Auteur: Sarah Baron

Née quelque part en Belgique.

Fataé I : Liam

Fataé, le recueil que je vous propose, c’est l’histoire ou plutôt ce sont des tranches de vie [ou de désespoir ; d’espoir ; de chutes et d’ascensions] de quatre personnages –Liam, Océane, Violette et Édouard– perdus dans le brouhaha, les sens uniques, les non-sens, les abus, les silences, les mensonges, l’humour, les sarcasmes et la beauté des relations sentimentales, mais aussi assujettis aux normes d’une société décadente et en décalage ! C’est l’histoire des religions, d’un fanatisme, de clichés parfois et de tabous aussi. C’est de la violence. C’est de l’intolérance. C’est de l’incompréhension. Mais c’est aussi et surtout de l’amour. Suivez-moi au milieu d’une langue qui s’exaspère, de mots qui s’inventent, d’histoires qui s’accouchent et de vies qui sex-posent… enfin !

 

 

Fataé

 

Sarah    Baron

 

      Je vis, je meurs : je me brule et me noye,

J’ay chaut estreme en endurant froidure :

La vie m’est et trop molle et trop dure.

J’ay grans ennuis entremeslez de joye :

       Tout à un coup je ris et je larmoye,

Et en plaisir maint tourment grief n’endure :

Mon bien s’en va et à jamais il dure :

Tout en un coup je seiche et je verdoye.

      Ainsi Amour inconstamment me meine :

Et quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me treuve hors de peine.

     Puis quand je croy ma joye estre certeine,

Et estre au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.

Louise LABE

 

 

Liam

                  Tempeste de l’air

 

 

 

F

 

 

Il suffirait

Que je

Te

Mange

La langue

Pour Arrêter

De

Soupirer.

 

 

 

a

 

 

La mante religieuse rayonne dans ses pinceaux

Les dés d’argent se jettent dans le cyanure

Le carré d’As de Cœur tombe entre ciel et terre

Avez-vous trouvé l’ile aux trésors ?

 

 

 

l

 

Les livres sortent des montagnes

Comme les oiseaux s’envolent de ma chair

Dans la nuit blanche des limbes océanes

Je t’aperçois

Là-bas au-dessus des linceuls

La rive perd de sa couleur

L’eau comme un bambin m’enveloppe de gratitude

J’ai reconnu ton sourire au milieu des nuages

J’ai suivi les foulées volcaniques

Des lutins clandestins

Le monde s’illumine à la force de l’esprit

Souviens-toi de l’énergie

La belle la tendre lumière

La fougue des cœurs

La beauté des herbes fauves

Et tes mains qui s’allument comme charbon ardent

 

 

 

l

 

Un feu dans le frigo box

Muet

Les yeux ouverts dans la nuit

Vermeille

J’agrippe mes mains

Aux humeurs malignes

Mon souffle errant

Sur une pierre Bleue

Ferme doucement la boîte

Ton secret est sauf

 

 

 

I

 

Un tiers des mots

Tu me dis

Un quart du dixième

Tu souris

Un centième de traverse

Je garde

Un millième de mes illusions

La tête en l’air

 

 

 

n

 

 

Danse petite fleur

Songe à nos nuits

Délaissées par Phaéton

 

Danse petite sauvage

Les grenades éclatent

Rondes pulpeuses

 

Danse petite menine

Tes peurs s’éclipsent

Au rire du ménestrel

 

Danse petite lady

Les pétales des fées

Saupoudrent de douceur

Ta chanson d’aube


Danse petite princesse

Au joli mois de mai

Les séraphins guideront mes pas

Me reconnaîtrez-vous ?

 

 

 

T

 

M’accordes-tu

De t’appeler au sein de la nuit blanche ?

Le décalage de nos vies ?

Le sourire égaré au milieu des draps ?

La chaleur de ton corps ?

La découverte des ombres ?

De me perdre dans ton souffle ?

De m’endormir dans tes mains ?

Dis-moi oui.

 

 

 

h

 

Le vert se rengorge au

Bleu fait ses adieux en

Rouge m’irrite la peau à

Blanc de mes livres

Le clair de lune cardé

Mouiller ma chemise

Et te dire Je t’aime

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