« L’entre-deux » : Olivier Larizza après « L’Exil »

Ma poésie a l’air hirsute de mon yéti préféré, « Violet solitude », L’entre-deux. Qu’est-ce qu’un poète ? Une éponge qui se gonfle de sensations pour se vider aussitôt, sans chercher la rime ni la raison ? Cette définition, qui est loin de couvrir tout le champ de la poésie, devrait néanmoins convenir à Olivier Larizza qui explique […] Lire plus »

Le geste organique de Ricardo Ozier-Lafontaine

Exposition « RESET » – Fondation Clément – 25 mai-18 juillet 2018 Les plasticiens, aujourd’hui, se doivent d’être originaux. De plus en plus conceptuel, l’art s’éloigne de l’artisanat, au risque de paraître malhabile ou bâclé. La recherche de l’originalité apparaît d’ailleurs comme une gageure, le répertoire des formes et des couleurs étant par nature limité (et Picasso […] Lire plus »

La grande biographie de Frantz Fanon par David Macey

David Macey, Frantz Fanon, une vie, Paris, La Découverte, 2e éd. 2013, 599 p. Bien que parue il y a déjà quelques années, il est encore temps de faire connaître largement cette biographie exemplaire d’une figure particulièrement remarquable du tiers-mondisme révolutionnaire. En ces temps d’aphasie idéologique où l’individualisme néolibéral n’a pas d’autres concurrents crédibles que […] Lire plus »

Ymelda met le Tout-monde en musique

« Nous allons ainsi le cercle ouvert de nos esthétiques relayées » Édouard Glissant, Philosophie de la relation, Poétique III, 1990. A tous ceux qui croiraient que le concept glissantien de Tout-Monde est sympathique mais peu réaliste la chanteuse d’origine haïtienne Ymelda Marie-Louise apporte le meilleur des démentis. Rappelons que selon Glissant lui-même, « la totalité [le Tout-monde] […] Lire plus »

Lire Edouard GLISSANT. Introduction à l’interprétation des essais

Regardez le séminaire d’Alexandre Leupin “Lire Édouard Glissant. Introduction à l’interprétation des essais”: l’Être et l’Étant, l’Un, les Universaux Le Tout-Monde La Relation

Chronique des Îles du vent – Guadeloupe & Martinique

Douze écrivains originaires de la Guadeloupe et de la Martinique témoignent leur commun attachement à leurs îles natales ou adoptives. Leurs écritures, en français ou en créole, associées à l’image ou à la musique du slam, en prose ou en vers, témoignent de la richesse de la créativité littéraire de la région. Inspirées par leurs aînés, mais libres de toute école, leurs plumes sont tout à la fois des Caraïbes et du Monde.

LES AUTEURS

Jimmy Anjoure-Apourou, Nicole Cage, Miguel Duplan, Frankito (Franck Salin), Michel Herland, Véronique Kanor, Serghe Kéclard, Gaël Octavia, Émeline Pierre, Michael Roch, Jean-Marc Rosier, TiMalo

EXTRAITS

« Ça faisait long d’temps qu’j’y étais pas revenu, fout’ mes pieds sur le sol de ma gwada pour rien, pour de faux, et jouer pour de faux au fils qui s’en revient après un long périple. Et pourquoi tout ce temps Je n’en sais fichtre rien, j’avais traîné, erré, marché sur toute la terre, en cherchant dans l’ailleurs une réponse à moi-même… Question à la peau dure, persistante et teigneuse comme de la mauvaise herbe. Pieds-à-poule, c’était ça, c’était la mauvaise herbe, celle délicate au sec à arracher d’un coup, mais qui les jours de pluie se laissait facilement foutre dans la brouette, pour faire un peu du propre en devant de la case… Pourquoi je pense à ça ? »
Jimmy Anjoure-Apourou, « Ophélie »

« Chaque homme est un lieu vide, un terrain vague, un désordre invisible socialement bien organisé. Mais quand on fouille la terre, des racines en chaos.
Chaque homme est un Big bang. Chaque homme est un lieu où se dealent des trêves.
Un atelier pour fistoler une vie, préparer une épitaphe.
Mais quand on fouille la terre, des ossements de rêves.
Chaque homme est un cimetière.
Chaque homme est un lieu-dit, phénix venu de Rien. Jérôme, fils d’Ébène en Haute Mer. Lise, fille du dehors. Vwazin sa ki ni ? Noukouchénoulévé. Mais quand on fouille la terre, aucune borne.
Chaque homme, au grand jour, est un kilomètre zéro, la solitude d’une autre
à qui rendre la pareille
une réplique ?
à qui défendre une idée
pour dire je suis. »
Véronique Kanor, « Les tôles de la nuit »

« Tu voulais juste sombrer dans les vagues. Un coup, pour voir, sombrer jusqu’au fond, presque à te noyer, à boire de l’océan et le laisser cramer le fond de ta gorge. Le laisser te brûler vif, lui, le sel marin, plutôt qu’elle, la chaleur accablante du Carême. Charles, ressaisis-toi. Tu voulais juste sombrer, pas te noyer.
J’ai pris la route du Sud, tracé droit sur l’océan. L’écume fraîche qui gicle, je n’avais que ça en tête : les giclures d’eau sablonneuse qui te rincent les pieds avant que tu te jettes dans la vague encore froide du dernier orage. Sous le pare brise de la vieille Corona, j’étais en nage. Ni les vitres abaissées, ni la vitesse de la bagnole ne suffisaient à refroidir le corps ou l’esprit. Je voulais juste plonger, et sombrer un bon coup. »
Michael Roch,« Jidé tombé du ciel »

 

Editions Sépia et K. Editions, 2018, 9 € • 202 pages

Un naufrage: Edouard Glissant, l’identité généreuse par François Noudelmann

Un naufrage François Noudelmann, Edouard Glissant, l’identité généreuse « « Grandes biographies », Flammarion 2018              J’ai connu Édouard Glissant un quart de siècle ; j’ai publié un recueil d’interviews avec lui (Les entretiens de Baton Rouge, Gallimard, 2008)[1] et une étude sur les aspects philosophiques et notionnels de ses essais (Edouard Glissant, philosophe, Héraclite et Hegel dans […]

Théâtre-Martinique : « Le Patron » d’Alfred Alexandre

Cela se murmurait dans le milieu du théâtre martiniquais. Depuis qu’une deuxième pièce de ce jeune auteur a été montée sur les planches, cela ne fait plus de doute : une voix est née. On connaissait déjà le style puissant des romans d’Alfred Alexandre[i], à forte dimension sociale, on avait ressenti l’émotion produite par la dispute […] Lire plus »

Queimada de Gillo Pontecorvo : l’art de la guerre dans une tempête des années 60.

INTRODUCTION   Le film Queimada de Gillo Pontecorvo fait partie des œuvres majeures en ce qui concerne le thème de l’anti-impérialisme et la décolonisation militante abordés au cinéma. Sorti en 1969, il pourrait être le point d’orgue au cinéma italien d’auteur des années 60, qui a vu, parmi d’autres, les Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini, Michelangelo Antonioni […] Lire plus »

IMAGINAIRE DES ILES, POETIQUES DES ARCHIPELS: LE CLEZIO ET GLISSANT