Auteur: Khalid El Morabethi

Je suis Khalid EL Morabethi, né le 10 juillet 1994 à Oujda au Maroc. J’ai commencé à écrire dès l'age de 12 ans. Après avoir obtenu le baccalauréat, j’ai décidé de continuer mes études à la Faculté de Lettres Mohamed1 de Oujda, en littérature française. J’aime écrire, l’écriture c’est ma vie. Parfois j’écris les mêmes phrases, les mêmes mots mais surtout pas les mêmes sentiments.Je veux juste écrire un message mais il me faut juste cette chose, ce stylo d’or, cette force, cette voix, cette muse du ciel.

Poèmes

C’est beau dans la tombe,

Le calme absolu, le repos,

Ailleurs, je l’entends chanter, c’est beau,

Un chant doux, envoutant,

Cette voix, durera plus longtemps,

C’est blanc, ici,

Ce n’est plus noir ou gris,

‘’ Continuez d’attendre ‘’ me dit une voix grave à côté

En dehors de cette absence, je l’entends encore chanter,

Je l’entends pleurer,

Sur moi.

C’est blanc ici,

Que dois-je faire ? Faut-il parler ?

Je dois peut-être écrire.

Sur soi,

Sur les autres, la vie, les choses,

Sur les mots peut être employés sans songer à leur importance

C’est sans doute ici, où tous recommencent,

Ou encore, c’est ici, où il faudrait savoir qui je suis ?

‘’Fermez vos yeux et continuez d’attendre ‘’ me dit une voix grave à côté

Entre le bruit sourd de ce vide et mes dernières prières, où sont mes rêves ?

Mes pensées mes souvenirs. Vers quel lieu mystérieux ont-ils disparu ?

Mes questions n’ont pas brisé le chant de l’inconnue,

Aux joues couvertes de larmes,

Et sa voix a pu atteindre dans ce cimetière les cœurs penseurs des âmes.

Ici,

Je tremble,

Ma langue claque,

J’ai peur, pour la première fois,

Mais pourquoi ? Ai-je perdu ma foi ?

Que dois-je faire ?

Faut-il que je me cherche,

Tout au fond,

Trouver ce point au milieu de ce vaste blanc,

Je crie  » Il y a quelqu’un ?  »

‘’ Silence, continuez d’attendre ‘’ me répond t’il

Ailleurs,

J’entends toujours la mélodie,

Elle fleurit ma tombe et part en disant,

‘’ Repose en paix, tu avais une vie ‘’

 

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Khalid EL Morabethi

 

Maroc / Oujda

 

 

 

Point à la ligne,

À l’entrée,

Une femme parle des messages et des signes,

Elle parle de sa maladie presque délicieuse,

Qui a créé la poésie,

De son départ qui a fait souffrir ses amants,

Qui les a rendus silencieux, assis  et sans battement.

À l’entrée,

En face d’un ancien moulin,

Des rêves et des soupirs,

Des larmes qui coulent en dedans, sans prendre le risque de sortir,

Des réponses, et des remises en question,

Des souvenirs qui se rattachent aux vivants,

Qu’ils étaient autrefois.

En face, des esprits aveugles habitués par la même musique grinçante,

Errent dans une terre abondante.

À la ligne,

La foi seule, terrorisée et triste, crie famine,

Crie au secours,

A la vue de la haine nue et qui bat à mort, l’amour.

Point.

À l’entrée,

Près de la rivière,

Les femmes à côté de leurs ombres défigurées, chantent,

‘’ Ô temps, dis à mon père qu’il attend,

Ô ciel, dis à ma mère que je suis belle et rebelle. ‘’

Point à la ligne,

Le drame,

La vie,

La sagesse, la toute vieille dame,

Que n’en finit pas de vibrer,

Que l’homme n’a jamais écouté ce qu’elle dit,

Que l’homme n’a jamais vu ce qu’elle lit,

Que l’homme n’a jamais pensé où elle part,

L’homme n’a jamais pensé que le désastre sera un jour un art,

A la ligne,

Qu’est ce qui nous reste ?

A l’entrée,

Le soleil se lève à l’ouest.

 

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Khalid EL Morabethi

 

Maroc / Oujda

 

 

 

 

 

A, accent grave,

À côté, deux hommes de noir vêtus disent qu’ils savent,

Que ce n’est pas grave,

S’ils peuvent dire des mensonges,

Si leur nom de famille est Ange,

Si leur stylo bleu voulait écrire une nouvelle genèse,

Une nouvelle hypothèse,

Et oser écrire en rouge la vérité entre parenthèses.

A, accent grave,

À côté d’un arbre parlant, une personne qui joue de la lyre,

De l’autre côté, un poète d’une autre ville, ne fait qu’écrire,

Et prés de lui, un crieur ‘’ Je ne voudrais pas partir ! ‘’

Et sa femme enceinte lui dit qu’il faut absolument sortir,

De leur désert, leur terre  leur maison, leur jardin,

Vendre l’arbre et mettre fin.

‘’Il faut une fin ! ‘’

Dit du haut de la grande tour, un conteur,

Puis il sourit

Et silencieusement comme son père, il  meurt.

‘’ Accent grave sur le a ! ’’

Me dit un monsieur en colère et s’en va,

Et …

Dans un silence d’enterrement,

Le vent se leva,

Et magiquement, il se mit à chanter dans une langue inconnue,

Une langue qui a pu faire renaître la mère,

Un espoir peut-être d’un enfant ou d’un père,

Une foi qui a repris enfin son apparence humaine,

Un espoir peut-être, un sourire d’une reine,

Une étoile d’un regard ouvert,

C’est la mère, la mienne ou la sienne, les bras ouverts.

Accent grave,

Un chemin s’est ouvert,

Le maudit ouvre ses yeux, marche enfin avec des ailes derrière.

 

 

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Khalid EL Morabethi

 

Maroc / Oujda

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nu, devant le miroir,

Un corps, un visage, un regard.

Le silence et le battement du cœur, veulent dire quelque chose,

Mais une pensée incomprise follement crie, je ne sais la cause.

De l’autre coté du miroir,

Il contemple mon visage ignorant,

Il voudrait sortir me parler, me faire savoir,

Me faire croire.

 » Sortir, sortir ‘’,

Criait-il.

Nu,

Je cherche l’homme au costume noir, sans figure,

Je voudrais lui parler de cette blancheur,

Cette feuille vide, ce stylo sans encre et ce vieil auteur obscur.

Il pleut !

disait-il avec un soupir,

Il contemple mes pensées, il aime me lire,

Il aime regarder à travers moi, ce que je ne vois pas,

Ce que je ne comprends pas.

‘’ Sortir, sortir ‘’,

criait-il,

Nu,

Devant le sourire venin de la fameuse vérité,

Devant sa force, son grand couteau dans ma gorge est toujours planté,

Devant mes mensonges dits avec une grande certitude, quel menteur, je suis !

Devant mes mains sales et cette partie de moi si pourrie,

Quel monstre tu es ! Laisse-moi sortir, il crie.

Laisse sortir la grande partie, qui a tout moment est prête à exploser.

Laisse sortir la colère,

L’enfant qui brûlait les têtes de ses poupées jusqu’à ce qu’elles fondent.

Laisse sortir ce que tu ne peux supporter et le côté sombre qui te hante.

Nu, j’entends une prière d’un monstre,

Il souhaite qu’on se voie, qu’on se rencontre.
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Khalid EL Morabethi

 

Maroc / Oujda

 

 

 

 
Couleur tristement belle.

Un tableau montrant  un désert vide et un corps inconnu, fixant le ciel.

Un esprit penseur qui  songe simplement à cette vie, veille

Et qui sait que son cerveau ne peut supporter plus de dix nuits sans sommeil.

Une ombre courbée traverse ce cimetière où gisent les histoires d’autrefois,

Un fantôme peut-être du passé chante prés de sa tombe, l’oubli de soi.

Et ce cri, coincé entre la gorge et le cœur,

Et ce sourire, d’un malheureux qui cherche dans son jardin vide, une unique fleur.

Et ce ciel bleu au-dessus d’une âme vagabonde qui traverse le pont,

Criant, hurlant si quelqu’un l’entend.

 

Couleur entre le gris et le noir.

L’esprit du peintre erre  toujours dans les couloirs,

Contemplant ses tableaux, ses blessures.

Dessinant sur le même mur,

Nos actes, nos pensées ridicules,

Nos faux profils derrière les cellules.

Dessinant une fin à tous ceux qui ont promis de tout recommencer

Dessinant la chanteuse de la vie en rose, que sa mélodie aujourd’hui ne fait que pleurer.

 

Couleur bleue, jaune, gris, rouge peut-être.

Un autre héros crie au secours.

Des soldats par terre, morts …

Et le désespoir ramasse leurs dernières lettres d’amour.

Une rêverie et sa foi, une promesse et ses pourquoi,

Marchent, trainant leur peine.

Plus loin, la confiance seule, rejetée,

La terre vient de mourir, le ciel est plombé et fermé.

 

Une couleur tristement belle.

Plus rien, que ce lit froid,

Plus rien, que ce silence et l’attente, pas de choix.

Je coupe ma respiration et je regarde par la fenêtre,

La sueur et l’alcool emplissent l’air,

Pour l’amour du ciel, Qui a étouffé nos prières ?

 

 

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Khalid EL Morabethi

 

Maroc / Oujda

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9 Responses to “Poèmes”

  1. MONALISA dit :

    J’ai bien apprécié tes poèmes, ils sont très fluides et bien rythmés.
    Cependant, il y a parfois quelques lourdeurs, par exemple : « Et sa voix a pu atteindre dans ce cimetière les cœurs penseurs des âmes. » Je pense qu’il est un peu long par rapport au reste, qu’il casse un peu le rythme.

    Sinon, je trouve que tu es bien parti !

  2. emely 1991 dit :

    J’aime bien , surtout c’est beau dans la tombe

  3. Deniz dit :

    J’ai beaucoup aimé cet ouvrage un peu mystérieux et mystique où les images ont plus de sens que les mots.

  4. Matilda dit :

    L’homme face à ses pensées perverses, l’âme nue devant le miroir (ça me fait penser à Dexter et son Dark Passenger).

  5. Personne M dit :

    Sacré coup de bourdon!

  6. AZIZ BEN YAD dit :

    Bravo EL MORABETHI pour cette vie au fond de tes mots , bonne chance ,

  7. Olivieliyon dit :

    Qu’elle texte , c’est beau dans la tombe , c’est formidable….être encore là attendant de voir la route que doit prendre l’esprit
    revivre où devenir tout autre la vie est immense le ciel aussi quelle sera ta voie
    qui t’y attendra ?
    Très intéressant……..Merci Khalid.

  8. MARINE DUBOIS dit :

    Pour Point à la ligne ,
    J’apprécie l’idée du poème, elle me semble intéressante, mais je pense que le traitement n’est pas réussi.

    Les images manquent d’élan poétique, et il y a un manque de fluidité au niveau de certains passages. Plusieurs images sont plates et je pense qu’elles méritent d’être retravaillées, j’en cite:

    « Qui les a rendus silencieux, assis et sans battement. »
    « Des larmes qui coulent en dedans »
    « Des souvenirs qui se rattachent aux vivants »

    Je n’aime pas la répétition dans les vers:

    « Que l’homme n’a jamais écouté ce qu’elle dit,
    Que l’homme n’a jamais vu ce qu’elle lit,
    Que l’homme n’a jamais pensé où elle part, »

    je la trouve très maladroite.

    Je pense donc que ce texte nécessite encore du travail.

    Bonne continuation.

  9. Patrick M dit :

     » Point à la ligne  » j’ai commencé à lire ce poème qui a fait naître en moi des émotions intenses, si bien traduites par l’auteur et écrites sous une forme agréable et musicale.

    Le poème n’est pas surchargé par des images, aucune lourdeur due à des mots et des vers compliqués. En même temps, le langage est loin d’être inspiré par celui de la vie quotidienne.

    Une femme qui regarde derrière elle, observe et décrit, émue par ce qu’elle voit, et face à tout cela « Des larmes qui coulent en dedans, sans prendre le risque de sortir ».
    La tension augmente progressivement et atteint son apogée avec « Crie au secours ». Ce vers est accentué par ces deux phrases déchirantes :
    ‘’ Ô temps, dis à mon père qu’il attend,
    Ô ciel, dis à ma mère que je suis belle et rebelle. ‘’

    Moi qui n’aime pas les répétitions dans les poèmes, je ne suis pas du tout gênée par les trois vers commençant par « Que l’homme n’a jamais ». De plus, je trouve que cela donne d’avantage de force au fond du texte.

    Merci et bravo !