Auteur: Roger Séguéla

Né d'un père occitan et d'une mère mantovano-véronèse, Roger Séguéla a œuvré dans le privé avant d'exercer des fonctions d'élu local. Eclectique en art, il fut aussi un grand sportif, n°15 (arrière) sur les terrains de rugby. Dans ses textes retraçant ses 20 premières années passées dans le quartier populaire toulousain de Jolimont, entre 1944 et 1964, il porte un regard lucide et factuel sur la vie d'une famille ordinaire dans la France de l'immédiat après-guerre et des Trente Glorieuses.

Bye bye Jessye !

« La cantatrice Jessye Norman, icône américaine de l’opéra, est décédée d’une septicémie lundi à New York à l’âge de 74 ans. »

Cette nouvelle brutale est tombée en ce dernier jour de septembre 2019.

On est toujours abasourdi, quand on perd des gens que l’on aime.

Et on ne pouvait qu’aimer Jessye!

Tout ce mardi 1er octobre, Radio Classique a diffusé des airs chantés par cette grande cantatrice, notamment, vers 19 h 30, “Dove Sono”, chanté par la Comtesse dans les Noces de Figaro. La pureté de sa voix reste un vrai enchantement.

Et la maîtrise de cette somptueuse soprano, avait quelque chose de divin.

Je me suis alors souvenu de quelques mot, écrits il y a quelques mois, après un choc vocal subi à son écoute et une sensation intense de sérénité.

Je vous les livre en l’état.

JESSYE  NORMAN  :  QUELQUES  INSTANTS  DE  SERENITE

Vendredi 2 novembre, vers 16 h, je rentre de Nîmes dans la Clio, la circulation est difficile, je suis bloqué sur le périph au carrefour de la route d’Arles.

J’écoute Radio Classique, le son Bose est excellent, Eve Ruggieri a programmé la grande chanteuse noire américaine, Jessye Norman. Elle chante des airs de Wagner* et des spirituals, c’est magnifique, la qualité sonore est excellente, je monte le son, la nuit tombe, je suis bien, mon corps est apaisé, pas la moindre douleur, tout fonctionne pour le mieux, est-ce cela le bonheur, ces instants de sérénité où tout baigne.

Jessye Norman  en  1994

 Je vais sur mes 75 ans, la plus grande partie de ma vie est déjà écoulée, et pourtant, malgré quelques problèmes de santé dus à l’âge, ou peut être à cause d’eux, j’apprécie à leur juste valeur tous ces moments de plénitude, qui se feront de plus en plus rares.

Je saurai en profiter, en positivant tous les évènements à venir.

Je suis vivant, je ne souffre pas, tout va bien autour de moi : la vie pourrait donc être belle?

* – Tannhäuser, La prière d’Elisabeth
– Tristan et Isolde, Mort d’Isolde
Orchestre Philarmonique de Londres Directeur Klaus Tennstedt
– Anonyme Spirituals, Directeur James Levine

 

Bouillargues, le 1er octobre 2019

 

 

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