Une anthologie de la poésie roumaine francophone contemporaine

Ce livre (Pluie d’étoiles – anthologie de poésie roumaine contemporaine, Ars Longa, 2020), illustré par l’artiste canadienne d’origine roumaine Maria Bida Albuleț, réunissant des poèmes écrits en français par onze poètes roumains contemporains (ou traduits par eux-mêmes), ne doit pas sa parution au hasard mais à l’anniversaire de la Francophonie qui fête en 2020 ses cinquante ans d’existence.

Membres de l’Union des Écrivains de Roumanie et/ou distingués avec des prix nationaux et internationaux de poésie, plus ou moins connus par le large public ici ou ailleurs (mais qui peut trouver de nos jours un large public quand on parle de la poésie dans un monde prosaïque et « jourdainisé » dans la plus exacte acception moliéresque du terme), Ionela Diaconu Ablai, Rodica Gabriela Chira, Relu Coțofană, Sonia Elvireanu, Lucia Victoria Eniu, Liliana Cora Foșalău, Brîndușa Grigoriu, Ioan Hădărig, Alexandru Jurcan, Raluca Petrescu, Rudolf Eduard Roth offrent dans les poèmes inédits inclus dans cet ouvrage un univers intérieur dévoilé par la toute-puissance de la métaphore. Mais encore plus ils offrent leur amour pour la langue française et pour l’immense culture qu’elle a générée, dans un pays officiellement francophone dont les habitants préfèrent néanmoins apprendre plutôt l’anglais ou d’autres langues qu’ils considèrent plus aptes à servir leurs intérêts immédiats. Pour une partie d’entre eux le français est une langue de culture par excellence et la culture peut faire peur, parfois !, tandis que pour d’autres ce terme ne  l’envisagent qu’en relation avec le blé, le maïs ou d’autres plantes, elles aussi de « culture ».

Dans ce paysage plutôt désolant, les poèmes de cette anthologie, parfois luxuriants, parfois décharnés, font preuve de la fine érudition, de la sensibilité et de la véracité de leurs auteurs qui étalent devant le lecteur francophone des habits aux couleurs inaltérées par l’intervention du traducteur (autre que l’auteur lui-même dans quelques cas) et qui réussissent à transformer, grâce à leur maîtrise adroite des signifiés, la couleur en image et l’image en idée, faisant plonger le lecteur dans un univers de grâce ou de vigueur, faisant ainsi tomber sur lui une véritable pluie d’étoiles.

 

Par Christian Tamas, , publié le 20/03/2020 | Comments (1)
Dans: Livres, Pratiques Poétiques | Format: ,

“Néant rose” de Dana Shishmanian : une tentative d’exorcisme poétique

Poète et critique français d’origine roumaine, Dana Shishmanian vit à Paris depuis 1983. Elle est rédactrice à la revue littéraire « Francopolis ». Bien que douée pour l’écriture, elle n’écrit cependant pas pendant l’ancien régime dans son pays, sa voix d’écrivain s’affirme assez tard en exil, témoignant de la douleur et de la désespérance du déraciné, mais aussi de l’espoir de renaître un jour.

Elle réussit à faire entendre sa parole ardente et révoltée qui relève d’une blessure pas encore guérie. Elle porte en soi ses racines, sa première identité, la mémoire d’une âme brisée par la fatalité de l’histoire. Ses poèmes dévoilent sa double identité, l’affrontement douloureux entre deux cultures, deux temps, le passé et le présent que le poète aimerait réconcilier.

Dana Shishmanian a publié ses poèmes dans plusieurs revues et anthologies, et les recueils : Exercices de résurrection (2008), Mercredi entre deux peurs (2011), Les poèmes pour Lucy, Plongeon intime (2014), Fruit obscur (2017), Néant rose (2017). Sa poésie est le fruit d’une descente en soi dans le labyrinthe de la mémoire d’où jaillissent des images bouleversantes et des cris de souffrance.

Son recueil Néant rose (L’Harmattan, 2017) comporte une structure tripartite : Au jour le jour, Balades urbaines, Cent et un haïkus en quête d’auteur. Dans la première partie, le poète nous dresse avec ironie l’inventaire des 7 jours de la semaine, qui renvoient aux 7 jours de la Création, ce cycle répétitif de la vie avec ses automatismes et mauvaises humeurs. C’est un prétexte pour une réflexion sur l’abîme qui est en soi, cet enfer intérieur qui monte des profondeurs à la surface de la conscience.

Lundi est un jour gris, de cri, où l’ordinateur est tombé en panne, mais cette rupture du rythme quotidien invite à divaguer, à s’interroger sur soi, sur son identité, l’« âme fendue », exilée. Mardi, les interrogations sur les incertitudes des « cervelles embrouillées » continuent et le poète ressent

mon cœur crucifié comme une fontaine sans fond
(comment une fontaine pourrait-elle être crucifiée ?
– c’est que l’eau s’ensource de son centre sans cesse
et se reverse sans cesse de ses branches) fontaine arbre de vie.

Mercredi « c’est juste une perte d’espace-temps »,

c’est la bouteille de Klein à la panse pleine
l’ouïe est absorbée par la gorge le son par la vue
les yeux touchent mollement la douce racine où se déverse
la cervelle à l’embouchure de la nuque
et seul mon front tel une proue de bateau s’enfonce dans la nuit
je suis la flèche tirée d’un arc que tend hors du temps un géant
forcément aveugle – sinon comment pourrait-il viser la nuit.

Les métaphores désignent le soi (la fontaine), la conscience (la flèche) qui juge et vise le monde et l’inconscient (un géant aveugle) d’où jaillissent sans cesse les interrogations et les jugements.

Jeudi est encore plus cruel que les autres jours, « il sévit du tréfonds de la pourriture », s’acharne à rappeler au poète le Shéol, « la mare des âmes qui se noient en elles-mêmes », cette tombe des âmes après la mort dont parle la Bible hébraïque. Le Shéol est similaire au Hadès de la mythologie grecque, étant en même temps tombe et punition des âmes :

Ombres sous terre procession funéraire
marche funèbre aux cierges
lent chœur d’hommes et à peine audibles
voix de femmes et d’enfants
anges et démons mélangés sur l’échelle du même chant.

Le cycle répétitif de la vie est désigné à petite échelle par la semaine, torturante parfois, de même que l’existence, métaphoriquement la roue qui tourne sans cesse.

Vendredi, n’est pas seulement ce jour ordinaire, « vendredi tartiné au beurre de cacahouètes », mais aussi

vendredi hebdophore omniphore christophore
vendredi le jour de passion
éternellement à tes portes je reste clouée
comme au pied de la croix. 

Samedi, c’est « faire des emplettes au marché de Noël », côtoyer trop de gens, se mêler au vulgaire au risque de lui ressembler. Et dimanche on retrouve la lucidité, la réflexion sur la perception des choses transposées dans les poèmes :

Exercices retrouvés de lucidité
gymnastique de clair de dimanche
matin l’air hivernal soleil (enfin !)

Jeux de mots, métaphores, intertextualité, répétitions, images concourent à tracer le fil des jours de la semaine d’une manière ironique et répétitive. Le poète les reprend en quatre séries, les désignant par leur nom dans les titres des poèmes, puis il ajoute à chacun dans le titre un adjectif, un groupe nominal ou un nom pour lui rendre le spécifique, témoignant des états d’âme du poète: Lundi de syncope, Mardi interstitiel, Mercredi entre deux peurs, Jeudi à bout de souffle, Vendredi à l’orange, Samedi à la rose, Dimanche à Fred Astaire, Le sonnet de lundi, Mardi fente, Mercredi d’extase, Jeudi-flamme, Vendredi de veille de Noel, Samedi de Noel, Dimanche à la Manne etc.

Chaque reprise revient sur la mémoire et la souffrance (« mes vies chuchotent dans mes entrailles/ les souvenirs d’atroces souffrances »), tisse les souvenirs d’un passé douloureux et le quotidien dérisoire (« samedi aux courses à la cuisine à la télé/ rien à signaler/ce temps poreux autrement facile à récupérer ») dans une sorte d’anamnèse pour se délivrer de ses obsessions et permettre le « rêve oui de ma résurrection ». Dans sa révolte, la voix poétique tourne parfois à la satire, dénonce les dérèglements de la société contemporaine (Dimanche du huitième jour).

Dans la deuxième partie du recueil, Balades urbaines, Dana Shishmanian fait des croquis d’hommes et de femmes rencontrés dans le métro, dans les rues, sur les berges de la Seine, partout dans Paris: le travailleur (l’homme-outil), l’employé (l’homme à la serviette), le révolutionnaire, le captif, le prophète, la femme en larmes, la femme frustrée, la femme de pouvoir, le joueur d’échecs (une sorte d’autiste), un couple déparié, la fille aux écouteurs :

Fatiguée…
lasse de vivre…
d’aller à la fac au boulot ou ailleurs
belle comme un cœur
à quoi bon
oreillettes enfoncées pour étouffer
le dehors
entendre sans écouter
le bruitage rythmique d’un groupe quelconque
étouffer ainsi
le dedans
mâcher du chewing-gum
les yeux fermés
absente à tout
gestes vides d’esprit

Mais ces poèmes sont aussi de véritables scènes de vie quotidienne, des tableaux parisiens, dans ses aspects les plus cruels et même macabres (La balade de l’homme-outil, Accident grave de voyageur, Monologue théâtral dans un bus de banlieue).

Le poète radiographie la société urbaine dans ses aspects les plus sombres, par ces diverses figures humaines, s’attaquant au pouvoir cynique qui pousse les gens vers la souffrance, la misère et la mort. Ces poèmes cruels, puissants, dénoncent la réalité sordide de la métropole.

Le langage, adapté au milieu défavorisé que le poète peint, a l’oralité du style. Les événements tragiques, pris du réel, décrits avec une rare précision du détail font frissonner d’horreur le lecteur et s’interroger sur la déviation d’une société irresponsable, « zoojungle » où le pouvoir fait ses jeux sans se soucier des gens qui se donnent la mort par désespoir (Accident grave de voyageur).

Certains poèmes sont focalisés sur le pouvoir de la poésie de faire éclater tous les dogmes, contraintes et conventions, de dénoncer avec rage et en bonne conscience la pourriture du monde et de faire encore rêver :

La poésie n’a que faire
de votre politiquement correct
traduit en censure.
Elle se moque de vos dogmes
laïques catholiques politiques économiques
éthiques ludiques civiques et iques et iques/et iques et iques !

Cent et un haïkus en quête d’auteur, la dernière partie du recueil, font entendre l’amertume poignante du poète. Cependant l’espoir, la foi en Dieu, le rêve percent à travers le noir insupportable de la souffrance qui assombrit la vie. En poèmes très courts, de 3 vers, le poète continue de réfléchir, de s’interroger sur la vie, la mort, le destin, la poésie, le rêve, la solitude, de lancer des exhortations à soi et aux autres, incapable de sortir de l’abîme qui est en lui, ce puits noir qui fait pousser des cris d’horreur et de révolte. Par rapport aux poèmes amples des deux premières parties, ces haïkus sont les plus poétiques, mélancoliques, témoignant d’une profonde sensibilité blessée :

Toi-même t’es le cri
d’un cou sans tête – eau brisée,
éclat de miroir

 Révolte des racines
appel des sèves mortes – tu rêves
du réveil de Dieu

 Pavés sur nos chemins
les histoires du passé. Seuls
s’insurgent les brins d’herbe

 Dans ton assiette
un papillon égaré.
Il t’annonce l’avenir

Dans Néant rose, ayant un graffiti moqueur de Da Cruz sur la première de couverture, Dana Shishmanian propose une lecture moins habituelle selon la remarque de Monique Labidoire (chronique dans CMC Review, Canada, n° 2/2017) : « Il faudrait inventer pour cette écriture si personnelle un nouveau vocable qui contiendrait des multitudes de termes qui se déclineraient en poèmes, contes, illuminations, tracts, philosophie, citoyenneté, fraternité, amour, partage, mots aux sens visibles et qui rendent profondément vivant ce que l’auteur nous dit. Nous sommes loin du ronron poétique tout en pleins, déliés et harmonie et c’est sans doute ce qui nous saute au visage et titille notre oreille. »

 

 

 

Billet d’Avignon 2014-12. Gianina Cărbunariu, Claude Cohen

Solitaritate

La dernière œuvre de la metteuse en scène roumaine Gianina Cărbunariu, s’inscrit dans le programme « Villes en scène » et bénéficie à ce titre de subventions européennes. Outre Avignon et Sibiu (Roumanie), elle doit être montrée à Bruxelles, à Paris, à Göteborg, à Naples et à Madrid. Cela fait beaucoup d’honneur pour une pièce qui déçoit en dépit de ses bonnes intentions. Le point de départ, pourtant, ne manquait pas d’intérêt : présenter en quelques tableaux certains aspects de la société roumaine contemporaine. Défilent ainsi successivement la décision d’édifier dans la ville de Baia Mare un mur pour isoler le quartier des Roms (avec la complicité du chef de leur communauté !) ; l’utilisation de bonnes philippines, quasiment réduites en esclavage, par la « bonne société » roumaine (laquelle n’hésite pas, à l’occasion, de se procurer frauduleusement une fausse carte d’invalidité qui lui permet, par exemple, de garer sa voiture n’importe où !) ; l’enterrement d’« Eugenia Ionescu », un nom qui fait référence aussi bien à Eugène Ionesco qu’à toutes les divas du théâtre roumain (où il apparaîtra que le fils de la défunte comédienne a vendu la concession dans l’allée des artistes du vieux cimetière de Bucarest pour financer l’achet d’une place de parking !) ; l’histoire d’un chauffeur de taxi, contraint de vendre tous ses biens pour tenter de réunir la somme nécessaire à l’opération de sa petite fille (les acheteurs se trouvent être pour la plupart des membres de sa famille, qui n’envisagent pas de l’aider sans s’aider eux-mêmes en même temps !).

solitaritate_(c)_paul_baila

Solitaritate (néologisme composé d’après les mots « solitaire » et « solidaire » en roumain) déçoit, néanmoins, parce que trop souvent inutilement bavarde et didactique, avec la mise en scène à l’avenant. Il y a certes de vrais moments de théâtre (pendant l’enterrement d’Eugenia Ionescu, avec prêtre orthodoxe, cercueil et couronnes, ou lorsque la bonne philippine commence par dire les didascalies la concernant avant d’essayer de les jouer), mais l’on assiste surtout à des échanges verbaux entre les comédiens en position frontale, debout ou assis.

Gianina Cărbunariu entend faire un « théâtre documentaire », ce qui peut donner de très bons résultats, mais, dans cette pièce au moins, la documentation écrase la fiction. Dans un entretien avec Mirella Patureau dans la revue roumaine Infinitezimal (1), elle déclare que [son] « théâtre parle des hommes, de ce qu’ils vivent maintenant et s’adresse à eux d’une manière inaccessible au cinéma où à la littérature ». Curieuse déclaration qui semble faire fi de tant de chefs d’œuvre littéraires ou cinématographiques qui nous parlent de nous et nous émeuvent aussi fortement que les pièces les mieux réussies ! Elle déclare encore : « Je fais du théâtre… pour ceux qui ne réussissent pas à s’informer ou sont informés par certains canaux ». C’est en effet louable mais pour être entendu encore faut-il trouver pour les informations que l’on souhaite porter à la connaissance du public une forme appropriée : une forme vraiment « théâtrale ».

Crédit photo : Paul Baila

 

Qui es-tu Fritz Haber ?

Changement complet d’ambiance par rapport à la pièce précédente. Passage du IN au OFF, d’une troupe de neuf comédiens à un duo, d’un décor esquissé à un décor réaliste, d’un texte sorti en grande partie de l’improvisation à un texte écrit spécialement pour le théâtre (et publié sous le titre Le Nuage vert). L’auteur, Claude Cohen, s’est passionné pour l’histoire (vraie) de Fritz Haber, l’inventeur de l’ypérite, et de son épouse Clara. Qu’il soit par ailleurs anesthésiste n’est peut-être pas étranger à cet intérêt pour une substance chimique qui modifie radicalement le métabolisme (jusque – en l’occurrence – à entraîner la mort dans d’horribles souffrances). L’action se situe le 22 avril 1915, au soir de la première utilisation du gaz moutarde sur le front de l’ouest, à proximité d’Ypres. Après un dîner où les Haber ont reçu des officiers allemands pour fêter l’événement, les deux époux se retrouvent seuls. Lui ne songe qu’au nouveau succès qu’il vient d’engranger (il obtiendra en 1919 le prix Nobel de chimie au titre de l’année 1918 pour ses travaux réalisés avant la guerre sur la synthèse de l’ammoniac et les engrais ammoniaqués) ; elle est révulsée par l’usage dévoyé qu’il fait de sa science. Fritz est un juif converti au protestantisme, plus patriote que n’importe quel autre Allemand, obsédé par la victoire ; Clara lui rappelle qu’il restera toujours un juif aux yeux des militaires qui l’utilisent sans cesser de le mépriser. Fritz, à 47 ans, est en pleine possession de ses moyens physiques et intellectuels ; Clara, de deux ans plus jeune et bien que docteur(e) en chimie elle aussi, est de santé maladive, elle reste à la maison et se consacre à l’éducation de leur unique fils, Herman.

qui-es-tu-fritz-haber

La mise en scène est de Xavier Lemaire qui interprète Haber, en face d’Isabelle Andréani dans Clara. On a dit tout le bien qu’on pensait de ces deux comédiens à propos du Proverbe de Musset, Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée (voir notre billet n° 8). Ils sont ici encore plus excellents, peut-être, portés par un texte qui passionne de bout en bout. Qu’est-ce que la science ? À quoi doit-elle servir ? Et la religion, continue-t-elle à nous enseigner quelque chose dans un âge scientifique ? Ce sont là des questions qui pourraient paraître abstraites mais que la circonstance rend infiniment concrètes. Fritz a une philosophie très simple : il est chimiste et patriote, il met donc la chimie au service de l’Allemagne. Clara conteste qu’on puisse utiliser n’importe quel moyen pour parvenir à une fin quelle qu’elle soit ; elle est d’ailleurs profondément pacifiste et n’accepte pas, par exemple, l’idée que son fils de quinze ans puisse être un jour enrôlé dans l’armée. Elle s’accroche au motto rabelaisien – « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » – alors que Fritz a beau jeu de lui répondre que « la conscience sans la science n’est que ruine de l’homme » et de souligner que les religions ne véhiculent que des erreurs. Aux yeux des spectateurs d’aujourd’hui (que l’on peut supposer plus pacifiques que patriotes) c’est Clara qui a raison, mais la force du texte c’est de donner à Fritz les arguments les plus convaincants et de nous montrer une Clara dont la lucidité s’effrite progressivement au fil de cette soirée, qui voit des choses qui ne sont pas et finit par sombrer dans la folie et le suicide.

 

(1)    P. 11-13 du numéro 4, bilingue, édité avec la participation de l’Institut français de Bucarest.