Palmarès des prix littéraires Naji Naaman – session 2020

77 lauréats et lauréates

Avec 3034 concourants en compétition, venus de soixante dix-huit pays et qui ont écrit en quarante sept langues et dialectes : albanais, allemand, anglais, arabe (littéraire et parlé en plusieurs dialectes), arménien, azéri, bulgare, chinois (traditionnel et simplifié), coréen, créole seychellois, croate, dzongkha, espagnol, estonien, français, grec, hindi, hongrois, italien, japonais, macédonien, mandarin, mongol, monténégrin, népalais, norvégien, odia, persan, polonais, portugais, pendjabi, roumain, russe, serbe, suédois, taïwanais, tchèque, telugu, turc, vietnamien, yi et yoruba, la dix-huitième cueillette des prix littéraires Naji Naaman (2020) vient de couronner 77 nouveaux lauréats et lauréates:

 

Prix du Mérite :
Amina Bendenidina (Algérie); Anca Simona Ciolca (Roumanie); Despina Kontaxis (Grèce/Afrique du sud); Mundher As-Saidi (Oman); Oana Andrei (Roumanie).

 

Prix de Créativité :
Abdul-Aziz Hassan Al-Zaid (Arabie Séoudite); Amalia Achard (France) ; Ana Stjelja (Serbie); Anna Ferriero (Italie); Anuo Abu (Chine/Yi); Armenuhi Sisyan (Arménie); Branka Vojinović Jegdić (Monténégro); Brenda Mohammed (Trinidad et Tobago); Eligiusz Dymowski (Pologne); Elisabetta Bagli (Italie); Eliza Segiet (Pologne); Florin Dan Prodan (Roumanie); Gina Puica (Roumanie); Jackeline Barriga Nava (Bolivie); Keshab Sigdel (Népal); Maki Starfield (Japon); Maryam Chaebi (Iran); Melyssa G. Sprott (États-Unis); Michel Baury (France) ; Milenko D. Ćirović Ljutićki (Serbie) ; Mohammad Najib El-Ramady (Égypte); Mohammad Ali As-Saddiq Ibrahim (Soudan/Arabie Séoudite); Mohannad Al-Akouse (Syrie); Monalisa Dash Dwibedy (Inde); Neetu Vaid Sharma (Inde); Noor Ayachi (Tunisie); Nuţa Crăciun (Roumanie); Olaleye Doyin Sunshine (Nigérie); Panchumarthi Nagasuseela (Inde); Paruchuri Gopichand (Inde); Rabah Tijani (Maroc); Rinzin Rinzin (Bhoutan); Saeed Mohammad Saeed (Bahrein); Sandra Manka (Italie); Sladjana Milenković (Serbie); Sofia Skleida (Grèce); Tarana Turan Rahimli (Azerbaïdjan); Valentin Busuioc (Roumanie); Zade Kuqi (Kosovo).

 

Prix de Créativité (hors concours) :
Ali Al-Subaii (Accordé pour la deuxième fois, Irak); Ewelina Maria Bugajoka-Javorka (Pologne/Danemark); Hongwei Chang (Chine); Libo Jiang (Chine); Namita Laxmi Jagaddeb (Inde); Pierre Marcel Montmory (France) ; Priyatosh Das (Inde); Tyran Prizren Spahiu (Kosovo); Zefu Xu (Chine).

 

Prix d’honneur (pour œuvres entières) :
Agim Vinca (Albanie/Kosovo); Annie Johnson (États-Unis); Chantal Danjou (France) ; Chen Hsiu-Chen (Taïwan); Dặng Thân (Vietnam); Daniel Dubourg (France) ; Dilip Mohaparta (Inde); Emad Ghazali (Égypte); Ioan Baba (Serbie/Vojvodina); Jernail Singh Anand (Inde); Joseph Berolo (Colombie); Jüri Talvet (Estonie); Kikumi Shimoda (Japon); Ljubinko Jelić (Serbie); Magie Faure-Vidot Vijay-Kumar (Seychelles); Marian Drăghici (Roumanie); Marie Andari Kalach (Liban); Mengren Wang (Chine); Michel Herland (France) ; Odveig Klyve (Norvège); Streten Perović (Monténégro); V. V. B. Rama Rao (Inde); Youssuf Mustafa Shahada (Palestine/Syrie).

 

Prix du Génie (Accordé pour la troisième fois depuis le lancement des prix en 2002; la première fois étant en 2016, la deuxième en 2018) :
Ivan Gaćina (Croatie)

          Lancés en 2002, les prix littéraires Naji Naaman sont décernés chaque année aux auteurs des œuvres littéraires les plus émancipées des points de vue contenu et style, et qui visent à revivifier et développer les valeurs humaines.

P.S.: pour d’amples informations consulter:

www.najinaaman.org et www.facebook.com/naji.naaman

 

 

Par Naji Naaman, , publié le 26/06/2020 | Comments (4)
Dans: Annonces | Format: ,

Sagesses – 2

Extraits de L’Emancipé

La brise

(antérieur à la notion du temps et de l’espace)

Me voilà brise, soufflant à travers l’univers, sans limite de temps ni d’espace, achevant mon périple dans les poumons d’un nourrisson, tandis que la vie en moi me semble plus présente, moi qui ne suis rien sans elle.

 

La mélodie

(dans une terre qui a recouvré sa liberté de l’homme)

Ayant lutté à mort les uns contre les autres, des peuples ont fini par disparaître sur une terre qui a recouvré sa liberté. Ne resta dans la  mémoire qu’une mélodie, rêvée par un génie qui tenta un rapprochement  entre les ennemis. En vain. Et c’est finalement la nature, à travers ses oiseaux, ses arbres et ses rivières,  qui  entonna la  mélodie  de l’existence, celle de l’intelligence et de la force.

Oui, c’est moi-même que la nature entonna.

 

Le poème

(époque de sérénité sur les rives de la Volga)

La mémoire d’un peuple me colporta en poème qui n’a pas d’auteur, et qui dit:

Mon enfant,
Si un jour tu éprouves de la nostalgie pour moi,
Alors que j’ai déjà intégré l’au-delà par mon départ,
Vis ta vie, intensément,
Et, lorsque tu auras connu l’intégration à ton tour,
Viens me rejoindre dans mon ermitage,
Dans l’être et le néant,
Tu me trouveras, là-haut,
Une plume à la main, devant une feuille de papier,
A la recherche d’un renouveau

 

Le rocher

(instant romantique, désert de Gobi, Mongolie)

Me voici cette  fois-là  transformé  en  rocher  inerte, jamais  approché  jusque-là par un être humain. Deux amants gravent sur ce rocher leur amour faisant de moi le témoin de leur passion et de son histoire.

 

La conscience

(déposition en temps de lutte)

Et l’on m’impose quelqu’un à qui je suis également imposé. Côte à côte, nous luttons ensemble avec exemplarité au cours de notre adolescence,  puis avec acharnement au cours de notre jeunesse. Choisissant la carrière politique comme moyen d’existence et réussissant à s’y faire un nom, il finit par accéder au pouvoir dont il abuse. A ma question: “pourquoi fais-tu cela et que sont donc devenues exemplarité et lutte?”, il justifie l’oppression d’autrui par la nécessité de sauvegarder les avantages acquis.

Ce jour-là est dressé mon acte de déposition.

 

Le revenant

(hors du temps et de l’espace)

Me revoilà de retour à la force, hors du temps et de l’espace, loin de toute sensation et de toute réalité…

 

L’auguste

… Autour de l’ermitage de l’auguste rôde la Mort. Dans un premier temps, apprenant l’itinéraire de vie exemplaire du vieil homme, elle l’épargne. L’auguste l’appelant de ses vœux, elle finit par l’exaucer. L’auguste s’intègre alors à la nature par interaction cosmique,  exactement  comme  tous les êtres avant et après lui, devenant  ainsi une part de cette vérité pour laquelle il avait tant fait  dans  le  but de l’appréhender.

Sa famille et son peuple accourent de toute part pour rendre un dernier hommage au grand homme. Certains, décelant un parfum d’encens dans l’ermitage, le proclament saint. D’autres, persuadés d’apercevoir une auréole de lumière jaillissant du même ermitage, le proclament nouveau prophète.

C’est alors que le fils aîné du fils aîné de l’auguste décachète l’enveloppe qui abrite la dernière volonté de son grand-père, et la lit clairement à l’assistance:

“Ma dernière volonté est inscrite dans ma vie. Lisez-la et prenez  exemple  sur elle. Rappelez-vous à jamais que personne n’est meilleur que  n’importe lequel d’entre vous, aussi bien que n’importe lequel d’entre  vous n’est meilleur que quiconque.

“Quant à moi, je ne suis qu’un simple être humain, peut-être le premier des émancipés et des intégrés par l’esprit; mon vœu c’est de n’en pas être le dernier, sachant que je ne suis ni le premier ni le dernier de tous ceux intégrés réellement.

“Que le jour de mon départ soit la fête de l’intégration à la vérité et de l’émancipation cosmique.  Quant  à mon tombeau,  qu’il  soit  érigé  en  toute simplicité dans mon ermitage avec, sur sa plaque funéraire, l’inscription suivante: “Repose ici un homme de la verte vallée”. Que la porte de mon  ermitage soit, enfin et comme d’habitude, constamment ouverte, sans perspectives de restauration, abandonnée à l’usure du temps et aux caprices de la nature.

“Mes bien-aimés, soyez heureux pour moi car, quelle que soit l’étendue de l’espace, son inexistence est encore plus vaste, et quelle que soit la durée du temps, son inexistence est encore plus longue. De la même façon, quelle que soit l’omnipotence de la sensation, son inexistence est encore plus efficiente, et quelle que soit l’ampleur du réel, son inexistence est encore plus infinie”.

 

La vision

… Se rendant compte que l’heure de l’intégration de leur vieux chef avait sonné, ses ouailles l’entourèrent en quête de ses ultimes recommandations. Il leur dit :

Émancipez-vous de la matière comme je l’ai fait moi-même, lorsqu’à sept ans j’ai offert à l’enfant pauvre du quartier mon jouet favori qui a failli me faire oublier le sens du don.

Émancipez-vous de la passion comme je l’ai fait moi-même lorsqu’à dix-sept ans j’ai sacrifié mon amour pour l’amitié.

Émancipez-vous du savoir comme je l’ai fait moi-même lorsqu’à vingt-sept ans j’ai arrêté de collectionner les diplômes qui me conduisaient tout droit à la vanité et non à l’humilité.

Émancipez-vous de la notoriété comme je l’ai fait moi-même lorsqu’à trente-sept ans j’ai compris qu’elle n’était que mirage.

Émancipez-vous des considérations métaphysiques comme je l’ai fait moi-même lorsqu’à quarante-sept ans j’ai confié la vérité à la vérité.

Émancipez-vous des mondanités comme je l’ai fait moi-même lorsqu’à  cinquante-sept ans j’ai pris conscience de l’hypocrisie de la plupart des comportements humains.

Émancipez-vous de vos semblables et vivez en ermite si, comme moi, à soixante-sept ans, il ne vous reste plus aucun ami fidèle.

Émancipez-vous de la pensée comme je l’ai fait moi-même lorsqu’à  soixante-dix-sept ans j’ai arrêté d’écrire et déchiré mes livres qui m’avaient coupé de la nature.

Émancipez-vous de votre corps autant que possible pour que, le jour venu, vous puissiez vous émanciper de la vie que vous connaissez et intégrer ce que vous ignorez encore…

 

 

Par Naji Naaman, , publié le 23/06/2020 | Comments (1)
Dans: Philosophies, Pratiques Poétiques | Format:

Sagesses – 1

foudroyé

Lorsque tu es foudroyé en pleine tête,

Ne t’attends pas à entendre

Le grondement du tonnerre

1973

 

poète

Si nous éprouvons tous des sentiments,

Personne n’est réellement poète pour autant;

A le devenir, seulement,

Nous nous essayons

1999

 

ignorance

Personne ne me connaît

Autant que moi-même;

Pourtant, je le sais,

Je me connais mal quand même

1973

 

la compassion

C’est te souvenir du moindre mal fait à autrui,

Et oublier le pire des maux subi par le fait d’autrui

1997

 

le sabre et la plume

Inutile de faire appel au sabre,

Lorsque la plume est mise en échec

1993

 

prophétie

Tout homme est un prophète,

En lui la vie commence,

En lui la vie s’achève

1988

 

le bonheur

Si nous adoptions:

Du polythéisme le respect de la terre et des ancêtres,

Des religions d’Extrême-Orient le spiritualisme,

Du judaïsme la vision et la constance,

Du christianisme l’amour et le pardon,

De l’islam la chaleur de la foi,

De la laïcité la compréhension et l’ouverture,

De l’humanisme la démarche unitaire,

Nous serions alors

Les plus heureux des hommes

1990

 

la patrie

C’est la parcelle de terre

Où nous vivons notre liberté;

Elle peut être aussi bien grande, englobant l’univers,

Que petite, cantonnée dans notre seule imagination

1990

***

Par Naji Naaman, , publié le 30/05/2020 | Comments (1)
Dans: Chroniques, Philosophies | Format: