Auteur: Dimitri Dimitrievich

Dimitri Dimitrievich, né derrière le rideau de fer du puritanisme, français de hasard, amoureux de la liberté et des femmes, écrit des oeuvres d'imagination pure.

Matricule 2806

« Les femmes sont des pièges qui guettent les hommes de tous côtés, pour les entraîner vers leur propre finitude » – Franz Kafka.

Bientôt l’heure de la soupe. Matricule 2806 l’attend depuis déjà un bon moment. Au bout de quinze ans de détention, on a appris à apprécier même les plus modestes plaisirs. Pour quelqu’un comme lui qui ne fréquentait que les palaces et les restaurants étoilés, le choc fut rude. Heureusement qu’il était résilient, comme on dit dans les manuels d’économie et de psychologie, deux disciplines qu’il a étudiées, la première avant, quand il était un homme libre, la seconde après, quand il avait essayé de comprendre ce qui lui était arrivé. De la seconde, il avait conclu que l’on expliquait encore moins bien le comportement individuel que les variations de la conjoncture, qu’il y avait trop de facteurs inconnus, bref que ce qu’il avait fait, ce qui lui valait une condamnation à perpétuité était plus difficile à anticiper que la crise financière de 2008, que pas mal de gens avaient prévue, au demeurant, même s’ils avaient été peu nombreux à prendre à temps les mesures qui s’imposaient.

Bien que tout cela soit si loin, désormais, Matricule 2806 repense avec toujours le même plaisir à cette crise mondiale qui a coïncidé avec le sommet de son ascension sociale. Dans ces occasions, il ne peut s’empêcher de se comparer à son père, modeste tailleur d’une obscure ville de banlieue, à l’époque où il y avait encore des tailleurs pour les petites gens, avant que le prêt-à-porter n’ait tout balayé. Pour sa part, c’était autant par fidélité que par goût du luxe qu’il avait gardé l’habitude des costumes sur mesure. Dès que ses moyens le lui avaient permis, il était devenu client des meilleurs tailleurs, à Londres ou à Paris. S’il compte tout ce qu’il a dépensé chez ces gens-là, du temps de sa splendeur, il y en a pour plusieurs vies de smicards ! Une pensée qui ne le trouble pas plus que ça. Qu’on l’ait considéré jadis comme l’un des plus éminents représentants de la « gauche caviar » ne l’a jamais dérangé. Il ne voit d’ailleurs toujours pas où est le problème. Est-ce que « être de gauche » signifierait faire vœu de pauvreté, par hasard ? Il faut être sérieux : être de gauche, c’est bien sûr vouloir que les pauvres s’enrichissent, pas que les riches s’appauvrissent !

N’empêche que son goût pour les costumes parfaitement coupés dans les tissus les plus fins, ça ne collait pas vraiment avec ce qu’on voulait faire de lui. Car ses amis s’étaient mis en tête de le faire élire président de son pays. Un petit pays, merdique, perdu dans ses rêves de grandeur… passée, alors qu’il ne pesait plus rien en termes de puissance. Franchement, il n’aurait pas eu de lui-même l’idée de briguer ce poste. Président sans pouvoir, il ne voyait pas l’intérêt. Et se faire accuser en permanence de ne pas réaliser ce qu’à l’évidence il n’était pas en mesure de réaliser, très peu pour lui. Mais il était joueur, et jouisseur. Alors il avait fini par se laisser convaincre. Pourquoi pas, s’était-il dit : faire semblant de gouverner, ça pourrait être amusant ? Après tout, le pouvoir, il connaissait. Au poste où il se trouvait à ce moment-là, il pouvait dicter ses conditions aux chefs d’États du monde entier, enfin tous les chefs des États en difficulté financière, ce qui en faisait déjà un bon paquet en ces temps de crise. Mais il est vrai qu’il ne disposait pas d’un train de vie semblable au leur. Les palais, les cortèges escortés par les motards, le chef d’État-major particulier assis à ses côtés, le palais présidentiel, les châteaux, la garde à cheval : toute cette pompe qui est en principe destinée à inspirer au peuple de la révérence pour ceux qui le gouvernent, et qui doit bien procurer quelques plaisirs à ceux qui en profitent, sinon ils ne seraient pas si nombreux à se battre pour elle. Il connaissait le pouvoir sans la pompe ; pourquoi ne pas changer pour la pompe sans le pouvoir ? C’est ainsi, volens nolens, qu’il s’était mis sur les rangs. Et c’est donc à ce point qu’un concurrent mal intentionné (de son propre parti, pour ce qu’il en savait) avait attiré l’attention d’un journaliste en mal de copie sur ses tailleurs. Aussitôt les rumeurs les plus invraisemblables s’étaient mises à circuler dans l’horrible « blogosphère ». À en croire certains bloggeurs, ses costumes auraient coûté plus cher qu’une robe haute-couture. Il ne fallait quand même pas exagérer : ses costumes ne coûtaient pas autant que les robes de sa femme ! Mais l’on ne prête qu’aux riches…

Toujours est-il que son train de vie ne convenait pas vraiment  à la posture qu’on attendait d’un candidat de gauche. Il s’en rendait parfaitement compte, mais ne voyait pas comment il eût été possible de modifier son image. Il n’allait quand même pas distribuer tous ses biens et se mettre à vivre comme un ermite ! D’ailleurs les gens le connaissaient (le couple qu’il formait avec sa richissime épouse était largement médiatisé) et cela ne l’empêchait pas de caracoler en tête des sondages. Il était donc partagé. Enclin, d’un côté, à négliger l’avertissement que fut l’affaire du costume – même si elle s’était éteinte aussi vite qu’un feu de paille. Tenté, d’un autre côté, de laisser tomber une candidature qui risquait de lui procurer davantage d’ennuis que de plaisirs.

Matricule 2806 – ou Daniel Lévy-Korn dit encore « DLK », puisque son identité n’est un secret pour personne – repasse dans sa tête pour la dix-millième fois, au moins, ces événements lointains, en attendant l’arrivée du chariot de la soupe, précieuse diversion. Le gardien qui déverrouille la porte, le prisonnier qui pousse le chariot, celui qui sert les aliments, cela fait de la présence humaine bonne à prendre, faute de mieux. Car c’est par la solitude et l’ennui qu’on châtie les V.I.P. dans le monde civilisé. Et ce n’est pas une petite punition ! Même si le sort des autres criminels doit être encore moins enviable, enfermés qu’ils sont dans des prisons sans droit où règnent les caïds, les violents, les violeurs…

« Violeur » : le mot laisse Daniel songeur ; n’est-il pas là justement parce qu’on l’a accusé de tentative de viol ? Pour autant, il ne se considère pas du tout comme les « pointeurs » qui asservissent des détenus plus jeunes dans des geôles de misère. D’abord parce qu’il est un fait qu’il n’a jamais violé personne. Ensuite parce que s’il lui est arrivé effectivement de tenter quelque chose qui pouvait peut-être s’apparenter à un viol, il ne se voit pas, mais alors vraiment pas, se mettre à violer un de ses codétenus. Lui n’aime (n’aimait), par principe et suivant une habitude bien ancrée, que les femmes, toutes les femmes : les raffinées qui exigent qu’on leur fasse la cour, comme les stipendiées qui s’allongent sans faire de façon ; les fragiles qu’il faut manier avec délicatesse, comme les bien en chair qui se laissent malaxer sans faire d’histoire ; les blondes et les brunes, les ministres et les étudiantes, les bourgeoises et les femmes de ménages, les blanches et les noires. Et même, hélas, une femme de ménage noire, si d’aventure il s’en trouve une sur sa route.  Il les aime toutes, ou plutôt il les aimait car l’instinct sexuel en lui est désormais complètement éteint

Mais jusqu’aux événements qui l’ont conduit en prison, il est vrai que les femmes furent la grande affaire de sa vie. Tout le reste – ses études, sa carrière, ses carrières plutôt, à l’université, au barreau, au Parlement, comme ministre de son pays et jusqu’à la tête de l’institution la plus puissante de la planète – passait au second plan, pourvu qu’un jupon surmonté d’un séduisant minois passât à sa portée. Cela aurait pu lui nuire s’il n’avait eu la chance d’être citoyen d’un pays où l’on montre la plus grande indulgence pour les frasques sexuelles. Ses collaborateurs, ses amis (qui étaient souvent les mêmes) étaient habitués et savaient excuser les absences incompréhensibles comme les simples retards à des rendez-vous importants.

Ce papillonneur s’était pourtant marié deux fois. Une première épouse s’était rapidement lassée de ses escapades.  La seconde, contre toute attente, s’était habituée sans trop de mal à son infidélité. Ce comportement surprenait d’autant plus qu’elle n’avait nullement besoin de lui, étant riche, belle et reconnue pour sa compétence professionnelle. La rumeur, qui a réponse à tout comme à tous, expliquait que la dame tolérait les mœurs dissolues de son mari parce que les siennes l’étaient tout autant, que d’ailleurs il était « de notoriété publique » – ainsi s’exprime la rumeur – qu’ils partouzaient gaiement de conserve.

Il est en tout cas avéré que Daniel Lévy-Korn était un séducteur né. Il charmait tous ceux qui le rencontraient, hommes comme femmes (ce qui explique qu’il n’était entouré que d’amis). Néanmoins, les années passant, son sex appeal n’était plus le même qu’à vingt ans. Certes, il était toujours capable de faire chavirer le cœur (ou de chatouiller les sens) de ses contemporaines, mais il réussissait moins bien auprès des jeunes femmes. Or ses préférences n’avaient pas changé. A vingt ans, il aimait des filles de vingt ans.  A quarante ans, il recherchait les femmes de trente ans. Devenu sexagénaire, il était toujours attiré par des trentenaires, des femmes qui avaient désormais la moitié de son âge. Oh ! on ne dira pas qu’il était le seul homme dans ce cas. Mais les autres se font une raison : habitués à subir les rebuffades des personnes du sexe, ils sont conscients, l’âge venu, de n’avoir aucune chance de conquérir une jouvencelle. Rien de tel chez notre Daniel. Accoutumé, pour sa part, à vaincre sans coup férir, il lui manquait cette lucidité qui retient les hommes ordinaires. Le barbon convoitait les tendrons et la violence de son désir se nourrissait du dégoût que, de plus en plus souvent, elles lui manifestaient.  Il ne pouvait plus compter, à vrai dire, que sur des jeunes femmes très vénales, ou très ambitieuses, ou très vicieuses pour assouvir son envie de chair fraîche.

Il ne faudrait pas vieillir. Le dicton est encore plus juste pour celui dont les dieux ont favorisé la jeunesse et l’âge mûr. Le naufrage, pour celui-là, est à la mesure de ses succès passés. Ainsi la vieillesse avait-elle pris DLK par surprise, sans qu’il ait eu le temps de l’apprivoiser. Un jour, il était encore le séducteur de ces dames ; un certain regard dont il avait le secret suffisait pour qu’elles le suivent docilement. Le lendemain, il n’était plus rien ; son fameux regard n’opérait plus. Et de fait, en se contemplant dans la glace, il devait bien reconnaître que sa peau était flasque et ridée, que ses yeux n’avaient plus l’éclat d’antan. Mais, dans sa tête, il n’avait pas changé. Et – jusqu’au fatal incident – son corps, bien que gagné par la décrépitude, était toujours agité par les mêmes désirs.  Doté d’un surmoi suffisant, il se serait accommodé d’une évolution inéluctable. Rien cependant, dans la vie qu’il avait menée, faite uniquement de succès immédiats ou d’épreuves tout de suite surmontées, n’avait pu bâtir en lui un tel surmoi. Il n’était pas homme à supporter la moindre frustration.

Il se mit alors à multiplier les faux-pas. Comme il s’agit d’affaires privées, peu transpirèrent. Malgré tout, on en sait assez pour pouvoir affirmer que la scène du palace londonien avait eu des précédents. Ainsi l’anecdote avec la journaliste avait-elle fait le tour des gazettes. Il s’agissait d’une de ses compatriotes, une camarade de parti qui espérait sans doute obtenir de lui un scoop. Il y eut bien le scoop mais c’est elle qui en fit les frais lorsque sa mésaventure s’ébruita. DLK, tout affriolé à la vue de la charmante blondinette, lui avait donné rendez-vous dans sa garçonnière. Et là, au lieu de se prêter au jeu de l’interview, il était passé tout de suite à un autre jeu, plus brutal. C’est ainsi, du moins, que cela fut rapporté. Quant à lui, il en gardait un souvenir différent. Car enfin, chacun sait que les femmes ont besoin qu’on les force un peu. Elles ne demandent que ça, faire l’amour, mais on doit quand même les y aider, puisque, faute d’être suffisamment pressées, elles préfèrent – pour respecter la conception tordue qu’elles se font des convenances – se priver du plaisir que pourtant elles désirent. DLK en avait fait si souvent l’expérience ; il avait entendu tellement de « jamais » qui ne tardaient pas à devenir des « encore », qu’il ne voyait pas ce que la blondinette pouvait avoir à lui reprocher. Il avait essayé – elle lui plaisait, il eût été stupide de ne pas le faire – elle avait refusé, il l’avait laissée partir. Où était le mal ? Parce qu’il l’avait un peu bousculée ? Et alors ? Comment aurait-il pu savoir, sinon, que son refus était sincère ? Et comment aurait-elle pu savoir, elle, que ses intentions à lui étaient sérieuses ? Ou bien la blondinette était une oie blanche – elle n’en avait pourtant pas l’air ; DLK se souvenait d’un décolleté des plus affriolants – ou bien elle avait voulu lui nuire en rapportant un non-événement.

Depuis qu’il se trouve derrière les barreaux de la cellule 2806, Daniel Lévy-Korn est tenté de voir des ennemis partout. Des ennemis parmi lesquels il range, bien sûr, celle qui a précipité sa perte (encore qu’il s’en veuille bien plus qu’il ne lui en veut). Il y a eu tellement de supputations, d’interrogations à propos de ce qui s’est passé entre eux, qu’il n’est plus très sûr de rien. S’il en sait quand même davantage que toutes les personnes soi-disant au courant qui se sont mises en tête de raconter son histoire en l’agrémentant de commentaires plus ou moins farfelus, la scène qui lui vaut de se retrouver en prison jusqu’à la fin de ses jours conserve à ses yeux un caractère d’irréalité. Il y a eu tout d’un coup cette superbe noire dans la suite du palace qu’il était sur le point de quitter. La porte était-elle verrouillée ou non ? Il n’en sait rien. Et ça ne le préoccupe pas. Dans les deux cas, il est évident pour lui que nul n’aurait dû pénétrer dans sa suite, à moins d’y avoir été dûment invité. Or il ne se souvient pas d’avoir autorisé qui que ce soit à rentrer, encore moins d’avoir déverrouillé sa porte pour laisser entrer quelqu’un. Il sortait de sa douche – non pas nu comme on l’a raconté, par souci du sensationnel, mais couvert du confortable peignoir mis à sa disposition par l’hôtel – lorsqu’il la vit, cette beauté exotique moulée dans un tailleur qui ressemblait davantage à ceux des élégantes qu’on croisait dans le lobby de l’hôtel qu’à la tenue d’une femme de ménage. C’est ce qu’il a vu d’abord, cette silhouette élégante et sensuelle à la fois. Puis il a remarqué le visage aux traits incroyablement fins, comme seules en possèdent les femmes de certaines ethnies africaines.  De fait, elle était noire, avec une peau brillante sur laquelle on croyait deviner des reflets plus clairs. Cette femme ou fille – elle paraissait toute jeune – était un cadeau imprévu, le plus merveilleux cadeau que l’on pût faire à un homme comme lui. Eût-il donc fallu qu’il se privât d’en user ? Qu’il méprisât une pareille créature ? Elle aurait tenté de se retirer lorsqu’elle se fut rendu compte que la suite était encore occupée ? Il n’en a cure. Il l’a retenue Restez donc, vous ne me dérangez pas du tout. Je m’en vais dans un instant. Il lui parlait, la regardait et se sentait durcir en même temps, instant délicieux.

Je ne pouvais quand même pas la laisser partir. Je me suis approché. A-t-elle eu un mouvement de recul ? C’est possible. Je ne voyais que ses yeux, sa bouche aux lèvres étonnamment pulpeuses dans un visage si délicat. J’attrapai un de ses bras, mince et musclé sous la fine étoffe du tailleur. Je ne cessais de lui parler, je lui disais combien elle était belle, une femme pour moi, qu’elle aurait de moi tout ce qu’elle désirait pourvu qu’elle voulût bien dégrafer son corsage, me laisser admirer les seins qui gonflaient si agréablement sa veste, qu’elle était la femme la plus adorable que j’avais jamais rencontrée, que je regrettais de n’être pas né sous les cieux bénis de l’Afrique, que j’étais riche et puissant, que je pouvais la combler d’argent, lui procurer une situation plus digne de ce qu’elle méritait. Elle se débattait ? Peut-être mais une femme farouche n’est pas nécessairement effarouchée, n’est-ce pas ? D’ailleurs elle ne criait pas, n’appelait pas à l’aide, cela j’en suis sûr. Quant à moi, je bandais maintenant comme un bouc, je lui montrai mon phallus dressé, qui pointait entre les pans du peignoir, la suppliai de prendre en considération mon état, faisant valoir qu’il témoignait suffisamment de la violence de mes sentiments à son égard. Elle se débattait toujours ? Oui, enfin peut-être, je ne sais plus. Je l’amenai – qu’est-ce que tu dis ? – la tirai peut-être jusqu’à mon attaché-case, en sortit une liasse de billets de 100 livres, la fourrai dans sa veste toujours boutonnée. Je ne me souviens pas qu’elle les ait rejetés : le fait est, en tout cas, qu’on ne les a jamais retrouvés. Si j’étais de plus en plus pressant ? Pressant ? Sans doute, quel homme ne l’aurait pas été en présence d’une femme pareille ? Enfin, elle s’est mise à genoux devant moi pour… ce que tu sais. Une fellation ? Je ne l’appelle pas comme ça. Je la tenais par la nuque, je vois ma queue bien juteuse à l’entrée de cette bouche de rêve, et puis, et puis… Oui : « et puis », allez, dis ce qui s’est passé. Je ne sais pas, je ne sais plus. Il s’est pourtant passé quelque chose, tu n’es pas le seul à avoir pris une douche, ce jour-là. Je ne sais pas, je ne me souviens plus. Allez, fais un effort. J’ai honte. Tu peux me le dire, ça restera entre nous. Non, j’ai trop honte. Sois un peu courageux. Au point où tu en es. Certes… Seulement, savoir que c’était la dernière et avoir tout loupé comme un gamin trop pressé, tu comprends que je l’aie mauvaise, non ? Ô que oui, que je comprends. Mais c’est tout ce que tu as loupé, d’après toi ? Et ta carrière, la présidence ? Bof, ça…

Juin 2011

 

 

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