Editeur: Lise Gauvin

Lise Gauvin est écrivaine, critique littéraire et professeure émérite à l’Université de Montréal. Elle a publié des ouvrages consacrés à la littérature québécoise et aux littératures francophones, parmi lesquels L’écrivain francophone à la croisée des langues (Karthala, 1997 et 2006, prix France-Québec), Langagement. L’écrivain et la langue au Québec (Boréal, 2000), Écrire, pour qui? L’Écrivain francophone et ses publics. (Karthala, 2007). Elle a aussi dirigé des ouvrages collectifs sur Les littératures de langue française à l’heure de la mondialisation ainsi que sur Les métropoles culturelles dans l’espace francophone (Hurtubise, 2010 et 2011). Ont également paru en 2010 une suite d’ Entretiens avec Édouard Glissant , sous le titre L’Imaginaire des langues (Gallimard) . À l’automne 2012, elle a publié un ouvrage intitulé Aventuriers et sédentaires. Parcours du roman québécois ( Honoré Champion). Également un collectif, Émile Ollivier : un destin exemplaire (Mémoire d’encrier). Son essai intitulé La Fabrique de la langue. De François Rabelais à Réjean Ducharme (Seuil, « Points-essais », 2004 et 2011) a reçu une Mention spéciale du jury du Grand Prix de la critique du PEN français. Dans le domaine de la fiction, elle a fait paraître un essai –fiction , Lettres d’une autre ou Comment peut-on être québécois (e) (TYPO, 1987 et 2007), des recueils de nouvelles, Fugitives (Boréal, 1992), Arrêts sur image (L’Instant même, 2003), des récits, À une enfant d’un autre siècle, Un automne à Paris (Leméac, 1997 et 2005) et un court roman, Quelques jours cet été-là (Punctum, 2007).Elle collabore au journal le Devoir à titre de responsable de la chronique des « Lettres francophones ». Membre de la Société royale du Canada, elle a été Présidente de l’Académie des lettres du Québec en 2008 et 2009.
Une modeste proposition inspirée de Jonathan Swift

L'enseignement du français en milieu minoritaire canadien se voit remis en question dans une satire, compte tenu des résultats lamentables d'assimilation à ce jour et des investissements considérables qui ont été engagés. La modeste proposition du grand penseur irlandais Jonathan Swift datant de 1729 mérite une sérieuse mise à jour ainsi qu'une mise en contexte pour les graves problèmes sévissant dans l'État canadien, près de 40 ans après que le pays se soit doté d'une Loi des Langues Officielles. En effet, nous ne pouvons plus manger les jeunes enfants à des fins de bien-commun collectif, mais peut-être pourrions-nous couper la langue de certains d'entre eux une fois adolescent et la manger ? Tel l'appendice, les amygdales, et le nombril, il faut reconnaître que certains organes sont devenus moins utiles. Ils peuvent en fait constituer une véritable nuisance publique au cours de l'évolution du genre humain selon l'âpreté de l'environnement qui sévit. Lire plus »