Auteur: Merlin Urvoy

Ce que nous relate ici Merlin Urvoy, universitaire français ayant été de poste en poste à travers le monde, c’est une vie sexuelle dans la moyenne de l’homme occidental de notre époque. Ce n’est pas "My Secret Life" avec des exploits hors du commun (des milliers de femmes possédées, des femmes de tous les pays du monde, etc.), ce sont des instantanés, agrémentés de fantasmes, dans une vie sexuelle parfois morne, parfois agitée, parfois remplie d’éclats, mais toujours proche de la vérité et de la réalité du temps. Ces courts récits, ces contes érotiques et amoureux, suivent un ordre à peu près chronologique, depuis les premiers émois de l’adolescent jusqu’aux plaisirs plus raffinés de l’homme mûr.

Ambassadeur

Sommaire

  L’ambassadeur d’Argentine auprès de la république de Côte d’Ivoire avait une magnifique demeure dominant la mer. Rejeton d’une famille de latifundiaires illustres, il avait fait sa carrière dans divers pays mineurs du tiers monde. Sa réputation était celle d’un viveur, jouisseur, passant plus de temps à ses fêtes et ses maîtresses qu’à faire avancer les relations très lointaines de son pays avec l’Afrique occidentale. Il organisait des réceptions somptueuses autour de sa piscine qui se terminaient de façon scandaleuse, très avant dans la nuit, en orgies, disait-on. C’était les insouciantes années 1980 à leur début, quand la peur du sida n’existait pas encore et la permissivité sexuelle atteignait un sommet. La plupart des invités étaient des Français, liés de près ou de loin à l’ambassadeur ou à l’Amérique du Sud, car à Abidjan neuf étrangers sur dix étaient français, la plupart coopérants. Peu d’Ivoiriens car l’Afrique de l’Ouest pratique une sorte de ségrégation non officielle, chacun vivant dans sa communauté, les Blancs, les diverses ethnies africaines, les Maures, les Libanais, etc.

  Il faisait partie de cette majorité dans la minorité, celle des coopérants parmi les Européens. Sa femme, elle-même d’origine argentine, travaillait à l’ambassade et ils étaient régulièrement invités à ces fêtes. Ils partaient en général tôt, bien avant que la soirée dégénère, car leur couple plutôt classique avec deux enfants marchait assez bien, ils n’avaient pas besoin et réprouvaient de toute façon un érotisme d’échange et de partouze. Cependant, lors d’une des grandes fêtes de fin d’année à la résidence, une soirée dansante costumée, ils étaient restés un peu plus tard que d’ordinaire, excités par l’ambiance, l’alcool, le climat, et peut-être curieux de la suite.

  Vers une heure du matin, beaucoup d’invités étaient partis, les autres avaient quitté leur déguisement et se baignaient dans la piscine. Il faisait aussi chaud dans ce pays à midi à l’ombre qu’à minuit, dans les trente/trente-deux degrés. On avait été prévenu d’apporter les maillots et le chahut grandissait dans le bassin où on se reposait des heures de danse. L’un des invités, un homme d’une trentaine d’années dont la compagne était une magnifique eurasienne, avait la réputation d’être l’organisateur des parties fines de l’ambassadeur. La femme de celui-ci, d’un abord plus rigoureux et de toute façon trop âgée pour participer à des jeux érotiques, était en voyage. Quand les invités commencèrent à sortir de la piscine, à se sécher, à reprendre les conversations par groupes, une espèce de tension, d’attente, sembla s’installer dans la résidence. Tout le monde s’interrogeait sur la suite des événements, comment on allait passer d’une soirée convenable et banale, à une débauche érotique, un pas qui semblait délicat à franchir.

  L’ami de l’ambassadeur avait revêtu un peignoir de bain et sirotait un whisky assis sur un fauteuil au milieu d’un groupe de gens. Il était nu par dessous, ayant enlevé son maillot après le bain. Sa femme était assise à ses pieds la tête posée sur ses genoux, vêtue d’un tee-shirt et de son bas de maillot qu’elle n’avait pas quitté. Elle lui caressait la jambe tout en s’appuyant contre lui. Une atmosphère de sensualité s’installait, chacun suivait ses gestes, un peu tendu et retenant son souffle. Les cœurs se mirent à battre plus vite, hommes et femmes sentaient l’excitation monter. Devant l’assemblée, la femme caressait la cuisse de son compagnon et elle remonta la main sous le peignoir, laissant les spectateurs imaginer ce qu’elle faisait. La main remontait assez haut pour qu’il fût clair à tous qu’elle s’était emparée des bourses et du sexe de l’homme. Elle avait saisi la hampe de la verge et commença un mouvement de va-et-vient toujours caché sous le tissu. Les autres regardaient sans rien dire, les conversations s’étaient brusquement arrêtées et les groupes rejoignaient le cercle des voyeurs. L’homme se détendit en arrière, fermant les yeux et son mouvement fit apparaître le sexe et la main qui le caressait, il dénoua le cordon du peignoir et se dégagea pour donner plus de liberté à son amie et se laisser aller complètement. Elle le masturbait maintenant devant tout le monde et remontait sa paume sur le gland luisant, à genoux entre les cuisses de l’homme.

  L’ambassadeur s’approcha alors du couple et donna le signal de l’orgie. Il prit la femme par la taille et la fit venir contre lui. Elle se laissa aller et se mit à quatre pattes, offrant sa croupe et continuant de caresser l’homme. L’ambassadeur fit descendre le maillot de la jeune femme et se dénuda ensuite. Il présenta son sexe dressé devant la fente et, à genoux, se mit à la pénétrer. La poussée la fit basculer vers l’avant et en fermant les yeux, elle lâcha le sexe qu’elle tenait dans sa main pour le toucher de ses lèvres, puis le prendre dans la bouche. Bientôt le trio prit un rythme plus rapide, la jeune femme avalait et ressortait le sexe, tandis que le diplomate la prenait plus fort, allant et venant de plus en plus vite dans le vagin glissant.

  Les autres spectateurs regardaient toujours, fascinés par le spectacle, les hommes dont l’érection tendait le maillot enlaçaient leur femme, celles-ci sentaient leur sexe s’humidifier, prêtes elles aussi à accueillir un homme. Il faisait partie du groupe avec sa femme, et devant la scène, commença à la caresser, ses seins et ses fesses. Son sexe humide gonflait le pantalon qu’il avait enfilé à nouveau après la piscine. Elle répondit à ses gestes en passant la main sur le tissu mouillé par le gland et le caressant à travers l’étoffe. Il vit que les couples autour d’eux réagissaient de la même façon et entraîna sa femme vers un canapé. Il ne tenait plus et sortit son sexe que sa femme saisit, il la déshabilla et fit jaillir les seins et la croupe qu’il embrassait tour à tour. Un autre couple s’était approché et partagea le canapé avec eux, l’homme s’assit et sa compagne se mit entre ses jambes pour le sucer. Ils s’arrêtèrent un instant pour les regarder, et virent un invité seul, le sexe déjà érigé s’approcher de la jeune femme dont la bouche était remplie par le membre de son compagnon. Il la prit comme l’ambassadeur venait de faire.

  Fou d’excitation à ce spectacle, peu habitué qu’il était à une telle débauche, n’y tenant plus, il retourna sa femme et la pénétra par derrière, accroupie sur le canapé. La tête de cette dernière dépassait en haut du siège et il vit un homme faire le tour et lui présenter sa verge. Déchaînée également, elle la happa entre ses lèvres, et prise des deux côtés comme sa voisine elle faisait aller les hommes en elle, au même rythme.

  En quelques instants, la fête s’était transformée en un vaste lupanar où des couples, des trios, des quatuors se prenaient et se déprenaient. Il voyait sa femme s’activer sous ses yeux sur un sexe inconnu et l’excitation le fit bientôt jouir de façon frénétique, tandis que l’autre homme qui bénéficiait des faveurs de la bouche, lui aussi agité de soubresauts, se déversait à son tour. Le sperme étranger débordait et luisait au coin des lèvres aimées, mais il la vit déglutir et avaler sans faire d’histoire l’essentiel de la bordée. Les deux hommes satisfaits se retirèrent. Mais sa femme ne l’était pas, elle, et il chercha un autre homme dans l’assistance qui pourrait continuer. Un gros individu s’approcha de leur groupe, très excité, il lui fit signe de la prendre. Elle était sur le dos, jambes écartées et sexe offert. L’homme se mit à genou devant le canapé et présenta son instrument. C’est le mari qui le prit pour le faire entrer dans le vagin de sa femme. Il observait le visage de celle-ci qui se crispait et rosissait sous la poussée du mâle. Il jouissait de la regarder dans l’acte de copulation, ce qu’il ne pouvait jamais faire vraiment quand il lui faisait l’amour lui-même. Bientôt, il la vit se raidir, proche de l’orgasme. L’homme accéléra son mouvement, poussa plus loin son sexe affamé au fond du ventre, elle se raidit davantage et se mit à gémir en jouissant, tendue de tout son être, accrochée au membre qui la labourait. Elle eut ainsi un orgasme en regardant son mari, sous la prise d’un autre. L’homme jouit lui aussi et se sépara d’elle dégouttant du sperme dont il l’avait envahie.

  Le couple se sépara, voulant maintenant profiter de la fête pour essayer d’autres partenaires. Les hommes et les femmes avaient maintenant abandonné toute retenue, allant nus à travers la résidence, forniquant en couple ou en groupe là où le hasard et le désir les poussaient. La règle semblait être que nul ne pouvait se refuser à la sollicitation d’un autre, les femmes avaient abdiqué leur droit habituel de choisir et se livraient à tout homme qui manifestait un désir exprimé tout simplement par un sexe érigé. Il chercha l’Eurasienne qui avait lancé la soirée chaude et la trouva bientôt entourée de quelques hommes, utilisant son corps à tour de rôle. Il se joignit au groupe et vit la femme au corps de liane, entièrement nue, à genoux devant un homme, une main en conque autour des bourses qu’elle malaxait habilement, et le membre enfoncé dans la bouche sur lequel elle glissait. Les autres hommes se délectaient du spectacle en se masturbant nonchalamment. L’un deux avait saisi la main libre de la fille et la portait à son sexe pour qu’elle le caresse en même temps qu’elle officiait sur le premier. Bientôt celui-ci se mit à gémir et se raidit. On sentit qu’il se laissait aller au plaisir, les mains agrippées à la tête de sa partenaire qu’il plaquait sur son ventre. Enfin, elle se dégagea, recrue de sperme, libérée, et s’allongea sur le tapis dans toute la splendeur de son jeune corps. Il s’approcha d’elle et s’étendit au-dessus pour la prendre, en caressant les seins superbes qui roulaient entre ses paumes. Elle se laissa faire, ivre de plaisir et humide encore des précédentes pénétrations. Il guida son sexe d’une main vers le vagin offert et s’enfonça en elle. Il lui fit l’amour de plus en plus fort et bientôt la fit rouler au dessus de lui, maintenant son sexe empalé, mais présentant la croupe aux hommes assemblés. L’un d’eux s’approcha et tendit son sexe vers les fesses de la fille. Il tenta de l’enculer, mais l’espace était limité car l’autre sexe en prenait une bonne partie. La fille se raidit devant cette double intrusion et l’homme insista, cherchant à lubrifier l’entrée du rectum par les émissions qu’il récoltait au bord du vagin. Il poussa et finit par se frayer un passage dans les chairs distendues. Les deux sexes des hommes sentaient leur proximité, le gonflement de l’autre qui poussait la mince cloison séparant les deux entrées de la fille. Il était transporté par un plaisir inouï, parce que le vagin le serrait davantage, et aussi à l’idée de cette prise double et de l’autre sexe masculin tout proche. Quant à la fille, elle serrait les dents et haletait sous la poussée conjointe de ses partenaires. Un homme vint s’agenouiller devant elle et lui releva la tête pour lui présenter son membre. Lui, couché sur le dos, avait maintenant la tête entre les genoux de ce type et voyait juste au-dessus la paire de testicules et l’instrument dressé que la fille absorbait sans façon entre ses lèvres. Prise par tous ces phallus à la fois, elle s’efforçait de coordonner les mouvements de la triple pénétration, lorsque deux hommes se placèrent sur les côtés, offrant leur sexe à ses mains restées libres. Appuyée sur les coudes, sans grande latitude de mouvement, elle s’efforça de les manier au niveau des glands humides par un geste du poignet. Elle possédait cinq hommes à la fois et allait réussir à les mener au terme. Ils s’affolaient de cette possession, la plus complète qu’on puisse imaginer. Le plus serré, celui qui allait et venait dans son anus jouit le premier, déclenchant le plaisir de celui du dessous qui avait senti l’autre se gonfler et les saccades de l’orgasme. L’homme à genoux lâcha ensuite dans une longue plainte son sperme dans la bouche qui l’enserrait. Enfin, les deux hommes masturbés giclèrent entre ses doigts, éclaboussant ses flancs et ses seins de leur semence. Le groupe se défit en râlant et il sortit d’un amas de chair luisant de sueur et de sperme, hébété et saturé de plaisir. Il vint embrasser la joue de la fille, reconnaissant du plaisir qu’elle leur avait donné.

  Il était près de quatre heures maintenant et il chercha sa femme dans la bande qui commençait à donner des signes de fatigue. Les pénétrations étaient plus rares et on revenait aux boissons et aux cigares, silencieusement. Il la repéra au fond d’une pièce sombre, allongée sur un lit, nue entre deux hommes qui visiblement venaient de la prendre. Ils somnolaient, enlacés tous trois. L’un avait une main entre ses fesses, l’autre un sein tendrement lové au creux de sa paume. Il s’assit auprès d’elle, et de la voir ainsi avec d’autres lui fit revenir un regain d’excitation. Il lui présenta son sexe à demi bandé et elle commença à le téter doucement, comme ferait un bébé. Il se laissa aller entre les lèvres à une douce béatitude. Un autre homme entra qui sans rien dire profita de la croupe qui s’étalait sur le lit, et en dégageant le bras de l’homme, chercha l’entrée de la fente qu’il pénétra doucement. Après quelques minutes, les deux hommes jouirent à nouveau dans la femme et s’étendirent sur le vaste lit. Ils s’endormirent un bref moment, rechargeant leurs batteries après cette débauche d’énergie.

  Vers six heures, le jour commença à pointer et il réveilla sa femme pour rentrer. Ils eurent un peu de mal à récupérer leurs habits au milieu du champ de bataille, et finalement se dirigèrent vers la sortie. Au moment de partir, ils rencontrèrent un couple de leurs amis et une même idée leur passa par l’esprit. Ils eurent tous envie comme dernier cadeau de cette soirée unique, d’essayer le mari ou la femme de l’autre. Il lâcha sa femme et commença à embrasser celle de l’autre homme, qui lui-même enlaçait sa propre épouse. Il tomba bientôt à genoux avec la fille, une blonde mince aux petits seins et chercha ses cuisses. Elle était nue sous sa robe et dégageant son sexe il s’allongea sur elle et la prit facilement. Ils goûtèrent tous deux cette dernière pénétration et jouirent tour à tour l’un de l’autre sur le sol frais et dur du carrelage.

  En se relevant, il vit sa femme appuyée les deux mains sur une chaise, présentant sa croupe à l’homme qui la possédait debout, la tenant par les hanches et flattant parfois son ventre et ses seins qu’il avait dégagés du décolleté. Elle avait sa robe relevée sur la taille et fermait les yeux pour mieux jouir de l’envahissement. L’homme sortait et s’enfonçait en elle avec des poussées de bûcheron. Il profita un moment du spectacle, de ce sexe étranger pénétrant entre les fesses qu’il connaissait si bien. Enfin, l’homme jouit en elle, tendu et extatique. Puis il se retira sans aucune gêne, le sexe encore raide et luisant.

  Finalement les couples se reformèrent, on retrouva les voitures pour rentrer chez soi vers la longue matinée de repos bien mérité d’un dimanche tranquille. Ils ne parlèrent plus de cette soirée, gardant les images et flashes érotiques dans leur tête. Le lundi, tout le monde était au travail comme si rien ne s’était passé. La ville bruissait vaguement des rumeurs de l’orgie, mais eux se taisaient, faisant maintenant partie des happy few.

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