Sonia Elvireanu, poétesse élégiaque

mercredi 13 novembre 2019 par Michel Lercoulois

L’infini s’effiloche dans les flammes des orangers Les lecteurs de Mondesfrancophones ont pu découvrir récemment quelques poèmes tirés du dernier recueil de Sonia Elvireanu, Le Souffle du ciel. Essayiste, romancière, poétesse, cette professeure de l’université d’Alba Iulia est l’auteure de plusieurs recueils publiés en Roumanie, le plus souvent directement en français. Elle traduit également des […] Lire plus »

Que pensent les « Négropolitains » (1) ?

mercredi 13 novembre 2019 par Michel Herland

« Les assignations sont réductrices même si elles peuvent protéger car l’entre-soi est une protection ». Daniel Maximin. Laurent Laviolette, Les Apparences dépouillées – Entretiens, Ed. Hervé Chopin, 202 p., 19 €. Ce livre fait un sort – s’il en est besoin – au mythe des Antillais qui seraient les mêmes sur les deux rives […] Lire plus »

Pinter, Zweig, Sagan : « L’Amant », « Marie-Antoinette », « Château en Suède »

mardi 12 novembre 2019 par Selim Lander

L’Amant de Pinter au Guichet Montparnasse Qui sait mieux que Pinter concocter des intrigues mettant en scène des couples qui se trompent sans montrer guère de culpabilité ? Sa pièce le plus souvent jouée ne s’intitule-t-elle pas Trahison ? Même ambiance ici avec le couple de Sarah et Richard. Sarah est à la maison. Richard, comptable, part […] Lire plus »

Le souffle du ciel (extraits)

vendredi 8 novembre 2019 par Sonia Elvireanu

 Isis  À l’ombre des oliviers, le bleu de la mer Égée s’ébat sous les cils d’Élyane,  sa robe blanche s’enroule autour des colonnes de l’Agora,  le voile d’Isis en quête,  sur les eaux, les os en dérive se rejoignent en pont et chantent sur la mer. Voie étoilée  – Sois pour moi la reine de […] Lire plus »

« Nous sommes tous repus » d’après Th. Bernhard

jeudi 7 novembre 2019 par Selim Lander

Le théâtre de Thomas Bernhard est rempli d’acrimonie et de fureur. Bernhard (1931-1989), autrichien, traumatisé par les années passées dans un internat nazi, à Salzbourg, n’a cessé de vitupérer contre ses compatriotes auxquels il reprochait leur complaisance envers Hitler tout autant que leur comportement après-guerre. Malade des poumons, hospitalisé à plusieurs reprises, il a développé […] Lire plus »

Béatrice Marchal : De la mélancolie à la joie d’être

Béatrice Marchal, Un jour enfin l’accès suivi de Progression jusqu’au coeur, Paris, L’herbe qui tremble, 2018, 190 p.

 Poète et critique française contemporaine, présidente du cercle littéraire parisien Aliénor, Béatrice Marchal est l’auteure de 12 recueils de poèmes et de huit livres d’artistes auxquels s’ajoutent trois études critiques sur la poésie française dont La poésie en France depuis Baudelaire (Dunod, 1999). Son oeuvre poétique et critique est récompensée par plusieurs prix.

En 2018, elle publie en un même volume deux livres, Un jour enfin l’accès et Progression jusqu’au coeur, qui regroupent des poèmes sans titre et suggèrent son évolution psychologique et spirituelle de la mélancolie à la joie.

La poète porte son regard sur le paysage naturel et saisit le spectacle incessant de la vie souvent confrontée aux tourments de l’orage. Son âme blessée par les griefs de la vie, pétrie dans la souffrance muette, semble renaître petit à petit sous l’impulsion de la vie, de la beauté, de « l’harmonie naturelle ». Elle sent la lumière et la joie d’être s’épanouir autour d’elle, dans les herbes hautes, les chênes, les sapins, les feuilles des arbres, les crêtes des montagnes, les chants des oiseaux, et se laisse emporter par des sentiments nouveaux :  tendresse envers tout sursaut de vie et un désir secret d’en goûter sa plénitude.

L’auteure se rend compte que son coeur ressemble à cette apparente indifférence de la nature, entre secousse et calme, à même de retrouver son équilibre primordial. Dans son immobilité et captivité intérieures, elle sent en elle-même la pulsion de la vie délivrante. La blessure de l’absence telle un poison mortel au fond du coeur sera affaiblie par une « brusque poussée de sève » qui l’invite à renaître.

Les couleurs de la vie entre ciel, terre, mer, le paysage naturel, appellent l’être solitaire à « une beauté nouvelle », cet être pareil à l’arbre au bord de la route « qui abandonne au vent jusqu’au ciel son feuillage ».

La mélancolie de la perte éveille les souvenirs « d’un temps révolu/ d’un lieu perdu », « trop vivants pour laisser place à la paix », par lesquels on retrouve des bribes de vie conservées par la mémoire affective et l’enchantement d’autrefois : l’enfance, grâce à la poupée cachée au fond d’un placard ; l’image de la mère, du père, de l’être aimé ; un paysage, un espace familier autour d’un chêne.

Le désir d’une présence, d’une intimité, du partage de la vie, d’une rencontre, d’un regard se glisse dans son âme. Le présent prend le dessus, ne laisse pas le coeur sécher, la vie réclame son adhésion : « je ne suis pas une tombe », affirme la poète que les pulsions de la vie entraînent vers la joie de l’instant sans la nostalgie du passé.

Le regard contemplatif sera petit à petit remplacé par un dialogue entre le je et le tu, les deux voix d’un dédoublement permettant de saisir à la fois le dehors/ le dedans de l’être, le masque qui protège et la souffrance de derrière,  « la nostalgie sans trêve » de ce que l’on a perdu.

La conscience que l’on peut laisser une trace de nos vies éphémères, du vécu, le refaire par les mots, ne tarde pas à se manifester. Cependant, Béatrice Marchal sait bien que les mots ne peuvent pas guérir, seulement consoler. La neige, le silence parlent non seulement de l’oubli, mais aussi d’une renaissance possible, car le blanc est ambivalent, fin/ commencement, et le silence donne le temps de réfléchir et de comprendre. Il faut retrouver la lumière au plus profond de soi.

« Brisée devant la perte », s’en souvenir sans cesse, ressentir le remords du regret et encore la joie d’être, attendre le jour où l’on aura enfin accès à « ce qui chante en soi »,  à « une vie insoupçonnée/ au milieu de soi/ au centre d’une forêt/ où tout reste fidèle à l’impulsion première », voilà son cheminement : «Alors jaillit/ et se déploie/ et vibre au plus profond/ une mélodie sans origine connue/ inouïe. »

La poète plonge aux tréfonds du soi, s’y noie jusqu’à la perte de l’identité, à la recherche de la lumière intérieure, guide sur la voie à suivre devant la perte. Dans le magma du soi profond et inconnu gisent les souvenirs, les souffrances, les blessures, les troubles de la vie, les rêves et la mélancolie, les mots avant de naître pour parler de tout cela et consoler.

Dans son plongeon et noyade symboliques, descente en soi et traversée de la mer intérieure, l’auteure découvre un être nouveau qui tâche de s’ouvrir à la vie, de témoigner du vécu par l’imperfection des mots, mais aussi de renaître, de se réjouir, malgré ses peines. Modifiée par le passé, elle sera un être tendre, compatissant et engagé, conscient du rôle des mots donnés au poète pour consoler, combattre, dénoncer le mal, vaincre « les blessures qui brisent la plénitude de la vie » et l’oubli, de refaire les liens entre les gens et de redonner l’espoir.

Malgré la solitude et l’absence, le coeur s’ouvre à la beauté d’une fleur, d’un arbre, du ciel et de la mer, ressent la sève couler, goûte la saveur de la vie et s’en réjouit, réconcilié avec le passé dont on retient « le moût de ce qui fut vécu ».

Les poèmes de Béatrice Marchal sont accompagnés par les délicates peintures en encre de Chine d’Irène Philips, des variations sur la lettre T de l’alphabet. Le T apparaît comme un Tout composé de deux silhouettes gracieuses d’un couple inséparable, qui dansent et s’épanouissent au fil d’une métamorphose pareille à celle de la poète, célébrant la symphonie de la vie, fruit de l’amour, principe de la renaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pensées vagabondes

mercredi 30 octobre 2019 par Bernard Laurens-Anderson

Sixties Le disque va continuer de tourner. Une chanson, romance d’un été, qui sera vite oubliée, dès la rentrée. Joli monde éphémère et acidulé. Beau papillon dans la lumière, sans penser à la chute amère. Univers brillant de paillettes, magazines, photos, starlettes. Jeunes filles pâles en Courrèges, défilant à Cannes en cortège. On veut imiter […] Lire plus »

La Compagnie Nova face à l’Algérie : « Et le cœur fume encore »

mardi 29 octobre 2019 par Janine Bailly

1961, École Normale de filles. Nos seize ans vont perdre ce matin-là leur tendre insouciance. À Alger, une partie des militaires de carrière vient de tenter un coup d’état, qu’on appellera « le putsch des généraux », en opposition à la politique du général De Gaulle qui prônait pour l’Algérie, alors colonie française, le droit à l’autodétermination. C’est […] Lire plus »

Le Parlement des écrivaines francophones : deuxième session

Une deuxième session du Parlement des écrivaines francophones[1] a eu lieu à Orléans les 16 et 17 octobre 2019. Il s’est agi d’une rencontre de travail réunissant une vingtaine de parlementaires dont l’objectif était de faire le point sur le présent et l’avenir de notre groupe. La décision a été prise de restructurer le Parlement en une Association avec Sedef Ecer, présidente,  Catherine Cusset, trésorière, et Marie-Rose Abomo-Morin, secrétaire générale. On a également nommé un comité de gestion du site web qui sera bientôt disponible et dont la responsabilité éditoriale a été confiée à MarieJosé Alie, assistée d’un comité de lecture. Parmi les projets en cours : des présences du PEF aux Salons du livre de Paris et de Francfort, la publication de manifestes sur les  migrations,  l’environnement et l’éducation ainsi que des recueils collectifs thématiques.

L’accueil chaleureux de la mairie d’Orléans, et tout particulièrement de Sophie Ferkatjadi-Hume et de Gwénaëlle Brossard-Vié, a permis, comme l’année dernière, de créer des liens précieux.

L’événement festif de cette rencontre a été la publication de l’anthologie Voix d’écrivaines francophones, sous la direction de Faouzia Zouari, présidente-fondatrice du Parlement. Publié par les éditions Corsair[2], cet ouvrage qui réunit plus d’une quarantaine de textes d’écrivaines, a été présenté au public lors de deux tables rondes ainsi qu’au Festival du livre d’Orléans, Livre O cœur.

En voici le descriptif : Voix d’écrivaines francophones – Anthologie

Elles viennent des quatre coins du monde mais elles ont une seule passion, l’écriture. Elles sont issues de diverses cultures mais elles ont choisi de s’exprimer publiquement dans une seule langue, le français. Elles se définissent libres de toute obédience et elles ont accepté de faire partie du Parlement des écrivaines francophones, une plate-forme inédite destinée à faire entendre la voix des femmes auteures, en particulier, des femmes, en général.

Cette anthologie présente quarante deux écrivaines du PEF à travers une bio- bibliographie et un extrait de texte publié. L’ouvrage est préfacé par Youma FALL, directrice du département « Langue française, culture et diversités » de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et coordonné par l’écrivaine Faouzia ZOUARI.

 

[1] Voir https://mondesfrancophones.com/blog/evenements/le-parlement-des-ecrivaines-francophones/

[2] http://www.regaindelecture.com/product/voix-d-ecrivaines-francophones-anthologie-parlement-des-ecrivaines

 

Par Lise Gauvin, , publié le 28/10/2019 | Comments (0)
Dans: Francophonies et théories, Littératures, Livres | Format:

« Pasionaria » de Marcos Morau : décapant mais…

jeudi 17 octobre 2019 par Selim Lander

Marcos Morau et le collectif La Veronal (Espagne) proposent des chorégraphies qui tranchent sur la production contemporaine et Pasionaria ne fait pas, à cet égard, exception. Dans un superbe décor « de théâtre » (signé Max Glaenzel) avec un escalier monumental, des trappes dans les marches, deux portes sur les côtés qui s’ouvrent ou ne s’ouvrent pas, […] Lire plus »