Editeur: Greg Stone

Greg Stone est professeur au département de français de Louisiana State University. Il est également directeur du programme de Littérature Comparée. Ses centres d’intérêts sont la littérature du Moyen Age et de la Renaissance, la théorie et la critique littéraires.
Éloge du Graal obscur

Les exégètes de la littérature médiévale ont pris l’habitude de considérer que le merveilleux féerique se déclinait sur deux modes : l’un panique, et c’est Morgane, la fée qui nous attire dans les rêts d’un univers inconnu dont nous ne sortirons peut-être jamais ; l’autre refamiliarisant, et c’est Mélusine, la fée civilisatrice qui se laisse apprivoiser pour Lire plus »

Pérégrinations médiévales

L’Empire romain est sans doute mort d’un excès de confiance dans la civilisation dont il avait répandu le modèle : on ne proclame pas impunément la fin de l’histoire et l’on ne quadrille pas sans perte de villes trop semblables un espace prétendument pacifié ! Mais à la stabilité d’un empire qui s’était cru éternel les coups Lire plus »

Gene Vance in memoriam

Notre ami Eugene Vance est décédé le 14 mai 2011, quand son monoplace s’est écrasé à l’aéroport d’Arlington, dans l’état de Washington. Médiéviste et seizièmiste de grand renom, il a formé et influencé tout une génération de chercheurs. En poste à Yale, Emory et à l’Université de l’état de Washington, sa pensée hardie et aventureuse Lire plus »

Jacqueline-Cerquiglini-Toulet, A New History of Medieval French Literature

  Vous pouvez bénéficier d’une réduction de 25% lors de l’achat du livre. Pour cela, veuillez télécharger le bon de commande en version PDF.           Lire plus »

Ravy me treuve en mon deduire : Hommage à Jean Dufournet

Inaugurée en 2009 et animée par la volonté de favoriser les échanges franco-italiens, la collection « Piccola Biblioteca di Studi medievali e rinascimentali », dirigée par Luca Pierdominici (Università di Macerata) et publiée chez ARAS Edizioni (Fano), dédie son deuxième numéro à Jean Dufournet, membre de son Comité scientifique, pour le remercier du soutien qu’il a bien Lire plus »

Edouard Glissant avec Alexandre Leupin, Les Entretiens de Baton Rouge, Paris, Gallimard, 2008, 168p.

Les Entretiens de Baton Rouge sont l’extrait d’un dialogue discontinu mais régulier qu’Édouard Glissant et Alexandre Leupin ont entretenu et enregistré tout au long des années 1990 et 1991, quand le grand poète martiniquais séjournait à Baton Rouge et enseignait à Louisiana Sate University. Ce sont les années où Glissant a publié Poétique de la [...]

Creole Medievalism, Colonial France and Joseph Bédier’s Middle Ages, by Michelle R. Warren

University of Minnesota Press | 416 pages | 40 b&w photos | 2011 ISBN 978-0-8166-6526-6 | paper | $17.50  (reg. price: $25.00) ISBN 978-0-8166-6525-9 | cloth | $52.50  (reg. price: $75.00) Joseph Bédier (1864–1938) was one of the most famous scholars of his day. He held prestigious posts and lectured throughout Europe and the United Lire plus »

Renée Balibar, Eulalie et Ludwig (in memoriam)

Colloque à LSU

J’ai rencontré Renée Balibar pour la première fois en octobre 1990; je l’avais invitée au colloque « La chose médiévale », tenu à Louisiana State University, à la suite de la lecture de L’institution du français, livre dont l’intelligence et la liberté m’avait frappé. Nous nous revîmes ensuite en 1994 dans sa belle demeure de Tréguier, et nous conversâmes longuement à propos de sainte Eulalie et du roi Ludwig II, petit-fils de Charles le Chauve.

La pensée passionée de Renée Balibar est, dans le paysage intellectuel français et parmi les médiévistes, unique. Son originalité éclate dans plusieurs domaines; tout d’abord, sur le plan de la méthode: Renée Balibar a vu que lorsqu’il s’agit des premiers monuments du français (Serments de Strasbourg, en 842, Cantilène de Sainte Eulalie en 881), il était impossible de les interpréter hors contexte, c’est-à-dire sans faire appel aux traditions culturelles postcoloniales (et prénationales) qui émergent à la suite de la chute de l’Empire romain. Dans les manuscrits, ces monuments sont en effet juxtaposés à des textes en grec, latin et germanique, constituant un ensemble qui relève de la notion que Renée Balibar a inventée, le colinguisme. Balibar dépasse donc le contexte étroit des traditions universitaires nationalistes. Plus encore, au-delà de la linguistique historique, son exégèse fait appel à d’autres disciplines, en particulier l’histoire, la théologie et la patristique.

Sa vision est elle aussi singulière; elle est enracinée tout d’abord, et fondamentalement, dans le moment de la Pentecôte, qui abolit la notion de langue sacrée, dont la connaissance est réservée à une caste religieuse et érudite. À partir de la Pentecôte, toute langue est susceptible de révélation et de vérité. Ensuite, Renée Balibar souligne sans cesse le caractère divin de l’écriture, « don de Dieu » depuis les Tables de la Loi. Là encore, la Pentecôte présuppose que ce don doive être partagé avec tous, sans distinction de sexe, de nation ou de classe. L’histoire est donc, pour Renée Balibar, téléologique: la Pentecôte aboutit lentement mais nécessairement à l’école de Jules Ferry, qui démocratisera un français national, tous en partage. Et pourquoi pas? On peut certes avoir quelque doute sur la finalité positive  de l’histoire, surtout quand elle est laissée aux mains d’une Éducation nationale qui la dilapide par pusillanimité. Ce qui est hors de doute, cependant, c’est la puissance explicative de la vision prônée par Renée Balibar: cette conception téléologique est celle-là même de l’homme médiéval, elle rend donc cohérent le labeur immense que le Moyen-âge a accompli sur les langues.

La fille de Renée Balibar, Antoinette Balibar-Mrabti, a eu l’heureuse idée de réunir les études posthumes de mon amie, décédée en 1998. Que sa mémoire accepte ce modeste hommage.

Renée Balibar, Eulalie et Ludwig, POIEN, E.M.E, 2004

Par Alexandre Leupin, publié le 04/07/2010 | Comments (0)
Dans: Blog, En librairie, Moyens-Ages
Mariage, littérature courtoise et structure du désir au XIIème siècle

Que s’est-il passé au XIIème siècle pour que les genres littéraires courtois, notamment la lyrique troubadouresque et le roman en vers, aient élaboré une nouvelle éthique de la relation entre hommes et femmes centrée sur l’impasse du désir et de son corrélat, l’objet toujours déjà perdu ? Née à la fin du XIème  siècle, la littérature Lire plus »

La Réunion et la Troisième République : entre Moyen Âge et colonie

  J’ai été amené à m’intéresser à La Réunion par le Moyen Âge – plus précisément, par une vieille copie de La chanson de Roland (1922) dédicacée par Joseph Bédier « A l’île Bourbon, diis patriis. » En tant que médiéviste, j’ai compris tout de suite « diis patriis » (pays adoré) – mais « l’île Bourbon » ne me disait rien. Lire plus »