Auteur: Lucien-Samir Oulahbib

Docteur en sociologie, Lucien-Samir Oulahbib est chargé de cours à Lyon 3 et Paris X, et habilité à diriger des recherches en sciences politiques.

Bannissement des mots Shoah, Identité, Histoire de France…

Le tout avec la bénédiction de Luc Chatel. Il pourrait  désapprouver en effet ces livres scolaires. D’autant que tout est lié puisque toute identité doit disparaître, on l’a bien compris lors du débat sur l’identité nationale (sauf celle des peuples du Sud, monuments à restaurer en permanence). C’est ce que ne semble pas également comprendre Claude Lanzmann qui s’étonne dans un article de la suppression possible du terme Shoah alors que ses amis foucaldiens au pouvoir un peu partout rayent aussi de la carte non seulement l’orientation sexuelle (homosexualité comprise) mais aussi l’identité sexuelle confondant à souhait rôles en effet évolutifs (je suis en désaccord avec Zemmour sur ce point : un homme peut donner le biberon au petit la nuit par esprit chevaleresque : protéger le sommeil de la gente dame) et identités permanentes alors que jamais un homosexuel se décrouvrira en fin de compte hétéro ou se “choisira” tel (en ce sens Christian Vanneste se trompe de cible puisque les “gays” ont tout à perdre également de cette idéologie queer).

Il faut (sollen) aussi effaçer l’Histoire de France si l’on veut faire disparaître son identité et la réduire à une station de bus sur la trame mondiale des flux. Ce sera fait avec le second anéantissement de ses rois en les mettant en équivalence avec des rois africains, comme s’il fallait d’ailleurs les opposer en une repentance ultime (à quand la dénonciation de l’emprise de la culture romaine sur les Gaules ? De la culture arabo-islamique sur l’Afrique du Nord berbère?). Depuis que l’identité bolchevique de la Révolution a disparu, place au nouveau terrain de guerre : le corps; éclaté ; après l’esprit dé(cons)truit et éparpillé dans les urnes de la pensée incinérée en grandes pompes bien sûr.

La réaction indignée de Claude Lanzmann me fait penser aux lettres et pétitions bien tournées des rabbins allemands, français, aux autorités nazies ou vichistes (par exemple la “pétition adressée par le rabbin Kaplan au commissaire français Xavier Vallat” in Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Paris, éditions Folio, 2006, T.III, p.1909), en pure perte bien sûr tant la catastrophe (qui n’est pas seulement un mot palestinien) est déjà là.

Plaintes. Pleurs. Sur la défensive. Les petits résidus des Bourdieu, Foucault and Co s’en donnent alors à coeur joie, ils utilisent à fond tous les terrains de “lutte” pour répandre leur fiel faute de miel. Le tout au nom de “la” science qu’est devenue pour eux leur idéologie, celle du contexte, du milieu, dogmatisé. Car pour eux le milieu ne met pas en forme un contenu permanent, il est le contenu lui-même au sens de tout redéfinir, telle est la force de ce néo-idéalisme. Et pour le faire apparaître il leur faut oeuvrer en petits soldats pour détruire, détruire, encore détruire afin que le territoire (français) ressemble enfin à leur carte (celle du Jocker…). Non plus la France, mais un hexagone parmi mille dont les guichets sont ouverts à tous, gratuitement si possible. Puisque l’identité la plus intime, micro, est équivalente à un meccano il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même au niveau du paquebot France, désormais au rebut…

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One Response to “Bannissement des mots Shoah, Identité, Histoire de France…”

  1. Mgmg dit :

    Le mec de Rue89, c\’est Rene9 Leys, pas Simon mais sinon, asses bien re9sume9 j\’aurai e9crit e0 peut-preat le meame avec des mots plus directs tel que l\’autre tare9 ou ecorne le ptit soldat asses con pour aller au front e0 l\’œil Et si la sinobe9atitude n\’e9tait pas d\’abord l\’expression d\’une ne9vrose de ces sinobe9ats? Ou alors d\’un narcissisme hypertrophie9!?