Auteur: Sarah Baron

Née quelque part en Belgique.

Fataé III : Violette

Violette

En Eau Trouble

 

D

La nuit pétille

Les étoiles filent

Un verre de rouge, s’il vous plaît !

Tonique ma voix résonne de ton rire

Le feu du lac, la lune pleine

Sentir le battement de ton cœur

Dans mes doigts

Te respirer au point de ne jamais te perdre

Les gouttelettes Ploc Ploc Ploc

 

 

 R

J’ai aimé le regard de ta paume

Sur mon corsage envahi de parme

Ont dit César et ses anges bleus

« Les moutons sautent un à deux

Les hirondelles volent bas

La fleur en flamme

Les poissons nagent, en eaux – troublent

Les ondes – profondes »

Humectés mes yeux au goût de Champagne

 

A

Dégrafe mon air d’innocence

Myriade de fleurs de minuit

La peau blêmit

Caresse des demoiselles

De la lune sourire

 

W

 Le rouge aux lèvres

Le rouge aux ongles

Le soleil en transe

Il ne restait que l’océan

Pour reprendre de son souffle

Au cirque d’antan

 

I

 J’ai perdu la tête

Trouvé l’envers des écorces chaudes

Habité l’embrassade

De la belle qui transperce

Ma peau fluide comme l’air

Regarde-moi

Droit, là, dans le cœur

Frémis palpite vibre

 

N

Je ne peux pas vider la lune

J’ai mal aux chaussettes aquatiques

Immobile tu sautes nue

Sur le corps insolite d’un moustique

Je vénère l’ivoire de ta passion Grenouille au regard truffé

Les tourbillons lèchent tendrement

Ta fesse minuscule de porc

Les moustaches murmurent

Des grimaces aux charmes synthétiques

Dévorent le chapeau de mes caresses

Indélébiles

 

T

Depuis qu’une femme regarde

Tes jambes dociles

L’instinct nomade

Un paradis vide de rire

Sur le désert vole

Parfois un frisson ridicule

Quand mes seins pleurent

Le soleil tombe d’ennui

Danse pour mes cheveux

 

O

La vérité pédante à mes oreilles sourdes

Passer la nuit sur la console beurrée au Maredsous

Regretter d’avoir attendu de te revoir

Comprendre que la douleur ne s’efface pas

Vivre avec le muet désir de toi

Renier le plaisir de tes yeux

Qui tuent sans se lasser

Les branches cassent sous mes pas

Mes fallanges soupirent

L’hiver à la porte

La mer morte

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