Auteur: Dimitri Dimitrievich

Dimitri Dimitrievich, né derrière le rideau de fer du puritanisme, français de hasard, amoureux de la liberté et des femmes, écrit des oeuvres d'imagination pure.

Mama Shelter

Alors que nous – et ses nombreux lecteurs – espérions enfin un signe de Merlin Urvoy, c’est Dimitri Dimitrievich qui s’est manifesté après un long silence. Le texte qu’il nous envoie lui a été commandé, nous a-t-il rapporté, par l’un de ses amis qui souhaitait introduire dans un roman en cours d’écriture un chapitre sacrifiant au culte d’Eros. L’ami étant lui-même peu versé dans le genre. Cet ami qui ne sait plus s’il est vraiment prêt à introduire dans son roman quelque chose d’aussi cru, l’ayant autorisé à ce que son texte soit rendu public, D. Dimitrievich nous en a donné la primeur et nous l’en remercions.

La situation, précise D. Dimitrievich, est celle-ci : Corine, harcelée par son chef Edouard, a demandé à Marianne qui n’a peur de rien et surtout pas des hommes de la venger. Marianne a dragué Edouard et lui a donné rendez-vous dans un hôtel à Paris. MF.

 

Calé dans un fauteuil du bar du Mama Shelter, Edouard commence à s’inquiéter. Malgré sa longue pratique des femmes, l’habitude qu’il a de les attendre, au point de se demander ce qui ne va pas si l’une d’elle se montre à l’heure à un cinq-à-sept (pour le travail, c’est autre chose, elles sont en général plus ponctuelles que les hommes), là il trouve que Marianne exagère. Et comme c’est son premier rendez-vous avec elle, il se demande si elle aura le culot de le laisser poireauter pour rien, sans même un SMS pour s’excuser. C’est elle qui a choisi cet hôtel censément branché et il s’attendait à mieux. Il ne voit rien d’extraordinaire dans le décor plus qu’austère dû à un designer en vue, ce qui constitue d’ailleurs le seul argument marketing de l’établissement, car ce n’est pas son emplacement excentré, au coin de deux rues sans charme, qui risque de le rendre attractif. Est-ce que Marianne lui a vraiment posé un lapin ? Il ne peut pas l’appeler, il n’a pas son numéro. Après le déjeuner à trois, avec Corine, il n’avait guère pensé à la troisième convive qui lui avait fait du pied. Peut-être un peu trop bavarde mais plutôt amusante, et baisable sans nul doute, mais probablement une simple allumeuse comme il y en a tant. Aussi fut-il un peu surpris lorsque, après un peu plus d’une semaine, Corine lui a demandé si elle pouvait donner son téléphone à Marianne. Et celle-ci l’a bien appelé quelques jours plus tard en lui donnant rendez-vous au Mama Shelter. Un hôtel : le message était assez clair pour Edouard qui a aussitôt retenu une chambre.

Après une trop longue attente, enfin Marianne vint, engoncée dans un manteau de cuir noir sur des bottes de la même couleur, les lèvres peintes d’un rouge sang, les cheveux auburn coiffés en chignon. Edouard qui s’est levé pour l’accueillir esquisse la bise de rigueur mais Marianne le met à distance en lui prenant les deux mains. Quand il lui propose de prendre un verre, lui montrant son verre vide sur la petite table de bar, elle lui répond simplement qu’elle préfère du champagne. Il n’aura qu’à faire monter une bouteille dans la chambre. Dans l’ascenseur Marianne a commencé à dégrafer son manteau, laissant apparaître plus que la naissance des seins, comme si elle ne portait rien dessous. À nouveau, tandis qu’Edouard qui ne s’en était pas fait dire davantage tendait une main vers ces appas, elle l’a immédiatement bloqué : patience, tu auras ce que tu veux, mon coco. Entrée dans la chambre, Marianne qui s’est aussitôt débarrassée de son manteau, se montre telle qu’elle était dessous avec un tout petit soutien-gorge, suffisant pour soutenir les seins en laissant les aréoles à nu, un string sous un porte-jarretelles, des bas en résille, le tout aussi noir que les bottes. C’est dans cette tenue on ne peut plus suggestive qu’elle accueille le garçon qui apporte la bouteille. Tandis que ce dernier qui a déjà vu bien des choses dans cet hôtel ne montre aucune réaction visible, il n’en va pas de même pour Edouard toujours habillé mais dont le pantalon arbore déjà une bosse significative. Dès que le valet de chambre a disparu, il commence à se déshabiller, fébrilement. Faisant d’abord voler ses chaussures, puis sa cravate. Il est bientôt complètement nu, la pine fièrement dressée vers Marianne qui lui sourit maintenant d’un air engageant. Cependant elle l’empêche derechef de la toucher quand il se rapproche. Attends, nous avons tout le temps et elle lui saisit la queue qu’elle caresse gentiment. Cela suffit pour calmer l’impatience d’Edouard, désormais prêt à en passer par toutes les fantaisies de sa nouvelle amie. Ouvre donc la bouteille, il s’exécute et verse le champagne dans deux coupes, ils trinquent à la vie qui vaut incontestablement d’être vécue. Marianne baptise la queue de plus en plus grosse de quelques gouttes du breuvage rémois avant de l’enfourner dans sa bouche. Voilà comme j’aime le champagne, dit-elle. Edouard ne peut que convenir qu’il l’aime bien ainsi, lui aussi. Décidément, se dit-il, ça valait le coup de poireauter, cette Marianne va faire une maîtresse exceptionnelle. Il ne croit pas si bien dire car elle se dirige vers son sac. Laisse-moi te passer cela, dit-elle en lui passant autour de la taille une ceinture de cuir à laquelle est accrochée une laisse. Maintenant tu es complètement à moi, tu n’obéis qu’à moi, tu es mon esclave et en échange tu jouiras comme jamais de ta vie. Edouard n’est pas un adepte des mœurs BDSM, il se considère comme un mâle dominateur et fier de l’être avec ça, pourtant il ne résiste pas à Marianne. En matière de plaisirs, rien n’est interdit, pas vrai ? Alors allons-y ! Sur une injonction de la jeune femme il se met à quatre pattes et se laisse caresser par la cravache. Elle fait ça délicieusement, sur le dos, sur le cul, son engin est si dur et si dressé qu’il touche presque son ventre. Toujours à genoux, il est autorisé à baisser le string de Marianne et invité à la sucer, un ordre qui lui convient tout à fait. Il empoigne les fesses bien rondes de la femme tandis que cette dernière, les deux mains derrière la nuque de l’homme, contrôle son orgasme en dirigeant la langue là où elle veut, tantôt plus près, tantôt plus loin. Elle jouit vite et très fort, s’octroie un moment de repos à califourchon sur Edouard auquel elle a ordonné de faire, à quatre pattes, le tour de la chambre. Puis, couchée sur un drap de bain, elle s’arrose copieusement de champagne. Vas-y lèche, et Edouard à nouveau s’exécute, s’arrêtant d’abord sur le nombril, le ventre puis remontant vers les seins sur lesquels il s’attarde longuement. Marianne a attrapé le membre de plus en plus gonflé, elle lui demande de le placer entre ses seins et le masturbe énergiquement jusqu’à déclencher rapidement un jet de sperme qui lui dégouline sur la poitrine. Allez encore, lèche. Autant Edouard trouve normal que sa tendre épouse et ses maîtresses avalent son sperme sans faire d’histoire, autant il répugne à faire de même, mais l’on ne résiste pas à Marianne. Et d’ailleurs ce n’est pas plus mauvais qu’autre chose, surtout mélangé à du champagne ! Il s’était douté, lors du déjeuner à trois, que Marianne n’avait pas froid aux yeux, pourtant il ne s’attendait pas à ce que les choses se passent ainsi et ils n’ont même pas encore touché le lit. C’est justement le moment où, Marianne, comme si elle lisait dans ses pensées, lui ordonne de s’y allonger. Elle voudrait l’attacher mais les lits du Mama Shelter sont dépourvus du moindre barreau, ça n’irait pas du tout avec le design de l’hôtel. Mets tes mains derrière la tête. Lorsqu’elle se met à nouer un ruban autour de ses poignets, il a un geste de recul. Elle le calme immédiatement : maintenant c’est à moi de te servir, laisse-toi faire, tu ne seras pas déçu. Après les poignets, elle passe aux chevilles. L’homme est à sa merci, pourtant Marianne ne sait trop quoi en faire. En fait, elle n’est pas plus habituée qu’Edouard aux plaisirs SM. Jusque là elle a pris ça comme un jeu, plutôt plaisant, qui l’a conduite à un orgasme tout à fait convenable. A vrai dire, elle s’attendait à plus de résistance de la part d’Edouard, affreux machiste au dire de Corine. Sa docilité ne colle pas avec un tel tableau, Edouard est simplement quelqu’un qui aime s’amuser et disponible pour de nouvelles expériences. De plus, Marianne est excitée et nullement repoussée par cet homme mûr et bien bâti qui, visiblement, s’entretient. Elle n’a aucune envie de le tabasser comme décidé avec les copines. S’il avait résisté, oui, elle aurait sans doute pu mais là… Elle va secouer le bonhomme, sans doute, mais pour qu’il la fasse jouir encore plus fort. D’abord se dénuder complètement, dénouer ses cheveux. Elle confie ses seins quelques instants à la bouche d’Edouard avant de se retourner pour lui présenter sa chatte tandis qu’elle-même s’active sur le phallus un peu ramolli depuis qu’Edouard est attaché. Cunnilingus et fellation simultanés, quadruple plaisir, pour qui donne et reçoit et multiplié par deux. Vraiment bien tombé, pense Marianne, que nous soyons des mammifères, il paraît que certains singes font encore mieux mais nous ne nous débrouillons pas si mal. Une observation avec laquelle Edouard, si elle lui demandait son avis, ne serait pas en désaccord. Bien que n’appréciant pas vraiment d’être attaché, il aime autant ce que lui fait Marianne que ce qu’il lui fait. Elle jouit avant lui, l’inondant de son jus. Plus rien n’existe que son propre plaisir. Une fois calmée mais toujours pas rassasiée, elle enfourche son partenaire et entreprend, lentement, de les conduire tous les deux au plaisir. Edouard n’a pas le droit de la décevoir. Ce dernier, cependant, n’a nul besoin d’un rappel à l’ordre, tout aussi désireux qu’elle d’un orgasme synchrone, signe incontestable de la réussite d’une partie de jambes en l’air (façon de parler, bien sûr, puisqu’on ne voit pas qu’aucun des deux ait levé bien haut la jambe lors de ce colloque).

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3 Responses to “Mama Shelter”

  1. murvoy dit :

    Il a pris sa retraite !

  2. D. Dimitrievich dit :

    Certes, mais quand reverra-t-il son collègue Urvoy dans les pages de MF ?

  3. murvoy dit :

    Ah, Dimitri, quel homme, quelles bacchantes !