Auteur: Rodrigue Dongmo

Rodrygashy est né à Dschang, une petite ville de la région de l’Ouest Cameroun. Il a partagé ses études secondaires entre le lycée classique de Dschang et le Collège INTEG de Douala avant d’intégrer l’université de Dschang où il prépare aujourd’hui un Doctorat Ph.D en sciences du langage ; Littératures et Cultures Françaises et Francophone (LCF). Membre de la “Cameroon Debete Association“, Initiateur de “l’Association pour la Défense et la Promotion du CamFranGlais“ (ADPC), il est par ailleurs auteur de plusieurs articles en lignes dont la problématique porte sur les questions identitaires et les rapports Afrique-Occident. Parallèlement à ses recherches actuelles qui portent sur les schèmes de pensée qui entravent les rapports harmonieux entre Blancs et Noirs dans la « migritude », il enseigne actuellement en qualité d’ATER à l’université de Dschang/Cameroun.

Le Rat et le loup

Monsieur du rat, au seuil de son terrier assis,

Se délectait d’un bain de soleil au petit matin.

Le grand loup qui pour de vieilles chairs n’avait plus d’appétit

S’approcha avec l’intention d’assouvir sa faim.

« Je vous salut monsieur du rat :

Que vous êtes petit ! Que vous me semblez sans défense!

Croyez moi, si votre maigreur sur votre descendance

Devait se perpétuer sur forme d’héritage,

Vous seriez bientôt l’espèce la plus vulnérable de ces bois. »

A ces mots, le rat ne peut contenir son émotion

Et demande conseil à son hôte dont on dit  érudit en phytothérapie.

Celui-ci de son sac sort un mélange de poudre de maïs et de piment

Que le rat doit brûler dans son terrier pour stimuler la croissance de ses ratons :

« Tenez, j’ai ici ce qu’il vous faut

Pour que votre postérité ne souffre point de ce défaut ! »

Tout heureux, le rat à une vitesse éclaire s’enfonce dans son terrier,

Et la seconde d’après toute sa maisonnée est dehors,

Extirpée du terrier par la fumée suffocante de la poudre de maïs pimentée.

Le loup peut alors se servir à volonté, sur le regard impuissant du rat et de la rate.

Et face aux lamentations incessantes de ses victimes il leur dit : « Mes chers amis

Apprenez que l’ignorance est la pire des maladies de notre siècle !

Cette leçon vaut bien un déjeuner, n’est-ce pas ? »

Le rat, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

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