Auteur: Toussaint Kawaya

Alexis-Toussaint KAWAYA YUMA est Chef de Travaux d’Anthropologie à l’Université de Kisangani. Vice – Doyen Honoraire Chargé de la Recherche de la Faculté des Sciences Sociales, Administratives et Politiques de l’Université de Kisangani (R.D.C). Ses recherches qui portent sur la pauvreté urbaine, les effets de la mondialisation sur la culture et les dynamiques urbaines lui permettent de préparer une thèse de doctorat en Anthropologie du développement et du changement social.

Quelques réflexions sur la nouvelle mondialisation

Réfléchir sur la relation entre l’homme et la mondialisation c’est nous inviter à situer l’homme dans le processus de globalisation de ses activités tant matérielles qu’immatérielles. Car la mondialisation concerne avant tout l’homme. Aussi doit-on s’interroger sur l’avenir des hommes soumis à leurs constructions idéologiques, insérés dans un réseau de contraintes et dépourvus d’espérance. Comment ces hommes vivent-ils la mondialisation ? Et que deviendront les différences culturelles dans un monde déjà « mondialisé » ?

En reprenant ZAKI LAIDI (1994), nous dirons que la mondialisation est un vieux mot. Il est vieux comme le monde. S’il fallait à tout prix trouver un début à la mondialisation, il faudrait remonter à l’époque sumérienne, avec la domestication du cheval en Mésopotamie et l’extension de ce processus vers la Chine, plusieurs siècles avant Jésus-Christ. Plus près de nous, soit deux siècles avant Jésus-Christ, l’historien romain POLYBE écrivait déjà : «Avant les événements qui se déroulaient dans le monde n’étaient liés entre eux. Depuis, ils sont devenus dépendants les uns les autres ». C’est que la conscience du monde existe depuis fort longtemps.

D’un point de vue économique, puisque c’est ce par quoi la mondialisation est ressentie aujourd’hui, il faut rappeler que les interactions sont également fort anciennes. Le développement d’une économie monde a commencé à peu-près au XVème siècle, avec de temps à autre des périodes d’accélération, comme celle que l’Europe a vécue entre la fin des guerres napoléoniennes, en 1815, et le premier conflit mondial.

Mais il faut rappeler en même temps que nous avons assisté à la fin du XIXe siècle à des formes de mondialisation qui n’ont rien à envier à celles d’aujourd’hui : la liberté de circulation de capitaux était considérable, plus forte en tout cas que celle que nous avons connue jusqu’à la dérégulation des années 80 ; les investissements des pays occidentaux étaient très importants, le commerce international avait pris des proportions énormes, et, par exemple, la dépendance des USA vis-à-vis des importations est à peine plus forte aujourd’hui qu’elle ne l’était à la fin du XIXème siècle ; il en est de même pour les migrations des populations.

S’il apparait donc clairement que la mondialisation est avant tout un phénomène ancien, l’accélération des échanges internationaux et des flux des capitaux est plus récente, tandis que, parallèlement, on assiste à un accroissement des inégalités. Ne nous y trompons pas. A l’heure de rationalisation des processus de la mondialisation, l’homme se trouve bel et bien écartelé.

Au point de convergence d’une idéologie politique, le libéralisme, d’un primat économique, le capitalisme libre-échangiste, et d’une avancée technologique telle que les informations circulent dans un espace planétaire, la mondialisation régente désormais le quotidien de l’homme. (Christian TROUBE, 1966, p.3). D’un côté, les multinationales (du Nord) orchestrent une révolution planétaire et historique ; de l’autre, les salariés de Renault ou de Moulinex, les sans-emplois de la R D Congo, les exclus des banlieues de Nairobi, de Lagos ou de Karachi, etc. en subissent les effets. D’un côté également, l’avion, Facebook, WhatsApp, la télévision, Internet relient et rapprochent les hommes, rendent plus proches les cultures, les traditions de chacun ; de l’autre, de nationalistes de tout poil exploitent la crainte d’un monde globalisé pour réveiller les pires réflexes identitaires. En Occident, ces cas sont légion : l’Europe écartelée entre des unionistes et des séparatistes, qui ne se reconnaissent plus dans ses idéaux et développent une idéologie identitaire parfois suicidaires (brexit, Catalogne). Idéologie populiste ? Peut- être. Mais, le malaise des pôpulations est bien réel et le refus du néo-libéralisme ne se manifeste pas qu’en Europe. Et l’Afrique ? Elle ne veut pas encore comprendre qu’elle est et sera la dernière roue du carrosse de la globalisation.

La mondialisation désigne dans ce contexte la phase néolibérale du capitalisme, qui étend la loi de la valeur à l’ensemble des populations du globe. En libéralisant les échanges de biens et de services à l’échelle planétaire, dans des conditions d’inégalité extrême, ce système économique élargit les frontières de l’exploitation des ressources naturelles et du travail aux confins de l’univers et affecte ainsi le sort des peuples dominés, exploités et mis en coupe réglée par le capitalisme néolibéral essentiellement marchand qui fait preuve d’une sauvagerie  jamais égalée.

Comme l’écrit Bernard Duterme : « Paradoxalement, alors que l’actuelle globalisation se révèle sous bien des aspects désastreuse pour les peuples marginalisés, elle crée aussi les conditions de leur émergence en tant qu’acteurs sociaux identitaires. L’accélération de la mondialisation porte en elle-même les germes de réaffirmations culturelles, locales ou régionales. On le sait, la force désagrégatrice de la logique économique libérale entame les solidarités nationales et induit une
fragmentation des principaux acteurs sociaux et des identités collectives. En Amérique
latine comme ailleurs, la tendance s’accompagne d’une prolifération de mouvements
identitaires à caractère religieux, national ou ethnique »
[B. Duterme, 2002).

  1. Bref réquisitoire de la mondialisation

Le premier symptôme de ce malaise chez l’homme, et particulièrement celui du Sud, c’est la perte de ses repères spécifiques. En effet, sous l’impulsion de la mondialisation, le Sud, catégorie commode désignant les pays en développement, se désagrège. La plupart des pays du Sud sont marginalisés ou s’en vont frapper à la porte des cartels des riches. Mais loin de ces riches du Nord qui drainent l’essentiel des capitaux privés, les oubliés de la mondialisation sont légion. Une cinquantaine de pays pauvres, parmi lesquels un grand nombre de pays africains, n’attendent plus grand chose de positif de la mondialisation. La plupart écoulent des matières premières dont le poids dans le commerce mondial ne cesse de régresser. Ils sont aussi les premiers touchés par la réduction des flux d’aide publique. Ce n’est pas étonnant que la salle d’attente du progrès se gonfle de nouveaux arrivants. Selon le PNUD, depuis 1980 à nos jours, plus de 150 pays souffrent du déclin et de la stagnation économique. Avec à la clé une baisse sensible de revenu pour 1,8 milliard d’individus, plus d’un quart de la population de la planète.

Un tel réquisitoire de la mondialisation, aussi bref soit-il, ne doit pas permettre cependant de tomber dans l’excès inverse et prétendre que des hommes du Nord ne subissent pas aussi les effets de la mondialisation. Sans doute une mince consolation pour un homme du Sud, mais la vérité est que la marginalisation frappe aussi les piliers du Nord. Dans chaque pays, les salariés non qualifiés (ces vieux fantassins) sont perdants, voire exclus.

A défaut, c’est bien la mondialisation de la déstabilisation qui est redoutée. C’est dans cette perspective que Bertrand MAURICE (1996) raille « le réaliste » qui ne voit pas venir les révolutions et se contente d’appeler à la formation d’un gouvernement mondial qui porterait « le sentiment de tous les êtres humains d’appartenir à une société civilisée » et compléterait dans la sphère politique la mondialisation économique. De même que les êtres humains appartiendraient à un nouveau genre des hominidés : l’HOMO SAPIENS INFORMATICUS NUMERICUS. La mondialisation qui recourt ainsi à l’uniformisation de l’intelligence artificielle ne devient-elle pas la fabrique d’une pensée humaine unique, source de domination et d’inégalité ?  Dans cette perspective la question de la mondialisation s’oriente vers la dimension culturelle du phénomène. Bien que nous l’ayons déjà abordée à travers l’angle économique, la dimension culturelle complète la compréhension de cette question puisque l’enjeu porte sur le rapport entre le local et le globa.

  1. Mondialisation et culture

La mondialisation, ce nouveau fétichisme de la société post industrielle occidentale, pèche comme son rejeton, le Programme d’Ajustement Structurel des années 80, en évacuant la dimension culturelle. Il ne s’agit pas d’une culture universellement singulière, mais plutôt d’une culture plurielle qui participe de l’universel tout en affirmant ses particularités, ses logiques.

N’observons-nous pas aujourd’hui simultanément un incroyable élargissement culturel du monde, via les médias, la communication ou l’uniformisation des modes de vie, et simultanément un profond mouvement de repli identitaire ? Comment expliquer que des conflits à forte charge identitaire se produisent un peu partout dans le monde en même temps que l’internationalisation de l’économie ?

Nous considérons que, sur le plan culturel, les particularismes identitaires ne sont pas un obstacle en soi à la mondialisation, qu’ils en sont plutôt la voie, et presque la clé.

Le phénomène de la mondialisation permet l’accès d’un nombre (important) croissant d’individus à des réseaux d’information et de communication (FOURNIER, M. 2011). Son impact, dans le monde, conduit à deux effets. Le premier est une prise de conscience accrue de la diversité culturelle et de l’interdépendance de l’ensemble des individus. Du fait de la multiplication des services  d’information nous assistons de nos jours à une meilleure connaissance de l’environnement et des enjeux mondiaux.

Le patrimoine culturel mondial change de visage ; nous en avons une image plus documentée et plus vivante (http://www.uis.unesco.org). Des cultures minoritaires (amérindiennes, bushmen, pygmées) ont ainsi pu trouver une visibilité nouvelle, tandis que les questions internationales voient la montée en puissance des ONG comme des acteurs de premier plan. De même, le fort brassage des courants religieux et philosophiques a stimulé l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. Mais, concomitamment, des communautarismes identitaires fondés sur le refus du relativisme et l’affirmation de la supériorité d’une culture sur les autres se sont développés.

Le deuxième effet de la mondialisation au niveau culturel est l’émergence d’une culture commune marquée par le recours à l’interculturalité. Dans cette perspective, Jacques ATTALI fait remarquer que « la mondialisation apporte une facilité de plus en plus grande pour voyager et pour communiquer. Les personnes et les idées venant de divers lieux se rencontrent » (ATTALI, J., 2003). La mondialisation fait émerger un esprit global. Les hommes qui viennent de tous les coins du monde sont unifiés par l’échange libre des idées et des styles de vie, sans qu’aucune autorité puisse s’y opposer. « La chute de rideau de fer entre les diverses cultures est en grande partie, le résultat de la découverte, grâce à la mondialisation de la technologie et des médias, du style de vie existant dans les pays libres » (BAUMAN, Z., 2000).

Autre effet de la mondialisation au niveau culturel : l’émergence d’une sorte de culture commune marquée par le recours à un anglais de communication parfois appelé « globish » (pour global English), version appauvrie de la langue anglaise. Les références  culturelles américaines ou occidentales sont portées par des produits culturels (cinéma, télévision, musique, informatique) ou des modes de vie (sports, cuisine, etc.). N’est-ce pas là un risque évident de l’appauvrissement de la diversité culturelle ou de la domination d’un certain type de rapports économiques et sociaux ? C’est pourquoi beaucoup d’auteurs y compris des anglo-saxons chantres du libéralisme mondialisant n’hésitent pas à parler d’un impérialisme linguistique anglo-américain (PHILIPSON, 2009).

La mondialisation nous projette dans un monde complexe où les craintes d’hier tendent à s’évanouir, tandis que l’homme est amené à gérer de nouvelles ’incertitude. Un monde caractérisé par le hasard, la peur et la résignation est désormais le nôtre. Mais, faut-il pour autant que l’homme subisse la mondialisation sans réagir ? Evidemment non : aujourd’hui comme hier, l’homme doit être au centre de son propre développement et du développement de tous les hommes. Quelle que soit la pesanteur de l’utopie, la mondialisation ne saurait remplacer ce principe tangible. Bien au contraire.

En guise de conclusion de cette réflexion, nous dirons que vivre dans la mondialisation, comme le rappellent ZAKI et al (1994) : « doit se faire à hauteur d’homme, en évitant la fascination de la technologie, car le progrès technique n’est pas tout le progrès. Celui-ci est certes ce qui frappe les esprits, qui donne le sentiment d’une projection vers l’avenir, mais il est aussi celui qui fait peser le plus d’hypothèques éthiques. »

Il existe plusieurs mondialisations selon l’endroit où se trouve l’homme : au nord, il y a  la mondialisation des riches et au sud se construit celle des pauvres (BRICs).

S’il est vrai que la question du rapport entre le local et le global n’a de sens, comme le dit Béatrice DAVID, qu’en interrogeant « l’avenir de la différence culturelle (ou hétérogénéité) dans les mondes contemporains confrontés au défi d’une contemporanéité globalisante », plusieurs études de cas montrent comment la confrontation du local et du global engendre davantage d’hétérogénéité que d’uniformité. Les transformations du local à l’œuvre « ici » et « là » sont à replacer dans une perspective privilégiant le déplacement vers les « espaces autres » où se réalisent les multiples expériences d’une modernité travaillée par les forces du local.

Les situations postcoloniales en constituent une illustration fort intéressante au travers des analyses de l’anthropologie du corps : les corps féminin comme masculin deviennent le support de pratiques sportives, esthétiques, vestimentaires, etc. au travers desquelles se pensent et se mettent en acte les nouvelles modalités du rapport à l’autre et à soi engendrées par les tensions dues à la mondialisation. Et la « crise » migratoire actuelle n’est-elle pas, au mieux, un défi sérieux, au pire, un déni atroce de toutes les velléités d’une mondialisation humaniste ?

La mondialisation, ce nouveau fétichisme contrôlé par les « Maîtres du monde », est une nouvelle arme fatale de destruction massive. Particulièrement à l’encontre de tous ceux qui osent résister. Faut-il pour autant abdiquer le combat ? Sincèrement non. Seule la lutte libère. Tous, nous devons nous libérer du carcan de la mondialisation cannibale.

 

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One Response to “Quelques réflexions sur la nouvelle mondialisation”

  1. jbrasseul dit :

    Plusieurs remarques : le cheval semble avoir été domestiqué en Asie centrale, pas en Mésopotamie.
    La mondialisation a réduit les inégalités, pas augmenté, voir le développement plus rapide des pays du Sud et de l’Est, et le phénomène de rattrapage en cours. Les thèses du “fossé grandissant”, de “l’écart croissant”, défendues jusqu’aux années 1980, ont été abandonnées devant l’évidence contraire : un fossé qui se rétrécit. L’Afrique aussi participe de ce rattrapage, avec une croissance plus forte que les pays riches, depuis les réformes des années 1990. Bien sûr, elle part de plus loin et cette évolution est moins visible.
    Enfin tous les écrits de Ziegler et Amin ont été démentis par les faits.