La réception de l’art

recherche_esthetique_n°21 couvUne nouvelle livraison de Recherches en Esthétique [i]

A l’heure du « non-art » ou, autre manière de voir les choses, à l’heure où tout est art, où tout a vocation d’être considéré comme de l’art, l’amateur, a fortiori le simple spectateur/regardeur ont de quoi être décontenancés. Pendant des siècles, l’amateur des « beaux-arts » appartenait à la classe privilégiée, il connaissait les histoires (saintes ou profanes) et les mythes représentés par les peintres ou les sculpteurs et avait l’œil formaté pour apprécier une esthétique qui n’avait pas tellement varié du quattrocento jusqu’au milieu du XIXe siècle, de Botticelli à Ingres pour fixer les idées. Et puis Cézanne vint, et avec lui l’impressionnisme, puis l’art moderne et l’abstraction jusqu’aux œuvres contemporaines qui en laissent plus d’un perplexes, sceptiques, ou carrément scandalisés. Comment comprendre l’attitude des regardeurs de l’art contemporain ?, telle est la question passionnante posée dans le dossier qui donne son titre à la dernière livraison de Recherches en Esthétique, le reste étant consacré à quelques artistes caribéens[ii] et à la dernière Biennale de Cuba (printemps 2015). La revue, on s’en souvient peut-être puisque nous l’avions présentée à nos lecteurs à l’occasion de la parution du numéro du vingtième anniversaire[iii], a la particularité d’être publiée en Martinique par les soins du professeur Dominique Berthet, de l’Université des Antilles (ex Université des Antilles et de la Guyane).

Le dossier réunit une pléiade de collaborateurs prestigieux, auteurs de nombreux ouvrages sur l’esthétique, moyennant quoi on peut être basé dans une petite île d’outre-mer sans s’enfermer dans un particularisme appauvrissant. Cette diversité des contributions, s’agissant d’un sujet pareil où l’on se doute bien que l’unanimité ne règnera pas, fait tout le prix du numéro. Loin de nous enfermer dans une théorie de la réception de l’art, il nous invite à butiner dans les articles pour découvrir des points de vue nouveaux qui conforteront ou non nos préconceptions en la matière.

Nous évoquions plus haut les spectateurs scandalisés. De fait, plusieurs contributions évoquent des œuvres récemment vandalisées qui ont défrayé la chronique, comme Piss Christ d’Andres Serrano, Tree de Paul McCarthy ou Dirty Corner d’Anish Kapoor. Certes, de tels cas de vandalisme ne datent pas d’hier. Lorsqu’un pape a décidé de faire couvrir les nudités de la fresque du Jugement dernier de Michel Ange, il s’est comporté comme un « vandale ». Il y a cependant une différence essentielle entre Michel Ange et Anish Kapoor. Le premier ne cherchait pas à choquer son commanditaire (mais simplement à imiter la nature, selon la définition traditionnelle de l’art) et d’ailleurs le Jugement dernier est resté intact de longues années avant de subir une pudique modification. Tandis que pour les artistes comme Kapoor le scandale s’inscrit dans un plan marketing : il « devient stratégique, indispensable à un art parfaitement en phase avec les dérégulations de l’économie libérale » (Marc Jimenez, p. 10). On ne saurait mieux dire ! Faut-il préciser qu’il n’est pas à sens unique et que les scandalisés scandalisent ceux qui persistent à sacraliser l’art d’aujourd’hui (pourvu qu’il soit reconnu en tant que tel !) ?

Évidemment, le « système-art », fondé sur la logique de l’événement ou du buzz, est voué à un renouvellement incessant. Michel Guérin avance à cet égard une subtile distinction entre le « nouveau » et « l’inédit » : il ne s’agirait plus désormais de proposer du nouveau dans une démarche où c’est l’offreur, l’artiste, qui prend l’initiative, mais plutôt de produire simplement de l’inédit selon un processus où c’est le demandeur, le « système-art », qui décide du sort de l’œuvre : « Si l’art autonome fait sens de l’offre (le créateur se figurant n’obéir qu’à sa nécessité intérieure), l’art système se gouverne depuis la demande, c’est-à-dire depuis l’écho que le système se fait à lui-même de son autopoïèse » (p. 40).

Michel Rovelas - série Le Minotaure

Michel Rovelas – série Le Minotaure

Le paradigme dominant pour comprendre le monde de l’art contemporain est sociologique. Puisque la beauté n’est plus à l’ordre du jour[iv], du moins pour un grand nombre d’artistes, le regardeur naïf ne peut plus compter sur son sens esthétique pour apprécier la valeur des œuvres. Face à une œuvre qu’il ne comprend pas, il n’a que deux réactions possibles, le rejet ou la soumission au jugement des experts : si tel ou tel artiste est exposé à la Biennale de Venise[v], à Art Basel, au Guggenheim Bilbao[vi], au Palais de Tokyo[vii] – pour ne citer que quelques lieux emblématiques de la scène artistique européenne – c’est qu’il doit être intéressant. Les experts qui donnent le « la » sur lequel nous sommes tous invités à nous accorder, sont peu nombreux : quelques directeurs de musées, commissaires d’expositions, critiques, galeristes, collectionneurs. À nouveau Michel Guérin : « Personne ne sait mieux que l’auteur ce que l’œuvre veut dire, et personne après lui mieux que les experts que le monde de l’art accrédite… pour accréditer l’interprétation » (p. 38). Ou, d’un autre auteur du numéro, Dominique Château : « Les décisions individuelles ne pèsent pas lourd en face de la décision collective qui, dans le contexte du post-art, se forme au fil de l’apparition croissante d’objets indécis dans les lieux de présentation accrédités. Nos représentations spontanées s’effacent inéluctablement sous la vague de l’habilitation et de l’habituation culturelles » (p. 48). L’artiste est « génial » non plus en raison de son savoir-faire (bien souvent il ne met jamais lui-même la main à la pâte) mais de ses intentions. Et comme celles-ci sont souvent difficilement discernables, l’artiste lui-même ou les experts sont là pour nous éclairer.

Vu de Sirius, le spectacle de l’art contemporain ne manque pas de ridicule, comme le souligne Bernard Lafargue. « Ce monde de l’art gazeux[viii], vénisé, vénusien et kitsch, est rythmé par des ‘Événements’ qui rassemblent ses nouveaux hiérarques, les People (stars du show-biz, sportifs, journalistes, politiciens,chanteurs, gents de mode, artistes, managers, collectionneurs, etc. faisant la une des média) et, à leur suite, une foule cosmopolite » (p. 83). Tableau saisissant qui peint le « système-art » avec une exactitude cruelle : le succès « populaire » de tel ou tel artiste, de telle ou telle exposition, ne s’explique pas par la valeur intrinsèque des œuvres – bien difficile à discerner – mais par la mimésis, par le désir de faire comme tout le monde et, pour commencer, comme les « grands » de ce monde.

Face au caractère énigmatique de nombre d’œuvres contemporaines, une interprétation est en général nécessaire, comme déjà remarqué, et, n’en déplaise à Kenji Kitayama dans le même numéro de Recherches en Esthétique, les titres, volontairement sibyllins, s’avèrent le plus souvent insuffisants, même pour un spectateur partageant a priori la culture de l’artiste[ix]. Car ce dernier cherche à déstabiliser, à provoquer un effet de sidération. Puisque le génie est désormais dans l’intention et non dans la manière de faire, il importe en effet que la signification demeure dans un premier temps secrète, réclamant l’explication qui démontrera au regardeur combien il est peu intelligent, ou terre-à-terre, à côté du génial artiste (ou de l’expert-traducteur).

L’art contemporain, au sens de l’art d’aujourd’hui, ne se résume cependant pas au « système-art ». Et parmi les artistes relevant de cette catégorie plus étroite, certains sont capables de nous toucher, d’éveiller une émotion, éventuellement d’ordre esthétique, même si faire beau (ou laid) n’était pas leur préoccupation première. Notre réaction est affaire de subjectivité : les yeux communiquent par les nerfs optiques avec le cerveau qui enregistre, décode et confronte ces informations nouvelles avec d’autres informations déjà en stock et c’est à partir de là qu’une réaction (allant de la simple indifférence jusqu’au « bouleversement de tous les sens », comme on disait autrefois) apparaît.

Par ailleurs, la plupart des artistes d’aujourd’hui – certes pas les plus médiatisés ! – demeurent des plasticiens qui n’ont pas abandonné l’idéal de beauté. Il existe néanmoins une grande différence entre ces artistes et ceux d’autrefois : la liberté qui est laissée désormais à tous ceux qui se « sentent » artistes de s’exprimer, sans avoir nécessairement le talent ni la préparation nécessaires. C’est pourquoi on trouve si souvent le pire dans leurs propositions artistiques. Certains créateurs rangés dans « l’art brut » produisent dans le secret une œuvre fulgurante, tandis que beaucoup de « peintres du dimanche » s’épuisent vainement à se faire reconnaître comme des artistes à part entière.

La couverture de Recherches en Esthétique illustre les deux courants de l’art contemporain lato sensu. L’illustration de la première de couverture représente Jungle Sphere, une installation d’Henri Tauliaut (enseignant au Campus Caribéen des Arts en Martinique) exposée à la Biennale de Cuba : work in progress avec un zeste de bio-art, placé sous le patronage de Wifredo Lam et de son tableau La Jungle, œuvre collaborative puisque faisant intervenir une danseuse. Typiquement une pièce dans laquelle l’intention s’avère principale et qui se rattache donc au « système-art ». Verbatim : « Les œuvres Jungles Spheres déplacent l’objectif scientifique et conceptuel du laboratoire DEV [Dispositif d’Expérimentation Végétale] vers une dimension poétique et subjective » (p. 203).

Ernest Breleur - série Origine

Ernest Breleur – série Origine

Par contraste, la quatrième de couverture fait place à un tondo d’Ernest Breleur[x], un dessin coloré de sa dernière période, une ronde de femmes aux contours imprécis qui semblent flotter (s’ébattre ?) dans un liquide (amniotique ?) : hommage au principal représentant martiniquais vivant d’un art complètement actuel, qui ne renie pas pour autant l’ambition traditionnelle des artistes cherchant le beau, c’est-à-dire ce « qui plaît par la forme », ou « à la vue » (Le Littré).

 

 

 

[i] « La Réception de l’Art », Recherches en Esthétique, n° 21, janvier 2016, 240  p., 23 €.

[ii] Parmi lesquels les Guadeloupéens Michel Rovelas et Henri Tauliaut (ce dernier enseignant en Martinique – cf. infra).

[iii] http://mondesfr.wpengine.com/espaces/periples-des-arts/20-ans-de-recherches-en-esthetique/

[iv] « Notre temps voit mourir l’esthétique » écrivait Guy Debord en 1953 dans le Manifeste pour une construction des situations (p.78 de la revue).

[v] http://mondesfr.wpengine.com/espaces/periples-des-arts/quest-ce-que-lart-aujourdhui-ii-la-56eme-biennale-de-venise/

[vi] http://mondesfr.wpengine.com/espaces/periples-des-arts/a-propos-de-deux-expositions-au-guggenheim-bilbao-quest-ce-que-lart-aujourdhui/

[vii] http://mondesfr.wpengine.com/espaces/frances/la-grande-escroquerie-du-palais-de-tokyo/

[viii] Le terme « gazeux » est emprunté à Yves Michaud. Cf. L’Art à l’état gazeux (2003).

[ix] Il est par exemple douteux que le visiteur moyen découvrant Réserve, Canada de Christian Boltanski en découvre la signification à partir de son seul titre (cf. p. 98).

[x] http://mondesfr.wpengine.com/espaces/periples-des-arts/un-atelier-dans-la-jungle-ernest-breleur/

20 ans de « Recherches en Esthétique »

ESTHETIQUE_20_pages_couv_BD1« Loin de la vitre du train, je pense à la parole électrique des flamboyants, que les pilotes de loin
croient encore des  nappes de sang /
demeurées sur les touches du crime »
(Edouard Glissant)[i].

La revue Recherches en Esthétique, créée et animée par Dominique Berthet, professeur à l’Université des Antilles en Martinique, fête son vingtième anniversaire. Cette revue de très bon aloi, qui paraît suivant un rythme annuel, s’organise autour de thèmes successifs. Par exemple « La critique » (n° 3), « L’audace » (n° 8), « Utopies » (n° 11), « Le trouble » (n° 17), « Art et engagement » (n° 19). Si la place principale revient aux arts plastiques, la littérature est également bien représentée. Tel est en particulier le cas dans le dernier numéro consacré aux « Créations insulaires » : les articles passant en revue les formes de l’art contemporain dans les îles de l’outremer français (les fameux « confettis de l’empire ») ainsi que dans les Grandes Antilles (Cuba, Haïti, Saint-Domingue) sont précédés par un dossier qui explore le concept d’insularité en faisant largement appel aux romanciers, aux philosophes et à Edouard Glissant, lequel se révèle une référence incontournable pour la plupart des contributeurs de ce numéro.

Le dossier liminaire montre bien l’ambivalence de la figure de l’île, tant dans l’imaginaire des terriens que dans l’inconscient des îliens. C’est pourquoi le mythe de Robinson, depuis Defoe jusqu’à Chamoiseau[ii], n’a pas fini de nous intriguer. « On peut nommer hétérotopies – note Jean-Paul Engélibert – ces fictions de l’île déserte comme lieu de l’impossible où le héros connaît un accomplissement absolu à part de la société »[iii]. Et les îles sont encore – bien évidemment – le lieu privilégié des u-topies, ces pays de nulle part, l’Ogyvie d’Homère et de Plutarque, les Îles du Soleil vantées pas Diodore de Sicile au 1er siècle av. J.-C., l’Utopia de Thomas More (1518), la Cité du Soleil de Tommaso Campanella (1602)[iv].

F. Picque - Fort-de-France

F. Picque – Fort-de-France

L’insularité est-elle vraiment un facteur déterminant de la création artistique ? En d’autres termes, le fait d’être un îlien, c’est-à-dire habitant d’une « terre ferme entourée d’eau […] caractérisée par l’isolement et la petitesse »[v], est-il à l’origine d’une esthétique particulière, différente de celle qui peut naître sur un continent ? Patrick Chamoiseau décrit avec un certain humour l’insularité – telle qu’elle peut être appréhendée de l’extérieur – comme « l’étroite façon de voir le monde sous les ferrures marines et célestes du bleu » et déplore que cette vision fantasmée de l’insularité déteigne sur les îliens eux-mêmes[vi]. Peut-être, en effet, mais à l’heure des Airbus et autres Boeings, de la télévision et d’internet, bref de la mondialisation économique et culturelle, les identités se mêlent, s’abâtardissent et l’on connaît bien des artistes installés aux îles qui s’adressent au marché international, et dont les œuvres ne semblent guère marquées par le lieu de leur fabrication. Dans un entretien donnée au Figaro, dans lequel on peut penser qu’il s’est efforcé d’être le plus clair possible, Glissant, pour qui – rappelons-le – Paris était une île[vii], définissait ainsi la créolisation : « un mélange des cultures qui produit de l’imprévisible ». Cette définition est à mettre en rapport avec sa théorie du tout-monde et d’une pensée archipélique « accordée au chaos du monde et à ses imprévus »[viii]. C’est assez bien décrire, semble-t-il, la situation actuelle de nombre d’artistes qu’ils soient îliens ou continentaux.

Sculpture kanak - Poindimié

Sculpture kanak – Poindimié

Pourtant, il demeure des îles avec une population autochtone, laquelle, pour diverses raisons, n’est pas encore entrée dans la modernité, ou plutôt qui reste fortement attachée à ses coutumes. Il en est ainsi des Kanak de la Nouvelle-Calédonie qui sont le point de départ de deux articles passionnants. Le premier, de Michèle-Baj Strobel, montre combien l’art pratiqué aujourd’hui par les Mélanésiens, ces « hommes à la peau noire », demeure enraciné dans la tradition, que ce soit la sculpture, pratique ancestrale, ou les fresques peintes sur des bâtiments publics. La valorisation de la culture kanak est très récente puisqu’on la fait remonter au festival « Melanesia 2000 » organisé en 1975 à Nouméa par Jean-Marie Tjibaou qui aurait justifié son initiative en ces termes : « C’est pour montrer qu’on a une culture et qu’on existe, car si on ne la montre pas, on pense qu’on n’existe pas »[ix]. Le deuxième article, de Domitille Tellier-Barbe, est consacré à deux œuvres du sculpteur Jean-Michel Boéné, Tchapoiri et Bec d’oiseau, deux casse-têtes en bois de gaïac[x]. Comment des « curios », de simples copies, peut-être marginalement modifiées, de modèles traditionnels peuvent-ils acquérir le statut d’œuvre d’art et qui plus est d’art contemporain ?

Un artiste contemporain ne se caractérise plus par sa technique, par sa virtuosité – il peut entièrement sous-traiter la fabrication de ses œuvres (ce qui n’est pas le cas ici) – mais il se doit d’innover et si, ce faisant, il provoque, c’est encore mieux. L’absence de critère de jugement incontestable en art contemporain[xi] permet toutes les dérives. Où commence l’originalité, où finit-elle ? Il est bien difficile de répondre avec précision, si bien que la notoriété d’un artiste revêt une grand part d’aléatoire. En réalisant des copies plus ou moins fidèles d’objets traditionnels, J.-M. Boéné n’innove en aucune manière sur le plan plastique. Son originalité se situe ailleurs : présenter une copie comme une œuvre d’art contemporain, c’est là où se situe la transgression et cela suffit en l’occurrence – sachant qu’elle est accompagnée du discours adéquat – pour conférer à l’œuvre son statut ! « C’est de l’art puisque je vous dis que c’est de l’art ». Le procédé est vieux comme Duchamp mais il marche encore.

La Nouvelle-Calédonie demeure un cas à part parmi toutes les îles passées en revue dans ce numéro des Recherches en Esthétique ; c’est pourquoi les autres plasticiens dont il est question surprennent moins. Et puis, par la force des choses, il y a l’arbitraire d’une sélection qui retient certains artistes au détriment d’autres qu’on aurait pu attendre. Mais à l’impossible nul n’est tenu. Et ce numéro 20 est d’une très bonne… tenue. Un bon moyen de découvrir la revue pour tous ceux qui ne la connaissent pas encore.

 

Recherches en Esthétique, n° 20, 2015, « Créations insulaires », 276 pages au format A4 avec de nombreuses illustrations dont certaines en couleur, 21 €. CEREAP (Centre d’études et de recherches en esthétique et arts plastiques), UFR Lettres, Université des Antilles, BP 7207, 97275 Schoelcher Cedex, France.

 

[i] Soleil de la conscience, Paris, Le Seuil, 1956, p. 17. Cité par Manuel Norvat in « Cheminements entre paysage et imaginaire insulaire », Recherches en Esthétique, n° 20, p. 50.

[ii] Patrick Chamoiseau, L’Empreinte à Crusoé, Paris, Gallimard, 2012.

[iii] J.-P. Engélibert, La Postérité de Robinson Crusoé – Un mythe littéraire de la modernité (1954-1986), Genève, Droz, 1997. Cité par Dominique Chateau in « Le fantasme de l’île – Considérations proxémiques et idéologiques », Recherches en Esthétique, n° 20, p. 18.

[iv] Dominique Berthet donne les deux étymologies possibles du mot « utopie » : « ou-topos », non lieu, qui était le sens retenu par More, ou encore « eu-topos », le lieu du bonheur. Cf. « L’île entre mythe et réalité », Recherches en Esthétique, n° 20, p. 28. Sur les utopies de More et Campanella comme modèles des sociétés communistes, nous nous permettons de renvoyer à nos Lettres sur la justice sociale, Paris, Le Manuscrit, 2006, lettre 1.

[v] Éric Fougère, Les Voyages et l’Ancrage – Représentation de l’espace insulaire à l’Âge classique et aux Lumières (1615-1797), Paris, L’Harmattan, 1995. Cité par D. Chateau, art. cit, p. 12.

[vi] Patrick Chamoiseau, Écrire en pays dominé, Paris, Gallimard, 1997. Cité par D. Berthet, art. cit., p. 30.

[vii] Soleil de la Conscience in Poétique I, Paris, Gallimard, 1997. Cité par D. Chateau, art. cit, p. 14.

[viii] É. Glissant, Le Figaro, 27-28 juillet 2002 et (pour la 2ème citation) Introduction à une poétique du divers, Paris, Gallimard, 1996. Cité par Jean Rochard (interrogé par Hélène Sirven) in « À Tahiti et en Polynésie, quel art contemporain ? », Recherches en Esthétique, n° 20, p. 250.

[ix] Cité par M.-B. Strobel, « Voies du Pacifique : en un pays clivé », Recherches en Esthétique, n° 20, p. 213.

[x] D. Tellier-Barbe, « Deux casse-têtes de Jean-Michel Boéné – Un miroir des interrogations de la scène artistique calédonienne », Recherches en Esthétique, n° 20.

[xi] Ce n’était pas le cas tant que l’art visait le beau (même si le critère du beau était soumis à la mode).