Auteur: Merlin Urvoy

Ce que nous relate ici Merlin Urvoy, universitaire français ayant été de poste en poste à travers le monde, c’est une vie sexuelle dans la moyenne de l’homme occidental de notre époque. Ce n’est pas "My Secret Life" avec des exploits hors du commun (des milliers de femmes possédées, des femmes de tous les pays du monde, etc.), ce sont des instantanés, agrémentés de fantasmes, dans une vie sexuelle parfois morne, parfois agitée, parfois remplie d’éclats, mais toujours proche de la vérité et de la réalité du temps. Ces courts récits, ces contes érotiques et amoureux, suivent un ordre à peu près chronologique, depuis les premiers émois de l’adolescent jusqu’aux plaisirs plus raffinés de l’homme mûr.

Attaché culturel

Sommaire

     Sa femme, Marga, une petite et charmante brune d’une trentaine d’années, d’origine argentine, travaillait à l’ambassade de son ancien pays dans cette capitale africaine, et lui enseignait à l’université. Leurs enfants étaient encore jeunes et leur couple assez solide et harmonieux, bien que leur nationalité, leur goûts et intérêts soient très différents. Il passait beaucoup de temps au golf, à s’essayer à ce sport nouveau pour lui, ou à des balades dans la brousse avec des collègues et leur 4×4. Sa vie était sans surprise, les cours, les loisirs, un minimum d’étude. Le climat béni de cette péninsule s’avançant dans l’Atlantique, toujours sec et ensoleillé, favorisait les sorties, les sports, la vie au grand air, et il y était bien difficile de passer des heures dans un bureau ou une bibliothèque.
    Mais pour elle, la période était beaucoup plus exaltante, car son emploi était récent et tout à fait intéressant. Elle s’occupait des affaires culturelles à l’ambassade : expositions, relations avec les artistes locaux, séjour des visiteurs venus d’outre-Atlantique, etc. Elle travaillait sous la direction d’un attaché issu d’une grande famille de diplomates de son pays. Celui-ci, Victor, était un personnage brillant et raffiné, mais petit et mal bâti, il était malheureusement doté d’un physique chafouin, simiesque, un peu ridicule. Il était tombé très vite amoureux de Marga, sans lui avouer, mais il passait ses journées avec elle, la raccompagnait tous les soirs, et invitait souvent le couple avec sa propre épouse, une jeune femme au physique très lisse, à la peau mate et aux cheveux noirs qui dénotaient du sang indien. Elle vivait surtout à la maison où sa mère passait le plus clair de l’année. Elle ne parlait guère le français et s’ennuyait ferme dans cette grande ville du Sahel, qui ne pouvait en rien rivaliser avec la métropole de son pays. Le couple était sans enfants.
    Un soir, Victor, ramenant Marga à la maison, la retint dans la voiture pour se déclarer. Il lui prit la main et s’approcha d’elle pour un baiser. La jeune femme, jusque-là fidèle, fut cependant sensible à cette approche. Flattée, et pas très étonnée car elle voyait bien la passion monter chez son patron, lui rendit son baiser, mais elle descendit rapidement, laissant l’homme rentrer chez lui plein d’espoir et euphorique. Elle en parla le soir même à son mari lorsqu’ils firent l’amour comme tous les jours. Il fut un peu étonné de cette rivalité peu probable, car l’homme était si laid qu’il voyait mal en lui un amoureux, et encore moins l’amant de sa propre femme. Cependant il réfléchit à d’autres types d’arguments du diplomate : le fait d’être le patron, son intelligence et sa classe venant de sa famille aristocratique. Il demanda à Marga pourquoi elle s’était laissé faire et quelles étaient ses intentions. Elle lui avoua être sensible au charme et à la passion du diplomate, et que s’il insistait, elle se laisserait facilement convaincre. Peut-être après tout seraient-ils mieux accordés que leur couple binational, et sans doute l’amour de l’Argentin la changerait-elle avantageusement des habitudes conjugales.
Il ne craignait guère de perdre sa femme ni de détruire sa famille, car leurs intérêts communs, et bien sûr la présence des enfants, étaient bien trop forts pour qu’elle prenne le risque de s’envoler avec son patron. En plus, ils s’entendaient assez bien et il n’y avait encore aucune animosité entre eux, cela viendrait plus tard, avec les années. En réalité, l’aspect sexuel de cette histoire l’excitait ; elle introduisait une note un peu brillante dans une vie sexuelle sans surprise. Il imaginait son épouse gémissant sous les caresses et la poussée de l’autre et cela le fit fantasmer. Il lui en parla en affirmant qu’il ne lui en voudrait pas de tenter l’expérience. En même temps, il avoua que la femme du diplomate ne lui était pas indifférente, et qu’un échange de ce type ne lui déplairait pas. Moins perverse que son mari, elle n’était pas très attirée par ce type d’expérience. Plus romanesque, elle était simplement séduite par la passion sans détour de son amant (au sens du XVIIe). La conversation en resta là et ils prirent le temps de réfléchir. Elle se dit finalement que la solution proposée lui permettrait de combiner tous les avantages : satisfaire Victor et son propre désir, tout en conservant son mari et donc ne pas mettre sa famille en péril.
    Ils en parlèrent à nouveau quelques jours plus tard et passèrent un accord : lors de la prochaine invitation chez les Argentins, ils tenteraient cette forme d’échangisme. La soirée était prévue pour la semaine suivante, et tous les deux, très excités, se préparèrent à une aventure érotique. Marga mit une robe fendue, très sexy qui découvrait haut ses cuisses, et laissait voir la partie supérieure de ses seins non retenus par un soutien-gorge, dans un décolleté très ouvert. Elle se maquilla légèrement et ils partirent le cœur battant un peu plus vite à la perspective de cette nouvelle expérience.
    Après le traditionnel apéritif, un repas bien arrosé et une discussion animée, tout le monde était dans un état plutôt euphorique. Victor, visiblement énamouré, ne quittait pas Marga des yeux, il plongeait constamment dans son décolleté, fasciné par la naissance des seins de la jeune femme. Celle-ci un peu grisée se prit à ce jeu et elle se pencha en riant au-devant de lui pour lui laisser voir leur forme et leurs pointes, dévoilées par ses mouvements. Les yeux de Victor étaient exorbités et il dut se maîtriser pour ne pas y porter la main. Les deux autres faisaient semblant de ne rien voir, l’alcool rendant sans doute la jeune épouse plus indulgente devant le comportement de son mari. Elle avait pour sa part une robe stricte, noire et montante, qui ne découvrait que ses bras. Elle suivait la discussion du Français, qui tentait de se débrouiller dans son espagnol approximatif. Elle riait à ses fautes et à ses tentatives de plaisanterie.
    Après le café, le cognac, Victor mit de la musique brésilienne lente et proposa de danser. Il baissa la lumière et une voix voluptueuse envahit la pièce. Naturellement il invita Marga et le couple enlacé commença à tourner lentement. Au bout d’un moment, il ne put se retenir, le jeune corps de la femme collé contre lui le rendait fou, et il lui caressa le dos, les hanches, en se nichant dans le cou de sa partenaire et l’embrassant tendrement. Sa femme, Sara, commençait malgré l’alcool à regarder la scène avec surprise et réprobation, mais elle fut entraînée elle aussi sur la piste, et quand le Français la prit dans ses bras, en la serrant d’un peu près à son tour, elle se laissa faire, sans doute d’abord pour se venger de l’attitude de son mari.
    Victor précisait maintenant ses avances, il avait glissé la main dans la fente de la robe et caressait les cuisses de sa partenaire. Il caressait déjà l’intérieur de ses jambes, vers le haut, dans la partie la plus chaude et la plus douce, à quelques millimètres du slip de la jeune femme, qui sensible à l’atmosphère langoureuse et érotique se sentait toute mouillée. Il l’embrassa sur la bouche et le couple échangea un long baiser dans la pénombre, devant les autres.
    Sara faillit réagir, mais au moment où elle repoussait son partenaire pour exploser, celui-ci la serra plus fort et l’empêcha de se dégager. Elle ne résista pas et le regarda, surprise, il avait un air indulgent et semblait lui dire : laissez-les faire, ce n’est pas grave… Elle céda, et ne dit rien, continuant à regarder son mari dans les bras d’une autre, voulant savoir jusqu’où il irait.
    Victor était au-delà de toute précaution. Il avait enfin glissé une main dans le corsage de Marga, et pétrissait doucement un sein. Une érection visible déformait son pantalon et la jeune femme sentait contre son ventre la dureté du sexe et l’humidité qui transperçait l’étoffe. Elle était elle-même à un point d’excitation sans retour possible, et elle commença à frotter doucement le membre à travers le tissu. Leurs mouvements se devinaient dans l’obscurité, et le Français commença lui aussi à flatter sa partenaire. Elle le laissa faire, rigide et tendue. Il l’embrassait contre le cou, dans les mèches noires que son chignon laissait libres. Il l’enlaçait doucement, flattant sa taille et descendant sur le haut des fesses, puis vers le bas de sa robe qu’il remontait doucement passant son doigt sous l’élastique du slip pour caresser une fesse ronde, ou bien revenait vers le dos qu’il contournait pour enserrer un sein. Elle se laissa faire encore et céda à sa bouche quand il l’embrassa. Les deux couples avaient maintenant basculé dans la recherche du plaisir, leur excitation était devenue tout pour les quelques heures à venir, et la jeune Argentine sentit qu’elle était, elle aussi, embarquée.
    Victor avait entraîné Marga vers un canapé et l’embrassait furieusement. Il plongea dans la fente de la robe et découvrit le pubis de la jeune femme qu’il caressa à travers le tissu noir tendu. Puis il s’empara du slip et commença à le baisser. Elle dut s’élever sur ses fesses pour l’aider et se retrouva dénudée des pieds jusqu’à la taille, le sexe exposé, ouvert et luisant, devant les yeux de son mari et de Sara. Elle dégrafa alors le pantalon de Victor, ouvrit la fermeture éclair et dégagea le sexe exacerbé de l’homme qui surgit comme un diable de sa boîte. Elle prit le gland humide dans sa paume et commença une lente et sensuelle masturbation.
    Sara regardait le sexe de son mari dans la main de cette étrangère, et elle en fut bizarrement très excitée. Elle anticipait maintenant l’action de son propre partenaire qui avait à son tour du retard. Elle l’attira vers l’autre divan, et s’assit devant lui en le maintenant debout. Elle ouvrit la braguette et dégagea doucement le pénis bandé dont elle fit jouer le prépuce un moment sur le gland. Puis sa bouche s’arrondit, à la hauteur du sexe, et elle y porta les lèvres pour l’embrasser et le suçoter, pour lécher de sa langue le gland raidi comme une prune. Enfin elle le prit au fond de sa bouche et descendit sur le sexe dans un lent mouvement de va-et-vient qui la faisait aller jusqu’à la naissance de la verge, sur le ventre de l’homme, et le gland pénétrer profondément dans sa gorge. Elle poursuivit ainsi sa fellation experte, et l’homme perdit assez vite le contrôle sous cette caresse sublime. Il lui prit la tête et se tendit pour jouir longuement dans la bouche de Sara qui se rengorgea pour avaler les giclées successives de son sperme. Elle se dégagea, et, la plus décidée des quatre maintenant, elle l’attira contre elle sur le divan, sans lui laisser le temps de souffler. L’homme commença à la déshabiller et elle fut bientôt entièrement nue, il écarta ses cuisses et sentant déjà son désir remonter, il se plaqua sur elle en guidant son sexe vers le vagin humide. Il la pénétra et commença à lui faire lentement et longuement l’amour. Sara, plutôt vaginale, aimait la pénétration avant tout, mais voulait qu’elle dure longtemps pour avoir le temps de monter vers l’orgasme. La fellation qu’elle avait donnée avait pour but de faire durer son partenaire dans leur seconde étreinte. Il comprit son désir et s’appliqua à une prise d’abord douce et lente, progressive, puis plus rapide et brutale. La douceur du sexe de la jeune femme, la qualité de sa peau, la rondeur ferme de ses seins et sa bouche humide de la fellation, le faisait lui aussi revenir à la portée d’un nouvel orgasme. Il se retint cependant et fit durer au maximum leur fusion.
    Pendant ce temps l’Argentin avait lui aussi prit Marga, il l’empala d’un coup, son excitation poussée à bout et jouit assez vite au fond de son vagin, sans avoir eu le temps de la satisfaire. Elle ne lui en voulut pas car elle savait bien qu’il attendait cela depuis tant de semaines que sa précipitation était compréhensible. Mais quand il se fut retiré, elle lui fit comprendre qu’elle était frustrée, et il se pencha vers le sexe de la jeune femme pour y porter ses lèvres. Il était dans un tel état d’adoration qu’il embrassa ce sexe ouvert comme le mets le plus succulent qu’il avait jamais goûté. Il passa sa langue dans les échancrures et les replis, léchant et reléchant, goûtant son propre sperme qui descendait du vagin. Sa caresse était si enveloppante et précise que la jeune femme se prit à gémir doucement, puis plus fort avec la montée de son plaisir. Enfin, elle cria quand il trouva et aspira son clitoris, et se tendit comme un arc, avant de tomber dans les soubresauts d’un orgasme sans frein. Ses cris attirèrent l’attention de l’autre couple qui s’épuisait sur le divan voisin. Sara jouit enfin et mêla ses râles de bonheur à ceux de Marga. Les deux hommes, surpris par la force du plaisir féminin, et un peu gênés, se regardèrent en coin, assez satisfaits cependant d’avoir su guider aussi bien leurs nouvelles partenaires.
    Ils se reposèrent tous les quatre, nus dans la pénombre, en reprenant un verre et en échangeant quelques propos épisodiques. Au bout d’une heure, le désir remontait et Sara fut la première à solliciter une étreinte. Mais elle se tourna cette fois vers son mari qu’elle attira vers elle. Couchée sur le ventre, la tête à l’extrémité du divan, elle le fit venir devant lui et saisit son sexe, à moitié rigide, qu’elle dirigea vers sa bouche. L’homme banda plus fort sous la caresse des lèvres de sa femme. Sara continua sa succion en s’élevant sur les genoux, en cambrant la taille, tendant les fesses et son sexe vers le haut dans une position d’attente sans équivoque. L’autre homme, excité par la fellation qu’il observait et la posture de la femme, ne se fit pas attendre et se plaça derrière elle pour la prendre. Il envahit son vagin, et Sara, doublement pénétrée, allait en cadence entre les deux virilités qui l’entouraient. Au bout d’un moment, toujours plus excitée, elle repoussa son partenaire de derrière avec la main, et lui fit comprendre qu’elle désirait une autre pénétration. Celui-ci écarta les fesses d’une main en cherchant l’œillet de son anus, et de l’autre il y dirigea sa verge glissante. Il la pénétra d’un coup et elle se raidit, proprement enculée jusqu’à la garde, sans lâcher le sexe qui lui déformait la bouche. Ils s’agitèrent ainsi un moment, et la jeune femme au comble de l’excitation sentit les deux hommes se gonfler en elle avant de libérer leur semence, se soulager en grognant de plaisir.
    Ils sortirent d’elle, et, la bouche pleine, elle se dirigea vers le canapé où Marga, excitée de son côté avait suivi toute la scène. Sara se plaça entre les cuisses de Marga et barbouilla son sexe de la semence de Victor. Elle la répandit ensuite et la lécha en cherchant le point sensible, le clitoris qu’elle happa délicatement. L’autre se laissa aller au plaisir montant et elle eut vite un second orgasme prodigué par la langue habile de sa partenaire. Les deux hommes regardaient avec plaisir les deux corps magnifiques, les hanches, les cuisses, les seins des femmes mêlés dans un tableau délicieux.
    Ils s’assirent tous les quatre côtes à côtes, et Sara, décidément la meneuse du jeu, en dépit de ses réticences initiales, assise entre les deux hommes, se saisit de leur sexe et commença à les caresser en même temps. Elle voulait qu’ils se livrent eux aussi à des caresses homosexuelles comme elle l’avait fait avec Marga. Elle lâcha le sexe de son mari et prit la main du Français, tout en continuant à le masturber, et la posa sur le sexe érigé à ses côtés. L’homme commença alors à caresser le membre de l’Argentin en quittant le divan pour se mettre à genoux devant lui. Les deux femmes observaient fascinées le spectacle. Marga saisit par en dessous le sexe de son mari pour l’inciter à poursuivre. Sara l’encourageait devant l’autre affalé dans le divan qui fermait les yeux. Elle porta la main à la bouche du Français et introduisit un doigt entre ses lèvres qu’elle se mit à faire glisser lentement. L’homme comprit et malgré sa réticence, il se pencha et goba la verge dressée. Il commença ainsi une fellation homosexuelle, la première de sa vie, et s’appliqua à satisfaire le membre qui frappait en rythme au fond de son palais. L’autre se raidit et finit par lâcher sa bordée dans la bouche de son tourmenteur, qui était lui-même en train de jouir sous la main experte de sa femme, et, dans son excitation, il avala toute la semence d’un coup. Les deux femmes l’applaudirent, puis se tournèrent l’une vers l’autre, laissant les hommes récupérer. Cette fois-ci ce fut Marga qui prit soin de Sara en appliquant ses lèvres dans la noire toison de la jeune femme, cherchant son clitoris, pour lui procurer un dernier orgasme.
    Enfin, vers quatre heures du matin, les deux couples se séparèrent. Dans la voiture qui les ramenait à leur domicile, ils échangèrent quelques propos gênés sur la soirée, tout en sentant que cette nouvelle expérience (allait-elle se reproduire ? – ils ne le savaient pas encore) avait curieusement renforcé leurs liens et qu’ils avaient peut-être évité ainsi le risque d’un adultère et d’une séparation douloureuse.

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One Response to “Attaché culturel”

  1. PONS ChristianP dit :

    Très bien monté. Juste le texte qu’il faut, pas de longueur, et rien d’absent ! En bref : l’idéal … plus difficile à concrétiser parfois !