Edouard Glissant, philosophe : Héraclite et Hegel dans le Tout-Monde » d’Alexandre Leupin

Deux minutes papillon

 

Créolisation, Relation, Tout-monde : retour sur les grandes notions de la pensée d’Edouard Glissant.

« Je crois qu’il n’y a plus d’être. L’être, c’est une grande, noble et incommensurable invention de l’Occident. Mais la définition de l’être débouche sur toutes sortes de sectarismes, d’absolus métaphysiques, de fondamentalismes, dont on voit aujourd’hui les effets catastrophiques »

Pourquoi, comment, l’île peut-elle symboliser l’ouverture sur le monde ? Et comment pourrait-elle, parcelle de terre entourée d’eau, solitude et fermeture même, être la réponse à l’être, aux sectarismes, aux fondamentalismes et aux absolus ? Cette question, on pourrait la poser à l’individu lui-même, îlot solitaire aussi, et c’est d’ailleurs sous cet angle qu’elle n’a pas cessé d’habiter la philosophie d’Edouard Glissant, comme le révèle le grand ouvrage que lui consacre Alexandre Leupin.

Mais quand il accorde cet entretien en 2010, quelques semaines avant sa mort en février 2011, il y apporte cependant, en quelques phrases, cette réponse : l’isolement n’est-il pas précisément ce qui nous oblige à nous projeter vers l’autre, à nous mettre en relation avec l’autre.

Créolisation, Relation, Tout-monde : tels sont les grandes notions de la pensée d’Edouard Glissant, notions inspirées des partages qu’il voit autour de lui, et de leurs effets « inévitables », pour reprendre ses termes. Mais l’inévitable, chez Glissant, n’exclut pas l’imprévisibilité, tout comme le réalisme n’empêche pas la poésie et la relation n’implique pas, et peut-être encore moins, de se noyer dans le collectif.

Mais comment aller vers l’autre sans s’oublier et sans l’affronter ? Comment rester soi-même sans s’isoler ? La pensée de Glissant révèle la même alternative que celle qu’on entend tous les jours : la grande ouverture aux autres ou le repli sur soi. Camus répondait avec le poète à la fois solitaire et solidaire. Glissant répond lui aussi avec la poésie, à la manière d’Héraclite et d’Hegel, il répond avec l’imaginaire, qui projette vers l’autre, mais sans jamais s’arracher à soi.

 

Edouard Glissant, philosophe. Héraclite et Hegel dans le Tout-Monde

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3 Responses to “Edouard Glissant, philosophe : Héraclite et Hegel dans le Tout-Monde » d’Alexandre Leupin”

  1. Michel dit :

    Autant pour moi, c’est le numéro d’ Esprit de novembre, et non d’octobre, qui contiendra le compte-rendu du livre d’Alexandre Leupin sur Glissant.

  2. Un grand merci au généreux
    Michel!

  3. Michel dit :

    A paraître un article de Michel Herland sur « Edouard Glissant philosophe » dans le numéro d’octobre d’Esprit.