Auteur: Lucien-Samir Oulahbib

Docteur en sociologie, Lucien-Samir Oulahbib est chargé de cours à Lyon 3 et Paris X, et habilité à diriger des recherches en sciences politiques.

La domination nihiliste s’accentue

C’est une dissémination forte et sans appel : la moindre critique contre la confusion des genres, le mixage (la moulinette relativiste) est considérée comme d’extrême-droite ; ce qui est pourtant le propre de la pensée totalitaire que de simplifier ainsi, c’est-à-dire l’extrême droite réelle en réalité telle que Carl Schmitt l’a synthétisée : qui n’est pas avec moi est contre moi ; qui ne considère pas que le but ultime de l’hétérosexuel est de dominer la femme et de “stigmatiser” l’homosexuel est un ennemi de la libération du genre (au profit de l’ in/dé/fini) à pourchasser dans la moindre commission de qualification ou de spécialiste ; extension du domaine de la lutte : par exemple le délinquant est une victime, dire le contraire est fasciste, etc ; signer des pétitions si le réac (néo) bouge encore refusant de croire en un moyen-âge barbare sans l’islam, une justice américaine “barbare” ; tout est politique, stratégique, le moindre pli, coin, est un lieu de combat pour pourfendre, dénicher, salops ! tous ceux qui emploient la supériorité du masculin sur le féminin sont des chiens ! et l’on voit alors fleurir les féminisations à tout prix, genre tou(s)(tes) j’ai mis “genre” avant, c’est la preuve ! de quoi ? eh bien du néolibéralisme raciste, spéciste, sexiste et genriste dont il faut éliminer tous les représentants, les exclure, les pourchasser, les traquer, les chasser, les lapider (pas encore réellement, bientôt) on arrivera même à convaincre une Carla qui dira un mot à son Nico persuadé d’être à la mode en ouvrant la porte du service public d’enseignement à cette néo-sharia ; nous vivons un maccarthysme invisible allant à la traque de tout supposé sympathisant de l’esprit critique, jusqu’à la possibilité d’influencer des manuels scolaires en première désormais; cela en dit long sur la capacité de cette secte du postmodernisme et du déconstructionnisme qui a investi et aujourd’hui vaincu l’art, la littérature, la science de l’éducation avec Mérieux qui trône désormais sur les affiches aux côtés de Duflot débarrassée du dernier libertaire qui freinait des quatre fers voyant bien que cette boue totalitaire était sortie de l’oeuf crevé suintant encore du communisme putride et envahissait désormais la philosophie, la sociologie, la psychologie, l’édition, la presse, l’université, la terminale, la haute administration ; et ce sable (é)mouvant veut s’en prendre aux “jeunes” désormais, les réduire à néant, bouillie sans éclat, sans aucune autre identité que la beuverie du vendredi, les fusillades à Sévran aussi, mais quoi! le délinquant n’est-il pas ce frère d’armes au côté du djhadiste cet incompris pleure Boniface dans son dernier livre (le Hamas et le Hezbollah sont considérés comme luttant contre des “occupations territoriales” p. 67 : ce qui est à mourir de rire lorsque l’on connaît la Charte du Hamas, quant au Hezbollah, on se perd en conjectures: de quelle “occupation” s’agit-il ?) tout un vomi polysémique salutaire conseillé par Bataille enseigné en seconde, et aussi aux “Putains de la république” avait écrit l’auteur(e) de ce pamphlet racontant que dans les hautes sphères un Sade avait ses quartiers en compagnie de Caligula ; décadence ? Mais non voyons ce propos genriste est décidément bien raciste : au nom de quoi allez-vous condamner les troussages de domestique et de jeunes marocains (ou thaïlandais) cela ne vous regarde pas “ordre moral” dit même Guaino qui n’est pourtant pas conseiller de Mélanchon…

Prenons un instant sérieusement cette théorie du “genre” : admettons qu’un milieu non hétéro dominant donc non homophobe non “trans”-phobe domine à son tour : l’on devient selon les rencontres ceci ou cela, père mère femme homme ni père ni mère un peu des deux, femme/homme, un peu des deux rien du tout, et quand la marguerite est toute épluchée que reste-t-il ? Rien. Pas tout à fait, puisqu’il s’agit de masquer ce rien en faisant croire que l’on va débusquer tous les préjugés y compris ce préjugé disant qu’il n’y a pas de préjugés : pendant ce temps, lorsque l’enfant est en face d’un mixte de ce genre mixé sur la platine “post”, eh bien il boit, et puis, si le mixte ne peut plus avoir d’enfants, pas grave ! le monde est là laissez venir à moi les enfants du monde entier, ou comment trans/former les adopté(e)s en queer, mixtes, bombes bricolées de moeurs que les intégristes ont beau jeu de montrer du doigt comme exemples d’un Occident à surtout ne pas imiter bien que ce nihilisme est le premier à les protéger, du moins lorsque l’intégrisme n’est ni catho ni juif ni hindou, le reste peut passer puisqu’il n’est qu’un(e) victime : il n’y a pas de raison que “la” victime soit un mot féminin non ? Comme la liberté, la paix ; l’amour est masculin, c’est honteux ! “la” honte : même le féminin, l’honneur masculin, la sagesse la félicité, la philosophie, la sociologie, la psycho… féminin ? Mince, cela ne collerait pas alors l’étude du “genre” ?  Cela implose maintenant. Aux USA, au Royaume Uni, Allemagne, depuis trente ans maintenant : l’idéologie du mixage nihiliste antirationnel est en route, avec des camps de rééducation virtuelle : adoptez la novlangue ou mourrez !

m(o)eurs ! donc.

 

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