Auteur: Sarah Baron

Née quelque part en Belgique.

Fataé IV : Edouard

Edouard

Feu Maistre Maudit

 

d

Argh

La pluie qui dévale ton visage

Sans relâche

Et que ça brûle

Que ça m’enivre les sens

A mon ordre

Redouble tes cris

Ta poitrine s’éteint

L’œil absent

Les météorites qui hurlent

Ça cravache

Argh

En mille morceaux

A ton impertinence

Les chacals dérobent tes entrailles

Doucement

Sadiquement

Sordidement

Argh

Comme si le ciel laissait rôtir

Ses cendres sur ma peau

Je vibre auprès de toi

Aime-

moi

n

Geignarde petite douche glacée

Je te soutiens la tête

Tu ne peux pas respirer

La vapeur te brûle

J’épluche ton visage

En me léchant les doigts

Tu es si belle

e

En détresse

D’arbre à merde

La terre déballe ses pieds

Sous mes racines cérulées

L’envergure de tes feuilles

M’enlace

M’étouffe

Au retour de l’aube

Dégage !

s

Edouard,

 

A travers la nuit noire

J’ai saisi ton sourire

Vu les lucioles s’évanouir

Et encaissé l’enfer de tes idées

J’ai reconnu l’angoisse

Et ta poursuite de la vérité

 

En chemin, j’ai vécu

La perte des balises

L’étal des valises

Les allées sans échos

Au cœur des odeurs pénétrantes

 

Edouard,

J’ai enduré le film

Des secondes écoulées

La source des larmes

Le retard de l’horloge

Et l’attente éperdue

 

Edouard,

Le cactus asséché

De tes yeux fixes

Surpris de langueur

Sur le corsage de mon âme

N’était pas un hasard

Tu as saccagé le revers

De nos rêves récalcitrants

Et oublié le refrain de nos amours

 

Non, Edouard,

Je ne reviendrai pas

 

s

Arrête de renâcler

Syllabes empoisonnées

Comment oses-tu, Scélérate ?

Ne me touche pas !

À genou

Baisse les yeux !

Et ferme ta petite gueule de rat !

 

“Pardonne-moi !”

 

Ta gueule, j’ai dit !

 

Prends garde à toi, Salope !

A l’œil Allah t’a

Mes frères à la hache

U

Le noir de sa gueule

La plainte de ses mains

Visqueuses

La gâchette qui se fend

Et le Livre qui tombe…

 

Une trêve à grande vitesse

Le rictus échappé

Le même s’évanouit

Oh ! Lâche !

La sourde déflagration s’éprend

De toi le déluge dans la poitrine

De gnomes et les innocents de geindre

Suffixe ! Suffixe ! Suffixe !

S’asphyxie l’œil

Fixe l’idée se fixe

 

Noire semi-automatique

 

Éclat d’ongle dans le mur

Étincelle de pamplemousse

Éclair de perspicacité

La craie éclabouffe ton territoire

A

Quatre heures et trente-trois minutes plus tard…

 

La harangue des vapeurs censurées.

La dépêche. Sept. Tombé.

Il est cuit.

Les pas en ruine.

Flammes du Pluton.

Le regard figé.

Trou au milieu du ventre.

Maman. Vois-moi.

Suite de rois.

Carré de valet de Cœur.

Échec et Macque.

Cellule 69∂.

20 ans.

r

Excité devant le caprice d’une femme

Palpé le métal inerte –serpent sans venin–

La bêtise enlace le royaume en délire

La mécanique propre suce

L’asphalte de sa jupe liquide

Miel inutile un garçon pleure au loin

Langue aveugle fais-moi mal

Rigoureuse chasse aux cochons salaces

e

Il y a les chutes en pied de croix

Les sanglots maculés de poussière

Il y a la peur de

Ta Lumière

Les oiseaux qui picorent mes paupières

Le besoin de m’enfuir

Celui de mourir

Nouvelle vie en laïus de parodie

D’hommes qui hurlent

Et de chouettes qui rigolent

Le jour devient brun de misère

Le rouge du soleil s’étale sur ton ombre Pardonne-

moi

Pardonne-moi
Pardonne-moi
Pardonne-moi
Pardonne-moi

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