Auteur: Michel Herland

Michel Herland est professeur à l’Université des Antilles et de la Guyane, Martinique, Antilles françaises.

L’avenir de l’homme est-il dans la métamorphose ? Variation sur un thème d’Edgar Morin.

Invité de la Région Martinique, Edgar Morin a présenté une conférence à Fort-de-France, le 27 décembre 2011, sur le thème : « La métamorphose, avenir de l’humanité ». Après une introduction de Patrick Chamoiseau, E. Morin a consacré son préambule à la description des méfaits du néolibéralisme, et particulièrement à la manière dont il se manifeste dans la crise actuelle (aux multiples dimensions : économique, sociale, financière, écologique et morale), pour conclure ce premier temps de son discours sur une prophétie : l’humanité court tout droit à la catastrophe, à moins qu’elle ne trouve en elle les ressources pour se « métamorphoser ».

E. Morin distingue en effet la révolution qui consiste à faire table rase du passé pour tenter de construire du neuf, une démarche vouée à l’échec selon lui, de la métamorphose qui permet de se régénérer en se nourrissant du passé. Concrètement, la métamorphose souhaitée reviendrait à consommer moins, ou en tout cas mieux, à produire de manière durable et à se développer « par enveloppement »,  sans créer la misère à côté de l’abondance. E. Morin a eu de belles formules pour décrire l’objectif final que nous devrions tous viser, celui de la vie bonne des sages antiques (qu’il préfère appeler le « bien vivre »), sans oublier de chatouiller dans le sens du poil certains chantres de la « poétique de la relation »[i] présents dans la salle (« la prose c’est survivre, la poésie c’est vivre »). Inutile de dire que tous les auditeurs étaient d’accord avec ce beau programme. Mais ils n’avaient pas besoin d’un E. Morin pour être convaincus. On l’attendait moins sur les buts, trop consensuels, que sur l’analyse et sur les moyens.

Car on aimerait qu’on nous explique une bonne fois pourquoi, alors que « tout le monde sait » à quoi il faudrait renoncer (consommer n’importe quoi, creuser les inégalités, épuiser les ressources naturelles, détruire notre environnement), les gouvernements qui nous représentent sont incapables de nous réorienter dans la bonne direction. On se doute que la question est complexe, mais, justement, E. Morin est célèbre pour ses analyses de la complexité. Alors pourquoi n’a-t-il pas tenté de nous expliquer le monde réel ? Par exemple les événements de 2009 aux Antilles françaises : les peuples de Guadeloupe et de Martinique levés fièrement pour dénoncer la « profitation », une grande effervescence populaire qui traduisait un ras-le-bol général, et tout cela débouchant sur rien, ou presque rien, voire sur l’inverse du résultat considéré comme souhaitable (puisque le mouvement s’est finalement traduit par un accroissement de la dépendance des deux îles envers la Métropole). Cet échec – qui est en particulier celui des auteurs du Manifeste pour les produits de « haute » nécessité [ii] – n’a rien d’anodin dans la perspective défendue par E. Morin. C’est pourquoi on aurait particulièrement aimé apprendre en quoi sa fameuse « Méthode » pouvait nous aider à le comprendre.

On dira peut-être qu’E. Morin ne connaissait pas suffisamment les Antilles, qu’il aurait fait preuve de prétention en voulant expliquer une situation qu’il venait à peine de découvrir. Dont acte. Mais pourquoi n’a-t-il expliqué aucun autre fait concret ? Par exemple : La « métamorphose » qu’il appelle de ses vœux sera écologique ou ne sera pas ; or il y a un fait massif, qu’aucun intellectuel ne saurait ignorer, c’est « l’émergence » de la Chine qui est devenue le premier pollueur mondial. Tout en sachant que s’ils polluent, certes, la planète, ils se polluent d’abord eux-mêmes. Cela n’empêche pas que le gouvernement chinois freine systématiquement (voir les sommets de Copenhague, de Durban) toute initiative contraignante visant à protéger l’environnement. Hélas, E. Morin prône la métamorphose à base écologique sans mentionner ses adversaires les plus résolus, ni a fortiori expliquer leur comportement. Mais alors, comment vaincre un ennemi qu’on ne comprend pas ?  Et ce qui est valable pour l’écologie vaut tout aussi bien pour la finance, autre exemple d’un domaine où « tout le monde sait » ce qu’il ne faudrait plus faire, sans que cela se traduise par les réformes nécessaires.

A la messe non plus, on ne va jamais au fond des choses ; on ne nous explique pas, en particulier, pourquoi un Dieu d’amour tolère des abominations ; par contre on nous invite à bien nous comporter. Telle fut exactement l’attitude d’E. Morin lors de sa conférence. À la question d’un auditeur qui l’interrogeait sur les forces sociales capables de lutter contre les aspects les plus délétères de notre modernité, E. Morin a répondu qu’il comptait d’abord sur des « hommes de bonne volonté », en espérant que leurs initiatives feraient tache d’huile et finiraient par se « relier ». La réussite exceptionnelle et imprévisible des Bouddha, Jésus et autre Mahomet démontre selon lui qu’un simple individu déviant par rapport aux normes de son temps, peut en réunir d’autres autour de lui et finir par changer le monde. Ainsi la « déviance » peut-elle devenir une « tendance » et la tendance » une « force » capable de déplacer des montagnes. Est-ce si sûr ? L’exemple des religions est-il vraiment aussi probant ? Toute la sagesse bouddhique n’empêche pas que des Indiens meurent de faim dans la rue. Le christianisme fut fort mais c’était au temps de l’inquisition et de croisades. Quant à la civilisation musulmane, elle a atteint son sommet au temps des empires esclavagistes et l’islam se manifeste surtout aujourd’hui par l’obscurantisme de ses intégristes.

Certes, E. Morin a absolument raison de souligner que la mondialisation, malgré tous ses inconvénients, présente au moins l’avantage d’imposer aux hommes la conscience de leur communauté de destin, au moment où la crise écologique impose un sursaut au plan mondial. C’est pourquoi nous nous trouverions collectivement, selon lui, face à cette simple alternative : continuer sur la pente fatale qui mène au chaos (aggravation des inégalités, guerres autour des ressources, appauvrissement général, tout cela conduisant à une décadence majeure de notre civilisation et peut-être même à la fin de l’humanité) ; ou bien prendre en main notre destin, changer radicalement nos comportements et sortir par le haut de la crise dans laquelle nous nous trouvons.

Sans doute rien ne serait-il meilleur pour l’humanité que de se « métamorphoser » comme le souhaite E. Morin. Malheureusement, il n’est pas du tout certain que l’humanité accepte l’alternative qu’il lui propose. Il faudrait plus de pages pour justifier ce qui va suivre, mais croire que l’humanité serait capable de connaître une véritable métamorphose sous la pression des circonstances laisse rêveur. Quoi qu’en pensent certains philosophes, la nature humaine existe et, depuis Freud, nous savons un peu mieux de quoi il retourne : un combat incessant entre l’instinct de plaisir et l’instinct de mort. La succession des empires, faite de phases de conquête et de déclin, ne fait que confirmer, à un niveau plus large, cette constante de notre nature. Aussi l’alternative n’est-elle pas vraiment entre le chaos et une métamorphose bien improbable mais plutôt entre le chaos (une hypothèse qu’on ne saurait en effet nullement écarter) et l’émergence d’un nouvel empire qui saura imposer un usage raisonné des ressources rares à son profit et au détriment du reste de la planète.

Cette dernière perspective paraît d’autant plus crédible que le candidat à la direction du nouvel empire est déjà identifié. Quel pays est à la fois le plus peuplé, celui qui connaît depuis plusieurs décennies la plus forte croissance économique, celui qui s’enrichit en inondant le monde entier des ses produits, au détriment de ses clients qui connaissent la désindustrialisation et le chômage ? Quel pays pratique la rétention des « terres rares », dont il est le principal producteur, matières premières indispensables de l’industrie de pointe ? Quel pays est en train de s’assurer le contrôle des richesses du continent africain (en attendant d’en faire autant ailleurs) en usant de la corruption au point d’effrayer les anciennes puissances coloniales (qui pensaient n’avoir rien à apprendre en la matière) ? Toutes ces questions appellent une seule réponse. Le nouvel empire est en marche et l’on ne voit pas comment les hommes de bonne volonté pourront l’arrêter.


[i] Cf. Édouard Glissant, Poétique de la relation (Paris, Gallimard, 1990). Originaire de la Martinique, É. Glissant (1928-2011) a influencé nombre d’intellectuels de l’île.

[ii] Manifeste pour les « produits » de haute nécessité, cosigné par neuf intellectuels martiniquais : Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Édouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William (Paris, Éd. Galaade – Institut du Tout-monde, 2009).

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23 Responses to “L’avenir de l’homme est-il dans la métamorphose ? Variation sur un thème d’Edgar Morin.”

  1. […] de la métamorphose qui permet de se régénérer en se nourrissant du passé. – See more at: http://mondesfr.wpengine.com/espaces/politiques/l%E2%80%99avenir-de-l%E2%80%99homme-est-il-dans-la-… E. Morin distingue en effet la révolution qui consiste à faire table rase du passé pour tenter […]

  2. jbrasseul dit :

    quelles que soient les crises, sorry

  3. jbrasseul dit :

    > qu’un pays riche et ancien qui néglige la lutte pour les débouchés voit sa prospérité décliner et s’évanouir

    Le moins qu’on puisse dire, c’est que les faits n’ont pas le moins du monde confirmé la pensée du maître. Un pays riche et ancien comme la Grande-Bretagne, rattrapé à la fin du XIXe siècle par l’Allemagne et les Etats-Unis (l’Allemagne qui envahissait alors le marché anglais de ses produits, à tel point que des campagnes pour le protectionnisme étaient alors lancées, notamment par Joseph Chamberlain, le père de Neville (Munich), pourtant au parti libéral ! Et que des lois comme le Trademark (Made in…) sont votées pour inciter – sans succès – les Anglais à Buy British), un pays riche et ancien donc, n’a pas vu son niveau de vie, sa prospérité baisser, même s’il se faisait rattraper. Au contraire, le niveau de vie des Anglais n’a cessé de progresser, c’est leur puissance absolue qui a baissé, leur place de première économie mondiale, pas le niveau de vie des gens, bien au contraire.
    Idem après la Deuxième Guerre mondiale, et l’instauration du libre-échange avec le GATT, l’Angleterre est devenue une puissance moyenne, mais le niveau de vie des Anglais a continué à progresser.
    L’idée générale est qu’un pays développé reste un pays développé, le niveau de vie ne revient jamais, quelles soient les crises, aux niveaux préindustriels.
    Ce à quoi on assiste, c’est le passage de la planète entière au développement, les uns après les autres les différents pays sont touchés par le noyau capitaliste industriel en expansion, ce qui réduira à terme les inégalités mondiales entre pays, ce qu’on voit d’ailleurs en ce moment sous nos yeux avec la mondialisation. Allez vous promener à Pékin en 2012, comparez avec 1972…
    Il s’est passé la même chose il y a dix mille ans avec la révolution néolithique : la généralisation de l’agriculture à pratiquement l’ensemble de la planète, et les conséquences positives : meilleure alimentation, explosion de la population, apparition des grandes civilisations.
    De même qu’à l’époque les gens n’avaient aucune idée de ce qui allait se passer, nous n’en avons aucune idée non plus, quand toute la planète sera développée et tout le monde aura les niveaux technologiques des plus riches. Une technologie d’ailleurs dont les progrès ne font que s’accélérer.

  4. jbrasseul dit :

    Euh, ce n’est pas tout à fait ça, sorry. Je ne monte pas “au créneau pour défendre les thèses des économistes libéraux”, je critiquais plutôt sur des faits :
    – Peut-on dire qu’il y ait appauvrissement quand les pays pauvres se développent et réduisent la misère de masse chez eux ?
    – Peut-on dire qu’il y ait accroissement des inégalités quand les pays pauvres rattrapent les pays riches ?
    – Peut-on dire qu’il y ait crise mondiale quand l’économie mondiale, grâce aux pays pauvres justement, continue à croître ?
    – Peut-on remplacer les produits chinois par des productions nationales sans réduire dramatiquement nos niveaux de vie ?
    – Peut-on se lancer dans le protectionnisme quand tous les processus productifs sont fragmentés au niveau mondial, et surtout sans relancer les nationalismes économiques, puis les nationalismes tout court ?
    – Peut-on relancer le protectionnisme sans plonger les pays émergents dans la crise, bloquer leur développement, et de ce fait aggraver la situation mondiale ?
    – Peut-on ignorer les causes internes du chômage en France ?
    – Peut-on en rendre les Chinois responsables alors que les pays les plus ouverts aux échanges, notamment avec la Chine, ont des taux de chômage faibles ?
    – Enfin n’y a-t-il pas un malaise si on constate que les thèses qu’on soutient sont aussi celles du Front national ?

  5. Michel Herland dit :

    J’ai lu moi aussi avec beaucoup d’intérêt les remarques critiques de mon collègue et ami Jacques Brasseul, toujours prêt à monter au créneau pour défendre les thèses des économistes libéraux. J’avoue cependant que ses explications ne m’ont pas rassuré entièrement. En vieux keynésien, je voudrais simplement ajouter à mon article (dont le sujet était au demeurant tout autre) une citation de mon maître :
    « Les économistes avaient coutume de célébrer le système international existant parce qu’il procurait les fruits de la division du travail tout en conciliant les intérêts des différentes nations ; mais ils laissaient dans l’ombre une conséquence moins bienfaisante de ce système. Et certains hommes d’État faisaient preuve de bon sens et d’une juste compréhension de l’ordre réel des choses lorsqu’ils soutenaient qu’un pays riche et ancien qui néglige la lutte pour les débouchés voit sa prospérité décliner et s’évanouir » (Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie, 1936, chap. 24-IV, trad. franc. de J. de Largentaye).

  6. jbrasseul dit :

    Un truc à la mode, c’est d’ailleurs de revendre rapidement ses cadeaux sur internet, au moins ceux dont on n’a que faire. Un peu choquant non ? Je veux dire autrefois, les cadeaux ça se gardait, c’était un peu sacré. Mais bon, s’ils peuvent être plus utiles à quelqu’un d’autre, qui a une demande précise pour un truc, pourquoi pas ? C’est un des gains d’internet.

  7. jbrasseul dit :

    Ensuite, parce que même chez nous la crise n’a rien à voir avec celle de 29, pas de chute dramatique de la production, pas 30 % de chômage, pas de guerres des rues comme en Allemagne en 1932, pas de queues partout aux soupes populaires, pas de chute du commerce international, divisé par cinq en trois ans, pas d’effondrement des cours des matières premières plongeant le reste du monde dans la catastrophe (le café brûlé dans les locomotives au Brésil, ou jeté à la mer, etc.).
    Sauf si justement le protectionnisme s’en mêle.
    Il suffit de regarder autour de soi pour voir que pas grand-chose a changé, dans les années 2007-2012, par rapport à par exemple les années 2000-2005, les gens continuent à consommer, à se goinfrer, à se faire une débauche de cadeaux inutiles pendant les fêtes, à vivre de la même façon, tout fonctionne à l’identique, etc.
    Bref, on nous rebat les oreilles avec une criiiiise largement inexistante.

  8. jbrasseul dit :

    Le problème est que cette crise est largement une invention des médias. D’abord parce que la planète continue à croître, en dehors de l’Occident, les émergents et les autres, l’économie mondiale ne s’est jamais si bien portée, en Afrique, en Asie, en Amérique latine.
    Ça rappelle ce mot des Péruviens et autres Chiliens, qui vivaient les années 1910 et 1940 en paix, loin des canons : ‘Quand les Européens se font la guerre, ils déclarent qu’elle est mondiale’.
    Là pareil, quand l’Occident subit une crise, il déclare qu’elle est mondiale…

  9. jbrasseul dit :

    Keynésien un jour, keynésien toujours… Keynes était partisan d’une dose de protectionnisme pendant la crise.

  10. Alexandre dit :

    C’est moi, ou notre cher ami vire mal sa cuti?

  11. jbrasseul dit :

    La liberté du capital, oui, c’est pour ça que ça marche. La liberté des consommateurs aussi, d’acheter ce qu’ils veulent, et pas ce que l’Etat leur dit d’acheter en engraissant des producteurs locaux, à l’abri de la concurrence, bien capitalistes eux aussi.
    Le libre-échange, c’est la paix : “si les biens ne traversent pas les frontières, les soldats le feront” (Bastiat), bien loin des élucubrations des Le Pen et consorts.

  12. Alexandre dit :

    “La bourgeoisie, au cours de sa domination de classe à peine séculaire, a créé des forces productives plus nombreuses et plus colossales que l’avaient fait toutes les générations passées prises ensemble. La domestication des forces de la nature, les machines, l’application de la chimie à l’industrie et à l’agriculture, la navigation à vapeur, les chemins de fer, les télégraphes électriques, le défrichement de continents entiers, la régularisation des fleuves, des populations entières jaillies du sol ‹- quel siècle antérieur aurait soupçonné que de pareilles forces productives dorment au sein du travail social ?”
    Marx, Manifeste du Parti communiste

  13. selim dit :

    “Le libre-échange, c’est la liberté du capital”
    Marx

  14. jbrasseul dit :

    Et à ‘Abricots’ : ‘Nous n’en aurons pas encore cette année.’

  15. jbrasseul dit :

    “Cette obsession du “made in China” fait oublier que 58 % des importations de la France viennent d’autres pays de l’Union européenne, que l’Allemagne représente 17 % de nos importations, plus du double de celles en provenance de Chine, qui elles-mêmes se situent au niveau de nos importations en provenance de Belgique ou d’Italie. Qui songerait sérieusement à surtaxer les produits allemands, belges ou italiens ? Sous quel prétexte pourrait-on limiter l’achat de biens fabriqués en Allemagne, avec qui la France devrait enregistrer cette année un déficit commercial de près de 20 milliards d’euros ? Il n’y a pas de barrières douanières assez hautes pour protéger aujourd’hui l’industrie française et pour rééquilibrer les comptes extérieurs du pays. À l’évidence, le mal de l’économie française se trouve ailleurs que dans les importations de produits étrangers ; à l’évidence, le protectionnisme n’est pas le remède, même si toute la classe politique française et une majorité de l’opinion publique semblent persuadées du contraire. Mais cela ne date pas d’hier. Dans son Dictionnaire des idées reçues, Flaubert donnait déjà cette définition du libre-échange : “Cause de tous nos maux.”

  16. jbrasseul dit :

    “Pas une voix pour reprendre simplement la conclusion de toutes les études économiques, à savoir que les pays qui sont les plus ouverts aux échanges internationaux et à la concurrence, comme Singapour ou les Pays-Bas, sont aussi ceux qui connaissent les taux de croissance les plus élevés et les taux de chômage les plus bas.”

  17. jbrasseul dit :

    Je ne sais pas, mais par exemple si les pays pauvres croissent plus vite que les pays riches, n’y a-t-il pas une réduction plutôt qu’une augmentation des inégalités mondiales ? Je veux bien que la Terre soit plate et fixe, mais quand même…

  18. selim dit :

    Je suis rassuré après avoir lu les rectifications de J. Brasseul. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf pour les pays qui n’appliquent pas les recommandations des libéraux. Ouf !

  19. jbrasseul dit :

    > au détriment de ses clients qui connaissent la désindustrialisation et le chômage

    Ce couplet anti-chinois – on pourrait hélas lire la même chose dans un tract du Front national ou des souverainistes comme Dupont-Aignan – est lui aussi basé sur des affirmations fausses. La désindustrialisation dans les pays développés a commencé bien avant Deng Xiaoping (1979) et la croissance rapide de la Chine fondée sur ses exportations manufacturées. C’est un phénomène ancien, structurel, et largement positif, qui correspond au passage à une économie de services, une économie tertiaire. Economie mise en place déjà à l’époque où Mao fermait son pays et massacrait sa population, avec des centaines de millions de Chinois qui roulaient à vélo et n’imaginaient pas une seconde qu’ils allaient se mettre bientôt à exporter à tout va.

    Les Chinois et leurs exportations ne sont pas davantage à l’origine du chômage chez nous (dans les pays développés), contrairement à ce que voudraient nous faire croire les souverainistes, nationalistes et autres xénophobes. La meilleure preuve est que nombre de pays très ouverts aux produits chinois ne connaissent pas le chômage de masse, mais au contraire un quasi plein emploi, on peut citer l’Allemagne, exemple le plus évident de cette absence de lien, mais aussi les pays Scandinaves, la Nouvelle Zélande, le Canada, l’Australie, les pays Baltes, la Pologne…
    Le chômage de masse en France est dû à des causes internes, et non au commerce extérieur, aux importations de produits chinois, la principale étant l’absence de flexibilité du marché du travail, la préférence pour le chômage bien connue de notre système, c’est-à-dire des travers que nous nous infligeons allègrement à nous-mêmes. Il est trop facile de chercher toujours un bouc-émissaire extérieur, plutôt que d’affronter ses manques, c’est le cheminement qui mène à toutes les guerres. Imitons les pays qui marchent et qui ont trouvé des solutions, au lieu d’accuser les autres de nos maux, fusse l’Empire du Milieu et les craintes ancestrales qu’il évoque.
    On peut ajouter que le bon marché des produits chinois favorise le pouvoir d’achat de tous, y compris et surtout des plus pauvres. S’il fallait se mettre à les fabriquer nous-mêmes à la suite d’une fermeture des frontières, à un coût du double ou du triple, c’est à une chute dramatique du niveau de vie, pour le coup un véritable appauvrissement, à quoi on assisterait.

  20. jbrasseul dit :

    > continuer sur la pente fatale qui mène au chaos (aggravation des inégalités, guerres autour des ressources, appauvrissement général

    Ce constat est simplement faux : il n’y a pas “d’appauvrissement général”, mais au contraire un enrichissement, puisque les pays pauvres sortent peu à peu du sous-développement, avec le phénomène des émergents, la constitution de classes moyennes, la sortie de la pauvreté de masse pour des millions de gens. Même l’Afrique s’y met, avec des taux de croissance de l’ordre de 5 à 6 % par an depuis une quinzaine d’années.
    Il est également complètement faux de parler “d’aggravation des inégalités”, c’est le contraire qui se produit au niveau mondial : on ne peut avoir un développement plus rapide dans les pays pauvres, par rapport aux pays riches (les premiers ont un taux de croissance supérieur à 5 %, les seconds inférieurs à 3 %), sans assister à un phénomène de rattrapage, de convergence, donc de réduction des inégalités mondiales. Le cliché du “fossé grandissant” entre les riches et les pauvres a volé en éclat, c’est un rétrécissement du fossé au contraire à quoi on assiste. D’ailleurs, bien naturellement, les tiers-mondistes ont mis en sourdine leur scie du “fossé grandissant”, on n’en entend plus guère parler. On ne peut nier les faits trop longtemps. Il est donc inutile de le ressusciter sous une autre forme avec “l’aggravation des inégalités”. Les faits sont les faits.
    Quant aux “guerres autour des ressources”, c’est aussi une contre-vérité, les guerres actuelles ont des causes plus politiques qu’économiques, il n’y a pas de pétrole en Afghanistan, il n’y en avait pas non plus au Kosovo. Il y a du pétrole en Irak et en Libye, mais les causes de ces guerres étaient là aussi plus politiques qu’économiques, les dictateurs fous au pouvoir. Quel que soit le régime en place, ces pays continueront à vendre leur pétrole. La meilleure preuve est que parmi les dizaines d’autres pays producteurs de pétrole, il n’y a pas de guerres en cours. Chavez peut s’agiter dans tous les sens, les Etats-Unis ne vont pas l’envahir pour contrôler ses ressources, il leur suffit de le laisser brailler et de continuer à acheter son or noir.

  21. ML dit :

    Amusant de voir Morin parler des “méfaits du néolibéralisme”, alors qu’il n’a pas hésité autrefois à soutenir le régime de terreur et de massacres qu’a été l’URSS. Les méfaits du stalinisme, des millions de morts, par famines, déportations et exécutions, étaient sans doute nécessaires à l’avènement de la liberté réelle… Une paille par rapport aux méfaits actuels du “néolibéralisme”…
    Tous ces post-staliniens sont simplement répugnants.

  22. Castor dit :

    Au secours, le péril jaune nous menace !