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	<title>MondesFrancophones.com &#187; Périples des Arts</title>
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		<title>Entretien avec Francis X. Pavy (8): extases et autres rêves</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 16:20:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fxpavy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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<div id="attachment_4684" class="wp-caption aligncenter" style="width: 442px"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/burgundymist.jpg"><img class="size-full wp-image-4684" title="burgundymist" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/burgundymist.jpg" alt="" width="432" height="435" /></a><p class="wp-caption-text">Burgundy Mist, Francis X. Pavy</p></div>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="277"><strong>MF</strong> : <strong>Si cela ne vous dérange pas, j’aimerai que vous parliez de vos extases, peut-être comme commentaire d’une ou plusieurs de vos œuvres.                             </strong>Mon sentiment de paix a commencé à aux alentours de décembre 2008. C’est un profond sentiment – rafraîchissant comme lorsque mon corps boit un grand verre de menthe glacée. Ça va et vient, mais je pense que, lorsque je suis centré sur le but de ma vie, c’est à ce moment-là qu’il me visite, comme une sorte de boussole. Et, chose étrange, je peux avoir ce sentiment tout en éprouvant des émotions négatives telles que l’inquiétude ou la colère. Mais elles sont tempérées, en quelque sorte, par cette paix ; quelquefois c’est très léger et parfois c’est presque insupportable.  La seule œuvre qui fait beaucoup écho à ce sentiment s’appelle « L’Oiseau Bleu Chante Encore ».Ce qui suit est une description de quelques-uns de mes processus créateurs.</p>
<p>J’ai des rêves, des fantasmes, des rêves éveillés et des activités mentales délibérées – une imagination active, des visualisations et des rêves lucides qui rivalisent et se complètent chaque jour dans ma conscience, dans la réalisation de mon art et dans toutes mes entreprises créatrices.</p>
<p>La façon dont je travaille est aussi une combinaison de processus conscients et subconscients (dans le sens d’ « intuitifs »).  Je commence avec une idée, un concept, et ensuite je fais des esquisses, en les transférant dans un format plus grand, et je trouve une ouverture pour commencer le travail et finalement pour me laisser conduire par mes sentiments jusqu’à la fin.</p>
<p>Mes rêves sont ceux de n’importe quelle autre personne. Quand nous dormons, le subconscient renvoie les informations qui sont absorbées lorsque nous sommes en état de veille.  Occasionnellement, j’ai des rêves qui semblent signifier quelque chose – en voici deux que j’ai eu l’un à la suite de l’autre pendant deux nuits consécutives :</p>
<p>Rêves du Bien et du Mal</p>
<p>Le 18 septembre</p>
<p>« L’ange et le démon »</p>
<p><em>Je flottais désincarné et je pouvais voir partout devant moi et derrière moi comme un œil qui voit tout en flottant. Je pouvais entendre la chanson d’une femme, avec une note et plusieurs  notes, une chanson et plusieurs chansons en même temps.  Un grand mélange de musiques qui  se fondaient en une seule note.  Je voyais la femme derrière moi et pourtant en même temps elle était devant moi.  Sa peau était d’un ivoire pâle et translucide comme de l’albâtre et pourtant douce, et elle avait un éclat lumineux venant de l’intérieur, comme si elle était une source lumière.  Elle avait des tatouages au-dessous de sa peau et non au-dessus, et ils bougeaient, changeant continuellement tout en racontant des histoires alors qu’elle dansait et chantait. C’était comme si elle était un écran de cinéma dansant.  Et pendant qu’elle chantait et dansait, les histoires passaient d’une scène à l’autre. Un bûcheron dans les montages ramenant du bois à brûler, des bébés pleurant, de la neige recouvrant les toits,</em><strong><em> </em></strong><em>les chasseurs d’une tribu à la poursuite d’un lion.<strong></strong></em></p>
<p><em>La femme flottait sur une mer d’un bleu roi et il y avait un cercle autour d’elle.  C’était LA femme et toutes les femmes en même temps, une femme protéenne qui n’arrêtait pas de changer de forme et de vêtements devant et derrière moi : une danseuse de temple indien, une paysanne africaine, une miss moderne, une femme au foyer, une courtisane japonaise et des milliers d’autres aspects. Elle rayonnait d’amour, de joie, de sensualité et de pureté.  Elle voulait m’embrasser et comme je me rapprochais d’elle, sa chanson devenait de plus en plus intense.  Comme nous nous étreignons, je me réveillais progressivement, mon réveil surgissant des eaux de mon subconscient, et la chanson se dissolvait dans mes oreilles.  Je restai immobile, calmai mon cœur battant et écoutai.  J’entendis sa chanson à l’arrière-plan de mon esprit, et je vis son visage dans chaque femme rencontrée tout au long de la journée.</em></p>
<p><em>J’étais à l’église à une messe de musiciens.  J’avais ma Dobro, une guitare acoustique en métal, elle était légèrement désaccordée.  J’étais assis sur l’un des bancs au fond de l’église, et il n’y avait personne derrière moi.  D’autres personnes avaient aussi leurs guitares. La prêtresse était vêtue de vert et de blanc, et elle était assise devant l’autel. Nonchalamment, sur ma guitare légèrement désaccordée, je jouais « Walk right in » des Boardwalk Singers. Le son était à douze cordes maintenant.  La messe finissait et la prêtresse voulait savoir qui allait jouer « Hootenanny » pour l’hymne de clôture.  J’ai arrêté de jouer car je n’avais pas confiance en mes capacités de jouer en face de la congrégation. Alors que les gens s’en allaient, il y avait une femme assise sur le banc en face de moi.  Elle était mince, les épaules un peu bronzées et elle était vêtue d’une robe rouge sans manches, avec un décolleté pas trop profond. La robe lui arrivait juste au-dessus des genoux.  Elle avait des bas noirs, des chaussures à talon noires et elle avait de longs cheveux noirs obscurcissant son visage et tombant sur ses épaules, son dos et ses seins.  Sa guitare était un instrument classique, espagnol avec des cordes de boyau ou de nylon. En fait, je savais ou j’avais entendu qu’elle était une très bonne guitariste. Elle se préparait à jouer alors que les gens sortaient. Méthodiquement, elle enroula et noua une large corde de perles autour de ses genoux pour garder ses jambes croisées pendant qu’elle jouait. Elle plaça sa guitare sur ses genoux et alors que tout le monde avait quitté la salle mis à part moi, elle décida de ne pas jouer.  Elle me dit qu’elle serait ravie de jouer pour moi à une autre occasion, qu’elle me montrerait quelques techniques de guitares et elle me suggéra que nous échangions nos numéros de téléphone. Elle prit un stylo et un papier, et elle commença à écrire. Je ne trouvai rien pour écrire, car je n’avais pas de papier dans mes poches.  Je pensais que je pouvais écrire mon numéro de téléphone sur un billet de vingt dollars que je venais de mettre dans le plateau des offrandes, mais après réflexion je ne voulus pas faire une transaction marchande avec cette inconnue obscure.  Elle me donna un papier plié, taché et avec l’estampille de son nom : Anita V. Irving. Aucun numéro de téléphone.  Je continuasi de chercher quelque chose dans mes poches et je trouvai deux faux nez,  un long et un autre petit, fin et en caoutchouc.  Je pris un stylo et écrivis « F » sur le petit nez, mais je ne pus finir d’écrire mon nom et mon adresse.  Elle voulait m’embrasser pour me dire au revoir et me montra son visage.  Elle avait un visage démoniaque comparable aux Siths dans la saga de « Star Wars », des poils rasés en certains endroits, sur le front par exemple.  Sa bouche était humide et petite, légèrement moustachue, avec des nuances de rose, de mauve et de bleuâtre. Un peu comme la bouche d’une vieille grande tante malade que vous ne voulez pas embrasser. J’avais de la pitié pour elle parce qu’elle était franchement laide. Je la vis toute petite et sans importance, j’avais donc décidé de ne pas rendre visite à Anita. Ensuite je me suis réveillé.</em></p>
<p>Ensuite il y a les rêves lucides ou volontaires.  Ceux-là sont les plus durs pour moi à accomplir, mais quand on rêve de façon lucide, on a conscience d’être dans un état de rêve subconscient, on se réveille dans le rêve. Ce n’est pas toujours réussi, mais avec de la pratique il est possible de rêver en direct ; dans cet état de créativité il n’y a pas vraiment de limite à ce qui peut être expérimenté.  Il y a plusieurs méthodes pour déterminer si on est dans un état de rêve ou éveillé dans un rêve, mais cela nécessité beaucoup de vigilance.  Une technique pour se réveiller dans un rêve est d’analyser tout ce qui comprend du texte.  Dans un état de subconscient, si quelqu’un lit un signe ou une lettre, et ensuite s’en détourne et lit de nouveau le signe, il y aura un message différent.  Donc certains rêveurs éveillés ont une carte dans leur porte-monnaie avec la question : « Suis-je en train de rêver ? » Prenant la carte de leur porte-monnaie, la lisant et la relisant, les aidera à déterminer s’ils sont en état de subconscient.  Cette technique devient une habitude pour les rêveurs éveillés.</p>
<p>La visualisation est la technique créative la plus puissante.  Vous commencez avec un concept et visualisez mentalement le résultat comme réel et entreprenez les étapes pour que ça le devienne. C’est de la volonté dirigée, et si un résultat est visualisé de façon répétée, alors le désir est transmis au subconscient et il fera le plus gros du travail, en faisant des connexions et en renvoyant des idées à l’esprit conscient.</p>
<p>Les rêveries et les fantasmes sont pour moi comme une sorte d’imagination fugueuse.  En tant qu’artiste je peux imaginer beaucoup de choses, c’est mon activité que d’agir de la sorte.  Quelquefois, quand je travaille et que je ne fais pas vraiment attention où mon esprit s’égare, je me trouve soudainement dans un état mental où je me suis conduit moi-même.  Les fantasmes ne sont pas réels, mais peuvent le devenir s’il y a des mouvements vers cette idée ou si je la revisite. Pour moi le fantasme est l’état mental le plus problématique.</p>
<p>L’imagination active est une autre technique pour stimuler l’esprit en état d’éveil.  J’utilise souvent cette technique quand je suis coincé sur une œuvre ou que j’ai besoin de franchir l’étape suivante.  Par exemple, si j’ai commencé à peindre et que j’ai seulement un dessin, alors je vais « voir » une partie qui semble devoir être peinte en rouge.  Ensuite je vais imaginer que si, ici c’est rouge, cette partie sera bleue, et si c’est bleu et rouge, il y a alors une autre partie mauve.  J’utiliserai aussi cette technique pour me parler à moi-même, afin de faire progresser une œuvre qui est difficile. J’assumerai deux personnalités et je discuterai du travail avec moi-même.</p>
<p>Toutes ces techniques m’offrent une imagerie. Je les utilise donc de temps à autre.  Quand j’en ai besoin, quelquefois je ne me rends pas compte que je les utilise, c’est juste devenu une habitude.</td>
<td valign="top" width="252"><strong>MF : If you don&#8217;t mind, I would like you to write about your ecstasies, maybe as a commentary on one or several paintings.                                  </strong>My feeling of peace first started visiting me around December of 2008. It’s a deep seated feeling &#8211; a refreshing one like my body is drinking a large glass of minty iced water. It comes and goes, but I think when I am most centered on my life direction that is when it visits me, kind of like a compass. So strangely enough, I may have this feeling and still have negative emotions like worry or anger. But perhaps they are tempered somewhat by the font of peace, sometimes it&#8217;s only a trickle and sometimes it&#8217;s almost unbearable. The only work that has a lot of this feeling is called “The Blue Bird Sings Again&nbsp;&raquo;.What follows is a description of some of my creative metal processes.</p>
<p>I do have dreams, daydreams-fantasies and willful mental activities- active imagination, visualization and lucid dreaming dreams that all compete and complement each other in my everyday consciousness and the making of my art and all creative endeavors.</p>
<p>The way I work is also a combination of conscious and subconscious (intuitive) processes. I start with an idea, concept, then start to make sketches, transferring these to a larger format, finding an “in” to start the work then finally feeling my way through it until the end.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>My actual dreams are mostly like everyone else. The subconscious is giving back information when we sleep that it absorbs throughout the waking state. Occasionally I do have dreams that seem to mean something &#8212; here are two that came back to back on successive nights:</p>
<p>Dreams of Good and Evil</p>
<p>September 18th</p>
<p>The angel and the Demon</p>
<p><em>  I was floating disembodied and could see everywhere in front of me and behind me like a floating all Seeing Eye. I could hear a Woman’s song of one note and all notes, one song and all songs all at the same time. A great melding of music that melted into one note. I peered at her in back of me yet at the same time I was looking ahead of me at her. Her skin was pale ivory and translucent like alabaster yet soft and had a luminescent glow from the inside like she was a source of light .She had tattoos under her skin not on top and they were dynamic, ever changing telling stories as she danced and sang. It was like she was a dancing movie screen. And as she sang and danced, the stories would flow from one scene to another. A woodchopper in the mountains bringing home wood to burn, crying babies, snow covering houses, a tribal party hunting a lion.  </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>The woman was floating in a sea of royal blue and there was a circle around her. She was one woman and all women at the same time, a shape shifter that kept changing shapes and fashions in front (and back) of me: an Indian temple dancer, an African peasant woman, a modern beauty queen, a housewife, a Japanese courtesan and thousands of other faces. She radiated love joy sensuality, femininity and purity. She wanted to kiss me and as I got closer and closer her song was more and more intense. As we embraced I gradually woke, my rising waking state effervescing from the waters of the subconsciousness, the song also dissolving in my ears. I lay still and calmed my beating heart and listened. I heard her song in the background of my mind and saw her face in every woman throughout the day.</em></p>
<p><em>I was in church at a musician’s mass. I had my Dobro, a steel bodied acoustic guitar, with me slightly out of tune. I was seated on one of the back pews, and there was no one in back of me. Other people had their guitars there too. The woman priest was dressed in green and white and was seated before the altar. I was casually playing around</em> <em>on my slightly out of tune guitar, I was playing “walk right in” by the Boardwalk Singers. The sound was of twelve strings now. The mass was ending and the woman priest wanted to know who would play “Hootenanny” as a dismissal hymn. I quit playing as I was a little insecure about my playing ability in front of the congregation. As the people left there was a woman seated in the pew in front of me. She was thin, lightly tanned on the shoulders and was dressed in red sleeveless dress, not cut too low at the neck and ending just above the knees. She had black stockings, black high heels and long raven black hair obscuring her face falling over her shoulders, back and breasts. Her guitar was a Spanish classical gut or nylon stringed instrument. Somehow I knew or heard that she was a great guitar player. She prepared to play as the people walked out. Methodically she wrapped and tied a long string of large round pearls around her knees to keep her legs crossed while she played. She placed her guitar in her lap but as everyone had left except me she decided not to play. She told me she would be happy to play for me some other time, would show me some guitar techniques and suggested we exchange numbers. She took out a pen and paper then started to write. I couldn’t find anything to write on as there was no paper in my pockets. I thought I could write my information on a twenty dollar bill like I had put in the collection plate before, but decided I didn’t want to make a buy-sell transaction with this unknown dark woman. She handed me a folded up paper, stained and with a smeared rubber stamp of her name: Anita V. Irving. No phone number. I kept looking for something to write on in my pockets and found two fake noses. One long and one short, thin and rubbery. I got a pen and wrote “F” on the short nose, but could not finish my name or address. She wanted to give me a parting kiss and showed her face. She had a demonic face on par with the Siths in the Star Wars epics, shaved hair in places, like on her forehead. Her mouth was watery and small, lightly mustached, with pink, purple and bluish hues. Kind of like the mouth of an old sick great aunt you don’t want to kiss. I felt sorry for her as she was so damn ugly. I felt she really didn’t know how to play and her promise was empty. I saw her as diminutive and unimportant so I decided I would not visit Anita. Then I woke up.</em></p>
<p>Then there are lucid or willful dreams. These are harder for me to accomplish, but when one dreams lucidly, one is aware of being in the subconscious dreaming state, waking up inside the dream. At that point the dreamer can choose to direct the dream. This is not always successful, but with practice it’s possible to direct dreams, when in this creative state there is really no limit to what can be experienced. There are various methods to determine whether or not one in in the dreaming state and wake up in the dream, but it takes a lot of vigilance. One technique for awaking in a dream is to analyze anything that has text. In the subconscious state, if one reads a sign or letter, then turns away and reads the sign again, there will be different message. So some lucid dreamers carry a card in their wallets that asks the question “Am I dreaming”? Taking this card out of their pocket and reading it then rereading it will help determine if they are in the subconsciousness state. This technique becomes a habit for lucid dreamers.</p>
<p>Visualization is a most powerful creative technique. You start with a concept and mentally visualize the outcome as real and make steps to make it happen. It’s directed will and if an outcome is repeatedly visualized then the desire is transmitted to the subconscious and it will do most of the work, making connections and throwing back ideas into the conscious mind.</p>
<p>Daydreaming-Fantasies to me are a kind of runaway imagination. As an artist I can imagine a lot of things, it’s my job to do so. Sometimes when I’m working and not paying too much attention to where my mind is wandering, I suddenly catch myself in a strange mental place where I’ve led myself. Fantasies are not real, but could become real if there are repeated visits to an idea and moves toward that idea. So for me fantasies are the most problematic mental state.</p>
<p>Active imagination is another technique to stimulate the mind in the waking state into a creative state. I often use this technique when I’m stuck on a work or just need to get to the next step. For instance, if I’ve started a painting and just have a drawing then I’ll “see” an area that seems it should be painted red. Then I’ll imagine if that is red then this area will be blue and if those are blue and red then another area should be purple. I also will use this to talk my way through a work if it’s difficult. I’ll assume two personalities and discuss the work with myself.</p>
<p>All of these techniques give imagery to me. So I use these techniques off and on when I need them,sometimes I’m not even aware that I’m using them it just becomes a habit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="line-height: normal;"><br />
</span></span></p>

]]></content:encoded>
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		<title>Le musée Saint-John Perse à Pointe-à-Pitre</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Mar 2012 13:53:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>slander</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caraïbes]]></category>
		<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Pratiques Poétiques]]></category>

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<p style="text-align: justify;">Le grand poète nobélisé Alexis Léger dit Saint-John Perse (1887-1975) est né en Guadeloupe (Antilles françaises) où il a passé les dix premières années de sa vie. Son île natale lui rend hommage dans ce qui est sans doute la plus belle demeure de Pointe-à-Pitre, la maison Souques-Pagès. De ces maisons « en kit », fabriquées en France à destination des riches habitants de la Nouvelle-Orléans, il se trouve que deux furent débarquées et installées en Guadeloupe, dont celle qui abrite le musée dédié à Saint-John Perse.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4631" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo1.jpg"><img class="size-medium wp-image-4631 " title="La maison Souques-Pagès à Pointe-à-Pitre" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo1-300x230.jpg" alt="" width="300" height="230" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">La maison Souques-Pagès à Pointe-à-Pitre</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le rez-de-chaussée du musée présente une collection de costumes du XVIIe au XIXe siècle. Les souvenirs de Saint-John Perse se trouvent à l’étage : quelques éditions anciennes de ses œuvres, des photos de lui enfant ou, plus tard, dans son bureau au Quai d’Orsay et, chez lui, en Provence, des objets lui ayant appartenu, des lettres, des coupures de journaux…</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4632" class="wp-caption aligncenter" style="width: 346px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo2.jpg"><img class="size-full wp-image-4632" title="Alexis et ses sœurs" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo2.jpg" alt="" width="336" height="448" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Alexis et ses sœurs</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Une photo prise par Gisèle Freund dans la demeure provençale du poète le montre assis à sa table de travail, entouré de deux cartes de la Guadeloupe (reconnaissable facilement à sa forme en papillon), un signe qu’il demeurait attaché à une terre qui a inspiré maints de ses poèmes, même s’il n’y est jamais retourné après l’avoir quittée. On remarque également un nu de Lucien Clergue, lequel avait illustré de ses photos certains vers du poète (1).</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4633" class="wp-caption aligncenter" style="width: 458px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo3.jpg"><img class="size-full wp-image-4633" title="Chez lui, en Provence" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo3.jpg" alt="" width="448" height="336" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Chez lui, en Provence</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Perse était l’ami des plasticiens et ces derniers n’avaient pas besoin d’être célèbres pour lui plaire. Le musée montre par exemple un spécimen de l’œuvre réalisée en collaboration avec le peintre Robert Petit-Lorraine (2). Le poète a recopié de sa main sur des dessins du peintre les vers qui les avaient inspirés.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4634" class="wp-caption aligncenter" style="width: 458px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo4.jpg"><img class="size-full wp-image-4634" title="Et sous l’arc de son œil, il y a comme aux grandes arches solitaires,  ce très grand pan de mer debout aux portes du Désert (Amers)" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/Photo4.jpg" alt="" width="448" height="336" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Et sous l’arc de son œil, il y a comme aux grandes arches solitaires, ce très grand pan de mer debout aux portes du Désert (Amers)</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le musée Saint-John Perse a reçu le label « Maison des Illustres » récemment créé par le ministère français de la Culture. « Les Maisons des Illustres célèbrent les personnalités qui se sont distinguées dans les univers des arts… Elles mettent à l’honneur ceux dont l’œuvre a favorisé le développement des sciences et de l’industrie. Elles distinguent également les hommes et les femmes dont l’action a été marquée par un engagement fort dans la défense des valeurs de la République, la lutte contre l’esclavage et l’émancipation des peuples. »</p>
<p style="text-align: center;">*    *    *</p>
<p style="text-align: justify;">(1) Lucien Clergue, <em>Genèse sur des thèmes d’</em>Amers <em>choisis par Saint-John Perse</em>, Paris, Belfond, 1973, in 4°.</p>
<p style="text-align: justify;">(2) Saint-John Perse, <em>Etroits sont les vaisseaux</em>, douze pages manuscrites augmentées d&#8217;une adresse du poète et d&#8217;un colophon inédits pour accompagner 12 dessins de Robert Petit-Lorraine (préf. d&#8217;Henri Colliot), Mareil-sur-Mauldre, Qui vive, 1982.</p>

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		<title>40 moments tirés de la crucifixion d’un homme.</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Mar 2012 15:28:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Jymmi Anjoure-Apourou Des scénettes en prose venues du tréfonds de l’homme annoncent la mise en pièces, la découpe, les morceaux. Morceaux du coeur plus que de bravoure, morceaux choisis dans la plus fine espérance et les amours charnels d’un jour nouveau. Prises au vif d’un regard à la recherche des humeurs du temps, de ses [...]]]></description>
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<div id="attachment_4601" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/40-moments.jpg"><img class="size-full wp-image-4601" title="40 moments" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/40-moments.jpg" alt="" width="250" height="390" /></a><p class="wp-caption-text">40 moments tirés de la crucifixion d’un homme, Jymmi Anjoure-Apourou.</p></div>
<h3></h3>
<h3></h3>
<h3>Jymmi Anjoure-Apourou</h3>
<div>
<div>
<div>
<p>Des scénettes en prose venues du tréfonds de l’homme annoncent la mise en pièces, la découpe, les morceaux. Morceaux du coeur plus que de bravoure, morceaux choisis dans la plus fine espérance et les amours charnels d’un jour nouveau. Prises au vif d’un regard à la recherche des humeurs du temps, de ses sécrétions, intimement ressenties par un être trouble, troublé et troublant, les images étincelantes, restituées par une voix musicale et rythmée qui fait briller leurs facettes hurlantes et inquiétantes, perdent volontiers le lecteur sur cette voie au sens incertain. Le souffle y est celui du texte de toutes les origines et l’aventure, celle de l’humain, de ses angoisses et de ses souffrances.</p>
</div>
</div>
</div>
<div>
<h3></h3>
<ul>
<li><strong>ISBN :</strong>978-2-911412-91-2</li>
<li><strong>Format :</strong>13 x 20 cm</li>
<li><strong>Pages :</strong>104 pages</li>
<li><strong>Prix :</strong>10 €</li>
</ul>
</div>

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		<title>Vents Alizés : une nouvelle revue littéraire</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Mar 2012 17:21:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>shoarau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Créolisations]]></category>
		<category><![CDATA[Espaces]]></category>
		<category><![CDATA[Langues]]></category>
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		<description><![CDATA[Adié zot tout ! Ce petit mot pour vous faire part de la mise en ligne d&#8217;une nouvelle revue dédiée, entre autres lieux, à l&#8217;océan Indien : Vents Alizés, revue de création et de théorie littéraires. Initiée et portée par Magie Faure-Vidot (Seychelles) et Károly Sándor Pallai (Hongrie), elle a vocation à publier des auteurs de ce continent-océan, [...]]]></description>
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<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fcreolisations%252Fvents-alizes-une-nouvelle-revue-litteraire%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Vents%20Aliz%C3%A9s%20%3A%20une%20nouvelle%20revue%20litt%C3%A9raire%20%23%22%20%7D);"></div>
<h2>Adié zot tout !</h2>
<div>Ce petit mot pour vous faire part de la mise en ligne d&#8217;une nouvelle revue dédiée, entre autres lieux, à l&#8217;océan Indien : <em>Vents Alizés, revue de création et de théorie littéraires</em>. Initiée et portée par Magie Faure-Vidot (Seychelles) et Károly Sándor Pallai (Hongrie), elle a vocation à publier des auteurs de ce continent-océan, ainsi que de divers lieux du monde. C&#8217;est si justement dit : <em>Vents Alizés</em> est un &laquo;&nbsp;laboratoire de voix plurielles&nbsp;&raquo; (et à ce titre, nombreuses sont les langues à pouvoir y figurer).</div>
<div>Je vous fais donc parvenir le premier appel de la revue, et je vous invite encore à visiter le site (vous y trouverez toutes les informations pratiques) : <a href="http://www.wix.com/ventsalizes/revue" target="_blank">http://www.wix.com/<wbr>ventsalizes/revue</wbr></a></div>
<div></div>
<div></div>
<div><em>&laquo;&nbsp;Au commencement était le Verbe, le calembour, l’émotion et l’action. Dans ce premier numéro l’écriture est abordée comme le commencement de la sagesse, de l’appréciation, de la création, de l’univers textuel, de l’être. Commencement signifie aussi un départ vers des collaborations artistiques, interdisciplinaires, la naissance d’une plateforme littéraire qui favorise les transgressions aussi bien que les voix traditionnelles. Vents Alizés se propose d’unir différents points de vue, d’offrir un lieu mental d’accueil pour des œuvres poétiques, artistiques et des commencements de déploiements futurs. </em></div>
<div><em>Nous attendons vos textes et illustrations en pièces jointes avec l’adresse électronique du contributeur et une présentation bio-bibliographique situées dans le même document. (Concernant la longueur et les détails formels consultez nos Consignes aux auteurs.) Vents Alizés accueille également des articles et des textes hors-thèmes que vous pouvez envoyer conformément aux dates limites fixées pour les publications. La rédaction se réserve le droit de refuser les travaux ne respectant pas les contraintes requises.&nbsp;&raquo; (à l&#8217;adresse : <a href="http://www.wix.com/ventsalizes/revue#!appels" target="_blank">http://www.wix.com/<wbr>ventsalizes/revue#!appels</wbr></a>)</em></div>

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		<title>Tree of Life (5)</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Feb 2012 12:36:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sbaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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		<description><![CDATA[Cliquez ICI pour lire Tree of Life (5). Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers. Je me permets : Et si on riait ? Et si on pleurait ? Et si on dansait ? Et si on célébrait la [...]]]></description>
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<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fperiples-des-arts%252Ftree-of-life-5%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Tree%20of%20Life%20%285%29%20%23%22%20%7D);"></div>
<h2><strong>Cliquez <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/TreeofLife.part5_.pdf" target="_blank">ICI</a> pour lire Tree of Life (5).</strong></h2>
<p>Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers.</p>
<p>Je me permets :</p>
<p>Et si on riait ?</p>
<p>Et si on pleurait ?</p>
<p>Et si on dansait ?</p>
<p>Et si on célébrait la vie dans toute sa splendeur et dans tout son carnage ?</p>
<p>Ce que je vous propose aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>Un peu de poésie. L&#8217;histoire d&#8217;une femme : Saraline. Ou plutôt une tranche de vie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Textes et illustrations : Sarah Baron</em></p>
<p>Tree of Life 4- <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part4_.pdf">PDF </a></p>
<p>Tree of Life 3 - <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 2 - <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 1- <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Tree-of-Life.part1_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>

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		<title>Tree of Life (4)</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 12:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sbaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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		<description><![CDATA[Cliquez ici pour lire Tree of Life (4). Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers. Je me permets : Et si on riait ? Et si on pleurait ? Et si on dansait ? Et si on célébrait la vie dans toute [...]]]></description>
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<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fperiples-des-arts%252Ftree-of-life-4%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Tree%20of%20Life%20%284%29%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><strong>Cliquez </strong><strong><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part4_.pdf" target="_blank">ici</a></strong><strong> pour lire Tree of Life (4).</strong></p>
<p>Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers.</p>
<p>Je me permets :</p>
<p>Et si on riait ?</p>
<p>Et si on pleurait ?</p>
<p>Et si on dansait ?</p>
<p>Et si on célébrait la vie dans toute sa splendeur et dans tout son carnage ?</p>
<p>Ce que je vous propose aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>Un peu de poésie. L&#8217;histoire d&#8217;une femme : Saraline. Ou plutôt une tranche de vie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Textes et illustrations : Sarah Baron</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tree of Life 3 - <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 2 - <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 1- <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Tree-of-Life.part1_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>

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		<title>Frédéric Ohlen entre théâtre et poésie.</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/frederic-ohlen-entre-theatre-et-poesie/</link>
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		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 10:45:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>slander</dc:creator>
				<category><![CDATA[En librairie]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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		<description><![CDATA[Frédéric Ohlen, que les lecteurs de Mondes Francophones connaissent déjà[i], vient de publier deux nouveaux ouvrages aux Éditions L’Herbier de feu à Nouméa, un monologue pour le théâtre et un recueil de poèmes. Dans les deux cas, l’inspiration repose pour une grande part sur le dépaysement. Fils du ciel[ii] met en scène un ancien militaire, [...]]]></description>
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<div id="attachment_4547" class="wp-caption alignleft" style="width: 205px"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Fils-du-ciel-couv.jpg"><img class="size-medium wp-image-4547" title="Fils du Ciel" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Fils-du-ciel-couv-195x300.jpg" alt="" width="195" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Fils du Ciel de Frédéric Ohlen.</p></div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Frédéric Ohlen, que les lecteurs de <em>Mondes Francophones</em> connaissent déjà<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/F%20Ohlen%20entre%20th%C3%A9%C3%A2tre%20et%20po%C3%A9sie.doc#_edn1">[i]</a>, vient de publier deux nouveaux ouvrages aux Éditions L’Herbier de feu à Nouméa, un monologue pour le théâtre et un recueil de poèmes. Dans les deux cas, l’inspiration repose pour une grande part sur le dépaysement.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Fils du ciel</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/F%20Ohlen%20entre%20th%C3%A9%C3%A2tre%20et%20po%C3%A9sie.doc#_edn2">[ii]</a><em> </em>met en scène un ancien militaire, gardien d’une usine désaffectée, qui s’est obstiné – jusqu’au meurtre – à empêcher le déménagement des machines. Face à l’émissaire chargé de le convaincre de se rendre, il se raconte, il raconte sa jeunesse au Vietnam, il brode, il invente une histoire fantastique à propos de l’épée cachée dans le lac du même nom, à Hanoï, avant de passer à un Japon de légende hanté par un samouraï solitaire. Il raconte l’errance, la vie sous la tente à Paris (<em>« le canal Saint-Martin, toutes ces vieilles écluses qu’on voit en marchant jusqu’à la Villette, n’ont jamais valu les rives du Fleuve Rouge ni les sourires des sampanières godillant sur les eaux »</em>). Le texte est prenant, puissant, le drame d’un homme simple et fragile, un enfant délaissé, après la mort de sa mère, par son père, médecin colonial (<em>« Ni ses demi-sourires, ni son talent, ni son héroïsme médical ne parvenaient à masquer tout ce que la vie lui avait enlevé »</em>). L’histoire, on s’en doute, finira mal ; arrivé au bout de son récit, cet homme sans avenir possible appellera la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Les poèmes d’<em>Anima aeterna</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/F%20Ohlen%20entre%20th%C3%A9%C3%A2tre%20et%20po%C3%A9sie.doc#_edn3">[iii]</a> nous transportent de Rome à Nouméa, du Vanuatu à Tahiti, De Port-au-Prince à Fukushima. Frédéric Ohlen est poète des fulgurances. Par touches brèves, il invente des situations entre réel et imaginaire. Le lecteur s’y reconnaît ou s’y perd, peu importe car la sensation demeure. Le monde de Frédéric Ohlen est un au-delà du monde, où les perceptions se font plus aigües, les sentiments plus profonds. Nul panthéisme, pourtant, dans cet œuvre et aucune emphase. Plutôt une empathie avec les êtres tels qu’ils sont, une vieille femme, par exemple, après le tsunami :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Quelque chose la relie encore à la terre</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Elle se penche la renifle</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Ses mains cherchent</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Ne reconnaissent pas le jardin</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Cette courette effacée  </em></p>
<p style="text-align: justify;">Ou le peuple d’Haïti qui s’affaire dans les ruines du 12 janvier 2010 :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Et vous dansez vous dansez</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Et vos prunelles flambent</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Chaque fois que vos bras ligués</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Arrachent un corps à la gangue</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ou plus simplement un clochard à Nouméa :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Tu songes </em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>À la silhouette entrevue</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Un soir de pluie</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Boulevard Vauban</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em></em><em> </em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>À ce corps</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Rencogné dans une porte</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Qui n’épouse pas le seuil</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Ne trouve pas le sommeil</em></p>
<p style="text-align: justify;">Sous son apparente simplicité, cette poésie est construite. Ohlen affectionne les vers libres ou libérés (c’est selon), comme dans le quatrain précédent qui se termine par trois heptasyllabes et multiplie les assonances (corps / porte ; seuil / sommeil ; épouse / trouve). L’introduction subreptice de quelques alexandrins qui restaurent pour un instant la rythmique classique au milieu d’un poème obéissant à d’autres règles, induit une surprenante réaction, proche de la sidération et d’ailleurs renforcée par les allitérations : <em>« Toute vérité s’efface dans le sang des fusils </em>» (qui devient un alexandrin au prix de deux élisions) – ou  encore : <em>« La nuit descend / Mauve d’avoir trainé sa robe dans la mer »</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Autres pépites du recueil, les tercets lapidaires qui sonnent comme autant de haïkus. En voici des exemples tirés de trois poèmes différents :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>L’espace ?</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Ce résidu</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Que ton œil calcine</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>…</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Ta peau</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Un sol</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Irrité de soleils</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>…</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Marcher sur la jetée</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Le bois qui plie</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Le clapot de la baie</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le poète sait trouver les images qui frappent l’imagination :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Chien gris</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Qui rouille</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Au bout de sa laisse</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Au fond du jardin</em></p>
<p style="text-align: justify;">Gageons pour finir que ses lecteurs, amateurs de poésie ou poètes amateurs, ne manqueront de retenir la leçon du professeur :</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Pour écrire</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Ne couche </em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Rien</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Desserre</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 90px;"><em>Les doigts</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<div>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/F%20Ohlen%20entre%20th%C3%A9%C3%A2tre%20et%20po%C3%A9sie.doc#_ednref1">[i]</a> <a href="http://www.mondesfrancophones.com/espaces/Creolisations/comptes-rendus/decouverte-frederic-ohlen-un-poete-inspire-par-la-rumeur-du-monde" target="_blank">http://www.mondesfrancophones.com/espaces/Creolisations/comptes-rendus/decouverte-frederic-ohlen-un-poete-inspire-par-la-rumeur-du-monde</a></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/F%20Ohlen%20entre%20th%C3%A9%C3%A2tre%20et%20po%C3%A9sie.doc#_ednref2">[ii]</a> <em>Fils du Ciel</em>, Nouméa, L’Herbier de feu, 120 exemplaires numérotés à la main, 2011, 37 p.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/F%20Ohlen%20entre%20th%C3%A9%C3%A2tre%20et%20po%C3%A9sie.doc#_ednref3">[iii]</a> <em>Anima aeterna</em>, Nouméa, L’Herbier de feu, 35 exemplaires numérotés à la main, 2011, 59 p. format A4.</p>
</div>
</div>

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		<title>Tree of Life (3)</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 18:23:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sbaron</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cliquez ici pour lire Tree of Life (3) Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers. Je me permets : Et si on riait ? Et si on pleurait ? Et si on dansait ? Et si on célébrait la vie dans toute [...]]]></description>
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<p><strong>Cliquez </strong><strong><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">ici</a></strong><strong> pour lire <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">Tree of Life (3)</a></strong></p>
<p>Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers.</p>
<p>Je me permets :</p>
<p>Et si on riait ?</p>
<p>Et si on pleurait ?</p>
<p>Et si on dansait ?</p>
<p>Et si on célébrait la vie dans toute sa splendeur et dans tout son carnage ?</p>
<p>Ce que je vous propose aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>Un peu de poésie. L&#8217;histoire d&#8217;une femme : Saraline. Ou plutôt une tranche de vie.</p>
<p><em>Textes et illustrations : Sarah Baron</em></p>
<p>Tree of Life 3 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 2 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 1- <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Tree-of-Life.part1_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>

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		<title>Tree of Life (2)</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 15:03:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sbaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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		<description><![CDATA[Cliquez ici pour lire Tree of Life (2) Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers. Je me permets : Et si on riait ? Et si on pleurait ? Et si on dansait ? Et si on célébrait la vie dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fperiples-des-arts%252Ftree-of-life-2%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Tree%20of%20Life%20%282%29%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><strong>Cliquez </strong><strong><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">ici</a></strong><strong> pour lire <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">Tree of Life (2)</a></strong></p>
<p>Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers.</p>
<p>Je me permets :</p>
<p>Et si on riait ?</p>
<p>Et si on pleurait ?</p>
<p>Et si on dansait ?</p>
<p>Et si on célébrait la vie dans toute sa splendeur et dans tout son carnage ?</p>
<p>Ce que je vous propose aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>Un peu de poésie. L&#8217;histoire d&#8217;une femme : Saraline. Ou plutôt une tranche de vie.</p>
<p><em>Textes et illustrations : Sarah Baron</em></p>
<p><em></em></p>
<p>Tree of Life 2 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">Texte PDF</a></p>
<p>Tree of Life 1 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Tree-of-Life.part1_.pdf" target="_blank">Texte PDF</a></p>
<p><em><br />
</em></p>

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		<title>Des ruines de Jean-Luc Raharimanana : politique et poésie au théâtre.</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 14:42:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>slander</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Parisiens, permanents ou de passage, devraient se précipiter à la Maison de la poésie, dans le quartier Beaubourg, pour écouter le comédien d’origine congolaise Phil Darwin dans son interprétation du texte de Jean-Luc Raharimanana. Cet écrivain malgache, âgé de quarante-cinq ans, a déjà une œuvre derrière lui : romans, nouvelles, poésie, théâtre, essai. Des ruines [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;">Les Parisiens, permanents ou de passage, devraient se précipiter à la Maison de la poésie, dans le quartier Beaubourg, pour écouter le comédien d’origine congolaise Phil Darwin dans son interprétation du texte de Jean-Luc Raharimanana. Cet écrivain malgache, âgé de quarante-cinq ans, a déjà une œuvre derrière lui : romans, nouvelles, poésie, théâtre, essai. <em>Des ruines</em> est un texte poétique à la première personne, un cri de révolte face à la situation de Madagascar et de la plus grande part du continent africain, un chant fraternel en même temps qu’un encouragement adressé à tous ceux qui souffrent.</p>
<p style="text-align: center;" align="center"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Des-Ruines.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-4514" title="Des Ruines" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Des-Ruines.png" alt="" width="288" height="431" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’écriture joue sur des tonalités différentes. Le style peut être celui, envoûtant, d’une mélopée. C’est le cas au tout début du texte, qui introduit bien, par ailleurs, à ce qui sera la suite du discours :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Ma mémoire est au plus loin que je la ressens de douleur et d’espérance. À chaque fois renouvelée, à chaque fois la même, de douleur et d’espérance. Et ma mémoire est d’esclavage, espérance de liberté. Et ma mémoire est de colonisation, espérance d’indépendance. Et ma mémoire est d’indépendance, la liesse et encore l’espérance trahie sur le règne des dictatures et autres impostures. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a également des passages d’humour, ou plutôt d’autodérision (par exemple lorsque l’auteur reprend tous les poncifs des critiques adressées aux Africains, sommés de se bouger un peu plus pour se sortir de leurs difficultés). Et des récits simplement factuels, comme la description d’une opération de vote à Madagascar sous la dictature. La tonalité dominante demeure malgré tout celle de la dénonciation. Comme beaucoup d’Africains (et Malgaches), Raharimanana a du mal à accepter l’idée qu’ils soient eux-mêmes les premiers responsables de leurs malheurs. Certes, il ne refuse pas l’évidence (<em>« les miens mes propres bourreaux »</em>)<em> </em>mais il n’en défend pas moins l’idée suivant laquelle l’Afrique serait avant tout piégée dans un système global qui l’opprime et la soumet.</p>
<p style="text-align: justify;">Le statut de ce texte est donc problématique : s’il s’agissait simplement de faire du beau (et parfois de l’humour) à partir du sort trop souvent consternant des pays africains, le projet paraîtrait difficilement défendable. Mais il ne se résume évidemment pas à cela. Sans farder la réalité, le texte expose le dilemme proprement tragique de l’intellectuel du tiers-monde installé en Occident, qui ajoute la culpabilité à l’impuissance. Impuissant, il l’est de toutes façons, car comment s’opposer à des régimes profondément gangrenés ? Mais comment ne se sentirait-il pas en même temps coupable de s’être mis à l’abri en choisissant l’exil ? Le texte de Raharimanana est émouvant parce qu’il ne cache rien de ce dilemme : <em>« libre de me suicider, seul, sur mes choix de dictature ou sur mes chemins d’exil ». </em>Et plus loin : <em>« ma lâcheté de ne pas sombrer avec mes ruines, et ma langue qui fourche autour de mes mots ! Écrivain engagé de mes défaites, oui ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Les « ruines » qui donnent leur titre au recueil sont encore évoquées tout à fait à la fin : « <em>qu’importent les poussières qui tombent de mes ruines, vivre est toujours laisser une part de soi à la mort. / C’est de là que j’écris… / De mes ruines ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">La mise en scène de Thierry Bedard – qui n’en est pas à son coup d’essai avec cet auteur et avec cet interprète – est remarquable de sobriété. Le comédien se détache sur un rideau de fond de scène tressé avec du raphia de Madagascar. Il bougera très peu, ne s’animant vraiment que dans les passages les plus légers du texte. Il y aura des silences, des moments réservés à la musique, la trame musicale sur laquelle le comédien s’appuie pour faire respirer son discours. La couleur du rideau pourra varier en fonction de la lumière mais cette dernière ne sera jamais éclatante. Quant au comédien, il ne sera éclairé que par une lumière blanche verticale, de faible intensité, conférant de bout en bout à la représentation un caractère d’intimité. Un homme seul, chichement éclairé, qui s’adresse à des spectateurs perdus dans l’obscurité de la salle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le comédien, Phil Darwin, est plutôt connu pour les <em>one man show</em> comiques où il se moque de tout et de tous, de l’Afrique, des Africains, comme de la terre d’accueil et de ses propres indigènes. Il a créé, déjà sous la direction de Thierry Bedard, un autre texte de Jean-Luc Raharimanana, <em>Les Cauchemars du gecko</em>, en 2009. Son interprétation de <em>Ruines</em> se situe – sauf par de très brefs instants – très loin de sa fibre comique. Elle est, en accord profond avec le texte, remarquable par son émotion contenue.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, puisque <em>Des ruines</em> est d’abord un texte littéraire qui invite à la lecture, il convient de signaler qu’il a fait l’objet d’une édition rare, un livret cousu main sur papier précieux, avec des illustrations, qui devrait tenter tous les bibliophiles, d’autant que son prix s’avère des plus modiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le spectacle</strong> : <em>Des ruines</em>, à la Maison de la poésie, Paris, passage Molière, 157 rue Saint-Martin, du 18 janvier au 12 février 2012.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le livre</strong> : Jean-Luc Raharimanana, <em>Des ruines</em>, Éditions Carnets-Livres, 2012, 20 €.</p>

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