Des chiffres lourds de sens
Ludovic Monnerat : Stratégie, Prospective et Infosphère, 19 avril 2006.
Trouvés sur le site Conscience Politique, les chiffres des violences urbaines commises sur le territoire français en novembre dernier, selon les déclarations du ministre délégué aux Collectivités territoriales, Brice Hortefeux :
« Au plus fort des événements, du 27 octobre au 20 novembre, plus de 10 300 véhicules ont été incendiés, dont 4 200 en Île-de-France. Plus de 200 bâtiments publics et 74 bâtiments privés ont été détruits, ainsi que 7 dépôts de bus et 22 bus ou rames de trains. » Pour le seul département de Seine-Saint-Denis, 1 266 véhicules, dont 3 bus ont été brûlés, 78 bâtiments ont été dégradés ou détruits, dont une caserne de pompiers, un local de police, 17 écoles, 12 collèges, 7 gymnases. Brice Hortefeux a rappelé que 139 fonctionnaires et militaires avaient été blessés, déplorant par ailleurs que « des agressions d’une rare violence » aient été commises (dont l’une a coûté la vie à un retraité de 61 ans). Les tribunaux ont prononcé 422 peines de prison ferme, ou partiellement ferme.
Ces chiffres viennent à mon sens confirmer a posteriori mon jugement sur les événements, à savoir qu’ils ont révélé une situation de conflit de basse intensité (il vaudrait mieux écrire très basse pour éviter l’amalgame avec des conflits armés contemporains), dont l’aggravation future est inévitable si la réalité qu’ils dévoilent et ses conséquences ne sont pas acceptées – ce qui me semble aujourd’hui loin d’être le cas. Le comportement de la classe dirigeante française sur le thème du CPE, que j’ai certes suivi de loin, fonde cette dernière appréhension.
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