Auteur: Rocky McKeon

« Rocky McKeon est un jeune activiste louisianais qui reste à Houma dans la Paroisse Terrebonne en Louisiane. Il est le créateur du Tabloid Cadien! qui publie les nouvelles des célébrités et beaucoup d'autres choses en français louisianais pour les jeunes. Il est aussi le rapper La Brise du Bayou! qui fait de la musique hip-hop en français louisianais pour les jeunes. Son passion est d'adapter le français louisianais aux affaires modernes pour changer la manière que le monde imagine la Louisiane. Il croit que "si ça existe en anglais, ça devrait exister en français louisianais. Une langue devrait pas être limitée par son folklore." »

Mon, j’ai pas peur des dérangés : version audio

Pour l’écouter

 
 

 

Équand le hitchhiker a rentré dedans le char, il a sorti un couteau et il a dit, “Fais grouiller ce fils de putain de char!”

 

“Quitte-mon penser,” j’ai dit et j’ai parti la machine, “t’es dérangé.”

 

“Ouais, comme le diable.”

 

J’ai mis le radio dessus. Y avait juste du sérail. Le Mohave Desert était après passer beaucoup vite tandis que mon, j’étais après drive aussi vite que j’pouvais dessus le chemin. J’ai arrêté le radio. “Mon, j’ai pas peur des dérangés.”

 

“Freme ta djueule et drive.” Il était après tenir le couteau sous mon nez.

 

J’étais parti à Las Vegas.

 

“Tu crois que tu pourrais ramasser le couteau asteur?” j’ai demandé après un bout du temps. “Mon, j’sus ton prisonnier asteur, non? Mais, qui j’vas faire, mon tout seul?”

 

Il a sucé du flegme dans sa gorge. “OK, mais emmerde pas ta chance!”

 

“OK, c’est un deal.”

 

Il a ramassé le couteau.

 

Y avait une bétaille l’autre bord du chemin qu’avait été passée dessus. J’ai été l’autre bord pour l’écraser plus.

 

“Quo’ faire t’as fais ça?” le hitchhiker m’a demandé.

 

“Quo’ faire pas?”

 

Il était juste un enfant qu’avait quatorze ou quinze ans avec les cheveux longs, blonds et sales. Sa sueur sentait les oignons. Entre ses pieds y avait un paquet pour le dos. Ses pantalons avait des trous aux genoux. Il charchait une cigarette et des allumettes dans son paquet. Il a allumé une cigarette.

 

“Fume pas dans ce char,” j’ai dit après a-regarder le desert.

 

“Tant pire.” Il a fumé sa cigarette.

 

J’ai mis le char sus le bord du chemin – le vent après souffler de la poussière tout le tour du char. J’ai ôté mes lunettes de soleil. “J’ai dit tu peux pas fumer dans ce char.”

 

“Qui c’est ton tracas?”

 

“Perd cette cigarette ou j’vas l’éteindre sus tes amidailles!” j’ai crié.

 

Il a garroché sa cigarette sus le sable.

 

“Bien merci,” j’ai dit.

 

“Mon Dieu, comme tu veux.”

 

“On est parés d’aller asteur?”

 

On était sus le chemin encore une fois. On a passé une signe: Las Vegas 92. J’ai jamais été là-bas.

 

“Ça fait, qui c’est ton plan?” j’ai demandé.

 

“On va aller visiter quèqu’une.” Il a sorti une bouteille d’eau de son paquet pour le dos et il a bu un ‘tit brin.

 

“Qui?”

 

“C’est pour mon de savoir et pour toi de trouver savoir,” il a répondu.

 

J’ai bêtisé, “Comme tu veux.”

 

Il a sorti le couteau. “Rappelle-toi qui c’est qu’a l’autorité.”

 

“Oh, ouais, c’est vrai. Toi, t’as l’autorité. Ça me fait de la peine. J’ai oublié. Ouais, capitaine!”

 

Il a mis le couteau contre ma mâchoire, “Emmerde-mon pas!”

 

Je m’ai penché contre la lame, après trancher ma peau. Y avait une autre bétaille morte sus le chemin — un lapin — que j’ai massacré encore avec le char. Mon, je pouvais sentir le sang après couler vers ma poitrine.

 

“Bougre, tu restes beaucoup fort!” a dit l’enfant.

 

On parlait pas pendant quèques minutes après ça. Le soleil était après se coucher, après faire rougir le desert comme des charbons qu’après brûler. Au loin, y avait des buttes contre le ciel orange. Plus loin après ces buttes, quèque part, y avait Las Vegas. J’avais attendu dire que Las Vegas vient tout d’un coup.

 

J’étais après assayer le radio encore une fois. Y avait pas rien qu’un homme qu’était après crier après les flammes d’enfer et la gloire du Bon Dieu. “Croyez comme mon!” il était après crier, “Croyez comme mon!”

 

Après me décaler le tchu dessus le seat du char, j’étais après guetter la lettre B qu’était emmanché sus la clé du char. Brigitte, je pensais. Bernard. Bernadette. Blaise. Bruce. Je connaissais même pas encore quelle qualité de char j’étais après drive.

 

“Il faut que je pisse.” L’enfant a arrêté ma pensée.

 

J’ai touché la blessure sus ma mâchoire ayoù le couteau m’avait coupé.

 

“Hé, bougre, mets le char sus le bord pour que j’peux pisser.”

 

“Pisse-toi dessus,” j’ai dit.

 

“Hein?”

 

“Pisse-toi dessus.”

 

Après pousser le couteau contre mes boyaux, il m’a commandé, “Arrête ce fils de putain de char!”

 

Avec un soupir, j’ai park le char sus le bord du chemin et dans la poussière.

 

Il m’a demandé de sortir de dans le char. J’ai sorti. La terre brûlait dessous mes bottes. Mon, j’étais après guetter le desert pendant que l’enfant était après pisser. Des fleurs blanches était après pousser vers le ciel. Un char rouge avec pas de top était après voler vite sus le chemin, la corne faisait plein de sérail pendant que des filles était après crier à nous-autres, leurs cheveux longs et blonds était après tourbillonner comme une colonne. Pendant qu’eusse était après disparaître, mon, j’étais après penser de la dernière fois que j’étais avec une fille — une vraie fille qui voulait pas que j’y paye. L’enfant a crié, “Allons aller!” et on était back dessus le chemin et on a continué.

 

Une autre signe a apparu: Las Vegas 78. Y avait pas rien à voir, pas de magasins, pas de lumières, pas de maisons.

 

“On va tourner le bord droite t’à l’heure,” l’enfant a dit.

 

“Ayoù?”

 

“Freme ta djueule et drive!”

 

Il a mis ses cheveux derrière de ses oreilles et j’ai vu une cicatrice sus sa tête qu’allait de son front à sa tempe. J’ai demandé qui c’était qu’a arrivé. Il m’a expliqué qu’il a couri dedans un grand chassis de magasin.

 

“Tourne le bord droite dessus ce chemin-là.”

 

J’ai tourné le bord droite sus un chemin de terre qui grouillait de la gauche à la droite. Le chemin était après aller en bas vers un canyon et on se trouvait dans un trailer park avec des mobile home dessus le sable. Y avait pas de monde, comme une grosse maladie sortait de passer. On a passé par le corps chessé d’un chien mort et une ligne de dix ou quinze boëttes à malle dans les mauvaises herbes.

 

“Cette place-là, c’est joliment drôle.” l’enfant a admis.

 

Le char était après sauter sus des gros trous dans le chemin.

 

“C’est ce trailer icitte.”

 

“Tu vas me dire qui c’est qu’on après visiter?» j’ai demandé.

 

“Ce bougre me doit des piastres.”

 

“Combien?”

 

“Assez pour me faire hitchhike dans le desert. Arrête icitte.”

 

J’ai arrêté le char devant un petit trailer blanc. On a sorti et on a été à la porte qu’était cadenassée. J’ai vu que le trailer à côté était cadenassé aussitte.

 

“Ce fils de putain a parti!” il a crié après donner un coup de pied à la porte.

 

“Si mon, j’aurais de l’argent de quèqu’une, je resterais pas icitte non plus.”

 

Il a commencé à taper le cadenas avec un grand caillou.

 

“Hé, hé, ça va pas travailler.” J’ai été back au char pour charcher le crowbarre qu’était dans le trunk du char. “Icitte, c’est ton clé des os.” J’ai fourré le boutte plat du crowbarre sous le plat en métal attaché à la porte et j’ai soulevé le cadenas avec quèques coups. On a été à l’intérieur du trailer.

 

Cette place était aussi chaude que le soleil et ça sentait la pisse. Des veilles gazettes sus une table, du vieux linge sus le plancher, une plante chessée sus le bord du chassis.

 

L’enfant a commencé à soursoubler tout le tour du trailer. Il a fouillé dans des pantalons sales. Il a cassé un tiroir au plancher. Il a retiré un couvert taché et il a poussé le matelas contre l’entourage.

 

J’étais après tenir le crowbarre. J’étais après penser que quèques coups à la tête avec le crowbarre serait assez pour tuer ce bougre, mais je faisais pas rien d’autre que guetter.

 

Avec de la peine, il a mis sa figure dans ses mains. “Mon, j’peux pas croire ça.”

 

“Mais, qui tu crois? Tu croyais qu’il viendrait icitte avec ton argent?”

 

“Combien d’argent que t’as, toi?” il a dit après se lever.

 

“Quo’ faire?”

 

Par le chassis sale, j’pouvais voir le soleil après fondre en arrière des buttes. La chaleur dans le trailer faisait mes yeux trombler.

 

“Tu ferais mieux de me donner ton porte-monnaie,” il a dit après sortir le couteau, “et les clés de ton char.”

 

J’étais après le guetter pendant un ‘tit moment, puis j’ai commencé à rire. J’étais après rire plus dur que j’avais ri dans toute ma vie. C’était un sentiment qui m’a rendu fou. Il a follu que je m’assis.

 

“T’as perdu ton idée?” il m’a demandé.

 

“Toi, tu veux mon argent et mon char. C’est pas mon char. Mon, j’connais pas qui le char est pour.”

 

“Tu l’as volé?” Il a soucoué sa tête. “Ça vient mieux par la minute.”

 

“Viens voir icitte.” J’ai jeté le crowbarre sus le plancher.

 

Il était après avancer tout doucement vers mon, après tenir bas son couteau. J’ai pris son bras avec ma main gauche et j’ai pris la lame avec ma main droite, après tenir aussi fort que je pouvais. L’enfant a lâché le couteau, après ressembler comme il sortait de se réveiller d’un mauvais rêve.

 

Il a crié, “T’es dérangé!”

 

“Comme le diable,” j’ai doublé.

 

J’ai mis le couteau dans ma poche et j’ai mis un vieux morceau de linge sus ma main. “On est des amis asteur?”

 

Le ciel était proche noir quand on était après retourner back vers le chemin. L’enfant commençait à allumer une cigarette, puis il a pensé back. On disait pas rien, comme un contrat silent avait été fait. Il s’a mis bas dans son seat et il a barré ses yeux.

 

Y avait beaucoup de chars sus le chemin en avant nous-autres et y avait beaucoup de chars en arrière nous-autres, après drive pour passer le desert et pour l’oublier. Mon, j’étais pas pressé.

 

L’enfant endormi, j’ai trouvé de la musique sus le radio, après connaître qu’il serait pas longtemps avant que les grandes lumières de Las Vegas serait droite là.

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