Auteur: Jean-Sébastien Philippart

Jean-Sébastien Philippart est né en 1973 en Belgique. Titulaire d’un DEA en philosophie (UCL) et agrégé, il est Conférencier à l'Ecole Supérieure des Arts de Bruxelles.

Quelque chose de textuel

© Mathieu Weemaels, Dos au chardon, 2006 http://www.mathieuweemaels.be

 

 

Un corps détaché
Du milieu, en apesanteur
Libre de l’œil qui arpente
Il pèse sur lui-même
Et, sans le vouloir
Prend sur lui

Un corps cru, sans autre politesse
Que celle d’une interrogation
Où serpente l’infini
Collant à la peau
Une suspension sur qui
Un trait n’est pas tiré
Comme on tire le portrait

Un corps hanté, par le souvenir
Une cicatrice, au beau milieu

Un corps qui se fait trace
Le plein qui remue
Dans le plein et se fait signe

Un corps qui a de la veine
Rongé par la douceur
Qui voudrait s’en sortir

Un corps nu, obsédé
Qui se retourne
Encore et encore
« Ici » nul endroit, nul envers
Et pourtant, l’épaisseur à jamais
Comme ce qui doit se dire
S’écrit dans un volume

Un recueil inquiet
Les formes qui dérivent
Échouant sur leur bord
La pause en son sein, déphasée

Un corps qui se dé-peint
À la manière d’un corps, toujours
Un écart de langage

Un corps exposé, en corps reposé
D’une infatigable pensée
Ses plis et replis
En soi, rien qu’en soi, l’impossible néant

Une parole sans objet, une parole incarnée
L’exégèse de la chair
Touchée
Par le geste du pinceau…

 

 

 

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