien-être.

L’analyse de E. Heckscher, [complétée par celle de B. Ohlin (1933) et de P.A. Samueslon en 1948-1949], qui a constitué le credo néo-classique connu sous le nom de Théorème H.O.S (les initiales des trois économistes) et qui (re)démontre la justesse de la conclusion ricardienne de la supériorité du libre-échange international sur le protectionnisme, reposait sur deux hypothèses : les marchés sont en concurrence pure et parfaite et les rendements d’échelle sont constants.

Des économistes néo-classiques, qui continuent de penser que le libre-échange doit rester l’objectif, ont rejeté ces deux hypothèses du Théorème H.O.S parce que non conformes à la réalité contemporaine ; selon eux la concurrence est imparfaite et les rendements d’échelle sont croissants.

Sur cette base, ces économistes néo-classiques, contestataires du Théorème H.O.S, regroupés sous l’appellation de Nouvelle Théorie du Commerce International, ont établi qu’il pouvait être avantageux pour un pays de protéger le marché national afin de renforcer la position de l’appareil productif national face à la concurrence étrangère. À l’abri des frontières, cet appareil productif pourrait alors se renforcer en répondant seul à la demande intérieure qui, sans protection du marché national, aurait été satisfaite par des marchandises étrangères ; l’emploi national en serait amélioré.

Il se trouve donc des économistes néo-classiques modernes qui considèrent 1°) que l’amélioration du bien-être d’un pays engagé dans l’échange international peut se faire au prix d’une détérioration du bien-être d’autres pays 2°) que la demande intérieure peut être le moteur du renforcement de l’appareil productif national donc de la réduction du chômage dans l’espace national.

La question de savoir 1°) si le libre-échange international peut améliorer le bien-être de tous les pays 2°) si la demande intérieure peut être le moteur susceptible d’entraîner la croissance n’oppose donc pas seulement la vieille théorie néo-classique, qui inspire les partisans du libre-échange international, à la théorie keynésienne mais aussi cette vieille théorie à la nouvelle théorie néo-classique.

 

Un point d’histoire de la pensée économique

Le conflit entre la vieille théorie néo-classique du commerce international (Théorème H.O.S) et la Nouvelle Théorie du Commerce International reproduit, sur une nouvelle base analytique, cet autre qui eut lieu au 19ème siècle.

D. Ricardo à propos duquel Halevy écrivait que “le parti du libre-échange a trouvé son grand doctrinaire” (Halevy 1913 : 307) était un économiste anglais qui défendait les intérêts du Royaume-Uni.

Ce pays, étant le berceau de la Révolution Industrielle, avait acquis un avantage concurrentiel dont il voulait profiter dans les échanges internationaux ; la théorie de D. Ricardo fut l’arme idéologique au service de cette volonté. Conscient de ce que la conclusion de la théorie du commerce international de D. Ricardo, la supériorité du libre-échange international relativement à l’autarcie pour tout pays s’y engageant, n’était pas objective mais visait à servir les intérêts du Royaume-Uni, un économiste allemand, F. List, défendit l’idée en 1841 que la protection du marché national constituait le moyen de renforcer l’appareil productif national. La thèse de F. List revenait donc à soutenir 1°) qu’un pays n’a pas nécessairement intérêt à s’inscrire dans le libre-échange international 2°) que la demande intérieure peut être l’aiguillon du renforcement de l’appareil productif national.

Cette thèse était rejetée par l’économiste français F. Bastiat auquel fait référence mon ami, le professeur Jacques Brasseul, qui conteste le qualificatif « obscur » que je lui appliqué (dans l’article UN PARTI PRIS THÉORIQUE) au motif que les manuels d’histoire de la pensée économique citent cet auteur.

Dans son Histoire sommaire de la pensée économique, E. James écrit : « Bastiat fut surtout un pamphlétaire (…) son grand ouvrage, Les Harmonies économiques (1850) (…) fut surtout écrit contre le protectionnisme (…) On ne saurait affirmer que Bastiat ait fait faire à la théorie économique un progrès quelconque » (James 1965 : 113-115).

Nul ne saurait contester à J.A SCHUMPETER le statut de grand spécialiste de l’histoire de la pensée économique. Or, il écrivait à propos de F. Bastiat : « C’était un libre-échangiste musclé et un enthousiaste du laisser-faire, il connut une gloire soudaine grâce à un article brillant (…) son nom aurait pu passer à la postérité comme celui d’un journaliste économique (…) Mais les deux dernières années de sa vie (…) il s’embarqua sur un travail de nature différente, dont un premier volume, les Harmonies économiques, fut publié en 1850 (…). Les déficiences de sa capacité de raisonnement, ou en tout cas de son pouvoir de manier l’appareil analytique de l’économie, le mettent hors de cour. Je ne soutiens pas que Bastiat était un mauvais théoricien, je soutiens que ce n’était pas un théoricien (…) Je ne peux voir aucun mérite scientifique dans les Harmonies » (Schumpeter 1983 : tome II 168-169).

J.A SCHUMPETER considérait que L. WALRAS, le principal des pères fondateurs du courant néo-classique, était la « magna carta » de l’analyse économique ; autant dire que la théorie walrasienne était sa référence. Or, cette dernière aboutissait à nier toute possibilité d’exploitation. Comme c’est sur ce concept d’exploitation que K. MARX construisit son analyse du capitalisme, autant dire que L. WALRAS, et donc J.A SCHUMPETER, étaient dans une opposition théorique irréductible à K. MARX.

Pourtant, et pour des raisons différentes, K. MARX avait une piètre opinion de F. Bastiat qui transparaît, notamment, dans son introduction des Principes d’une critique de l’économie politique (Karl Marx 1965 : tome 2, 175-187). Elle est trop longue pour pouvoir être reproduite ici. Mais l’opinion de K. MARX sur F. Bastiat peut être résumée par un extrait de la postface de la seconde édition allemande de Le Capital : « F. Bastiat, le représentant le plus plat (…) de l’économie apologétique » (Karl Marx 1965 : tome 1, p.555), c’est-à-dire de l’économie non scientifique.

À la lecture de ces opinions émises par des auteurs appartenant à des mouvances théoriques fort diverses, voire opposées, on peut se demander s’il n’eut pas été préférable que la mémoire de F. Bastiat sombrât dans l’obscurité dont l’histoire sait parfois envelopper certains de ceux qui ont pu faire illusion à un moment donné.

 

***

Réponse de Jacques Brasseul :

Merci pour ta réponse encore, on pourrait continuer comme ça jusque-là St Glin Glin, ce type de polémique est sans fin, comme le dit à peu près la vieille blague, demandez leur avis à deux économistes, vous aurez quatre ou cinq réponses. Pour éviter de la prolonger, commençons par écarter un point : je suis tout à fait d’accord avec les points de vue exprimés sur Bastiat, je n’ai jamais dit que c’était un grand économiste, ou un grand théoricien, ou qu’il ait apporté quoi que ce soit de neuf à la science économique.

J’ai simplement dit qu’il n’était pas obscur, même si tu le souhaiterais vu la faiblesse de ses travaux, il est au contraire très connu, va voir sur Internet, tape sur Google, regarde les manuels, qui le mentionnent tous, même de façon négative, comme tu en as donnés quelques extraits. Il y a même des sites qui lui sont consacrés, on peut trouver toute son œuvre en ligne.

Donc il est tout sauf obscur, il est peut-être nul, mais il n’est pas obscur. Quand tu dis « cet économiste obscur du XIXe », c’est tout simplement faux. Tu l’ignores peut-être avec raison, mais tu ne peux transformer la réalité : Bastiat est fort connu et encore abondamment cité. Si on veut chercher des économistes obscurs du XIXe, c’est assez facile, il y en a des centaines, dont tout le monde a oublié jusqu’à l’existence ou le nom, les dictionnaires les plus complets ne les citent pas. Peut-être leur œuvre existe-t-elle encore, au fond des rangées exposées au soleil de la Bibliothèque nationale, ou dans les caves reculées de la bibliothèque du British Museum, là où Marx a passé une bonne partie de son existence, livrée comme disait le même avec sa plume admirable « à la critique rongeuse des souris ».

Pourquoi donc Bastiat, qui n’a rien apporté – et c’est pour ça que je te renvoyais à Smith ou Ricardo, qui eux ont innové – est-il encore connu ? Parce que son apport est autre, il est mineur, nous sommes d’accord, mais il explique sa désarmante renommée. Bastiat a apporté l’humour à la science économique, cette Dismal Science, comme on disait à l’époque, cette science lugubre puisqu’elle annonçait aux hommes les pires catastrophes. Malthus avec sa théorie de la population et les famines, les classiques dans leur ensemble avec leur « état stationnaire », ‘état’ au sens de situation, et non ‘État’ au sens de gouvernement. État stationnaire, c’est-à-dire en langage moderne, croissance 0. Pour des raisons que tu connais bien, et qu’il ne serait pas le lieu de développer ici.

Bastiat introduit l’humour, et la polémique – ce qui devrait pourtant ne pas te déplaire – à la science économique. Là où les très austères Smith, Malthus, Ricardo, Say et Cie, nous apportaient de lourds et empesés exposés (je défie quiconque de ne pas s’endormir rapidement en les lisant aujourd’hui), il introduit de la légèreté, du brio, du mordant, dans la discipline en question. À tel point que lui au moins, on peut le relire aujourd’hui en s’amusant. C’est la raison pour laquelle ses pamphlets, ses critiques ironiques et au vitriol, défient le temps. Je citerai pour les amateurs : le chemin de fer négatif, la pétition des marchands de chandelles, ou encore l’histoire du tunnel.

On peut rappeler cette dernière, qui illustre bien le sujet dont on parle ici, en gros et de mémoire : les hommes font des efforts insensés pour percer les montagnes, construire un tunnel qui les rejoignent, qui raccourcissent les distances, par exemple à traves les Alpes, entre nos deux beaux pays latins. Mais à peine ont-ils fini les travaux, ouvert la circulation, qu’ils s’empressent de coller à chaque bout, ici des douaniers français, là des douaniers italiens. Lesquels vont s’empresser de ralentir cette circulation que le tunnel avait précisément pour but de faciliter !

On remarquera que Bastiat avait vu juste, la France et l’Italie, comme quelque 25 autres pays d’Europe, se sont rendus à ses arguments, et ont fini par enlever toute trace de ses braves pandores qui fouillaient les valises et les wagons, fixaient des tarifs et passaient des journées à remplir de la paperasse inutile.

Sur la première partie de ton exposé, à propos des théories du commerce international, je ne voudrais pas m’embarquer dans des discussions trop techniques, avec moult citations et références précises, je remarquerai simplement quelques points :

 

1) Il est un peu court d’affirmer que Ricardo s’est fait l’agent des purs intérêts commerciaux et économiques de la Grande-Bretagne, au moment où elle avait une avance industrielle sur les autres, et pouvait s’engager sans risque dans le libre-échange. En fait, l’Angleterre en déclarant un début d’ouverture de façon unilatérale (sans rien négocier, ni demander de contrepartie à ses partenaires, notamment la France), en 1846 lorsqu’elle abolit les Corn Laws (droits de douane sur le blé, NB corn = blé en anglais, maïs = maize, corn = maïs en américain, wheat = blé), l’Angleterre sacrifie les intérêts des landlords à ceux des industriels, et aussi les intérêts des landlords à ceux des travailleurs. Les syndicats naissants de l’époque, notamment le mouvement chartiste, réclamaient aussi cette abolition, parce que la libre importation de blés étrangers meilleur marché favorisait le pouvoir d’achat.

La décision d’entrer dans le libre-échange résultait effectivement des écrits de Ricardo, le pays avait à l’époque un avantage sur les autres pour l’agriculture et pour l’industrie, ayant fait sa révolution agricole dès 1720, mais il avait un avantage plus marqué – un avantage comparatif – pour l’industrie, du fait qu’il s’agissait dans les années 1840 du seul pays au monde à être passé par une révolution industrielle.

 

2) Les partisans du libre-échange n’étaient pas des industriels seulement assoiffés de profit, comme tu aurais tendance à les caricaturer. Il faut relire tous les écrits des Richard Cobden ou John Bright et de tous ces libéraux manchestériens, qui ont mené campagne pendant une quinzaine d’années pour l’abolition des Corn Laws, contre les grands propriétaires terriens, contre le parti conservateur (tory), en créant la Ligue Anti-Corn Laws, et en employant pour la première fois dans l’histoire les moyens modernes de communication, journaux, publicités, meetings, lobbying, etc., ils étaient aussi des idéalistes.

Ils étaient en effet persuadés que le libre-échange n’avaient pas que des effets économiques favorables, en répartissant au mieux les ressources à l’échelle mondiale, en approfondissant la division du travail, ils pensaient tout à fait sincèrement, et il est trop facile de s’en moquer, que le libre-échange favorisait la paix entre les nations, la paix mondiale. Et derrière la campagne économique, les arguments économiques, matériels, il y avait une vision politique, diplomatique, idéaliste.

La même d’ailleurs que celle des saint-simoniens en France à la même époque, celle d’un Michel Chevalier. Rappelons que St Simon est cet économiste du début du XIXe siècle, socialiste, qui avait aussi la particularité d’être libre-échangiste, et favorable à l’industrie. Les saint-simoniens ont par la suite influencé Napoléon III, et mené, avec justement Chevalier et Cobden, à la signature en 1860 entre la France et l’Angleterre, du deuxième traité commercial ouvrant les frontières, une révolution à l’époque, ouvrant aussi la voie à plein d’autres accords identiques en Europe et à trois décennies de libre-échange sur le continent. L’ancêtre du traité de Rome de 1957 en quelque sorte, et le successeur du malheureux traité du même genre signé en 1786, mais que la Révolution a fait capoter six ans après, du fait des guerres. La guerre est comme on sait la meilleure forme de protectionnisme entre deux pays…

L’histoire n’a pas donné tort aux libéraux manchestériens, avec leur conviction que le protectionnisme menait à la guerre, idée déjà évoquée par Montesquieu ou Hume un siècle plus tôt. Puisque la loi Méline en 1892 marque le retour au protectionnisme, après ces trois décennies de libre-échange, et qu’ensuite les rivalités nationalistes vont mener à la Première Guerre mondiale et à la boucherie généralisée. Même topo en 1930, avec le tarif Hawley-Smoot déjà évoqué, voté par le Congrès US et signé par Hoover, qui conduit tout droit à la guerre des tarifs en Europe, puis la guerre tout court.

Mêmes bruits protectionnistes aujourd’hui, à la Emmanuel Todd et tant d’autres, de gens qui ont oublié leur histoire :

Disasters happen when the last man who can remember what happened last time has retired.”

“As the first world war approached, experts explained that it could not possibly happen. Too much was at stake : the delicate interdependence of our credit built finance, said Norman Angell, meant that a European war would be suicidal. So it was, but it happened, all the same, and Europe went on to stage a repeat performance. There are plenty of risks in our own world, and much is at stake.”

“Bad economic times can breed wars. Europe was a pretty peaceful place in 1928, but the Depression poisoned German public opinion and helped bring Adolf Hitler to power. If the current crisis turns into a depression, what rough beasts might start slouching toward Moscow, Karachi, Beijing, or New Delhi to be born.”

 

On a tendance à négliger un fait majeur – comme dans la citation ci-dessus, quand les désastres sont trop éloignés, on retombe dans les mêmes erreurs −, c’est que nous sommes dans une paix relative depuis 1945, il s’agit de l’une des plus longues périodes de l’histoire. Même au XIXe, période de paix globale, entre 1815 et 1914, en France la paix n’a duré que 55 ans avant 1870 (je parle de guerre sur le sol national) et 44 ans après. Comparons aussi simplement à ce que nos parents, grands-parents et arrière-grands-parents ont vécu, entre 1914 et 1945, en seulement trente ans, deux guerres mondiales, et une dépression majeure au milieu. Quelles que soient les difficultés actuelles, en France ou en Europe, tous ceux qui sont nés après la guerre ont au moins l’avantage de n’avoir connu que la paix, grâce au marché commun européen. Comme disait Renaud dans une de ses chansons (« Cent ans ») : « J’ai jamais connu de guerre, à part Mai 68, et encore j’me souviens plus en quelle année c’était… »

 

3) Sur Friedrich List et sa théorie du protectionnisme éducateur, elle est tout à fait inadaptée ici, puisqu’il s’agit d’un protectionnisme concernant les pays en retard, pour leur permettre de développer des industries dans l’enfance, le temps de les faire grandir et de les consolider. Ce n’est pas le cas de la France qui est au contraire en avance, par rapport aux pays émergents, et à la plupart des pays d’Europe centrale et orientale.

List parlait de sa région, les États allemands, très en retard à l’époque par rapport à l’Angleterre, la France ou la Belgique. Pour lui, le seul moyen de les développer, de les industrialiser, était de les protéger, en constituant une union douanière. C’est ce qui a été fait avec le Zollverein, et le succès qu’on sait, puisque en quelques décennies, de 1834 à 1871, le Zollverein a débouché sur l’intégration économique et monétaire des États allemands, puis à leur unification politique avec le IIème Reich de Bismarck, proclamé dans la galerie des Glaces à Versailles, suite à la débâcle française de 1870. La réussite de cette unification, en partant de l’économie et des échanges, a d’ailleurs souvent servi de modèle et de référence aux pères fondateurs de l’Europe.

Mais List préconisait une protection limitée, temporaire et modérée. Limitée à l’industrie, temporaire, le temps que les entreprises « sortent de l’enfance » (protectionnisme éducateur) et modérée (faibles tarifs, de façon à ce que l’aiguillon de la concurrence puisse continuer à se faire sentir, et ne pas garder des industries éternellement dans l’enfance). En outre, les objections de List on été retenues par les partisans du libre-échange, comme la seule exception à leur position. C’est je crois John Stuart Mill, dernier des classiques, qui a reconnu la validité de cet argument, dit depuis des industries naissantes.

 

4) Pour finir, si le libre-échange n’est pas comme tu dis favorable à tous les pays, notamment du fait de l’argument de List, il est de fait que le protectionnisme généralisé, lui, est défavorable à tout le monde. Non seulement défavorable, mais dangereux. Les théories économiques du commerce international, c’est bien joli, mais il faut quand même regarder aussi les faits : encore une fois, il suffit de se référer à soixante ans de développement dans les pays du Sud depuis la guerre : ceux qui se sont développés et ont réduit la misère de masse sont ceux qui se sont ouverts sur l’extérieur, en Asie, en Amérique latine et en Afrique ; ceux qui se sont isolés dans le protectionnisme ont échoué dans les grandes largeurs en aggravant la misère de leur peuple. Il suffit de comparer des pays comme la Guinée et le Sénégal, la Tanzanie et le Kenya, Madagascar et l’île Maurice, la Corée du Nord et la Corée du Sud, la Birmanie et la Thaïlande, etc., etc. Partout l’isolement a été une catastrophe, l’ouverture un succès, au moins relatif.

 

***

Réponse de André Segura :

Mon cher Jacques,

Je ne ferai pas de commentaire de ta dernière réponse car il n’apporterait rien du point de vue de l’objectif que je m’étais fixé : établir que le point de vue dominant selon lequel il n’y a pas de salut en dehors de l’Union européenne et du libre-échange, qui se donne comme vérité d’évidence, n’en est pas une et reflète un parti pris théorique inavoué.

Si mes articles ont contribué à libérer leurs lecteurs du carcan idéologique étouffant que constitue cette pseudo-vérité d’évidence alors mon but est atteint et, selon les choix qu’ils feront, ils seront plus libres dans leurs actions citoyennes.

Je te remercie de m’avoir donné l’occasion d’affiner mon analyse et donc de m’avoir aidé à atteindre (je l’espère) cet objectif dans un esprit qui fut toujours analytique et jamais polémique ; j’estime que les enjeux sociaux donc humains sont trop grands pour que l’on se livre à une polémique stérile par nature.

Bien à toi

 

 

NB : On trouvera ici les différentes interventions de M. Segura.

 

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Dialogue parallèle entre Frédéric M. et Jacques Brasseul

  

Frédéric M., Sciences et Tech. :

Bonjour Monsieur,

Des améliorations incessantes des voitures, certes… Et combien de suicides déjà à Guyancourt (78) chez Renault ?

J’ai lu votre texte en diagonale, mais il ne me convainc en tout cas nullement.

C’est toujours la même rengaine de la France “recroquevillée” sur elle-même, le syndrome ressassé de l’Albanie d’Enver HOXHA, voire celui de la Corée du Nord de la famille Kim Il SUNG.

En attendant non seulement des entreprises ferment ici, et non des moindres, notamment dans le secteur de l’habillement (Velours COSSERAT, Amiens, maison fondée en 1794, du temps de l’adorateur de l’Être suprême) et si vous voulez faire de la confection avec du velours, en France, eh bien il faudra que l’étranger continue à vouloir en fabriquer, à quelle qualité, et… à quel prix ? Et jusqu’à quand ?). Il suffit dès lors d’un NON de l’étranger et hop, tout s’effondre en cascade ici : de la petite couturière au gros atelier.

Je prends à escient cet exemple du velours français, mais, il y en a mille exemples de cette sorte. Alors, une fois une filière fermée, allez trouver la main-d’œuvre qualifiée dans le pays, si jamais ces entreprises qui sont parties avec nos savoir-faire se mettaient dans l’idée de revenir ouvrir des boîtes… en France.

Il y a quelque chose qui m’a beaucoup surpris dans votre texte : la consécration, l’insertion de la France dans la division internationale du Travail. À aucun moment n’apparaît le mot de souveraineté nationale, de maîtrise du destin collectif par une communauté appelée en 1790 la Nation.

On rappellera que c’est actuellement un membre du PS français, un certain Pascal LAMY qui est à la tête de l’OMC.

Je ne le mets pas sur “all” car j’ai d’autres chats à fouetter, mais vraiment ce que j’ai pu lire ne m’a pas convaincu.

Bien à vous. 

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Réponse de Jacques Brasseul :

> Bonjour Monsieur, Des améliorations incessantes des voitures, certes..Et combien de suicides déjà à Guyancourt (78) chez Renault ?

 

Absolument, mais je n’ai jamais dit que la société était parfaite. Et qui vous dit que dans une France fermée, protégée il y aurait moins de suicides ? Mon point était simplement que le protectionnisme aggraverait la situation économique et sociale.

Je suis tout à fait d’accord avec vous pour améliorer les conditions de travail, mais pas en prenant des solutions qui ne feront qu’aggraver la situation, notamment aggraver la pauvreté.

 

> J’ai lu votre texte en diagonale, mais il ne me convainc en tout cas nullement. C’est toujours la même rengaine de la France “recroquevillée” sur elle-même, le syndrome ressassé de l’Albanie d’Enver HOXHA, voire celui de la Corée du Nord de la famille Kim Il SUNG.

 

Non, c’est une exagération, je n’ai jamais dit ça. La France est ouverte et n’a strictement rien à voir avec l’Albanie ou la Corée du Nord. Je dis que si nous choisissions le protectionnisme, nous répéterions les mêmes erreurs que celles de l’entre-deux-guerres, dans les années 1930, en France, en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, pas en Corée du Nord ou en Albanie. Les mêmes erreurs de l’isolement qui a mené à la guerre économique, puis à la guerre tout court, les deux étant liées, l’une conduisant à l’autre.

 

> En attendant non seulement des entreprises ferment ici, et non des moindres, notamment dans le secteur de l’habillement (Velours COSSERAT, Amiens, maison fondée en 1794, du temps de l’adorateur de l’Être suprême) et si vous voulez faire de la confection avec du velours, en France, eh bien il faudra que l’étranger continue à vouloir en fabriquer, à quelle qualité, et… à quel prix ? Et jusqu’à quand ?). Il suffit dès lors d’un NON de l’étranger et hop, tout s’effondre en cascade ici : de la petite couturière au gros atelier. Je prends à escient cet exemple du velours français, mais, il y en a mille exemples de cette sorte. Alors, une fois une filière fermée, allez trouver la main-d’œuvre qualifiée dans le pays, si jamais ces entreprises qui sont parties avec nos savoir-faire se mettaient dans l’idée de revenir ouvrir des boîtes… en France.

 

Je suis d’accord avec vous, l’ouverture des frontières oblige des secteurs entiers à se reconvertir, menace des industries entières, mais en même temps il favorise des tas de secteurs qui dépendent du commerce extérieur, l’agriculture, l’aviation, l’automobile, etc., etc.

Vous ne pouvez protéger certains secteurs, et en même temps exiger que les pays étrangers ouvrent leurs frontières à nos industries exportatrices.

Le problème est qu’en commerçant au niveau mondial, on a des avantages qui sont répartis sur la masse de la population (prix plus bas, diversité des produits, qualité due à la concurrence, etc.) et des inconvénients qui sont concentrés sur des secteurs précis et des professions précises (textile, jouet, par exemple). La solution est d’aider ces secteurs et professions à se reconvertir, c’est-à-dire utiliser les gains collectifs pour subventionner les secteurs menacés.

On peut aussi fermer les frontières, se replier sur nous-mêmes, produire tout nous-mêmes et n’importer que les matières premières indispensables, mais il faut savoir que cela se traduira par un appauvrissement général, infiniment pire que ce que peut produire comme dommages la crise actuelle. On ne peut tout produire à un coût et une efficacité équivalente, à 60 millions, que ce que peuvent faire 6 milliards de personnes.

 

> Il y a quelque chose qui m’a beaucoup surpris dans votre texte : la consécration, l’insertion de la France dans la division internationale du Travail. À aucun moment n’apparaît le mot de souveraineté nationale, de maîtrise du destin collectif par une communauté appelée en 1790 la Nation.

On rappellera que c’est actuellement un membre du PS français, un certain Pascal LAMY qui est à la tête de l’OMC.

 

Mais la décision d’ouvrir les frontières, de faire l’Europe, de réduire les droits de douane avec l’extérieur, les pays non européens, résulte, il me semble, de la souveraineté nationale, c’est bien les élus du peuple, et les gouvernements élus, qui ont engagé le pays sur cette voie. Le traité de Maastricht également a été approuvé par référendum.

 

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Frédéric M., Sciences et Tech. :

Bonsoir Monsieur,

Je crois que ce qu’il est convenu d’appeler les “élites” de ce pays portent leur grande part de responsabilité dans les dérèglements que l’on observe. C’est bien pour cela que les fausses alternances ne sont pas des alternatives.

Bien à vous.

FM

  

 ***

Réponse de Jacques Brasseul : 

Certainement, les élites ont forcément une part de responsabilité plus importante, puisqu’elles sont au pouvoir. Même si avec la mondialisation, elles perdent une grande partie de leurs moyens d’action.

Mais que faut-il faire alors ?

JB

 

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Frédéric M., Sciences et Tech. :

 

Rebonsoir,

Renégocier les traités nous liant pieds et poings à l’UE, notamment le traité de Lisbonne, contrôler le nomadisme des capitaux, assurer un contrôle d’État de ces secteurs stratégiques, sortir de l’espace SCHENGEN, renégocier les traités nous liant à des pays d’immigration, immigration que nous ne pouvons pas absorber, d’où qu’elle vienne (pas seulement d’Afrique du Nord ou subsaharienne, mais aussi est-européenne, afghane, asiatique….Cf ce qu’il se passe à Sangatte actuellement, cf ce qui se passe aussi entre ressortissants de l’UE en Irlande et en Grande Bretagne, il y avait un article du Monde au sujet de tensions polono-irlandaises, deux peuples “catholiques”, “européens”, membres de l’UE, etc.) étant donné le chômage endémique qui existe dans ce pays, au niveau de gens qui n’ont jamais travaillé, ne travailleront, si ça continue comme ça, sans doute jamais en France, ou de gens qui ne retrouveront plus de travail. Revoir les liens entre nous et ces pays au niveau d’un développement mutuellement avantageux, puisqu’il est hors de question de se barricader ici et de laisser les autres crever ou de laisser les filières clandestines savamment organisées opérer en toute tranquillité. Extension de ces mesures de coopération à d’autres pays. Il n’est plus de “petits” pays (moi qui ai étudié l’albanais, “petite langue” diront les mauvaises langues, aux Langues orientales, j’en sais quelque chose) et la France n’a pas compris cela, contrairement à ses voisins comme l’Italie : il n’est qu’à voir les attaques récentes contre RFI au niveau des émissions vers ces pays. Voilà comment on perd des débouchés. On en perd même vis-à-vis de l’Espagne, pays dont je suis originaire par mon père, où le français a quasiment disparu en tant que langue étrangère de référence, et où l’on voit qu’un Espagnol et un Français communiquent dorénavant entre eux en… anglais. C’est une jolie acrobatie entre langues latines, n’est-il pas ?

Je suis donc très sceptique sur une quelconque solution à nos problèmes au niveau de l’UE, vous l’aurez deviné. Nos pays sont trop différents (Finlande, Malte, Angleterre !!!) et ont des intérêts qui ne peuvent être que divergents. C’est naturel.

 Quant à l’Union pour la Méditerranée de l’actuel président, quand on voit ce qui se passe à l’autre extrémité de la Mare nostrum et tant que le problème palestinien ne sera pas résolu cette mer sera la balafre que l’on sait.

Je trouve qu’on n’a pas assez parlé de véritable politique dans nos milieux, politique dans le sens “polis”, ou dans le sens “res publica”, confondant, pour certains, carrières personnelles multiples et affaires de la cité. Ce qui n’a rien à voir.

Nous payons aussi les pots cassés de ces calamiteuses attitudes. Le politiquement correct n’arrangeant pas non plus les choses.

Bien cordialement et désolé de vous importuner avec ces remarques.

 

 

 

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One Response to “Dialogue sur le libre-échange avec André Segura, 2ème partie”

  1. Noel RAMBALDİ dit :

    Un autre regard

    Circulation des marchandises entre pays industrialisés et pays émergents sans restrictions réglementaires, quotas ou autres, c’est le but a atteindre. La condition sine quoi non est une organisation pragmatique de la façon de commercer entre ces deux partenaires commerciaux.
    L’Organisation Mondiale du Commerce, entre pays industrialisés et pays émergents, telle qu’elle est organisée actuellement, est impossible. Elle interdit, entre ces pays, tout équilibre de la balance commerciale. Soit, l’équilibre monétaire est établi, mais, l’équilibre de la valeur réelle des masses de marchandises échangées est catastrophique. Soit la valeur réelle des masses de marchandises est en accord, mais alors, l’équilibre monétaire est catastrophique.
    Les différences des salaires, l’existence ou non de protection sociale et des taux de change monétaires irréalistes ont pour effet de donner à une même marchandise, dans chacun de ces pays, des valeurs locales dont la différence est énorme. Cette caractéristique interdit, entre ces
    pays, tout commerce international équilibré.
    En fait le désordre a pour cause une erreur d’organisation commerciale internationale et les efforts de nos meilleurs économistes ne pourront pas apporter une solution pérenne tant que cette erreur n’aura pas été corrigée.
    La bévue a été, pour l’O.M.C., d’espérer créer un commerce international en libre échange entre un pays industrialisé et un pays en développement sans opérer un rééquilibrage entre les valeurs locales des marchandises échangées.
    Ce commerce est impossible sans provoquer les difficultés que nous vivons actuellement
    İL serait nécessaire, pour le pays ou les marchandises sont les plus chères, de fixer, en accord avec son partenaire commercial, le taux de réévaluation appliqué aux marchandises qu’il importe de façon qu’elles gardent un caractère attractif, mais non dangereux pour son marché intérieur.
    Ce même taux serait appliqué, mais en dévaluation, sur les marchandises exportées en direction de ce partenaire commercial, ce qui aurait pour effet de les mettre au niveau du pouvoir d’achat de la population de ce pays. Les réévaluations financeraient les dévaluations. Quel que soit le sens du déséquilibre de la balance commerciale, sa conséquence, sur la quantité des marchandises exportées qui pourraient bénéficier du taux de dévaluation, ou sur ses prix, rétablirait automatiquement l’équilibre.
    Nous sortirions, ainsi, de cette situation incroyable, d’un pays, dont la population a besoin de tout, mais dont les marchandises sous évaluées, ne lui donne pas le pouvoir d’achat correspondant dans le pays qui est son partenaire commercial. Et d’autre part, d’un pays industrialisé a fort potentiel de production de richesse, mais dont la population vit le chômage parce que son marché intérieur est gravement perturbé par les faillites et les délocalisations et que ses prix son hors de porté du pouvoir d’achat de ses partenaires commerciaux.

    L’O.M.C. actuelle a une structure et une organisation qui lui permet de régler les différents commerciaux entre les pays industrialisés d’évolution identique.
    L’Organisation Mondiale du Commerce actuelle, entre pays industrialisés et pays en développement, associée à sa théorie de libre circulation des marchandises, impossible a réaliser entre ces pays, est une monstrueuse aberration qui est la cause essentielle de la crise actuelle.
    La théorie de l’O.M.C. a provoqué le chômage dans tous les pays industrialisés, ce qui a engendré le problème des Subprimes qui par contamination s’est propagé aux autres banques du monde. Les Subprimes ne sont qu’une conséquence, et non pas une cause.
    L’O.M.C. actuelle est indiscutablement la cause des désordres

    Noël RAMBALDİ.

    L’APPLİCATİON DU TAUX DE REEVALUATİON – DEVALUATİON
    CONSEQUENCES.

    Le taux de réévaluation-dévaluation ferait l’objet d’une variation inversement proportionnelle a un éventuel changement du taux de change des monnaies des deux partenaires, il acquerrait ainsi la capacité de stabiliser les prix a 100% et d ‘anéantir toutes tentatives de spéculation sur ces deux monnaies.

    La concurrence, indispensable a la régulation du marché, ne serait pas affectée par le taux de dévaluation, ce dernier étant le même pour tous les producteurs du pays industrialisé.

    L’application du taux de réévaluation-dévaluation rééquilibrerait l’échange commercial en valeur monétaire et en valeur des masses de marchandises échangées. L’intérêt des deux partenaires serait de développer leurs échanges. Aucune spoliation ni aucune perturbation du marché intérieur des deux partenaires ne pourrait être détectée. Une stabilité pérenne s’installerait.

    La spéculation, qui n’est qu’une prévision d’un avenir financier, perd ses repères dans les périodes d’instabilité. Elle devient sensible a la rumeur, aux sensations, aux peurs, ses réactions deviennent totalement indépendantes de la réalité. İl souffle un vent de folie.
    La stabilité la remet dans un cadre normal et tout s ‘apaise.

    Dans cette nouvelle situation, de stabilité des prix et des monnaies, l’activité des établissements financiers reprendrait dans une ambiance beaucoup plus détendue et moins risquée. İls seraient enfin durablement délivrés de leurs risques de déviances sans souffrir ni de règlement ni de contraintes.

    Tout excès dans un sens ou dans l’autre du montant du Taux de Réévaluation-Dévaluation a pour conséquence le blocage de l’échange commercial entre les deux partenaires. Pour l’un et l’autre, soit l’importation est altérée, soit l’exportation. L’usage même du Taux de Réévaluation-Dévaluation déterminerait le montant de ce taux.
    Ce commerce mondial impliquerait la mise en place d’un contrôle douanier. Mais nous savons faire cela n’est-ce pas. Cette fois, il n’aurait pas un caractère protectionniste et favoriserait de façon effective le commerce international sans effet secondaire défavorable.

    Ce nouveau commerce international aurait la capacité de s’intégrer dans une Europe qui aurait la sagesse de coordonner ses salaires, ses règlements fiscaux, ses systèmes de protection sociale. Ces derniers, par une T.V.A. SOCİALE par exemple.

    İl apporterait, a cet effort Franco-Allemand qui essaie d’établir en Europe la Règle d’Or,
    Ce qui lui manque, c’est à dire la garantie d’une reprise d’activité de l’ensemble des pays de l’Europe.

    L’évidente nécessité de la coordination des pays de l’Europe et la, non moins, nécessaire fiabilité qu’ils doivent garantir à l’extérieur, seraient ainsi réalisées.

    Le personnel des agences de cotations pourrait prendre des vacances.

    Noël RAMBALDİ qui revendique la paternité de ses idées et de ses écrits