Auteur: François Provenzano

François Provenzano est doctorant à l'Université de Liège et Aspirant du F.N.R.S. (Fonds National de la Recherche Scientifique, Belgique). Il entreprend une thèse sur l'historiographie littéraire francophone et est membre du groupe COnTEXTES, rassemblant des jeunes chercheurs en sociologie de la littérature (www.contextes.net).

Constructions de la modernité au Québec

Ces actes d’un colloque tenu à Montréal en 2003 rassemblent une vingtaine de contributions autour d’un thème qui peut sembler périlleux : la modernité. Cette notion autant incontournable qu’insondable, Élisabeth Nardout-Lafarge, Ginette Michaud et leurs collaborateurs entreprennent d’en faire apparaître les mécanismes de construction, les processus historiques et discursifs qui soutiennent et orientent sa lisibilité, au sein de l’ensemble culturel et politique québécois du xxe siècle.

Le projet est d’autant plus ambitieux qu’il entend embrasser un large éventail de phénomènes pour lesquels le « moderne » fait sens : historiens de l’art, philosophes, spécialistes du littéraire, mais aussi du politique se retrouvent ainsi autour d’un vaste chantier disciplinaire dont l’objectif est de mettre à distance (et mettre en lumière) les fondements des multiples modernités qui ont pu s’énoncer au Québec. C’est ce souci presque archéologique, plutôt que les traditionnels cloisonnements disciplinaires, qui commande la répartition des articles en cinq grandes sections. La première aborde les « récits, mythes, lieux communs de la modernité », la deuxième traite de ses « figures, emblèmes, icônes », la troisième envisage les rapports entre « modernité et politique », la quatrième se penche sur les « discours critiques », enfin la dernière questionne le paradigme « modernité » à la lumière de son successeur « postmoderne ».

L’audace d’un tel décloisonnement est globalement payante. La confrontation des points de vue entre littéraires et historiens de l’art au sujet de la portée du fameux manifeste Refus global apporte notamment un éclairage intéressant sur le poids des conditionnements disciplinaires. De même, la réflexion philosophique permet de nouer le projet esthétique de la modernité aux conditions politiques de sa formulation et de sa revendication. Il demeure cependant que l’ensemble des travaux rassemblés manque parfois de cohérence et que les sauts entre plusieurs niveaux d’analyse sont sans doute trop fréquents pour conférer à l’entreprise critique une véritable homogénéité. On soulignera par exemple le statut ambigu de la figure d’Hubert Aquin, omniprésent dans les analyses, tantôt en tant qu’acteur du processus historique de la modernité québécoise, tantôt en tant que penseur du concept de modernité et partenaire d’une réflexion philosophique qu’on cherche à « reloader » (p. 318). Par ailleurs, l’écart est parfois grand entre les spéculations philosophiques et essayistes que proposent, entre autres, Catherine Mavrikakis ou Ginette Michaud et les études plus ponctuelles, portées par une méthodologie historique ou littéraire.

On retiendra essentiellement de ce recueil la tension vers une perspective méta-disciplinaire, qui anime la plupart des articles et constitue sans aucun doute la principale originalité de la réflexion d’ensemble proposée. Ainsi, Yvan Lamonde entreprend de sonder les différentes traditions (artistiques, politiques, philosophiques) où a pu se formuler un discours sur la modernité. Il en fait apparaître les conditions de possibilité, mais aussi les blocages de sens ; son travail débouche sur une réflexion épistémologique sur le rapport au passé qu’entretient tout analyste de la modernité. Esther Trépanier examine quant à elle les postulats de la recherche en histoire de l’art du Québec, essentiellement dans les années soixante et septante. Son propos démêle ainsi les amalgames notionnels qui ont conduit à ériger Refus global en mythe fondateur d’une modernité dont on pourrait trouver les traces, nous dit l’auteur, dès l’entre-deux-guerres.

Toujours selon cette même perspective métacritique, Gilles Lapointe retrace, en quelques étapes, le fil des lectures dont a pu faire l’objet Refus global dans la critique contemporaine, de la revendication antinationaliste à la mise en avant d’une fonction identitaire, en passant par l’approche immanente. C’est encore le discours critique qui est pris pour objet dans les contributions de Martine-Emmanuelle Lapointe et d’Élisabeth Nardout-Lafarge. La première envisage la fortune critique du motif des « deux solitudes » dans les travaux de littérature comparée et les débats sur l’identité culturelle anglo-québécoise. À travers les différentes postures comparatistes isolées, elle met en évidence les stratégies mises en place par les critiques littéraires et les objectifs visés par leur discours. Son analyse s’achève sur le cas particulier de la littérature anglo-québécoise, qui oblige à postuler d’autres paradigmes herméneutiques, tel celui de la « pluralité culturelle ». Quant à Élisabeth Nardout-Lafarge, elle rend admirablement compte du fonctionnement de la « valeur modernité », comme « brevet de légitimité littéraire ». Son examen des discours critiques de 1977 à 2001 met particulièrement en lumière les présupposés et les raccourcis conceptuels (par exemple celui entre « modernité » et « modernisation ») à l’œuvre dans ces discours, portés notamment par le souci d’une lisibilité française de la modernité québécoise.

L’intérêt d’une telle approche métacritique apparaît également dans les contributions de Janet M. Paterson et de Frances Fortier et Francis Langevin, qui articulent l’analyse de grands paradigmes herméneutiques – tels « modernité », « postmodernisme » ou « pensée migrante » – à un examen des textes de création : Janet M. Paterson démontre ainsi que le postmodernisme peut fonctionner comme recours tout à la fois épistémologique et esthétique du texte migrant ; Frances Fortier et Francis Langevin s’attachent quant à eux à l’œuvre de Nicole Brossard, lue et scandée en fonction d’un dialogue entre l’écriture de la romancière et les interprétations dont elle a successivement fait l’objet.

Enfin, même la philosophie est évaluée en tant que discipline, particulièrement silencieuse dans les années septante et peu réceptive aux échos de la modernité que proclamaient alors les arts plastiques et la littérature. L’exposé de Georges Leroux revient sur les raisons de ce silence et isole quelques figures d’exception qui, tels Jacques Lavigne et Michel Morin, ont vu leur parole philosophique privée d’audience jusqu’il y a peu.

Cette mise à distance des traditions et des outils disciplinaires ouvre ainsi un chantier historiographique où sont renégociées les grandes scansions de l’histoire culturelle du Québec et réhistoricisés les concepts-étendards qui, comme celui de modernité, avaient fini par imposer leur évidence à un ensemble de discours. De ce chantier historiographique, on retiendra essentiellement l’abandon d’un paradigme de la rupture au profit d’un paradigme de la continuité, qui inscrit le moment des années cinquante et soixante dans le fil d’une tradition qui, pour Jocelyn Létourneau, peut remonter jusqu’au xvie siècle.

Dès lors, de nouvelles figures, de nouvelles instances, de nouveaux principes interprétatifs sont mobilisés pour évoquer, toujours, la modernité. Robert Schwartzwald expose ainsi le rôle de premier plan joué par un clerc dominicain et anti-Vichy, le père Marie-Alain Couturier, dans la rénovation artistique que connaît le Québec de 1950. Éric Méchoulan se penche lui aussi sur une figure peu familière du label « modernité » et évalue le cas de l’historien Maurice Séguin, l’un des premiers à fonder ses analyses de la société québécoise sur les données de l’histoire économique. Francine Couture retrace quant à elle le singulier processus de valorisation symbolique dont a fait l’objet l’œuvre de l’artiste Jean-Paul Mousseau. Par une proximité avec les techniques industrielles et la collaboration avec une Société d’État, cette œuvre peu conforme aux postulats de l’automatisme s’est vue doter d’une valeur patrimoniale en tant qu’« icône d’entreprise ». Robert Dion propose lui aussi une clé de lecture relativement inédite : à travers les essais de André Belleau, Fernand Ouellette et Jean Larose, il démontre la prégnance du modèle du Romantisme allemand dans les formulations québécoises d’un projet culturel et politique.

Pas même le classique des classiques, le sommet du panthéon littéraire québécois, n’échappe à ce déplacement du canon et à cette remise en perspective des principes interprétatifs. Michel Biron entreprend en effet de lire Maria Chapdelaine, de Louis Hémon, en se focalisant sur la figure marginale du père Chapdelaine. Celui-ci est replacé dans une « dynastie de déserteurs et d’évadés » (p. 214) qui, des œuvres de Gabrielle Roy à celles de Réjean Ducharme, dessine les contours d’une modernité québécoise caractérisée par la pulsion de la solitude et l’absence de conflit.

C’est donc finalement, aussi, la question d’une spécificité québécoise qui est abordée par ces réflexions sur la construction de la modernité. Outre la réflexion de Ginette Michaud, qui applique la pensée de Derrida à l’examen des fondements de la souveraineté (politique autant que poétique) au Québec, certaines contributions s’attachent ainsi à des « cas » particulièrement saillants de la réalité culturelle québécoise : Karim Larose réinterroge les revendications d’unilinguisme, Brigitte Faivre-Duboz tente de décortiquer la structure conceptuelle de la « révolution » selon Aquin, Frédérique Bernier relit certains motifs caractéristiques de la poésie de Saint-Denys Garneau selon le double paradigme interprétatif du moderne et du religieux. Ces études présentent l’intérêt de renouveler des approches parfois sclérosées d’objet canoniques de la québécité et de proposer de nouveaux traits caractéristiques de la modernité québécoise. Elles auraient sans doute encore gagné à s’appuyer sur une démarche comparatiste, remettant en perspective ces traits caractéristiques et évitant ainsi le risque de les essentialiser, à nouveau. Le comparatisme est le parti pris par Jean-Pierre Bertrand, qui confronte deux stratégies de condamnation d’un certain modernisme littéraire, promu à la fin du xixe siècle dans les champs littéraires belge d’une part, canadien-français d’autre part. Son propos met ainsi en évidence la différence d’enjeux entre une position conservatrice belge soucieuse de pureté littéraire et son équivalente canadienne-française, portée par le projet (progressiste, lui) d’une fondation nationale.

En conclusion, ces actes proposent une salutaire réflexion sur des paradigmes critiques dont l’usage, au-delà de leur simple valeur heuristique, touche plus largement au fonctionnement d’une société et aux représentations du politique et du culturel qui y prévalent. Le choix de ce type de démarche obligeait à un décloisonnement disciplinaire. Celui-ci peut parfois sembler trop radical ou mal équilibré, mais, au final, il permet de mettre à distance les outils méthodologiques et le poids des traditions épistémologiques. À ce titre, on peut dire que les différentes contributions ont atteint un objectif important : celui de démontrer la fécondité du propos métacritique pour la recherche actuelle en sciences humaines. Quant au cas québécois, la question de sa modernité est loin d’avoir été tranchée. Tant mieux, serait-on tenté de dire : à coups de déplacements du canon et de mise en question des opérations de légitimation culturelle, les actes ici rassemblés ouvrent un important chantier historiographique, où l’art et la littérature québécois seraient resitués non seulement dans leur propre histoire, mais aussi dans une histoire des concepts qui embrasserait d’autres territoires, tant disciplinaires que géographiques.

Envoyez Envoyez


6 Responses to “Constructions de la modernité au Québec”

  1. DÉDÉTORIAL
    LE VAGABON CELESTE DE SIMON GAUTHIER
    Bien fatigué, j’y suis allé avec la peur de m’endormir.
    Finalement je voulais que ce récit ne puisse finir afin de ne pouvoir partir pour conti nuer mes rêves.
    Quelle prestation! C’est l’histoire inspirée d’un personnage qui est passé par Tadoussac et que plusieurs ont eu la chance de côtoyer. Dans un premier temps il a séjourné trois semaines
    à l’Eau Berge puis il est revenu pour repartir sur la route de ses rêves. C’était un petit «grand homme» à chapeau, barbe blanche et guitare en bandoulière qui composait des chansons sur les gens rêveurs essayant de réaliser leurs rêves. Plusieurs
    personnages de Tadoussac ont noirci son cahier.
    Son Histoire remonte à plusieurs années alors qu’il était bien
    installé dans le nord de Mtl plus précisément à Val David. Làbas, il avait tout pour être heureux, maison, femme, famille
    et argent……
    Un mati n il s’est levé pour annoncer autour de lui qu’il laissait tout et partait sans le sous, vivre ses rêves. On a cru à un coup de déprime, on a tenté de le retenir mais devant ses arguments on a fini par le comprendre et lui souhaiter bonne chance dans son rêve. Pendant 5 ans il a fait les quatre coins
    du Québec sans rien demander à personne. Les hasards de la vie le guidaient au quoti dien. Il attendait qu’on lui offre une «raye» pour avancer, sinon il marchait inlassablement.
    Jamais il a demandé à manger ou coucher, c’était… quand on l’invitait!
    Simon Gauthier l’a rencontré par le biais de Richard Fontaine qui lui aussi à sa façon, vagabondait ici et là avec ses pinceaux comme compagnons de route.
    Depuis, selon Simon ce «Vagabond Céleste» a balancé sa guitare à la rue pour s’installer dans une peti te chambre dénudée près de l’Oratoire St Joseph, et il parcours les bibliothèques. A date il a à son actif une maîtrise et plusieurs
    doctorats en poche sur le rêve.
    Son nom est Pierrot (mais lequel?) Un monument existe encore en son honneur, rue St-Paul dans le bas le la ville de Mtl.
    Fondateur des Deux Pierrots dans le vieux, cette
    boite mythique des plus fréquentée encore, est le seul endroit qui ait survécu aux Boites à Chansons qui nous ont donné nos grands: Claude Léveillé, Vigneault, René Claude, Claude
    Gauthier, Raymon Lévesque, etc
    Si Pierrot en quittant, gloire, succès et argent pour vivre ses rêves est un message d’espoir, un baume sur le mal de vivre qui nous guette, Simon Gauthier par son spectacle nous a fait découvrir quelqu’un de chez nous porteur de bonheur. Simon offre à quiconque veut découvrir plus inti mement
    ce personnage, de venir dans vos maisons, vos salons, vos verrières vous présenter cet être lumineux.Est-ce le présage que notre conteur national se prépare à parcourir les routes du monde avec dans son pack sac
    Pierrot le Vagabond Céleste disposé à vous faire du bien à l’âme et vous brasser les idées?

  2. Gérard Cadieux dit :

    La pire chose qui peut arriver à un philosophe c’est :

    Qu’un professeur de philosophie médiocre (Pierre Rochette) dénature sa philosophie pour se partir une gagne.

    Je ne pensais pas vivre cela de mon vivant!

    Pierre Rochette, a bénéficié d’un accès privilégié à mon processus de création. Il aurait pu faire le choix de faire le bien, en le fessant bien!

    Moi, Gérard Cadieux créateur de la philosophie du Wow et auteur du livre ” Le Prince a réussi” tiens à se dissocier des activités de “Rêveur équitable” et de ses exploitants.

    Le tout étant fait sans mon consentement.

    Puisse le fatum rattraper les tricheurs! Wow-T=G3 (wow moins la tricherie égale le génie au cube)

    Gérard Cadieux

    Créateur de la philosophie du Wow décrite da le livre “Le prince a réussi”

  3. alex dit :

    Ceci dit, encore un spam,
    et out!

  4. alex dit :

    C’est cela, oui…

  5. Gérarg dit :

    La construction de la modernité au Québec :
    Ne doit pas se bâtir avec des
    Pierre Rochette, vagabond céleste, Pierrot la lune et j’en passe…

    “SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ” mon œil !

    Peut de gens savent que l’idée de marcher le Québec lui vient de l’auteur Ubald Picard de Victoriaville et que ” Rêveur Équitable” lui a été inspiré par les recherches philosophiques de Gérard Cadieux décrites dans le livre ” Le prince a réussi” Édition originale février 2008. Deux rêveurs que Pierre Rochette a vampirisés. Sans un vrai rêveur près de lui Pierre Rochette n’est que l’ombre de lui-même. Serez-vous le prochain rêveur à tomber dans ses griffes ?

    “SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ” Mon oeil!

    Gérard Cadieux

  6. Au K…uébec, la K…ORRUPTION n’aura qu’un temps

    au K…uébec ces jours-ci
    c’est par la K…ualité du fumier
    qu’on peut intuitionner
    les futures récoltes

    En ce moment même, Dieu sculpte l’âme du K…uébec
    oar ses rêveurs equitables en marche vers le pays oeuvre d’art
    comme Dieu a sculpté l’âme de l’oratoire St-Joseph
    par son rêveur équitable K…ue fut le frère André:))))

    Mon nom est Pierrot Rochette

    Il y a 35 ans, je fondais les boîtes à chansons les deux Pierrots dans le Vieux Montréal.

    Il y a trois ans, je donnais tous mes biens pour devenir ermite des routes
    (www.demers.qc.ca, chansons de pierrot, paroles et musique, entrevue à la radio de
    radio-canada de sept-iles, en deux parties. Mon objectif étant d’allumer sur ma route de
    nomadisme politique une masse critique de rêveurs équitables de façon à ce qu’après ma
    mort, cette masse critique de vies privées oeuvre d’art fasse surgir le concept du pays
    oeuvre d’art, comme contribution au K…uébec du 21eme siecle. (www.reveursequitables.com)

    Il y a deux ans et demie, deux jeunes femmes cinéastes me trouvèrent endormi sur une
    galerie et me firent part de leur rêve: faire un documentaire sur ma démarche politique
    en me suivant épisodiquement avec une caméra. Un six minutes de leur oeuvre est offert
    sur le site internet suivant: (www.enracontantpierrot.blogspot.com).

    Samedi soir le 4 décembre 2008 à Montréal, à 20 heures au CAFE QUI FAIT QUOI (coin
    sherbrooke, St-Denis), aura lieu la première de la projection de ce documentaire
    intitulé: MON AMI PIERROT, LE DERNIER HOMME LIBRE. Après le 45 minutes que dure cette
    projection, je répondrai aux questions en chantant avec ma guitare quelques unes de mes
    105 chansons politiques écrites sur la route sur de vraies rencontres et de vraies
    histoires vécues.

    p.s.

    Sur le site web (www.reveursequitables.com), est aussi offert une partie de mon
    oeuvre littéraire. Un premier 1000 pages politique intitulé MONSIEUR 2.7 K (k… pour
    K…uébécois) et comme second titre LE JOURNAL-COURRIEL DU DERNIER HOMME LIBRE.

    A partir d’une lecture post-internet des 50 ans de la révolution tranquille, MONSIEUR
    2.7 K defend l’hypothèse théorique suivante:

    Les 50 ans de la révolution tranquille peuvent s’interpréter comme un outil
    méthodologique que se sont donné les K…uébécois pour réaliser en trois temps
    dialectiques le manifeste du refus global de 1948.

    ier temps

    De 1960 à 1995, le projet de l’indépendance du K…uébec fut vécu comme un attracteur
    philosophique permettant un rattrapage économique et social répondant comme un écho à la
    sirène de la modernité nord-américaine, provoquant par conséquence systémique la primauté
    des droits collectifs sur les droits individuels

    2eme temps

    En 1995, la rupture épistémologique que constitua la chute du mur ethno-linguistique
    du référendum parizeau peut etre interprétée comme un rattrapage de la nouvelle
    conjecture mondiale annoncée par la naissance d’internet (1989) et la chute du mur de
    Berlin (1989).

    3eme temps

    De 1995 à aujourd’hui, Le K…uébec comme le reste du K…anada est passé d’une
    société verticale pré-internet à une société horizontale post-internet (cellulaire,
    facebook, twitter etc…) consacrant les structures collectives déjà en place comme
    outils satisfaisant devant la demande croissante de la primauté des droits individuels
    sur les droits collectifs, de quelque nature que ce soit.

    CONCLUSION

    L’intense corruption publique que vit le K…uébec en ce moment peut être interprétée
    comme une transition d’une structure démocratique à une autre, dans la ligne de rupture
    de pensées de Montesquieu (la séparation des pouvoirs),Lammenais (une naiton = langue,
    race, religion), Wilfrid Laurier (les droits ont primauté sur la langue, la race et la
    religion), Franck Scott (la charte des droits et libertés annoncant le surgissement du
    futur pays oeuvre d’art, (Pierrot Rochette)(le pays oeuvre d’art n’étant possible que par
    la masse des vies privées oeuvre d’art) (www.ww.demers.qc.ca, l’ile de l’éternité de
    l’instant présent, prologue, on m’y écrit) (www.demers.qc.ca, chansons de pierrot paroles
    et musique, 2eme partie de l’entrevue à Radio-Canada.

    La crise de corruption que vit le K…uébec ces jours-ci invite peut-être les citoyens
    de toutes les régions du Canada à une réflexion du genre de celle-ci:

    La liberté la plus grande de toutes consiste à réformer son existence, condition
    préalable à toute réforme de la société.

    A partir de cet a priori, on pourrait définir le rêveur équitable du 21eme siècle de
    la façon suivante; un rêveur équitable, ce serait toute personne qui prend la décision de
    prendre soin du rêve d’une autre personne qu’importe sa race, sa langue, sa religion et
    cela, SANS INTERET PERSONNEL CACHÉ.

    En ce sens, ce serait la masse critique des vies privées oeuvre d’art (une vie oeuvre
    d’art au 21eme siècle, ce serait toute personne qui utilise son passé comme un coffre
    d’outil pour sculpter son rêve équitable au service du bien commun) qui permettra un jour
    le surgissement d’un concept nation que j’appelle: LA NATION OEUVRE D’ART

    Pierrot
    ermite des routes

    pierrot@reveursequitables.com