Auteur: Jacques Henric

Jacques Henric est né à Paris en 1938. Enseignant de 1960 à 1985, il collabore dans les années soixante aux Lettres Françaises, hebdomadaire culturel dirigé par Louis Aragon. Il publie ses premiers romans dans la collection Tel Quel. Il appartient depuis 1971 au comité de direction de la revue Art Press.

Une drôle d’odeur…

Ce ne sont que de discrets symptômes ne méritant pas l’affolement, simplement l’attention. À propos des négociations socialistes/écologistes, le représentant du Conseil Représentatif des Institutions juives de France note que parmi les candidats se présentant aux futurs élections législatives de la région parisienne, les « « évincés » portent les noms d’hommes et de femmes dont l’« histoire assumée, personnelle et familiale» est lourde de la mémoire d’une persécution. Recours du CRIF à la figure de rhétorique dite prétérition : on ne parlera pas d’antisémitisme mais… Mais, Richard Prasquier met en garde le P.S. « de ne pas céder aux sirènes de la détestation d’Israël dont les Verts (…) ont absurdement fait un de leurs étendards ». Un jury littéraire décernant le Prix du Savoir et de la Recherche n’a pas l’air de savoir qu’un de leur membre, présent à tous leurs dîners (c’est Rue 89 qui le leur apprend) est un ancien néo-nazi, militant du GUD, auteur du livre Une vie ordinaire, je voulais tuer Jacques Chirac (Denoël). Son nom : Maxime Brunerie. C’est celui qui lors du défilé du 14 juillet 2002 tenta d’assassiner le président de la République. Quand flanchent les mémoires…  Prix de Flore : décerné à Defalvard, nouveau Raymond Radiguet (on a échappé de peu à nouveau Rimbaud), jeune homme de 19 ans bon chic bon genre qui déclare se réjouir que pour la première fois le prix récompense un livre qui ne contient pas de scène de sexe (on s’en serait douté, vu le look du nominé) et qu’il soit attribué à un « facho ». Et les jurés de pouffer : ce qu’il est fun, ce petit, qui a plus l’allure d’un sage enfant de famille du 16ème que d’un costaud facho à la Jacques Doriot. Émouvant ce petit monde de littérateurs et journalistes pantouflards qui sont saisis de tremblements admiratifs devant des personnalités de vrais ou faux durs à cuire. Rappelons-nous le succès d’Edouard Limonov auprès de ces esprits émotifs que l’atmosphère des champs de bataille, s’ils en sont loin, met en émoi. Pensez- donc, ce Limonov, un mec, un vrai, qui se baladait avec un couteau dans les poches, qui s’est drogué, alcoolisé, fait enculer par un grand nègre, a fréquenté les pires génocideurs serbes, tiré à la kalachnikov sur Sarajevo assiégée, ça épatait nos pousse-au-crime en chambre. Ce sont d’ailleurs  à quelques exceptions près les mêmes qui s’extasient aujourd’hui devant les misérables provocations d’un Nabe. Son dernier opus nauseus : L’enculé (ci-nommé le malheureux D.S.K) les a vivement bluffés. Un tel titre déjà ! Et puis ces insanités antisémites (signalées dans la recension faite par Marc Wietzman dans le Monde) fallait oser !… Certes, ce Nabe n’est pas Limonov, ses seules blessures de guerre sont un pain pris en pleine tronche après son passage chez Pivot, le contenu d’une tasse de café et quelques baffes reçues ici et là (notamment l’une administrée par le fils Dutourd, si mes souvenirs sont bons). Prière donc de ne pas confondre une tête à claques française, flatulent graphomane, accro aux contenus d’égouts et autres fosses d’aisance, avec un vrai stalino-fasciste russe, au demeurant, lui, excellent écrivain. Sûr que face à cet état des choses, feu mon vieux camarade Muray serait le bienvenu pour nous mettre tout ça joyeusement en en scène.

À propos de Muray, voici un livre qui vient de paraître : Philippe Muray, la femme et Dieu (sacré programme !). J’ai d’abord cru à un canular : son écriture cacographique, le nom de l’auteur, Caron (le nocher des Enfers), une maison d’édition inconnue au bataillon, une bio qu’on l’inventerait pas… Renseignements pris sur Wikipédia (j’en conseille la visite), ledit Caron Maxence existe bel et bien, certains l’ont rencontré. Je vous dirai qui dans le prochain art press, et vu nos temps moroses, je vous promets une bonne tranche de rigolade.

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