Pensées vagabondes

Sixties

Le disque va continuer de tourner.
Une chanson, romance d’un été,
qui sera vite oubliée, dès la rentrée.
Joli monde éphémère et acidulé.

Beau papillon dans la lumière,
sans penser à la chute amère.
Univers brillant de paillettes,
magazines, photos, starlettes.

Jeunes filles pâles en Courrèges,
défilant à Cannes en cortège.
On veut imiter Brigitte ou Sagan
et le rythme va en s’accélérant.

Garçons rêvant à des Suédoises,
entre deux bouffées de gauloises.
Piscine abandonnée au petit matin.
Clap de fin pour des slows câlins.

La cigale ayant chanté tout l’été…
Se perdra à Saint-Germain des Prés.

°

Entrelacs

Mon cœur à la dérive
hésite entre deux rives.
Mon cœur meurtri,
vide de folles envies.

A la poursuite d’images,
hanté par de beaux visages.
Des paradis hypothétiques
et tant de rêves cimériques.

Cœur en quête d’émois,
lassé d’un monde froid.
Recherche d’un temps perdu
auquel j’ai toujours cru.

Des mirages dans le sommeil,
des matins aux amers réveils.
Traversée d’un pâle désert
où tout se perd.

Partir loin de ce monde,
pour de nouvelles ondes.
Ma chère mémoire vacille
et ma raison part en vrille.

Où est ma ligne d’horizon ?

 

Pensées vagabondes. Tome I, Editions de l’Onde