“La petite guerre au XVIIIe siècle” par Sandrine Picaud-Monnerat

Sandrine Picaud-Monnerat, La petite guerre au XVIIIe siècle. Paris : Editions Economica, 2010, 685 pages.

L’auteur

Sandrine Picaud-Monnerat est agrégée d’histoire et docteur ès lettres. Auteur de nombreux articles d’histoire militaire, elle a enseigné de 1998 à 2004 à l’Université de Nantes. Sa thèse de Doctorat a reçu en 2005 le prix de l’Association suisse d’histoire et de sciences militaires.

Résumé

La petite guerre – cette guerre de surprises et d’embuscades, qui emplissait le théâtre des opérations entre les sièges et les batailles – a tenu une place importante au long du XVIIIe siècle, dans les conflits dynastiques européens. C’est durant les campagnes de Flandre de la guerre de Succession d’Autriche (1744-1748) que la petite guerre française devint véritablement un art, grâce à la maîtrise de Maurice de Saxe, maréchal de France, qui coordonna ses actions pour mettre en œuvre une stratégie d’ensemble. Les campagnes de Flandre prennent un autre relief dans la perspective de la petite guerre. À travers l’impact de cette petite guerre sur la population comme sur l’administration des espaces frontaliers, la politique gouvernementale à l’égard des troupes légères ou encore les jugements des élites, ce livre est aussi une contribution à l’étude des mentalités d’une époque, le XVIIIe siècle, à l’endroit du fait militaire.

Table des matières 

Remerciements

Remarques de forme

Préface

Introduction

I- Le vocabulaire de la petite guerre

1- Richesse des mots, richesse de l’héritage

2- Le problème des traductions au xviiie siècle    

II- Définitions

1- Critères de définition : la tactique ou l’effectif ?

2- Troupes légères, hussards et petite guerre :

 le lien entre les hommes et le type de combat

3- Distinction entre “petite guerre” et “guerilla

III- L’intérêt du sujet 

1- La place de la petite guerre dans les guerres limitées du xviiie s.

2- Une approche originale

IV- Problématique

1- L’analyse d’un phénomène complexe

2- La dernière étape d’une problématique d’ensemble

Première partie

La perception de l’élite intellectuelle, reflet des disputes sur l’importance et l’utilité de la petite guerre

Chapitre premier – Une certaine désaffection

I- À la ville et à la cour

1- La part de la petite guerre dans les nouvelles du temps

2- Des hordes barbares ? Une réprobation morale

II- Une tactique dénigrée

1- La formation routinière des officiers

2- La tactique de la petite guerre, perçue par ses détracteurs

3- La critique théorique des troupes légères

III- Préjugés et préséances : une désaffection d’ordre social

1- Une guerre de l’ombre : des missions dépréciées

2- Une guerre de vilains : des chefs et une troupe méprisés

Conclusion

Chapitre II – Une perception liée aux héritages ?

I- Au xviie siècle, une tactique au carrefour des cultures militaires

1- La place du xviie siècle dans l’historiographie de la petite guerre

2- Essai de définition de la “guerre de partis” du xviie siècle

3- La tactique vue par les théoriciens du xviie siècle

II- Les zones d’ombre de la guerre de partis

1- La sombre petite guerre : contributions et dévastations

2- La complexité des antécédents historiques

3- Le problème des troupes dites “légères

Chapitre III – La petite guerre réhabilitée : publication de traités spécialisés

I- Les auteurs de traités

1- Une guerre de “grands capitaines” ou de capitaines ?

2- Des officiers de mérite

a- Le sang-froid à la petite guerre, facteur de promotion

b- Des officiers appliqués, et assidus à l’étude

II- La genèse des traités : en accord avec leur sujet et avec leur temps ?

1- Pourquoi écrire sur la petite guerre ?

2- Le bagage culturel

III- La portée des traités.

Auteurs de valeur, traités remarqués ?

1- L’accueil par le public français

2- Le rayonnement à l’étranger

a- Les traductions

b- Les écrits français, initiateurs de la production européenne

Conclusion

Deuxième partie

La petite guerre, un art ?

Chapitre premier – Conseils de théoriciens

I- Avant l’action : l’organisation du corps

1- Le choix des hommes et des chevaux

2- L’équipement et l’armement

3- Entraînement ; santé des hommes

II- L’action : reconnaissances et combats

1- Connaissance du terrain, reconnaissance de l’ennemi : un but et un moyen

a- Le “coup d’œil” : l’héritage de Folard

b- Bien reconnaître

2- La surprise, premier principe de combat

3- Les types de combat : quelques exemples

a- Les embuscades

b- Des attaques de postes aux surprises des places

4- Troupes légères et hussards aux marges de la petite guerre : dans les sièges et les batailles

III- Après l’action

1- La retraite

2- Les prises : jus in bello et société militaire

a- Le sort des prisonniers

b- Le butin : justification et répartition

Conclusion

Chapitre II – Petite guerre et progrès technique : le cas des armes à usage du corps entier (théorie et pratique)

I- Les armes anciennes

1- La tradition : le pétard

2- La théorie sans la pratique : les catapultes

II- L’innovation : le canon

1- L’introduction du canon “à la suédoise

a- Le canon d’accompagnement des troupes légères

b- L’influence de Maurice de Saxe ?

2- L’emploi de l’artillerie à la petite guerre : la théorie à la suite de la pratique ?

a- Dans les traités d’un “premier xviiie siècle” (avant 1763)

b- Dans les traités postérieurs à la guerre de Sept Ans

c- Sur le terrain, de 1744 à 1748

Conclusion

Chapitre III – LA petite guerre, chronique d’opérations oubliées

Introduction : des opérations oubliées ? Une guerre pourtant quotidienne

I- Les auteurs : exemple de deux corps de spécialistes, hussards de Beausobre et arquebusiers de Grassin

1- Le recrutement géographique : “faire des Hongrois” ?

2- Les autres critères de la qualité des troupes légères

II- Une année avec les hussards de Beausobre et les Grassins (1746), ou Les assertions des théoriciens à l’épreuve des faits …

1- Le siège de Bruxelles (janvier-février 1746)

* Autour d’un thème : les risques de confusion d’uniformes

2- La seconde campagne de 1746 jusqu’à la prise d’Anvers

3- D’Anvers aux Cinq Étoiles, une lente descente

* Autour d’un thème : Le rôle des fusillades

4- Dans la manœuvre de la Mehaigne (31 juillet-29 août)

* Autour d’un thème : à l’hôpital, égalité de traitement

5- Vers Rocoux (septembre-octobre)

* Autour d’un thème : jus in bello et société militaire

III- La petite guerre des Alliés, côté anglais, en 1747

1- Les troupes légères au service britannique, une présence encore modeste

2- En 1747 : quelques exemples

a- Le contexte, et les lacunes des sources

b- Côté anglais et côté français, préoccupations similaires

c- Les troupes légères britanniques à l’honneur

Conclusion : une tactique qui vise à son économie

Troisième partie

Décideurs et victimes aux prises avec la petite guerre

Chapitre premier – La population locale dans la tourmente

I- L’impact de la guerre de partis sur la population : jus in bello et société civile

1- La nécessaire humanité

2- La mise à contribution du pays

a- Levée de contributions au profit de l’armée entière

b- “Rafraîchissements”

c- Services requis des populations locales

3- Le règne de la peur ?

a- Violence “calculée” à l’encontre des personnes

b- Débordements ; pillage

Conclusion : La seule guerre ressentie par les villageois

II- L’implication de l’administration locale : l’exemple du Hainaut en 1746

1- Introduction : administration locale et conquête militaire

2- La marge de manœuvre de l’intendant et la place de la petite guerre

a- Le baron de Lucé, entre le comte d’Argenson  et les gouverneurs de places

b- Compétences en matière de petite guerre

3- L’intendant, les gouverneurs de places et la levée de contributions

4- Face aux raids ennemis

Chapitre II – Le maréchal de Saxe, inspirateur de la petite guerre française au milieu du xviiie siècle

I- Le comte de Saxe et la pensée militaire de son temps

1- Praticien ou théoricien de la petite guerre ?

a- Un homme de guerre, d’abord

b- Un théoricien, aussi

2- La place de Maurice de Saxe dans la réflexion sur la petite guerre

3- La place de la petite guerre dans la réflexion de Maurice de Saxe

a- L’importance des “affaires de détail”

b- “Armés à la légère”, dragons et hussards

c- Une synthèse : entre classicisme et innovation

II- Le maréchal de Saxe maître d’œuvre : l’exemple de la manœuvre de la Mehaigne (août 1746)

1- Les objectifs et les moyens

2- De la fin du siège de Charleroi (31 juillet) à la marche du 15 août : un apparent immobilisme

3- Du 15 au 29 août : l’accentuation de la pression

a- Les entraves des ennemis à la manœuvre française

b- Le dispositif de resserrement du maréchal

Conclusion : la manœuvre de la Mehaigne, révélatrice d’un “art” de la petite guerre

Chapitre III – L’attitude du comte d’Argenson pendant la guerre de Succession d’Autriche : la petite guerre vue du sommet de l’état

I- Au quotidien : une attention constante pour les missions de petite guerre

1- Le souci d’être informé

a- L’exactitude à répondre aux nouvelles

b- Des signes d’un intérêt réel

2- Commentaires et directives du comte d’Argenson

a- La grande liberté laissée au maréchal de Saxe

b- Quelques commentaires d’ordre tactique ou stratégique

3- Les raisons d’une telle attention

II- D’Argenson et la logique de la grande guerre

1- Une claire compréhension de la logique de la petite guerre

2- Privilégier la logique de la grande guerre : l’exemple de la prise de Bruxelles

3- Sièges, batailles et petite guerre : hiérarchie des opérations

III- Le soutien apporté aux troupes légères et aux hussards

1- Le cas de la levée des Volontaires de Saxe

2- Au fil de la campagne de 1746

3-Vers l’honorabilité de la troupe

4- Pour les officiers : l’honneur du service à la petite guerre

Conclusion

Conclusion générale

1- Mise en perspective : les partisans des troupes légères face à la politique de la cour au long du xviiie siècle

2- Retour à la tactique : du xviiie au xixe siècle, entre ruptures et continuité

Annexes

Sources et bibliographie

Archives

Sources publiées (au xviiie siècle ou antérieurement)

Bibliographie

Index

Index des noms d’auteurs (bibliographie)

Index des noms de lieux

Index des noms de personnes

Index des termes définis dans le texte

Table des documents hors-texte

Table des matières

 

 

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