Auteur: Dana Kress

Dana Kress est le directeur du département des langues classiques et modernes au Centenary College ainsi que professeur de français dans cette même université. En 1998, la Louisiana Endowment for the Humanities lui a décerné un Special Humanities Award en reconnaissance des trois articles publiés par Louisiana Cultural Vistas sur le peintre franco-louisianais Jean Despujols. Dana Kress est membre du comité exécutif du Discussion Group on Literatures of the United States in Languages other than English de la MLA (Modern Language Association), et fut deux fois président du Consortium des universités louisianaises du CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane). Ses domaines d’intérêts sont la littérature créole louisianaise, la francophonie aux États-Unis, et les arts plastiques. En 2002, il a fondé Les Éditions Tintamarre, seule maison d’édition aux Etats-Unis qui publie en français, et dont la mission est de célébrer la littérature américaine écrite dans des langues qui sont aujourd’hui minoritaires. Son édition du roman historique d’Armand Garreau, Louisiana, est parue en 2003.

“Le Macandal” par Marie Augustin

Le Macandal par Marie Augustin. Texte établi par Lindsey Monds, Editions Tintamarre, 2010. ISBN: 978-0-98920558-5-4 

Présentation de Paul Lachance :

     En incorporant des souvenirs passés de génération en génération dans une famille de réfugiés de Saint-Domingue et en employant des stéréotypes raciaux et des conventions littéraires de son temps et milieu social, Marie Augustin construit un ouvrage dramatique de fiction historique fondé sur un épisode imaginé de la Révolution haïtienne. Plusieurs acteurs blancs et noirs des Révolutions haïtiennes et françaises y apparaissent : Mirabeau, Marat, Ogé, Chavannes, Boukman, Toussaint-Louverture, Dessalines, Rigaud, parmi d’autres. On suppose que l’auteur n’avait que 19 ans au moment de la rédaction du Macandal puisque la dédicace à ses neveux et nièces date de 1870, époque où la Nouvelle Orléans subissait la Reconstruction radicale.

     François Macandal était un esclave africain accusé d’avoir pour projet d’empoisonner tous les blancs de Saint-Domingue. Il fut capturé et brûlé vif en 1758, mais sa légende continua à inspirer les craintes et les espoirs d’insurrection générale. En dépit de l’année indiquée dans le premier chapitre, 1793, le roman se déroule à la veille du soulèvement de 1791 et contient une version de la cérémonie de Bois-Caïman, événement symbolique important sinon vrai. Marie Augustin crée deux personnages grâce auxquels Macandal persiste : Wamba, son épouse, et Dominique, son fils.

     À un moment, Wamba, prêtresse vaudou, harangue les noirs assemblés : « On vous a fouettés, vous fouetterez ; on vous a brûlés, vous brûlerez ; on a fait couler votre sang, à votre tour, ô mes enfants ! Macandal vous l’a promis, vous vous abreuverez du sang de vos bourreaux ! » Malgré le fait que ceci soit un exemple de l’image effrayante des esclaves insurgés vengeurs repris dans beaucoup de textes coloniaux, Marie Augustin préfère insister sur la modération, sur la vision de l’émancipation physique et morale de la race noire, ainsi que sur la sollicitude pour les blancs de Toussaint-Louverture.

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One Response to ““Le Macandal” par Marie Augustin”

  1. patrick LIZE dit :

    je vais écrire à Dana Kress ce soir pour lui parler de mes recherches sur Macandal et mon projet de roman avec une amie, Anne.
    Amicalement.
    P.LIZE