Auteur: Abdelmajid Youcef

Abdelmajid Youcef est un écrivain tunisien arabophone et francophone né le 26 juillet 1954, résidant à Sousse, Tunisie. Il a publié deux ouvrages de critique littéraire en Tunisie, un recueil de poèmes en Égypte, et un recueil de nouvelles en Libye. Plus d’une vingtaine d’ouvrages similaires dont « Poèmes de Tunisie : Textes choisis de poésie tunisienne moderne » sont en attente de parution.

Le collier de la colombe : à propos de l’amour et des amoureux, extrait traduit de l’arabe

Le collier de la colombe

à propos de l’amour et des amoureux

Tawq Al hamama

 (Extrait)

Texte d’Ibn Hazm

Traduit de l’arabe par Abdelmajid Youcef

 

 

C’est le titre d’un traité d’Amour écrit par un écrivain arabe du 11eme siècle de l’ère chrétienne. Il vécut en Espagne musulmane, il était également ministre, poète, penseur et spécialiste de jurisprudence. Dans son livre Le collier de la colombe il discute la théorie de Platon sur l’amour et s’oriente vers une sorte d’analyse de l’amour que se partage psychologie théologie et histoire sociale où le quotidien de  la société arbo- musulmane de la péninsule ibérique est amplement décrit. Sa méthode consiste à relater des histoires vraies et à les analyser par la suite. Le texte dont nous proposons la traduction est extrait du chapitre : Vertu de la chasteté : (فضل التعفف)

 

 

Abou Moussa Haroun, le médecin, me relata ce qui suit : Je connus un jeune homme de Cordoue qui était pieux et ascète.

Il avait un ami, plutôt un frère dans la foi avec qui il n’avait point de gêne. Il lui rendit un jour visite avec l’intention de passer la nuit chez lui. L’hôte eut une affaire urgente à régler avec l’une de ses connaissances et dût s’éloigner de sa demeure. Il s’y livra avec l’intention de rentrer promptement et laissa son ami en compagnie de son épouse qui était divinement belle et  compagne d’enfance de l’hôte de son mari.

Le maître de maison tarda à rentrer jusqu’à ce que les vigiles patrouillent dans la ville sans qu’il puisse rentrer chez lui.

Quand la dame eut conscience qu’il faisait déjà tard et que son époux n’était plus en mesure de rentrer cette nuit à cause des gardes elle eut envie du jeune homme, se rendit dans sa chambre pour s’offrir à lui.

Ils n’étaient que deux et n’avaient de troisième que Dieu Tout puissant.

Le jeune homme eut aussi envie d’elle, mais la raison lui revint et pensa à Dieu. Pour s’en dissuader, il mit le doigt dans la flamme de la lanterne à se brûler et à avoir plein de boules sur la peau ; et il se dit Oh ! Toi ! Goutte un peu de cette torture qui n’est rien devant ce qui t’attendrait en enfer.

La dame en fut très impressionnée et surprise, mais son désir était si vif qu’elle rechargea sur le jeune homme qui n’avait pas encore le désir éteint, mais une autre fois il revint à se mettre le doigt dans le flamme.

Ainsi fut-il jusqu’à l’aube.

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