Auteur: Alice Audoin

Alice Audoin a obtenu une maîtrise en Lettres Modernes à La Sorbonne Paris IV en juin 2004, après avoir passé un an à Sarah Lawrence College, NY. Elle est actuellement doctorante en Littérature française à l’Université Johns Hopkins (Baltimore).

Makine : écrivain francophone ou de langue française ?

Aujourd’hui, Makine a la nationalité française, il est donc « écrivain français », mais tout n’a pas été si simple au début. André Makine, auteur du Testament français (TF), œuvre qui obtient le prix Médicis, le prix Goncourt et le prix Goncourt des lycéens en 1995, a connu une entrée dans le monde littéraire difficile. Il arrive en France en 1987 avec peu d’argent et un fort accent russe. Les éditeurs refusent ses premiers livres et toisent de haut ce Moujik sibérien qui prétend écrire en français. Il faudra que Makine prétende avoir fait traduire ses œuvres du russe pour obtenir un semblant de crédit auprès des éditeurs. On lui demandera même de montrer l’original russe de son second roman, Confessions d’un porte-drapeau déchu ; en conséquence de quoi Makine a dû traduire son roman français en russe et appeler ce dernier « l’original » (1). La question « pourquoi Makine a eu tant de difficultés avec les éditeurs français » a une réponse possible : « the book isn’t the thing », dit Katherine Knorr, « the author must have a legend » (2). En 1990, à l’époque de son premier roman, La fille d’un héros de l’Union Soviétique, on ne sait rien sur Makine, ce qui inquiète les éditeurs du temps de la Guerre Froide : Makine pourrait être un imposteur, un espion de l’URSS (de plus, le titre du livre…). Encore au début des années 2000 on ne connaît pas son lieu de naissance exact : Novgorod, Krasnoïarsk ? (c’est cette dernière selon les propos de Makine dans un entretien en 2001.) Au moins, Kundera, qui n’est au fond pas plus francophone que Makine, et je reviendrai sur la question de la francophonie très bientôt, avait sa propre légende : il a fui le régime communiste de Prague sans ambiguïté, et surtout, une fois installé en France, il a commencé à écrire en tchèque avant d’écrire en français : sa carrière paraît donc plus « normale », ou plus attendue, que celle de Makine.

 

C’est à cette époque du début aussi, (1987) que Makine se voit refuser la nationalité française, épisode qu’il relate dans le TF en reproduisant le mot « IRRECEVABILITE » en lettres capitales (332). Qu’il ne soit pas auteur français n’en fait pourtant pas à cette époque un auteur francophone traditionnel. Avant 1995, Makine est donc un inclassable, dans l’entre-deux patrie et l’entre-deux langue. D’ailleurs, à ce moment-là, même les libraires ne savent pas quoi faire : Makine aperçoit un jour que dans une librairie de province, ses premiers livres sont classés dans « Littérature de l’Europe de l’Est », tandis que le TF est sous « Nouveautés du roman français » (TF, 312-313) Qu’est-ce qui sépare « français » de « francophone » ?

 

Au dix-huitième siècle, on ne parlait pas encore de francophonie. Ainsi Mme de Charrière, écrivain français étudié dans les universités françaises et américaines, était d’abord une Hollandaise élevée en Suisse, qui avait ensuite adopté la France pour patrie. Ses écrits engagés du côté des révolutionnaires au début de la Révolution, alors qu’une nation française est en train de se constituer, écartent des débats son appartenance biologique à un pays étranger : ayant adopté la cause de la Révolution, elle est française (3). Ce qui a rendu Isabelle de Charrière et André Makine français, c’est donc leur bibliographie, lorsque celle-ci a été centrée sur la France et que leurs livres ont montré que leurs auteurs savaient empatir avec la sensibilité française : pendant la Révolution pour Charrière, et au vingtième siècle pour Makine : sensibilité transmise par Charlotte et connue d’abord, que comme ce qui n’appartient pas à la russsité.

 

La question « Makine est-il un auteur francophone » (c’est à dire avant de devenir français) est beaucoup plus complexe. Dans son étude sur l’œuvre de Makine, Nina Nazarova classifie l’auteur dans la catégorie littérature francophone, avec Kundera, Ana Novac, Nancy Huston, Julia Kristeva etc., c’est-à-dire qu’elle prend « francophonie » dans son sens étymologique : « qui parle couramment français ». Pourtant, dans les ouvrages consacrés de manière plus générale aux auteurs dits « francophones », Makine n’apparaît jamais, et Kundera, lorsqu’il apparaît, a un statut particulier, individuel : dans sa préface à L’émergence des francophonies Israël, la Méditerranée, le monde, Daniel-Henri Pageaux prend « l’exemple d’une autre francophonie réduite à un individu, Milan Kundera » (4). Alors, qu’est-ce que la francophonie, qui n’est pas cette « autre » dont parle Pageaux ? Dans son Introduction à la littérature francophone, Christiane N’Diaye se détache du sens étymologique de francophonie et donne à ce mot trois définitions : la francophonie avec un petit « f », c’est l’ensemble des locuteurs qui emploient la langue française au quotidien et dans leurs échanges ; la Francophonie avec un « F » majuscule quant à elle a un sens plus politique puisqu’elle désigne « des gouvernements de pays ou instances officielles qui ont en commun l’usage du français dans leurs travaux ou échanges » (9) et enfin l’espace francophone regroupe « tous ceux qui éprouvent ou expriment une certaine appartenance à la langue française ou aux cultures francophones sans utiliser le français dans la vie quotidienne, les affaires ou les relations internationales » (9). Le terme de « francophonie », une fois aliéné de son étymologie, est politiquement et historiquement chargé. D’après les recherches de C. N’Diaye, il a été utilisé pour la première fois par Onésime Reclus dans son livre La France et ses colonies pour désigner les populations et les pays parlant français. Donc si le signifié « francophonie » est encore vague, le signifiant est connoté politiquement et historiquement puisqu’il se réfère explicitement à la colonisation, donc à un français imposé à des populations qui ne sont pas de culture originale française.

 

Aujourd’hui, le problème que pose ce terme reste du domaine de l’écart irréconciliable entre le signifié historique, et le signifiant, qui garde les connotations négatives du signifié mais qui tente de dire autre chose dans une époque post-coloniale. Cet « autre chose », revient à une remise en cause de la différence entre littérature francophone comme non française, et littérature française. Car cet « autre chose », s’est débarrassé du joug féodal que la « francophonie » politique a impliqué pendant longtemps, c’est-à-dire un joug qui hiérarchise les publications écrites en français, mettant au-dessus les publications françaises, et en satellites de celles-ci les littératures coloniales et post-coloniales.

Il y a un mouvement interne au monde Francophone qui remet en cause cette hiérarchisation, et un mouvement externe à celui-là. Le mouvement interne, c’est d’abord la conférence de 1986 qui a réuni les chefs d’État qui utilisaient le français : la France a donc admis à cette occasion qu’elle faisait partie de la francophonie et non qu’elle la « manageait ». Puis depuis très récemment, le mouvement interne c’est aussi le manifeste signé par 40 écrivains, intitulé « Pour une « littérature-monde » en français ». Ce manifeste stipule que « l’émergence d’une littérature-monde en langue française consciemment affirmée, ouverte sur le monde, transnationale, signe l’acte de décès de la francophonie (…)» (5). Il s’agit bien évidemment de la francophonie politique, non étymologique. Le mouvement externe, (qui est aussi pris en compte dans le manifeste) ce sont les évolutions géopolitiques qui ont eu lieu depuis la fin de la Guerre Froide, et qui ont exporté vers la France des écrivains qui s’expriment en français, comme Makine ou Kundera, mais qui n’entrent pas dans le schéma de la francophonie politique mise à mort vendredi dernier, c’est à dire celle qui postule, je cite le manifeste, « un lien charnel exclusif entre la nation et la langue » (6) car leur pays d’origine n’a jamais été colonisé par la France, et leur gouvernement n’utilise pas le français comme langue diplomatique.

 

Pour en revenir à Makine, on ne peut pas dire que les relations diplomatiques en français entre la France et la Russie n’ont jamais existé. Au contraire, au XVIIIe siècle la cour impériale lisait Voltaire dans sa langue, et les échanges intellectuels allaient bon train entre les deux pays, au niveau bien sûr, aristocratique. On n’a pas parlé à ce moment-là pourtant, de francophonie ; le terme est vraiment entré dans la langue comme terme politique lorsqu’il a pu désigner un rapport de hiérarchisation entre la France et des nations satellites. Ce qui gêne dans la « francophonie » russe du XVIIIe siècle, c’est que la Russie et la France se parlaient d’égal à égal. Il existe une anecdote comme quoi Catherine II aurait commandé un service à vaisselle à un fabricant français, or, prétextant un retard de livraison ou quelque chose de ce genre, la tsarine n’a jamais payé. C’est à dire que la Russie pouvait se permettre vis-à-vis de la Cour française, des comportements qu’aucun ressortissant des colonies n’aurait pu avoir vis-à-vis de la métropole. De même, les emprunts russes n’ont jamais été remboursés aux souscripteurs français : la Russie, dans ses relations à la France, considère donc qu’elle n’a pas de dette, et les Français n’ont jamais pu soumettre ce pays à payer ses dettes. Or, dans le rapport métropole/colonie, la France a toujours maintenu un rapport de gestion/soumission. La situation du monde aujourd’hui ne demande pas une « mise à mort » de la francophonie, mais des éclaircissements dans la définition : ça n’est pas le terme qui est en faute, c’est sa politisation précoce. Son étymologie n’est pas en contradiction avec une « littérature-monde ».

 

Il semble pourtant qu’une différence doive être maintenue entre une certaine littérature française et une autre, dite jusqu’aujourd’hui « francophone », mais pour des questions d’enrichissement culturel mutuel, non plus pour des raisons politiques. Comme Nazarova le dit, « l’alliance de la culture française avec celle du pays de l’émigration engendre souvent des œuvres littéraires originales. L’avantage est mutuel : d’un côté, les écrivains francophones diversifient la littérature française (…) d’un autre côté, leur intégration à la vie française (…) aide une compréhension plus profonde des processus se déroulant à l’intérieur de la société et, au bout du compte, enrichit la culture française. » (Andreï Makine, deux facettes de son œuvre, 231) Je pense qu’il faut faire aujourd’hui de la francophonie un enjeu littéraire, un défi culturel, et non plus rattacher ce concept à des notions politiques dans un monde qui ne lui correspond plus géopolitiquement.

La francophonie, c’est avoir adopté la culture française en plus d’une autre culture.

 

Le livre qui a obtenu à Makine la nationalité française et la reconnaissance dans la littérature française, c’est Le testament français. Le terme de « testament » fait deux choses : d’abord il aide à la mise en place du paradigme de la nostalgie, caractéristique de l’œuvre de Makine : la France qu’il découvre en 1987 n’est plus la France de 1910 décrite par sa grand-mère.

Ensuite, « testament français » peut-être entendu comme testament d’une idée de la France, surtout à la lumière de la lecture de son livre le plus récent : Cette France qu’on oublie d’aimer. Makine dans son dernier livre dit que la tâche du français aujourd’hui est de rétablir la liberté d’expression (66), mais il finit sur une note pessimiste : « Serait-ce une nouvelle civilisation : cette France vidée de sa francité, de cette puissance formulatrice qui exprimait le monde pour pouvoir le transfigurer ? Si c’est le cas, donnons raison à Dostoïevski : une telle civilisation n’a plus rien à dire. (7) » La France a besoin de changement, d’apports culturels, car le monde qui est reflété aujourd’hui dans la façon de penser littératures française et francophone a disparu. Non seulement il a disparu, mais en plus celui qui le remplace est en constante mobilité, ce que démontrent et illustrent les mouvements d’immigration récents en France. Ce que dit Grassin est d’entière actualité : « les théories postmodernes permettent de repenser la Francophonie elle-même non plus comme un acquis culturel, mais comme une parole mobile en perpétuelle émergence dont la définition est sans cesse différée. (8) » (l’auteur souligne) Cette mobilité a deux directions : une plus conservatrice qui reviendrait vers le passé, et une plus avant-gardiste qui considérerait l’enrichissement et la survie de la « francité » comme le passage au multiculturalisme et au « métissage » de la littérature française. Déjà au dix-neuvième siècle la question de l’avenir de la littérature française avait été posée. C’est ainsi que l’Allemand Schlegel avait dit, je cite, « la poésie française sera régénérée non en imitant d’autres peuples, mais en retournant à l’esprit de la poésie en général, et plus particulièrement à la littérature française d’époques révolues. (9) » En face de Schlegel, il y a au vingtième siècle Lévi-Strauss, qui argumente dans Race et histoire que pour survivre, une culture a besoin d’éléments nouveaux régulièrement : “la civilisation implique la coexistence de cultures offrant entre elles le maximum de diversité, et consiste même en cette coexistence” (77). Le génie de Makine dans Le testament français, c’est d’avoir pu concilier l’idée conservatrice de Schlegel avec l’idée plus moderne de métissage grâce à sa russité. En effet, Makine retourne aux écrivains français du dix-neuvième siècle à travers les lectures de Charlotte, mais aussi il retourne à une France qui n’existe plus : celle de la Belle Époque, de l’avant cataclysme que la Première Guerre mondiale a représenté. Makine parle en quelque sorte d’une France disparue, qu’il déchiffre à travers deux médiums : la francité de sa grand-mère et sa russité. Makine enfant n’a pas conscience que la France qu’il imagine n’est pas celle qu’il découvrira plus tard, c’est pourquoi à son arrivée à Paris il déclare : « C’est en France que je faillis oublier définitivement la France de Charlotte… » (TF, 297) Le lien grand-maternel, qui a été rompu depuis vingt ans, ne sera rétabli qu’après que Makine lise cette inscription sur une plaque à paris : « Crue. Janvier 1910 » (TF, 307) La crue parisienne est mentionnée assez tôt dans le roman, dans un récit de Charlotte : « Je devais avoir à l’époque presque le même âge que vous. C’était en hiver 1910. La Seine s’était transformée en une vraie mer. Les Parisiens naviguaient en barque. Les rues ressemblaient à des rivières, les places à de grands lacs. Et ce qui m’étonnait le plus, c’était le silence… » (TF, 29) C’est cette crue dont Makine entend parler pour la première fois, qui provoque chez Makine un intérêt pour la France : « La France de notre grand-mère », dit-il un peu après, « telle une Atlantide brumeuse, sortait des flots. » (Idem) Or, cette Atlantide merveilleuse que Makine se représente et peuple lui-même grâce aux récits et aux vieux journaux de Charlotte, devient dans la dernière partie, lorsqu’il est en France, un monde qui a subi le déluge et sans plus. D’où son « je faillis oublier ». L’herméneutique associée à la France dans sa représentation depuis la Russie se désacralise lorsque Makine est en France : ce n’est pas une Atlantide, un paradis perdu comme il l’avait d’abord cru. C’est un monde qui a, comme le reste, connu le déluge. Makine une fois en France, doit faire son deuil de la France Atlantide : d’ailleurs, c’est dans un cimetière qu’en France, il passe ses nuits, après qu’il n’a plus assez d’argent pour payer l’hôtel. (TF, 302-303). Le retour pur au passé de la France comme régénération de sa littérature est impossible, ce qu’il faut c’est une moyenne, entre ce retour et l’exotisme qui le dit : un accord entre le passé de la France coloniale et le futur métissé de la France d’aujourd’hui.

Makine veut dire la vérité sur la France, et il sait que cette vérité se trouve quelque part entre l’Atlantide et la France véritable, entre sa langue russe et son français. Et que pour cela, elle est indicible, inaccessible. Seulement approchable.

 

La francophonie comme étant la littérature en français sans se réclamer de la littérature française, débarrasse la francophonie politisée de sa dette envers la colonisation. Non seulement elle permet de parler d’auteurs d’origines géographiques diverses, mais en plus elle semble résister au temps et aux événements, puisque sa frontière avec la littérature française est plus perméable : des auteurs français comme Makine, ou Julien Green sont des auteurs francophones, du fait de la façon dont ils font de la littérature tenant compte de plusieurs cultures, ou ils sont des auteurs français, du fait de leur nationalité. (Mettre Makine et Green dans une même catégorie a du sens puisque tous les deux se sont heurtés à « l’inexprimable ») Un corollaire de cette remarque est que oui, il est possible d’appeler « francophone » des auteurs comme Camus, nés français mais ayant vécu longtemps hors de France, du fait des sujets qu’ils traitent. Ainsi « francophonie », qui doit devenir un défi culturel, reste en accord avec son sens étymologique.

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(1) “he even had to translate the second novel into Russian for a publisher who demanded to see “the original”!” “Andrei Makine’s Literary Bilingualism and the Critics.” 246.

(2) “Andreï Makine’s poetic of nostalgia” 32.

(3) « Isabelle de Charrière appartient à la littérature française, ou tout au moins à la sphère d’influence française, parce que, tout simplement, elle écrit en français et que très tôt, ses amitiés, ses orientations, ses goûts l’ont portée vers les écrivains et les artistes de la France. » « Isabelle de Charrière : Française, francophone, cosmopolite ? » 275.

(4) « Préface » 12.

(5) Manifeste « Pour une littérature-monde » en français » Le Monde, vendredi 16 mars 2007.

(6) Idem.

(7) Cette France qu’on oublie d’aimer. 90.

(8) « Épistémologie des études francophones » 33.

(9) Schlegel, cité par Nerval, cite par Gabriella Safran. « Andrei Makine’s Literary Bilingualism and the Critics » 261.

 

 

Bibliographie

Livres :

Lévi-Strauss, Claude. Race et histoire. 1952. Paris : Folio essais, 1987.

Makine, Andreï. Cette France qu’on oublie d’aimer. Paris : Flammarion, 2006.

—. Le testament français. Paris : Folio, 1995.

Nazarova, Nina. Andreï Makine : deux facettes de son œuvre. Paris : L’Harmattan, 2005.

Ndiaye, Christiane. Introduction aux littératures francophones : Afrique, Caraïbe, Maghreb. Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 2004.

Articles :

Barbéry, Muriel et al. « Pour une « littérature-monde » en français. » Le Monde, 16 mars 2007.

Clément, Murielle. « Aléas identitaires dans le Testament français d’Andreï Makine. » Dalhousie French Studies. 74-75 (2006) : 297-311.

Grassin, Jean-Marie. “Épistémologie des études francophones” Émergence des francophonies Israël, la Méditerrannée, le monde. Ed. David Mendelson. Limoges : PUL, 2001 : 23-33.

Knorr, Katherine. “Andreï Makine’s Poetics of Nostalgia.” The New Criterion. 14.7 (1996) : 32-36.

Pageaux, Daniel-Henri. “Préface” Émergence des francophonies Israël, la Méditerranée, le monde. Ed. David Mendelson. Limoges : PUL, 2001 : 7-14.

Safran, Gabriella. “Andrei Makine’s Literary Bilingualism and the Critics.” Comparative Literature. 55.3 (2003) : 246-265.      

Vissière, Isabelle. « Française, francophone, cosmopolite ? » Belle de Zuylen/ Isabelle de Charrière : éducation, création, réception. New York : Rodopi, 2006.

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