Auteur: Antoine Constantin Caille

Jeunesse à Villefranche-sur-Mer. Maîtrises en philosophie et en anglais à l’Université de Nice. Doctorat en études francophones à Lafayette en Louisiane. Professeur assistant invité dans les départements de langues modernes à Georgia Tech puis à William & Mary. En ce moment, enseignant de philosophie et lettres modernes au Lycée Al Jabr de Casablanca. Malencontreux auteur de quelques articles et poèmes par-ci par-là. https://independent.academia.edu/AntoineConstantinCaille

Poèmes du jour et de la nuit (6,7, et 8)

Poèmes du jour et de la nuit (6)

que correct de l’eau que prend une envie

car ceci n’est rien en matière

de risque baigné (par les fleurs)

une coquille – à ce point vidée

un dragon l’adore

 

aime parler à sa hantise

saisit une douceur, vivement

arôme

thé tendrement

douce heure aromatise

copieusement

 

 

 

Tambour

battant son vide

partout partant

par temps de pluie, tempête

calme au cœur de la nuit

 

tous les jours peuvent monter

les larmes,

chaque moment peut en faire remonter

un

autre

contestant au présent

une exclusivité

lui glissant des mains

 

fraîcheur

du temps

qui rien encore

ne répète

 

sauf dans sa lumière

sa prochaine

apparition

de l’

obscurité

 

 

mon âme se languit de trouver

en toi

un amoureux accueil

 

l’univers recueilli

n’a plus peur de tourner

dans l’oubli

 

je t’aime

 

rien

ne veux

faire peser

sur ce cœur

tien

 

que ma tête

légère

de sa lourdeur concrète

 

automne

 

âme

tiède

te retrouver

 

une libellule

 

désagrège le séjour

dans une peur australe

à quelques pas du bonheur

celui que Kant eût qualifié de sublime

 

par Toutankhamon

je m’empêche d’y croire

autant

que de n’y croire pas

 

j’avais un ami qui s’appelait Blaise, un autre Florian, un autre Olivier

les ai-je oubliés ?

pas vraiment

 

ah c’est une sacrée histoire

que de

vivre plus d’une dizaine d’années

 

déménageons

solitairement ?

 

j’ai peur que les larmes me dissolvent

 

 

Poèmes du jour et de la nuit (7)

mon cœur est un moulin

en ce qu’il bat trop vite

 

longue bande noire, renfoncement

où repose peut-être quelqu’un

 

à boire, quelques plantes en pastilles

 

quelques trèfles

 

un endroit apporte confirmation

qu’un moment fut réellement

 

monastère, joli joli

 

c’est à peu près ce dont je me souviens

 

sous ce souvenir, peut-il en venir un plus ancien ?

 

question entre moi

faite à personne, ni dite

 

cet espace

peut-il heureusement

s’habiter ?

 

ou

aucun autre

ne peut-il vraiment l’être

à défaut de remplir celui-ci

comme condition ?

 

Du fromage passé au moulinet

 

tombe tout

 

tombe où que tout

tombe

 

mes yeux sont très sensibles à la beauté des couleurs

ou serait-ce mon âme,

qui y trouve palette ?

 

Je compte les sons parmi les couleurs

 

on comprend l’effort passé penché sur un instrument

quand on y entend la libération des couleurs

et non pas de ces couleurs bon marché

 

la marche nous fit prendre le bon marché en dégoût

par bon marché nous voulons parler de la qualité des produits et non de leurs prix

il y a de ça déjà belle lurette

 

precibus si flecteris ullis

 

forteresse sur la mer

 

avec toi j’aimerais tout visiter

la Tasmanie

les archipels japonais (et je n’ai que faire des Japonaises

(j’irais pour y être avec toi))

le reste du monde

les îles Shetland

le Nunavut

j’irais pour y être avec toi

 

des petites choses à longueur de temps

 

silence

 

occasion de

saisir

l’intangible

de s’aiguiser

 

ce sont des minutes qui tiennent par espoir

 

en ce point où l’orgue s’est tu

 

nous reviendrons en un temps où notre douleur signifie quelque chose

 

c’est trop dire,

même si cela ne manque point de sincérité

 

revenons donc aux maillots de bain qui s’égouttent

aux baskets usées

livres et crayons

 

survivre égale comment se faire un habitant de la beauté

bien petit mot, et de plus, singulier

métamorphosons-le en toutes choses perçues en météorique passion

 

ma tête appuyée contre une partie de ton corps

 

le tout comprenant la plus douce des odeurs, la tienne

le plus lumineux des sourires, le tien, encore

 

couvrir ton visage de baisers

 

et aussi tes mains

dont E.E. a fait son plus beau récit

l’ayant empli de celles que

j’aime

– n’entendre en ce pronom-ci

que sa sonorité

 

des appels lancés à travers la nuit

 

muet

muettement

 

la foudre du sentiment retentit

quelques secondes après son éclair

(dans la nuit spirituelle)

 

je ne suis pas pressé de voir apparaître le petit jour

c’est avec lui que bat mon cœur

le plus fort

 

je n’ai pas su me fondre avec la lumière

 

 

Poèmes du jour et de la nuit (8)

hésitation incertitude

nuages intensité

lumineuse

peau sèche

humeur bifurquant

remugle un miracle

souffle ici

 

odeur

narine

renifle

 

mal

sous

les paupières

 

les yeux

ont capté

transmis

tant

à

la mémoire

 

l’avion

me fait

sentir

incomparablement

plus lourd

que l’air

 

ce pays

ne m’appartient pas

moi non plus

mais

mes

souvenirs

nombre d’entre eux

si

 

d’une certaine façon

 

cher disciple

écoute

cette sagesse

impersonnelle

un sens en combat un autre

ne sais que par après

lequel

importe

 

l’intuition partout

brigande

tout partant d’un

je ne sais quoi

comme lors de cette dernière baignade

 

les lunettes de soleil ne tardèrent pas à

être capturées par les vagues

 

tout partant d’un

parfum

d’une scintillation

demeurant scintillation

superposées nos rythmes-couleurs

 

quelle communication

 

zéphyr être

 

mélanges de saveurs dans une coupe en plastique

avec des noisettes, des nounours

 

éveil au milieu de la nuit atmosphérique

bientôt journée en glaise

 

les riches s’enrichissent

(c’est dur à dire)

 

mes baisers je ne veux les poser sur un autre visage que le sien

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