Auteur: Valérie Cools et Alexandre Béland-Bernard

Valérie Cools est étudiante au département d’Études françaises de l’Université Concordia à Montréal. Ayant complété des études en traduction, elle est actuellement candidate à la Maîtrise dans le programme de littératures francophones et résonances médiatiques. Ses recherches portent sur la réception contemporaine des bandes dessinées japonaises en Occident. -- Alexandre Béland-Bernard est étudiant à l’Université Concordia et candidat à la Maîtrise en littératures francophones et résonances médiatiques. Ses recherches portent sur les récits interactifs et les jeux vidéo. En plus de son sujet de recherche, il s’intéresse également au cinéma, à la photographie et à la musique.

Les blogues de création littéraire : Innovation ou recyclage de formes préexistantes ?

A – Introduction

 

Nous commencerons par effectuer une description et une analyse générale des blogues que nous avons répertoriés, et nous en conclurons que la très grande majorité de ces derniers consiste en du recyclage de formes préexistantes. Il existe toutefois une nouvelle catégorie, le blogue-œuvre. Nous lui avons assigné un terme de façon plus ou moins arbitraire afin de la décrire ; l’utilisation de ce mot est donc à débattre.

 

Pour la description des résultats, nous passerons par trois points : les concepts de base qui structurent chaque blogue, les contenus et les caractéristiques de ces derniers.

 

B – Concept

 

Au niveau conceptuel, les blogues que nous avons trouvés peuvent se répartir essentiellement en cinq groupes. Le premier groupe rassemble les blogues ne comportant que de la création littéraire sous différentes formes (poésie, fiction, textes de création illustrés).

 

Il y a ensuite les blogues que nous avons appelés « blogues-carnets », dans lesquels on trouve aussi bien de la création littéraire que des réflexions personnelles, des recettes de cuisine, des notes ou des descriptions du quotidien de l’auteur. Autrement dit, ce que l’on trouverait dans un journal intime.

 

Nous avons mis à part les « blogues-sites d’auteur », tenus par des auteurs publiés, ou cherchant à être publiés. Ceux-ci espèrent se faire connaître par leur blogue et y tester leurs créations en obtenant l’avis des lecteurs internautes à travers les commentaires de ces derniers.

 

Les blogues d’écriture collective, quant à eux, invitent les soumissions créatives des internautes, qui sont ensuite mises en ligne ; ces créations sont le plus souvent basées sur un thème, une phrase ou une image hebdomadaire – il peut également s’agir de cadavres exquis, chaque internaute ajoutant une phrase ou un paragraphe à la fiction en cours de création.

 

Enfin, il existe une cinquième catégorie de blogues pour laquelle il n’y a pas encore de terme (1). Nous avons alors cru bon de lui en inventer un : le « blogue-œuvre » (ce terme n’est pas encore fixe, et nous n’avons pas encore déterminé s’il s’agissait du meilleur mot pour décrire ce nouveau phénomène). Ce terme sert à désigner les blogues qui ne sont ni des carnets, ni des sites d’auteur, ni de l’écriture collective et qui ne se présentent pas directement comme étant de la création. Ce terme servirait à désigner les blogues où l’auteur essaie d’utiliser les caractéristiques spécifiques du blogue (dont nous parlerons ci-dessous) afin de créer une œuvre de fiction qui ne peut être classée dans les catégories traditionnelles (comme la poésie, le roman, la nouvelle littéraire, etc.). Il s’agit d’une œuvre où l’auteur cherche à reconstituer la vie personnelle d’un personnage en écrivant un blogue d’apparence normale, avec la différence, bien sûr, que tout ce qui y est écrit se trouve à relever de la fiction. La forme littéraire traditionnelle la plus rapprochée de ce type d’écriture serait le roman épistolaire, ou le roman sous forme de journal personnel, quoiqu’il y existe d’importantes différences en raison de la nature du blogue. Malheureusement, peu de gens ont tenté cette expérience (2) et ce type d’hyperfiction se résume surtout à des expériences littéraires dont le contenu se trouve à être relativement hermétique (à moins, bien sûr, que l’on ait suivi le blogue dès ses débuts – tout relire de façon chronologique se trouve à être une tâche à la fois monotone et monumentale). Toutefois, l’idée est valable et il serait intéressant de voir si d’autres auteurs s’y essaieront.

 

C – Contenu

 

Pour ce qui est du contenu lui-même, nous avons trouvé une très forte majorité de poèmes, ainsi qu’une assez grande proportion de nouvelles. Nous avons constaté que beaucoup de textes, qu’ils soient en prose ou en vers, mêlaient texte et image. Certains blogues comportaient de la fiction sérialisée, qu’il s’agisse de romans-feuilletons ou de fiction rédigée en format épistolaire, chaque billet correspondant à une « lettre ».

 

Nous avons rassemblé certains blogues sous l’étiquette « fiction-réalité » (que nous aurions également pu appeler « quotidien romancé »), car ces derniers comportaient des textes qui étaient rédigés dans un style à consonance littéraire, mais qui, néanmoins, racontaient à la première personne des événements qui auraient tout aussi bien pu arriver tels quels à l’auteur. Dans ces cas-ci, il était difficile de trancher entre fiction et autobiographie. Il faut cependant souligner que rares étaient les blogues contenant exclusivement de la « fiction-réalité » : dans la majorité des cas, il s’agissait de textes isolés, que nous avons trouvé parmi d’autres textes clairement fictifs ou clairement autobiographiques. De plus, le blogue n’est certainement pas le seul support ayant la possibilité de brouiller l’imaginaire et la réalité, ce qui signifie que cette caractéristique au niveau du contenu n’est pas spécifique au blogue. Nous avons cependant jugé utile de souligner l’existence de cette catégorie.

 

Les blogues d’écriture collective constituent un autre cas à part, car ils permettent à l’internaute de participer directement à l’acte de création, ce qui est propre aux littératures sur Internet. Cependant, ce type de participation, pour intéressante qu’elle soit, ne diffère pas de ce que nous pouvons trouver dans certains forums, et ne peut donc être considérée comme spécifique au blogue. De plus, les blogues de création collective se trouvent toujours à recycler des formes préexistantes, que ce soit des poèmes ou des nouvelles littéraires. Il est important de noter ici que ces créations n’ont aucun lien entre elles, autre que celui fourni par les administrateurs du site (le thème de la semaine, par exemple).

 

Ironiquement, la nouvelle catégorie du blogue-œuvre, au point de vue du contenu, ne se distingue pas réellement d’un blogue normal (de la catégorie carnet), sauf, bien sûr, par le fait qu’il porte sur une personne fictive. Du point de vue du contenu, le blogue-œuvre ne diffère pas d’un « blogue-carnet ».

 

Pour formuler un début de réponse à notre problématique à ce stade-ci, il semblerait que la très grande majorité des blogues de création littéraire que nous avons trouvés consistaient principalement en des récupérations de formes littéraires préexistantes. En effet, au niveau de la forme, la plupart des œuvres que nous avons rencontrées ne différaient aucunement d’œuvres rédigées ou publiées sur papier. Il est très important de préciser que, dans le cadre de cette problématique, nous n’avons pas tenu compte de la qualité des œuvres (nous avons en effet trouvé des textes de tous les niveaux), mais uniquement de leur forme. Or, force est de constater que nous avons pour l’instant trouvé peu de blogues de création littéraire qui innovent à ce niveau, qui emploient les particularités du blogue pour créer un nouveau type de littérature. Nous avons d’ailleurs été très étonnés de ne pas trouver plus de blogues-œuvre.

 

D – Caractéristiques

 

 

S’il y a peu de caractéristiques spécifiques à la création littéraire dans les blogues au niveau du concept, il est néanmoins possible d’énumérer des caractéristiques communes au niveau du contenu. De manière générale, les œuvres que nous avons rencontrées étaient, pour la plupart, 1) isolées, 2) spontanées, 3) brèves et éphémères.

 

Elles sont isolées, parce qu’il est rare de trouver un blogue formant un tout structuré et cohérent. La proportion de « blogues-carnets » en est la preuve. La plupart des blogues de création littéraire sont constitués de billets qui tournent parfois autour d’un même thème, mais ne semblent pas avoir été écrits en fonction les uns des autres. Même dans le cas des blogues d’écriture collective, les billets fondés sur un même titre, une même photo ou une même phrase n’ont pas grand-chose d’autre en commun, étant donné qu’ils ont été écrits séparément : ainsi, ils forment moins une œuvre qu’une série d’œuvres.

 

Elles sont également spontanées, car les billets semblent souvent improvisés, écrits à la sauvette, comme en témoignent les fautes de frappe, d’orthographe et de mise en page que nous avons trouvées même dans les blogues d’écrivains ou d’écrivains aspirants. Nous avions souvent l’impression que les blogues servent littéralement de carnets de brouillons. Il est clair, cependant, que ce n’est pas obligatoirement le cas, mais c’est néanmoins ce que nous avons constaté jusqu’à présent.

 

Finalement, elles sont aussi brèves et éphémères, car le blogue est par nature un médium qui se consulte quotidiennement et rapidement. Cela explique la très grande quantité de poèmes, et plus précisément de haïkus, que nous avons trouvée ; il s’agit en effet de textes brefs, qui peuvent être lus en peu de temps. C’est aussi pour cette raison que les blogues comportant des romans-feuilletons sont problématiques à lire, car, à moins d’avoir suivi l’histoire depuis le début, le lecteur est obligé de lire les archives de manière chronologique, ce qui est contraire aux habitudes de lecture du lecteur de blogues. Ces habitudes de lecture se reflètent d’ailleurs dans les commentaires, qui sont, soit dit en passant, peu nombreux : ces derniers sont en effet souvent très brefs et ne proposent quasiment jamais de critique constructive ou d’analyse.

 

En résumé, nous pourrions dire que les blogues de création littéraire sont victimes de leur facilité. En effet, créer un blogue est extrêmement simple et n’importe qui aujourd’hui peut mettre ses textes en ligne gratuitement et au prix de peu d’efforts. Mais il semblerait que, du fait même de cette facilité, très peu de gens désirent fournir l’effort de faire de leur blogue un projet cohérent et structuré. Cela n’empêche pas que nous avons trouvé des textes de qualité ici et là, mais, puisque nous parlons d’enjeux conceptuels, force est de reconnaître que, dans la majorité des cas, il n’y a pas d’innovation.  De plus, nous pouvons dire que, s’il est possible d’établir des caractéristiques communes aux créations sur blogue, ce n’est pas parce que les auteurs exploitent les spécificités du médium, mais plutôt parce que le médium impose ses restrictions aux écrivains blogueurs.

 

E – Le blogue-œuvre

 

Cela dit, le blogue-œuvre présente, comme nous l’avons mentionné, une exception. Toutefois, il fut très difficile de trouver cette nouvelle forme de littérature sur le Web francophone et il semblerait que seulement deux auteurs se sont donnés la tâche d’allier littérature et blogue au niveau conceptuel. L’un d’entre eux s’intitule La cible (3), écrit par Philippe de Jonckheere. Celui-ci est intéressant car il s’agit du seul « roman-feuilleton » sous forme de blogue mené à terme que nous avons trouvé (les autres ont une durée de vie moyenne d’environ 2-3 mois). Il s’agit d’un blogue très typique, de la catégorie carnet, où l’auteur met en scène sa propre vie quotidienne et décrit ses journées avec parfois un peu trop de détail. Le seul élément qui relève directement de la fiction est la partie où l’auteur engage un tueur à gages pour se tuer lui-même, déterminant la date de sa propre mort. S’étant ainsi donné une fin, le blogue reproduit naturellement la structure normale d’une histoire (puisque, forcément, il doit alors y avoir un début et un milieu).

 

Étant donné que l’auteur a écrit des entrées pendant 6 mois (de juillet à décembre), le volume total de ce texte équivaut au moins à celui d’un petit roman. Mais pour le lire de façon chronologique (donc, en partant du billet le moins récent), on doit aller à l’encontre des habitudes de lecture de blogues, puisque, normalement, le billet le plus récent est en tête de page. Ce problème de lecture se produit seulement si le blogue est terminé, ou si l’on « embarque » dans un blogue déjà commencé – le lecteur qui le suit au fur et à mesure ne verrait, a priori, aucune différence entre le blogue-œuvre et un blogue normal. Cela montre bien que le blogue-œuvre (et par extension, le blogue en général) n’est pas une forme publiable car son charme ne se maintient que lorsqu’il est publié en petits billets isolés.

 

Il est aussi important de noter que, d’un point de vue narratif, l’histoire ne suit jamais un fil strictement linéaire et peut varier grandement de jour en jour. L’auteur ne se limite pas à un seul style d’écriture, et sa quête consiste davantage à créer un personnage qui vit, connaissant la date de sa mort, que de créer une histoire romanesque ou dramatique proprement dite.

 

Le deuxième blogue-œuvre que nous avons trouvé constitue en réalité un réseau de blogues, intitulé La disparition du Général Proust (la liste complète des blogues dans le cycle de la Disparition se trouve dans la section « Liens ») (4). Ce titre englobe un total de 18 blogues différents (la dernière fois que nous avons vérifié), qui documentent les événements de la vie de plusieurs personnages fictifs, dont un dénommé Marc Hodges, et leurs interactions. Il y a un blogue contenant la création littéraire de Marc Hodges, un autre avec sa poésie, et puis un avec sa poésie destinée à quelqu’un d’autre, etc. Chaque personnage de l’histoire tient un blogue différent, exception faite de Hodges qui, lui, en a plusieurs. Le but de l’auteur est semblable à celui de La cible, c’est-à-dire dresser le portrait de chacun en recréant les traces qu’ils ou elles auraient laissées sur le Web, c’est-à-dire, dans ce cas, leurs blogues. 

 

La prémisse de cette série de blogues est bien simple, et se trouve bien résumée dans un article d’Anne-Marie Boisvert, qui écrit pour le Magazine électronique du CIAC (5) :

Le « Général » a disparu, victime d’un attentat. Complot de famille, manigances politiques, les deux à la fois, peut-être ? Il y a enquête, et dans un « Salon », une dizaine de personnages de son entourage s’interrogent sur les circonstances de cette disparition, sur les motifs et les secrets possibles des uns et des autres : « la surveillance est générale », « la méfiance s’installe », et le « désarroi ». En même temps, la « passion » règne.

Et elle renchérit :

C’est ainsi que s’écrit l’hyperfiction La disparition du Général Proust, comme un work-in-progress, « un récit de récits en expansion perpétuelle », « soumis à des changements permanents » et sans « version définitive ». Multipliant les points de vue et les points de fuite, cette hyperfiction court sur plusieurs blogues (treize à ce jour) (NDR : plutôt dix-huit maintenant) qui se développent parallèlement, se croisent, parfois, jouant les uns contre les autres, en contrepoint, mais sans se fondre.

Ainsi, l’auteur n’utilise pas le blogue-œuvre afin d’écrire une histoire, mais plutôt afin de créer des personnages (que nous, les lecteurs, ne connaissons que par le blogue) qui eux, donnent vie à l’histoire (se déroulant toujours quelque part « derrière les rideaux »).

 

          Évidemment, l’histoire racontée par l’entremise de ces blogues est extrêmement fragmentaire, dispersée, et seuls les lecteurs les plus déterminés sauront tout lire afin de connaître les enjeux de la situation et de (nous le présumons) découvrir où se trouve le fameux général, et qui est responsable de sa disparition. En nous fiant uniquement au nombre de commentaires, nous devons conclure que peu de gens se donnent la peine de tout lire.

 

Le titre de ce grand cycle de blogues-œuvre réfère, en quelque sorte, à la disparition de la littérature dans le Web, et particulièrement dans la forme du blogue. L’auteur se distingue des autres blogueurs par sa connaissance de cette forme et par son désir de la subvertir, ce qui lui permet d’embrouiller les lignes entre fiction et réalité. Toutefois, Balpe lui-même (qui se trouve à être, lui aussi, pris dans la fiction entourant la fameuse disparition) refuse aujourd’hui de trancher et de dire où commence et où se termine la réalité dans son œuvre.

 

Il est également important de dire que Balpe utilise des algorithmes d’écriture automatique pour ce cycle de blogues ; c’est donc dire qu’il ne se charge pas de l’écriture des entrées au jour le jour. En soi, nous croyons que le fait qu’un algorithme est largement responsable de ces blogues montre à quel point il s’agit d’une forme d’écriture isolée, facile d’accès et ne nécessitant pas autant de suite dans les idées qu’une œuvre de littérature traditionnelle.

 

Pour résumer, le trait commun (parmi l’échantillon forcément limité) des blogues-œuvre est leur utilisation des particularités principales du blogue afin de créer un ou des personnages fictifs, à partir desquels une fiction plus large se crée. Il s’agit presque d’un processus inversé par rapport à la littérature traditionnelle, où les personnages ne sont que des acteurs dans l’univers de la fiction ; ici, c’est clairement la fiction qui découle des personnages. Le blogue-œuvre est donc isolé, car même si le personnage est fictif, les éléments apportés par l’auteur ne sont pas nécessairement suivis de façon régulière, au jour le jour. Les éléments du récit sont éparpillés, éclatés, vu de différentes perspectives. Le blogue-œuvre donne également une impression de spontanéité. L’auteur peut choisir, par exemple, d’insérer des fautes d’orthographe et de grammaire intentionnelles afin de faire avancer l’histoire, de montrer les états d’âme du personnage et de lui donner des traits de personnalité. Enfin, le blogue-œuvre est bref et éphémère (du moins, en prenant chaque entrée séparément), puisque, à la manière d’un blogue-carnet, il se suit quotidiennement, en ordre chronologique inverse (l’entrée la plus récente est toujours placée en haut de page).

 

Il est donc possible de déduire que le blogue-œuvre suit la même forme qu’un blogue-carnet « normal » et que pour en créer un, il s’agirait, au fond, de prendre les caractéristiques du médium comme outils de création plutôt que comme limites ; un blogue-œuvre crée sa fiction par sa nature spontanée, isolée, brève et éphémère.

 

À partir de ces deux exemples de blogue-œuvre, il est possible d’envisager que d’autres auteurs francophones s’y essaieront un jour. Pour l’instant, le phénomène semble de loin plus populaire dans le monde anglophone, où il est l’objet de questionnement, de confusion et même parfois de méfiance (6).

 

F – Constat général

 

 

La création littéraire dans les blogues est rare. Les gens qui écrivent des poèmes pratiquent souvent l’écriture automatique et le font, la plupart du temps, de façon carrément maladroite. Loin de nous de prétendre qu’on ne peut trouver quelques perles rares dans cet océan – mais le fait reste qu’une grande majorité de blogues sont victimes de leur facilité.

 

Parmi les blogues de création littéraire intéressants, nous avons souvent trouvé qu’une volonté de « refaire » ce qui a déjà été fait en littérature : des romans-feuilletons sous forme de blogues, des « photo-romans », etc. Les blogues qui tentent d’exploiter les spécificités du médium ne sont que des exceptions, mais pour les besoins de la cause, nous avons trouvé important de créer une nouvelle catégorie et de lui donner un nom : le blogue-œuvre.

 

          Quant à la question principale entourant cette recherche, nous pouvons maintenant répondre : Oui, il existe une nouvelle forme littéraire découlant de la forme du blogue ; toutefois, seulement deux auteurs (selon nos recherches) semblent avoir tenté l’expérience parmi l’échantillon de blogueurs francophones. Le premier, de façon plutôt timide et limitée ; le second, de façon éclatée, difficile à appréhender. Reste à savoir si, de un, cette nouvelle forme d’hyperfiction, le blogue-œuvre, saura susciter l’intérêt du public (ce qui est un non-lieu jusqu’à présent, il semblerait) et de deux, s’il saura susciter l’intérêt d’auteurs potentiels (qui pourraient tenter leur chance avec ce genre d’expérience) et s’il permettra de jouer avec les limites de la fiction et de la réalité dans le Web. Tout compte fait, il sera intéressant d’observer le développement de cette nouvelle forme et de voir où elle ira au fil des ans.

 

 

G – Statistiques (résultats de la recherche)

 

501 sites répertoriés au total

297 sites décrits

 

161 blogues dans la catégorie « œuvre »

84 blogues dans la catégorie « carnet »

39 blogues dans la catégorie « site d’auteur »

8 blogues qui se définissent exclusivement par l’écriture collective

 

212 blogues contiennent de la poésie

142 blogues contiennent de la fiction (nouvelles littéraires ou autres)

38 blogues contiennent de la fiction-réalité

20 blogues peuvent se classifier comme blogues-œuvre (18 faisant partie du cycle La disparition du Général Proust) – ces sites sont répertoriés dans la catégorie « œuvre »

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