Auteur: Michel Lercoulois

Michel Lercoulois enseigne les sciences économiques. Il est poète à ses heures.

La fureur est tombée sur la ville écarlate

La fureur est tombée sur la ville écarlate

La fièvre se recuit dans des bouges saumâtres

Un gamin au sexe minuscule arrose le trottoir

Des hommes apeurés reluquent les outres exorbitantes

des filles blondes aux longues jambes nues

Les mendiants se disputent quelques reliefs pourris

Des voleurs farouches jouent leur butin aux dés

Dans les palais les ministres corrompus comptent leur or

Un roi sans joie besogne la chambrière de la reine

Un cul de jatte hagard est posé contre un mur

Les aveugles en passant le piquent de leur canne

Des bourgeoises esseulées pleurent les jours d’antan

Les maris repus de trop de chère bedonnent au fumoir

De jeunes loups naïfs aiguisent leurs couteaux

Sans savoir qu’ils seront les premiers transpercés

Les tendres demoiselles découvrent l’art du stupre

Elles veulent les mâles mûrs affamés et brutaux

Pour cultiver l’obscène entre gens de bon goût

Ailleurs dans les fabriques un vain peuple s’agite

Gens de peu pauvres et puants

Qui triment pour le pain le vin et le taudis

où s’entasse une marmaille infâme

Tristes odeurs de bouffe de merde et de pisse

Avec des cris parfois ou des vagissements

Une vieille à l’article gémit sur son grabat

Peut-être qu’elle entend les râles du coït

Elle qui aimait tant jadis foutre avec fougue

En bas dans la rue deux ivrognes s’embrassent

Ils mélangent leurs langues sans s’embarrasser

des relents du pinard

La piquette des dieux

Le nectar des vieux cons

Partout dans la ville la vermine grouille

On est tous frères en Jésus-Christ, pas vrai ?

Sauf que lui a laissé sa vie dans un film gore

Alors que nous mourrons dans un chenil crasseux

Parce que nous sommes bien des chiens, n’est-ce pas darling ?

Lui dis-je en la prenant par derrière

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3 Responses to “La fureur est tombée sur la ville écarlate”

  1. gab dit :

    sexe et nihilisme la recette marche toujours. Le désespoir fut longtemps un pêcher capital

  2. ce poème ressemble au « spleen  » de Baudelaire (19eme siecle).
    Il est très génial et soigneusement écrit, car le poète choisIT les mots les mots exacts qu’il faut pour dire sa licence.

    j’aimerai donc terminer par une suggestion en terminant ainsi ce poème par ce vers, si j’étais lui.
     » …et que vienne le règne du KAMASOUTRA .. »

  3. Gabriel DEEH SEGALLO dit :

    Voici encore une belle autre leçon d’écriture. Continuez à nous en abreuver.