Auteur: Antoine Constantin Caille

Jeunesse à Villefranche-sur-Mer. Maîtrises en philosophie et en anglais à l’Université de Nice. Doctorat en études francophones à Lafayette en Louisiane. Professeur assistant invité dans les départements de langues modernes à Georgia Tech puis à William & Mary. En ce moment, enseignant de philosophie et lettres modernes au Lycée Al Jabr de Casablanca. Malencontreux auteur de quelques articles et poèmes par-ci par-là. https://independent.academia.edu/AntoineConstantinCaille

Poèmes du jour et de la nuit (9, 10, 11, 12, et 13)

Poèmes du jour et de la nuit (9)

esprit affûté

mains polies

sous la voix parfois drolatique

qui pour entendre le silence ?

 

euphémie

entre deux êtres qui si puissamment s’animent

souhaiter la réconciliation

 

ergastule

 

ergastêrion

 

tous les jours de soleil

réjouissance

que j’aimerais pleinement partager

 

mot supprimé

qui ne sonne comme aucun autre
on peut passer sa vie à

construire des hypothèses sur des malentendus

 

actions bloquées

l’intelligence tourne en bourrique

 

indispensablement atteindre

une vie spirituelle

 

ou une bête

se dessèche au soleil

 

je n’ai pas inventé l’amour

mais l’ai aperçu seulement

 

il était là

mais j’étais distrait

 

coassement

on dirait une pluie de météores

 

tu es

as été

ma mémoire

 

 

Poèmes du jour et de la nuit (10)

Le vent

souffle

dans la multitude

de feuilles vertes

profondeur aérienne

 

c’est aussi là

que les jambes contre le mur

je fais mes siestes

 

ressourcement rétablissant

tous les dérangements

du crâne

 

Eulalie

tu

as une dent

contre moi

 

mais

 

quelques dents

 

plus ou moins bien

rangées

 

les unes à côté des autres

 

font un

 

sourire

en font

l’éclat

 

aménité

qui part à travers la forêt

 

amour ciel faire resplendir

l’existence disloquée

 

nuages fouettés dans un ciel pur immobile

 

vous n’irez pas bien loin avec vos longueurs de piscine

 

 

Poèmes du jour et de la nuit (11)

Comme j’entends la nuit

m’enfoncer dans la nuit

clarinettes de scintillations

paillettes déguisant l’espace

les lunes qui nous illuminaient

englouties presque insensiblement

 

avec un pantalon blanc

un ventilateur pour respirer

 

ce qu’on voit de

ce qui (n’)a (pas) été précédemment détruit

intentions feux d’artifice

je ne dirais plus rien

 

(pulvérisations)

 

 

 

à chaque fois

que l’automne arrive

une clé

tombe et résonne

une note

bondit

 

planètes qui accueillent

douceur des pierres arrondies par les flots

saisons qui emportent au bord des rivières

 

tout de suite

aurait vu

au premier coup d’œil

sans un parcours

d’aveuglements

 

 

Poèmes du jour et de la nuit (12)

Sur des chapeaux

de roues

nous démarrions

et qu’à court d’idées

nous nous arrêtions là

à la lisière

 

un toucan

 

déguisée

par sa respiration

 

sur les rochers sombres

 

peut-être dans un jardin

derrière une maison

il y a une petite rivière

une balançoire

des oreilles d’éléphants

 

voyageant à la merci des voitures

suivant le trafic son vol saccadé

un grand papillon

 

cette journée, où je m’en fus te retrouver à la gare d’Avignon

 

liebesträum

 

 

Poèmes du jour et de la nuit (13)

décapsule l’éternité

terrain farineux,

mille-feuille

points

son recueil trouve une animosité

coutume

abondante lumière

s’enroule, ne bouge pas

autour de ses poings

une araignée

tout cela

arrive

aujourd’hui, je conseille

féminin, féminin

bonze

descend

lointain

univers

une irisation

exemple, endroits, indécision

sous une plante

catastrophes du soleil

désigne les linéaments

et les limitations

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