Auteur: Dimitri Dimitrievich

Dimitri Dimitrievich, né derrière le rideau de fer du puritanisme, français de hasard, amoureux de la liberté et des femmes, écrit des oeuvres d'imagination pure.

Que serait la luxure / Sans la littérature

Damoiseau est à sa fenêtre
Qui attend sa belle sa mie
Debout vibrant de tout son être
Plein de désir pour son amie
Damoiselle tant attendue
Enfin a surgi du néant
Bientôt la voilà toute nue
Sexe dressé sexe béant
Se sont trouvés et imbriqués
Ils ne jouissent jamais autant
Que dans ces rendez-vous risqués
Où l’on se rend le cœur battant
De l’amour ils n’attendent rien
Mais tout du sexe et du plaisir
Et trouvent le souverain bien
Dans les tremblements du désir
Damoiseau chevauche sa belle
Fougueuse et vaillante personne
Aucunement ne se rebelle
Contre celui qui l’éperonne
Ils passent par dessus-dessous
Se prennent par devant-derrière
Ils s’échangent pour pas un sou
De son amant elle est bien fière
De sa maîtresse il est bien fou
Pour une goutte de son lait
Il l’amènerait à Lifou
Si c’était là ce que voulait
Mais n’en demande pas autant
De Lifou elle ne veut point
Pas même un baiser pour l’instant
Dans une poche du pourpoint
Va quérir les deux grosses bourses
Les soupèse cajole et baise
Afin que plus fort il la course
Qu’il la trousse tout à son aise
Mais pour l’heure c’est de ses seins
Qu’il s’occupe, se préoccupe
Qu’il lèche suce qu’il étreint
De ces transports elle n’est dupe
N’y cherche pas des sentiments
Dont elle ne saurait que faire
Mais goûte ces égarements
Que nul ne saurait contrefaire
Elle tient bien son Damoiseau
De ses charmes il est prisonnier
Comme dans sa cage l’oiseau
Alors du vit du cavalier
Délicatement se saisit
Pour récompenser ses services
N’est-il pas temps que le bandit
Ait sa juste part des délices ?
Experte dans l’art de l’amour
Elle a bientôt entre les mains
La tige la branche la tour
Sur quoi sans attendre à demain
Elle a tôt fait de s’embrocher
La voici gentille écuyère
Attentive à ne démancher
Précoce et sensuelle écolière
Qui crie maintenant son bonheur
Puis prestement se désenfourche
Et sans crainte du déshonneur
Enfourne le vit en sa bouche
C’est à Damoiseau maintenant
De monter au septième ciel
Voilà qu’il jouit incontinent
Son foutre onctueux comme le miel
Les deux amants ont conjugué
D’Éros les plus belles figures
Aussi sont-ils bien fatigués
Ici se clôt leur aventure
Remercions la littérature
Pour le récit de leur luxure
AC 2011
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