Auteur: Jérôme Meizoz

Jérôme Meizoz est né en Valais en 1967, et vit à Lausanne. Docteur ès lettres (UNIL Lausanne) et sociologue de la culture (EHESS, Paris), Jérôme Meizoz enseigne la littérature française à l'université de Lausanne. Lauréat du « Prix Alker-Pawelke » de l'Académie suisse des sciences humaines, 2005.

Littérature et Médias

 

Presse quotidienne et littérature : le règne des « meilleures ventes »

                  par Jérôme Meizoz 

La question n’est pas neuve, elle resurgit périodiquement au gré d’un instant de lucidité : que sont devenues les pages « livres » de nombreux quotidiens francophones ? À feuilleter des numéros de quinze ans d’âge, on mesure la profonde transformation en cours. Comme les archéologues, nous côtoyons un autre monde : les articles étaient longs et diversifiés, les photos n’occupaient qu’une faible partie de la page. Le choix des livres présentés était confié à des collaborateurs spécialisés, dont le nom était reconnu dans leur domaine. Les critiques littéraires disposaient d’un recul pour décrire des livres que l’actualité n’avait pas distingués, dans sa hâte. Si un livre d’un auteur célèbre semblait mauvais, il était possible de le dire en toute sérénité, arguments à l’appui, hors de toute cabale. C’est que les articles littéraires se voulaient un commentaire de qualité, en vue d’informer le citoyen et non un acte promotionnel destiné à flatter le consommateur. Depuis quelques années, les changements se sont précipités. L’écrivain Pierre Michon percevait cette tendance dès 1989 :« Autrement dit : le consensus reprend la main en littérature ; il envahit ce champ qui est sa négation même et y fait ses affaires ; il donne à ses objets un format standard qu’il recouvre de noms divers, « récit » auprès des intellectuels, « roman » auprès des masses ; il déculpabilise la facilité afin de la vendre sans la moindre entrave. Le marché du livre n’a plus le besoin ni la patience de déguiser : à ce qu’il ne s’embarrasse même plus d’appeler art, il a substitué depuis longtemps la marchandise, sans tambour ni trompette. » (1)

 

La presse quotidienne, de fusion en restructuration, a modifié ses rubriques et leur hiérarchie, c’est-à-dire sa grille de lecture du monde. Nombre d’observateurs ont noté une « peopelisation » des contenus, une simplification des articles, et l’envahissement des images. Dans ce climat, les rubriques littéraires fondent comme les glaciers des Alpes. Règne en maître, désormais, le classement des « meilleures ventes » qui, parce qu’il inclut tous les genres, du livre pour la jeunesse aux recettes de cuisine, rend invisible la création littéraire, hormis les best-sellers à phase courte, remplacés six mois plus tard par un clone, sous la sempiternelle couverture du même éditeur.

La littérature de création peine à se faire connaître, les petites librairies indépendantes ferment les unes après les autres, et avec elles les maisons « pépinières » capables d’investir sans profit sur un ouvrage véritablement novateur. L’évolution du marché du livre, la concentration des éditeurs, leurs stratégies internationales (on négocie les titres pour parution simultanée en plusieurs langues), le règne du profit le plus cynique, le formatage des produits littéraires en amont de l’auteur, les contraintes pesant sur les journalistes, tout cela a été décrit impeccablement par un éditeur franco-américain, André Schiffrin, grand connaisseur du milieu et de son évolution, dans L’Édition sans éditeurs et Le Contrôle de la parole (La Fabrique éditeur, 1999 & 2005).

Au moment donc où explose un circuit de ventes internationales, contrôlé par de grands groupes éditoriaux propriétaires de segments de la presse culturelle invitée à leur servir de vitrine, l’innovation littéraire, quand elle refuse l’impératif commercial du conformisme des produits, ne peut guère espérer de soutien ni de visibilité dans les quotidiens actuels, frappés de cécité sélective. On ne cesse de s’étonner à chaque rentrée de l’énorme production de nouveaux livres, mais qui ne voit que chaque quotidien concentre toute son attention sur un très petit nombre d’ouvrages, et comme par hasard tous les mêmes ?

Il est de bon ton, désormais, dans la presse hédoniste, de se réjouir d’une telle abondance, signe d’une prétendue vitalité de la création. On célèbre, à la manière de la droite décomplexée qui gouverne nos esprits, les best-sellers et les ouvrages de stars. On sert la soupe avec complaisance à ceux qui ont déjà l’assiette pleine. On a l’impression d’en être un peu. En rubrique « livres », la rhétorique de l’article de presse évoque de plus en plus l’encart publicitaire, et tout commentaire indépendant ou argument développé y disparaît peu à peu. On parle d’un ouvrage parce qu’il se vend, non parce qu’on l’a lu. Le livre à peine sorti de presse, on lance le tam-tam pour ouvrir la route : c’est un immense succès, il est donc nécessaire d’en parler, et nous en reparlerons ! Deux grands quotidiens parisiens ont fait leur une sur le même livre, la semaine dernière ? Votre quotidien de province en parlera samedi prochain… Savez-vous comment se décide la critique d’un livre ? Non pas en le lisant (on ne saurait se faire par soi-même une opinion, hors du murmure contagieux des rédactions) mais en vérifiant si tel grand quotidien voisin en a déjà rendu compte, et en quels termes. Les Bienveillantes, succès de la rentrée 2006, a suscité pas moins de 6 articles dans tel quotidien ! Un pour le résumer, un autre pour dire que le livre marchait, un pour raconter la saga de ce succès, un pour interroger l’auteur, un pour évoquer ses prix littéraires, un pour rappeler à ceux qui ne l’auraient pas su qu’il était le livre de l’hiver ! On aura compris au moins que celui qui n’a pas acheté Les Bienveillantes est un idiot culturel.

Si l’on déduit les énormes photos qui réduisent toute création à un visage, et qui n’ont d’autre but que d’« aérer » une page, d’éviter l’assommage du bourgeois avec un argumentaire détaillé, que reste-t-il ? À croire que les quotidiens gratuits servent de modèle implicite à ce trop petit monde. Et le ton des articles ? Alléchez le lecteur, cancanez, faites dans l’anecdote ! Évidemment, les petits éditeurs, les livres discrets sans escorte d’attachés de presse insistants, mais faits à un tout autre feu que celui du marketing des trusts éditoriaux, n’ont guère de chance d’être simplement visibles en vitrine. Ces livres-là, les journalistes ne les ouvrent même pas ! La libraire d’une petite surface a eu le mot juste, l’autre jour. Nous parlions de la rentrée, de la marée des livres : « – Il y a beaucoup de livres, mais les journalistes parlent tous des mêmes, je dirais quatre ou cinq titres, au maximum. » Serait-ce par ce que ces livres sont les meilleurs, et qu’ils les ont bien flairé ? « – Non, pas du tout, c’est parce qu’on les leur désigne avant même la parution, et qu’ils ne sont pas capables d’en lire plus ! ». Sic.

Dans ce glissement vers l’entertainment et la logique des industries du divertissement, tout ouvrage doit répondre aux mêmes exigences que le cinéma tout public, et une critique avoir l’apparence d’un article people. On pourrait dire exactement la même chose des musiques actuelles, soumises à l’effet star academy et à la crise du marché du disque. Encore cinq ans comme ça, et les grands quotidiens feront l’éloge du premier roman de Paris Hilton.

L’idée qu’une innovation ou une réussite sensible puisse avoir lieu hors des autoroutes éditoriales, ne vient même plus à l’esprit des journalistes, écartelés entre les pressions qu’ils subissent et le conformisme de goûts de leur étroit milieu, qu’ils prennent pourtant pour le monde entier. « Si tout le monde parle du même livre, c’est bien qu’il le mérite quelque part ? » s’interrogeait récemment l’un d’eux dans un coquetaille (on a senti soudain un doute le traverser, vite résorbé par une cacahuète). Mais les journalistes sont pressés, ils ont la vie aux trousses et leur plus grande hantise serait de rater l’événement dont il faut, avant les autres si possible, avoir parlé. Eh bien, sachez qu’aveuglés par leur mode ininterrogé de sélection des livres, soumis à de subtiles pressions dont la plupart s’accommodent par cynisme (mieux vaut festoyer avec les convives que bouder dans son coin, tout regard critique est aujourd’hui suspect de ressentiment) ou par peur (le journaliste est un être jetable), ils ratent régulièrement de fortes plumes ou arrivent après coup quand la fête est finie.

Avec la disparition de plusieurs revues littéraires, avec l’évolution des rubriques culturelles, nous atteignons ces temps à une rare misère de la critique. Mis à part le grand public, personne dans le milieu littéraire n’est dupe de la fabrication de toutes pièces d’events littéraires (y compris telle fausse polémique destinée à lancer un livre) pilotés par des groupes de presse liés à l’éditeur, et bientôt aux chaînes des librairies. Aux USA, les éditeurs louent désormais les devantures des librairies, se réservent les étalages monotones où s’empilent les seuls 200 exemplaires du fameux « roman dont tout le monde parle » et pour cause…

Ce phénomène n’est d’ailleurs pas neuf, mais il a pris de l’ampleur : dès 1839 Sainte-Beuve dénonçait la « littérature industrielle », et dans les décennies qui suivirent la littérature entra dans le circuit de la communication de masse. À tel point qu’en 1923, l’éditeur Grasset décide de lui appliquer les procédés de la publicité, recourant pour cela à l’affiche, la presse puis la radio. Flairant qu’il valait mieux vendre un visage qu’un titre, il a axé sa promotion sur le dandysme de Raymond Radiguet, auteur à dix-sept ans d’un roman sulfureux Le Diable au corps. Qui fut un immense succès programmé. À la fin de sa carrière, Grasset a défini cette forme d’anticipation par une formule qui restera : la publicité, « c’est l’audace de proclamer acquis ce que l’on attend. » (2)

Contrairement à l’impression de profusion éditoriale, tout est fait pour cadrer la biblio-diversité et drainer quelques rares livres, édités toujours par les plus grandes maisons, vers un large public. C’est un monopole publicitaire concerté qui crée un marché fermé, composé de quelques produits savamment suivis : on achète tous Marc Lévy, Yasmina Reza ou Eric-Emmanuel Schmitt comme on achète tous la lessive Omo, simplement. Parce qu’Omo est partout, en murailles de cartons, en images et en sons. Faire passer ce conformisme mercantile pour un indice de la santé de la littérature, et de sa diversité, c’est le pieux mensonge en vogue dans les rédactions. Peut-on espérer des journalistes un brin d’esprit critique sur les mécanismes du succès littéraire ? Une curiosité minimale pour des ouvrages hors champ ? Nous n’y croyons plus guère. La rubrique littéraire a si peu d’importance désormais que l’on confie à n’importe qui le travail promotionnel ici décrit.

Peut-être qu’il vaut mieux en rire, et en tirer les conséquences pour chacun. Imaginez la scène chez l’éditeur, il y a quelques mois :

« – Vous là, Reza, pondez-nous un livre sur Sarkozy, on s’arrangera pour que tout le monde en parle, je veux dire du bouquin ».

Suite de la scène, en salle de rédaction :

« – Vous venez de la page “Tourisme” ? Vous ferez l’affaire pour arbitrer la page “Livres”, c’est simple : on vous indique les titres à faire reluire ! Suivez mon exemple, et consultez les meilleures ventes de la semaine, tout est là. Commencez par le truc de Reza, l’attaché de presse a insisté, cela vient de très haut ! ».

Ils finiront bien par gagner, mais à leur façon, comme Homais aux dernières pages de Madame Bovary : par veulerie et soumission aux idées reçues.

Voilà, notre petit diagnostic est fait. Lecteur, s’il t’a ouvert les yeux, achète désormais tes livres comme tes lessives : si possible, sans te laisser bourrer le crâne. Et que la lecture hors des sentiers rebattus soit une fête ! Nous, amoureux de la diversité littéraire, point trop éblouis par les feux de la rampe, pensons que dans une pareille situation, il faut prendre le maquis. Nous irons boire à d’autres sources…

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(1) Pierre Michon, dans La Quinzaine littéraire, 16-23 mai 1989, repris dans Le Roi vient quand il veut. Propos sur la littérature, Paris, Albin Michel, 2007, p. 16.

(2) Bernard Grasset, Paris-Presse, 6 août 1951, cité dans Pierre Assouline, Gaston Gallimard, Balland, 1984.

 

Réponse à Jérôme Meizoz

par Ivan Farron

L’article de Jérôme Meizoz suscite chez moi des sentiments mêlés. Bien sûr, je suis d’accord avec lui et comment ne pas l’être ? Bien sûr, les pages littéraires des journaux ne sont plus ce qu’elles étaient il y a encore dix ans, encore qu’il existe quelques notables exceptions, mais pour cela il faut quitter la presse écrite en français, toutes nationalités confondues. Jérôme Meizoz devrait jeter un œil sur le Times Literary Supplement, la Franfurter Allgemeine Zeitung, ou même, pour rester en Helvétie, la bonne vieille Neue Zürcher Zeitung, laquelle, malgré un passage à la photographie en couleur, ne me semble par avoir vraiment dévié de sa ligne initiale. On peut y lire des révélations sur l’origine wagnérienne de la Petite Madeleine ou l’influence de Gottfried Benn sur W.G. Sebald. Le tout, d’un haut niveau, est généralement rédigé par des universitaires sur quatre colonnes à la typographie très serrée. Cette austérité qui peut rebuter certains ne me semble pas dépourvue d’une certaine beauté classique. Dans la NZZ, on peut encore lire, et très régulièrement, des poèmes : des poèmes dans un quotidien, voilà qui peut surprendre à une époque où, comme disait l’autre, la vidéosphère serait en train de vouer la graphosphère aux oubliettes. Bien sûr, Jérôme Meizoz pourrait me répondre que la NZZ – dont je m’empresse de dire que je n’en suis pas actionnaire, même si je suis abonné à l’édition du samedi et à la dominicale NZZ am Sonntag – est, en tout cas dans certains de ses cahiers, proche des idées de l’affreux Friedrich von Hayek. Oui, sans doute. Je n’aime pas trop les idées de Friedrich von Hayek. Mais qu’y puis-je si, dans le même journal, on trouve d’excellents poèmes traduits du russe ou du hongrois ?

 Les passionnés de littérature savent sans doute que l’objet de leur passion, qu’on en parle beaucoup ou peu dans le journal du matin, n’est peut-être pas ce qui intéresse le plus les rédacteurs en chef, eux-mêmes liés aux milieux économiques : c’est peut-être triste mais c’est ainsi. La littérature a perdu une part du prestige qu’elle avait encore il y a quatre-vingts ans, époque où mon grand-père, ingénieur de formation, s’abonna à la N.R.F. – vous en connaissez beaucoup dans votre entourage, des abonnés à la N.R.F. actuelle ? moi pas – ou encore il y a soixante ans, quand l’existentialisme faisait la une de tous les quotidiens, y compris France-Dimanche, ou même il y a quarante ans, quand Madeleine Chapsal interviewait Robbe-Grillet dans L’Express. Ce qui a changé, ce n’est pas la profusion des Eric-Emmanuel Schmitt et des Yasmina Reza, qui ont certainement existé de tout temps – à l’époque, ils s’appelaient Michel de Saint-Pierre ou Paul Vialar – ou, disons, qui existent depuis l’époque où la ploutosphère s’est plaquée sur la graphosphère, c’est-à-dire depuis que les écrivains se préoccupent des gains que peuvent leur rapporter leurs œuvres. Ce n’est pas même la disparition des bons auteurs, car il y en a, aujourd’hui, et peut-être pas moins qu’avant, seulement ils font moins parler d’eux ; pas même l’ignorance croissante des journalistes, car soit ils l’ont toujours été, ignorants, soit il faut admettre qu’il y a aussi des têtes qui dépassent dans la corporation.

 Chacun admettra sans peine que la littérature n’est certainement pas un sujet de conversation aussi partageable entre amis que peut l’être le dernier film de Woody Allen. Quelques exceptions : Les Bienveillantes et les livres de Houellebecq ont suscité de véritables débats. Ceux-ci avaient toutefois davantage trait aux idées, aux enseignements véhiculés dans ces livres qu’à la façon dont ils étaient écrits. Ou alors, le problème esthétique était réglé en un coup de cuillère à pot : Houellebecq, c’est mal écrit, et Littell ce n’est pas vraiment bien écrit non plus. Pour faire véritablement faire parler de lui aujourd’hui, susciter une polémique – j’exclus donc Harry Potter – il semble qu’un livre doive surtout porter un regard neuf, singulier, sur un pan d’histoire contemporaine : mai 68 et la « révolution sexuelle » pour Houellebecq, la Deuxième Guerre Mondiale pour Littell. Autrement dit, les questions de style, de langage, de poétique n’intéressent plus grand monde.

 Que cette situation soit préoccupante, je le comprends, mais je ne suis pas sûr qu’il vaille la peine de s’indigner de la vénalité des uns au nom de la pureté d’un idéal littéraire. Jérôme Meizoz oppose la vraie littérature à la fausse, la bonne à la mauvaise : il ignore ou fait semblant d’ignorer que même les meilleurs auteurs, ceux qu’il aime, participent à ce champ littéraire dont il condamne les us et coutumes, qu’ils y gagnent parfois des prix, de l’argent, qu’il est impossible d’être hors champ, à moins de s’autoéditer. Si on n’est pas rentier, comme le furent Gide ou Larbaud (à moins d’imaginer d’autres régimes politiques où l’on mensualise les écrivains, mais cela comporte aussi des dangers) les questions d’intendance prennent souvent le dessus sur les ambitions littéraires. Les écrivains, ces corps peu glorieux, doivent payer leurs factures, eux aussi rêvent d’appartements plus grands, de maisons de campagne et de leçons d’équitation pour leur fille cadette. Sans aller aussi loin, il arrive que parfois ils doivent tout simplement survivre, d’où leur envie secrète de gagner des prix, d’obtenir de bons articles de presse, avec des répercussions sur la vente de leurs livres. On peut le déplorer, saluer le refus hautain et lucide de la comédie des lettres que Julien Gracq exprimait dans La Littérature à l’estomac, mais une telle exception ne change pas grand-chose à l’affaire.

 Par ailleurs, la littérature qui met en avant une certaine exigence esthétique, celle de Pascal Quignard et Pierre Michon par exemple, elle est lue, elle est commentée, y compris dans les journaux, elle a des lecteurs fervents – et mérités. Si Michon et Quignard ne sont pas aussi connus que le furent Gide et Giono à leur époque, ils n’ont peut-être pas moins de vrais lecteurs aujourd’hui que Gide et Giono de leur vivant. Et si cette baisse d’intérêt général ne faisait que secrètement encourager les amateurs de littérature, fiers de passer par-dessus les modes et les engouements collectifs ? Et si, dans vingt ans, tombant sur cette polémique sanglante entre Jérôme Meizoz et moi dans les archives de Mondes Francophones, des têtes blondes s’exclamaient : « ben dis donc, quelle vie littéraire ils avaient, en 2007. Qu’est-ce que ça ferraillait alors ! ». Ceci pour vous dire que le seul antidote à la vulgarité journalistique et éditoriale, c’est, eh oui, l’internet : notre excellent site, le blog de Pierre Assouline, voilà des endroits où l’on respire. Enfin. Je vais m’arrêter là, car on m’annonce que le prix Goncourt a été décerné à l’instant.

 

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