<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>MondesFrancophones.com &#187; Espaces</title>
	<atom:link href="http://mondesfrancophones.com/category/espaces/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://mondesfrancophones.com</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Feb 2012 18:23:31 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2.1</generator>
		<item>
		<title>Tree of Life (3)</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/tree-of-life-3/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/tree-of-life-3/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 18:23:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sbaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4528</guid>
		<description><![CDATA[Cliquez ici pour lire Tree of Life (3) Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers. Je me permets : Et si on riait ? Et si on pleurait ? Et si on dansait ? Et si on célébrait la vie dans toute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fperiples-des-arts%252Ftree-of-life-3%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Tree%20of%20Life%20%283%29%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><strong>Cliquez </strong><strong><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">ici</a></strong><strong> pour lire <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">Tree of Life (3)</a></strong></p>
<p>Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers.</p>
<p>Je me permets :</p>
<p>Et si on riait ?</p>
<p>Et si on pleurait ?</p>
<p>Et si on dansait ?</p>
<p>Et si on célébrait la vie dans toute sa splendeur et dans tout son carnage ?</p>
<p>Ce que je vous propose aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>Un peu de poésie. L&#8217;histoire d&#8217;une femme : Saraline. Ou plutôt une tranche de vie.</p>
<p><em>Textes et illustrations : Sarah Baron</em></p>
<p>Tree of Life 3 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Treeoflife.part3_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 2 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">PDF</a></p>
<p>Tree of Life 1- <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Tree-of-Life.part1_.pdf" target="_blank">PDF</a></p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/tree-of-life-3/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L’écriture minimaliste de Dany Laferrière : Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer et La Chair du maître</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/l%e2%80%99ecriture-minimaliste-de-dany-laferriere-comment-faire-l%e2%80%99amour-avec-un-negre-sans-se-fatiguer-et-la-chair-du-maitre/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/l%e2%80%99ecriture-minimaliste-de-dany-laferriere-comment-faire-l%e2%80%99amour-avec-un-negre-sans-se-fatiguer-et-la-chair-du-maitre/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 10:39:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bnankeu</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afriques]]></category>
		<category><![CDATA[Canadas]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4525</guid>
		<description><![CDATA[L’écriture minimaliste de Dany Laferrière : Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer et La Chair du maître  Dany Laferrière est, dans le paysage littéraire francophone ou mondial[1], difficilement catégorisable. Et pour cause, sa posture à califourchon entre Haïti et Montréal. Physiquement Haïtien et littérairement Québécois comme il aime le dire : « Je suis né [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fafriques%252Fl%2525e2%252580%252599ecriture-minimaliste-de-dany-laferriere-comment-faire-l%2525e2%252580%252599amour-avec-un-negre-sans-se-fatiguer-et-la-chair-du-maitre%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22L%E2%80%99%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20Dany%20Laferri%C3%A8re%20%3A%20Comment%20faire%20l%E2%80%99amour%20avec%20un%20n%C3%A8gre%20sans%20se%20fatiguer%20et%20La%20Chair%20du%20ma%C3%AEtre%20%23%22%20%7D);"></div>
<p align="center"><strong>L’écriture minimaliste de Dany Laferrière : <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer </em>et <em>La Chair du maître </em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dany Laferrière est, dans le paysage littéraire francophone ou mondial<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn1">[1]</a>, difficilement catégorisable. Et pour cause, sa posture à califourchon entre Haïti et Montréal. Physiquement Haïtien et littérairement Québécois comme il aime le dire : « Je suis né physiquement en Haïti, mais je suis né comme écrivain à Montréal »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn2">[2]</a>, ses récits libertins<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn3">[3]</a> à savoir <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer </em>(1985) et <em>La Chair du maître</em> (2000) ont pour décors respectifs : Montréal et Haïti. L’imaginaire de ces deux œuvres, bien qu’elles aient des histoires campées dans des décors bien précis, est plus ou moins supranational et universel. Mais le fait frappant, saisissant est que cet imaginaire est construit, tissé selon une technique curieuse quasi iconoclaste au regard de la narration classique. Il s’agit d’une tendance phénoménale au minimalisme. En effet, à lire les romans susmentionnés, on remarque d’emblée qu’ils se singularisent, à tous les niveaux (intrigue, matière, personnage et phrase) par une propension à une condensation radicale. Autrement dit, dans ces deux textes Laferrière se montre étonnamment réductionniste, schématique voire lapidaire sur le plan de la forme. Un tel constat nous amène à nous pencher sur cette structuration simpliste afin d’en démonter les ressorts et mettre en relief les enjeux sémantiques de ce procédé structural sur lequel surfe Dany Laferrière. Car nous pensons, à la suite de Roland Barthes que « la finalité de toute œuvre littéraire est de mettre du sens dans le monde » (2000 : 256), quel que soit le choix formel de l’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>1-    </strong><strong>Synopsis du corpus</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne saurions commencer notre analyse sans au préalable situer, pour la gouverne du lecteur et d’un point de vue de la trame, les textes qui fondent notre entreprise. L’objectif étant de faciliter l’écoute, l’attention ou la lecture de toute personne qui nous lirait.</p>
<p style="text-align: justify;">Construit selon un dispositif narratif éclaté, <em>La chair du maître</em> met en scène une jeunesse haïtienne qui expérimente le désir. Le développement du roman est formé de petites histoires qui ont un point commun : Haïti (Port-au-Prince, la capitale) et sa jeunesse aux prises avec un brûlant désir, la jouissance qui permet toutes sortes de transgressions et de dérives. Ce sont des jeunes comme ceux vivant dans les autres pays; ils veulent eux aussi goûter aux joies du plaisir et leur moyen d’expression se trouve alors dans le sexe, le désir qui procure une illusion de liberté ou pour assurer leur survie. L’adolescence, la jeunesse sont donc les silhouettes qui vibrent dans ce récit composite de Dany Laferrière. Leurs espaces de prédilection sont les bars, les appartements, les répétitions d’une pièce de théâtre ou de musique. Elles y seront tour à tour le chasseur ou la proie, mais toujours au cœur même d’une séduction vécue comme une chasse.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment faire l&#8217;amour avec un nègre sans se fatiguer, c&#8217;est l&#8217;histoire de deux noirs (Vieux et Bouba) dans la vingtaine qui cohabitent un deux pièces minuscules du Carré St-Louis à Montréal. Ils sont désœuvrés. Vieux essaie d’écrire un roman sur son expérience des rapports hommes femmes (entre autres sexuels) dans le contexte de différence raciale. Bouba écoute du jazz et lit Freud. La majeure partie de leur temps est consacrée aux plaisirs de la chair ainsi qu’aux élucubrations philosophiques.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>2-    </strong><strong>Des récits composites et éclatés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le récit est la relation écrite ou orale de faits réels ou imaginaires. On en rencontre dans tous les genres : théâtre, nouvelle, conte, épopée, etc. Le roman classique se caractérise par un récit dense, tenu, lié et cohérent du fait d’un fil d’Ariane nouant des péripéties toujours en rebondissement.</p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, le roman contemporain tire sa marque entre autres de la remise en cause du récit. Il semble ne plus être utilisé pour relater une histoire, mais par souci de subversion des catégories romanesques. Dany Laferrière, dans <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em> tout comme dans <em>La Chair du maître</em>, offre au  lecteur une narration qui vole en éclat. Les textes sont décomposés dans le processus narratif et présentent un ensemble de petites histoires, on dirait des recueils de nouvelles, plus ou moins liées. Ces œuvres sont donc pour ainsi dire composites, variées car elles se constituent de descriptions minimales relatives à un fait, un quotidien.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que <em>La Chair du maître</em> est une fresque construite autour de 26 brefs tableaux représentant le quotidien d’une jeunesse haïtienne désœuvrée qui noie ses frustrations dans la sexualité et la drogue. Le roman se veut être le miroir d’un monde haïtien jeune, épris au quotidien  d’un désir qu’il expérimente coûte que vaille. Le tout premier tableau de la narration plante le décor. Le narrateur dans l’un deux qui est extrêmement court comme les autres et titré « Le temps du fils », dégage le climat social marqué par la mort de François Duvalier<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn4">[4]</a> et la prise du pouvoir par son fils Jean Claude Duvalier dont la politique dirigeante est empreinte d’un renouveau de libéralisme sexuel inquiétant :</p>
<p style="text-align: justify;">Un fils peut-il diriger des fils ? Si le père avait institué le régime sévère de la peur, avec le fils, la décadence s’est installée. Le père ne voulait rien entendre du sexe (il avait formé un corps : la police des mœurs). Pour lui, le sexe était le pêché absolu. Le meurtre, plutôt encouragé. Le fils, lui, ouvrait les portes de la maison à la musique étrangère (le jazz, le rock), à la coiffure afro, au cinéma porno, aux films violents (les westerns italiens) et à la drogue. C’était mon époque (CM<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn5">[5]</a>, 11)</p>
<p style="text-align: justify;">La brièveté du tableau ci-dessous est à l’image de beaucoup d’autres. On peut encore citer cet autre exemple intitulé « Brenda ». Il s’agit là d’une touriste sexuelle pour qui les corps luisants et luxuriants de jeunes haïtiens sont de véritables délices, à telle enseigne qu’elle ne tient plus à retourner en Europe :</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, je ne retournerai plus chez moi. D’ailleurs je n’ai plus de maison ni de mari. Et je ne peux plus entendre parler des hommes du Nord. J’aimerais visiter d’autres villes dans la Caraïbe. Cuba, Guadeloupe, la Barbade, la Martinique, la Dominique, la Jamaïque, Trinidad, les Bahamas… Elles ont de si jolis noms. Je veux les connaître toutes. (CM, 244)</p>
<p style="text-align: justify;">Le même processus de relation abrégée est aussi le propre de <em>Comment fa</em>ire <em>l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em>. Texte tissé autour du quotidien de deux jeunes noirs vivant dans une étroite pièce de Montréal, et dont l’existence est partagée entre projet d’écriture pour l’un, délectation de jazz pour l’autre, sexe et discussions vaseuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Au fait, le roman comporte 28 séquences dont la plupart couvre péniblement deux pages. La dernière séquence, dénommée « On ne naît pas Nègre, on le devient », est du reste la plus simplifiée dans la mesure où elle se réduit à un paragraphe on ne peut plus laconique :</p>
<p style="text-align: justify;">L’aube est arrivé, comme toujours, à mon insu. Gracile. Des rayons de soleil à fleurets mouchetés. Comme des pattes de saint-bernard. Le roman me regarde, là, sur la table, à ; côté de la vieille Remington, dans un gros classeur rouge. Il est dodu comme dogue, mon roman. Ma seule chance. Va. (CFANSF<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn6">[6]</a>, 169)</p>
<p style="text-align: justify;">Comme on le voit, cette « composition par petites touches » (Delas : 2001) prisée par Laferrière est pour nous la représentation d’un monde en pleine rupture morale, transfiguré par la montée en puissance de l’individualisme. Tel que les textes sont conçus, c’est-à-dire sur de petites existences quotidiennes, le lecteur a du mal à saisir la portée d’ensemble, la « charpente logique » (Jouve, 1997 : 45). Le primat de l’éclatement du récit sur l’unité d’ensemble plonge le lecteur dans un monde en crise de principes et de valeurs communautaires. Il y a comme une similitude entre l’atomisation de l’intrigue et une société en crise de valeurs, désagrégée dans son intégrité et son unité ; et où tous les repères sont désormais taillés à la mesure des ambitions personnelles. La jeunesse haïtienne, au cœur de <em>La Chair du maître</em>, s’est désolidarisée de toute norme et de toute vertu et pour cause, le déséquilibre constant entre l’État et la société, la politique et la république, le rêve et la réalité, la jeunesse et les aînés. Les jeunes noirs de <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em> ont pour centre d’intérêt la satisfaction d’une libido débordante sur fond de stéréotypes au sujet de la puissance sexuelle du Nègre. Ils sont l’image de l’autre Amérique, celle des immigrés paumés dont l’existence côtoyant la banalité, est faite des instants de vie sans enjeux ni conviction ou expectative. On comprend aisément pourquoi le récit est décomposé dans sa trame. Dans les deux romans, le personnage est sans commune mesure victime de son imaginaire au point où son identité est loin de faire l’objet d’un détail révélateur.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>3-    </strong><strong>Des personnages anonymes à la conscience opaque </strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Le personnage littéraire est banalement pris comme la figuration d’une personne réelle dans une œuvre de fiction : « [il est] alors la source principale de l’illusion littéraire. » (Paul Aron et al : 2002) Dans les récits classiques et les mythes antiques, le personnage incarne grosso modo des valeurs. Dans les récits contemporains, il est à la limite du bien et du mal ; beaucoup plus victime qu’acteur, il subit les soubresauts de l’histoire, l’absurdité de la vie, les injustices et les déterminismes de tout ordre. On parle d’antihéros ou de « la mort du personnage » (Bordas et al : 2001). Quoiqu’il en soit, les personnages sont porteurs de données culturelles et idéologiques en raison de leur forte dimension sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Chez Laferrière, le personnage, loin de répondre à une identité collective, emblématique suivant un imaginaire rationnel, est tout au contraire conçu sans nom, réduit à l’anonymat total. Son portrait est sec (un seul prénom, pas de passé et pas d’avenir). La dimension psychologique ou psychologisante est absente. Il est établi que le psychologisme est un ingrédient prisé par les romanciers classiques qui font défiler à l’écran de leurs textes les profondeurs intimes de leurs actants humanoïdes pour laisser soupçonner les mobiles réels de leurs actions. Or Laferrière s’interdit de sonder les cœurs et les reins. Le lecteur ignore tout et tout sur la vie intérieure de ses personnages. L’identité de ces derniers, ce à quoi ils se réfèrent de même que la vie qu’ils mènent est sans mythe ni transcendance. Ils sont à la rigueur porteurs d’un prénom sans véritable signification ou connotation. On le comprend plus facilement car, à défaut d’être comme dans les récits classiques au devant des valeurs qu’il quête, incarne, le personnage est à rebours de la raison. Prisonnier d’un univers sans repères et d’une réalité aussi absurde, invivable que déliquescente, sa conduite met à mal tout discours de l’axe, toute théorie sur des valeurs. Il affiche pour tout dire un déficit de réflexion et de prudence.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, on assiste chez Laferrière à des personnages veules, sans passé ni avenir ni un idéal de conduite à même de susciter chez le lecteur une « Identification admirative » (Bordas et al, op.cit. : 154) du fait de son attitude plus ou moins parfaite. Pour pertinemment formuler les choses comme Yves-Abel Feze, précisons que : le héros laferrien « …à la vérité n’est le destinateur d’aucun vouloir faire, [c’est] un personnage a-sémique qui se contente de passer dans la vie comme [une ombre] » (2011 : 67).</p>
<p style="text-align: justify;">Bouba de même que son compère de <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em>, mènent une vie sans rêves ni idéaux. Férus du jazz, musique qui n’obéit à aucune construction à l’avance, leurs vies en est calquées et se limitent à des instants de délectation : menus repas, musique, sexe et discussions confuses. Le roman ressort par là l’image des immigrés dépourvus, désœuvrés dans uns société américaine stratifiée et individualiste à souhait.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>La Chair du maître</em>, c’est la jeunesse haïtienne qui est au cœur de l’action. Elle est dévoilée, par une écriture tranchée dans le vif, le cru et la chair, dans son corps à corps avec le désir : sorte de boîte de pandore dont l’abord séduisant renferme un ensemble de maux divers (rupture du lien parents/enfants, drogues, manque de repère, capitalisation marchande du corps). Tanya, Fanfan, Christina, Charlie, Brenda, Françoise, Tony, Gogo, Chico, Mario, Peddy, Le Chat, Alex, Sergeo, Denz, Simone, Minouche, Manuel, Rico, Flora, Judith, Anne-Marie, Niki, Nico, Albin, François, Hansy, Legba, Neptune, etc., sont tous des silhouettes qui vibrent dans ce roman sulfureux de Laferrière. Elles zonent, ont pour espace de prédilection les bars, les appartements et les Chambres ; et pour activité privilégiée la fainéantise, la sexualité, la prostitution, la musique, la drogue. Toutes sont présentées comme des mondains écervelés, affranchis de l’autorité parentale, se retrouvant en dehors du circuit scolaire et du jeu de l’économie de marché, pour devenir tout simplement des témoins ou acteurs de la prostitution. Ces jeunes sont en quête d’exutoire économique et de satisfaction de leurs besoins, ils laissent leur zone pour d’autres destinations : les villes, la capitale. Le phénomène est d’emblée mis en avant dans l’une des séquences narratives qui entament le roman ; titré « La Guerre » (CM, 17), elle fait état d’un milieu triste, pitoyable et misérable où :</p>
<p style="text-align: justify;">La jeune fille prendra rapidement la mesure de la rue. Ses règles, ses codes secrets, son langage. Et surtout la nouvelle morale [celle de se prostituer pour survivre]. Elle affrontera les hommes à visage découvert. Elle se fera piétiner, un moment, mais elle apprendra vite. Sauve qui peut. Elle apprendra surtout à ne se faire aucune illusion. Il n’y a pas d’avenir. Tout se passe au présent. Á l’instant même. Et tous les coups sont permis. Et donnés. C’est la guerre ! (CM, 18)</p>
<p style="text-align: justify;">Haïti, classé parmi les pays les plus pauvres de la planète, est constamment traversé par un certain « mal politique » (Corten 2001). Le récit de Laferrière transcrirait, à travers des personnages jeunes, aux identités vagues, qui bougent dans l’espace romanesque, une société haïtienne exposée à toutes sortes  de tribulations, et plus particulièrement, aux fléaux actuels de la drogue, de la prostitution, etc. Les troubles politiques et surtout la crise de l’emploi poussent une grande partie des jeunes à rester coincée dans l’engrenage de cette spirale monstrueuse qui les bloque dans leur rêve, leur fougue, leurs capacités d’améliorer leurs conditions de vie. C’est une jeunesse en crise dont une large partie peuple les bidonvilles haïtiens, vit dans le chômage et la délinquance, noie ses frustrations dans la drogue et la sexualité commercialisée. La réalité que l’auteur donne à voir est ainsi dépourvue de métaphysique, d’utopie collective. Dans une société où les symboles, les normes semblent avoir disparu, que dire d’autre à défaut de traduire moyennant des personnages sans identité avérée, représentative d’une utopie collective ; et des phrases dépouillées de même que la modalité indicative, la matérialité d’un monde privé de logique ?</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>4-    </strong><strong>La phrase minimale et le présent de l’indicatif comme technique de relation des événements  </strong></p>
<p style="text-align: justify;">                     Pour peu que l’on s’intéresse à ces deux textes de Laferrière, la nature des phrases est tout à fait autre. Leur particularité se lit dans leur structure minimale. Les faits sont réduits au minimum, dépouillés des détails à tendance explicative. Le style est larvé, aride, pauvre en indices susceptibles de procurer au lecteur une donnée autre qu’un constat desséchant. Les événements relatés tout le long des textes apparaissent comme des phénomènes auxquels les narrateurs ne donnent aucune explication. On est loin des précisions rhétorico-stylistiques de Balzac ou de la boursoufflure descriptive de Flaubert. À cet effet, il faut reconnaître, à la suite de Kamdem que Laferrière « écrit…dans une totale incuriosité des richesses de la langue ». Nous en voulons pour preuve ces quelques éléments pris à tout hasard tels ces phrases et ces descriptions sans fioriture ou dense développement poétique :</p>
<p style="text-align: justify;">          « Miz Littérature achève de ranger la table. Elle met l’eau du thé à bouillir. Je m’installe. Je ferme les yeux…Je suis comblé. Le monde s’ouvre, enfin, à mes yeux » (CFANSF, 30) ;</p>
<p style="text-align: justify;">          « Un escalier coincé comme une échelle de cordage. Deux pièces spacieuses. Un bar. Trois types en chapeau mou, accoudés au bar, en train de regarder une partie de hockey à la télévision. Aucun son. Le poste est juché sur une étagère, à côté d’une énorme bouteille de budweiser » (CFANSF, 102) ;</p>
<p style="text-align: justify;">          « L’aube est arrivé, comme toujours, à mon insu. Gracile. » (CFANSF, 169) ;</p>
<p style="text-align: justify;">        « C’est simple : un petit groupe de gens possède dans ce pays tout l’argent disponible. Et, comme on le sait, avec l’argent on peut tout acheter : les êtres et les choses. » (CM, 16) ;</p>
<p style="text-align: justify;">         « Une simple pierre bloque l’entrée. L’intérieur est assez sommairement meublé. Trois nattes bien enroulées, debout contre le mur. Une cuvette blanche cabossée, en équilibre sur une minuscule table. Une toile – une marine de Viard – au mur. Et cette lourde corde couverte de suie dans un coin sombre » (CM, 95-96) ;</p>
<p style="text-align: justify;">          « Les gens viennent avec leurs illusions à Port-au-Prince. Même la grosse Sue. Il y a le soleil ici. Des fruits frais, du poisson grillé, la mer. Et j’ai un amant » (CM, 232).</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit, tout ce qui est du règne de la virtuosité, de l’exubérance, des agréments linguistiques est sans effet chez Laferrière. Il y a comme une volonté affichée d’écrire sans explorer la finesse et les subtilités langagières. Le style se veut simple, neutre, blanc, débarrassé de toute complexité et des procédés poético-esthétiques d’envergure classique, balzacienne. Cette manière délibérément déshydratée de raconter, d’écrire ; ce procédé intentionnellement minimal de narrer n’est autre que la traduction d’un monde qu’il n’est plus possible d’expliquer. Il s’agit pour l’écrivain de s’en tenir à la réalité ambiante, à un monde déconstruit, illogique, en perte de valeurs qui fondent tout mythe et tout imaginaire collectifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est encore plus nouveau dans cette littérature de corps de Dany Laferrière, c’est l’omniprésence du présent de l’indicatif, substituant ipso facto le passé simple, « pierre d’angle du récit » (Barthes, 1972 : 25). Les deux textes sont quasiment tissés à la lumière de ce tiroir verbal. On a qu’à voir les extraits ci-dessus. On dirait une écriture-reportage, taillée sur le dessein voilé de dire les choses tel que le hors-texte l’impose au moment de l’écriture. Il faut dire qu’avec ce procédé temporel, non seulement Laferrière s’affranchit de la réorganisation qu’impose le passé simple mais aussi il convertit son écriture en un indicateur, en un reportage qui renseigne à suffisance, au moment où le lectorat a ses œuvres en main, sur la misère de la jeunesse haïtienne et la vie chancelante, oisive et lutinée des immigrés africains d’Amérique. Le texte devient pour l’auteur un prétexte pour transcrire un contexte en proie au malaise et à la rupture des équivalences qui structurent le système social.</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>5-    </strong><strong>De la sexualité suggérée à la crudité pornographique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Le moins que l’on puisse constater d’entrée de jeu, à la lecture de ces écrits libertins de Dany Laferrière, c’est l’extrême banalité des scènes représentant l’acte charnel. Tout est décrit dans un style cru, pornographique, susceptible de choquer les âmes éduquées dans la stricte tradition bourgeoise. Autrement dit, les adeptes d’un érotisme fait de suggestions ou de surenchère esthético-littéraires sous fond de l’influence sadienne ou de Jacques Roumain<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn7">[7]</a>, sont loin de trouver leur compte chez Laferrière. Car l’acte sexuel est dépeint dans une indolence stylistique certaine, une écriture érotique dépourvue de la théâtralisation du désir et son corollaire qu’est l’amour. Au final, on pourrait coller à ces romans de Dany la même étiquette que celle qu’Olivier Bessard-Banquy attribue à ce texte de Catherine Millet, <em>La Vie sexuelle de Catherine M.</em><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn8">[8]</a> À savoir que :</p>
<p style="text-align: justify;">l’acte sexuel n’a […] plus aucun sens, il ne dit plus rien qui ait à voir avec le traditionnel désir de <em>faire l’amour</em>, c’est-à-dire de donner corps au sentiment qui unit les amants (…). Ce n’est pas seulement un pied de nez au mythe de l’amour-passion hérité de Tristan et Yseult et à la tradition des affinités électives sur lesquelles se sont fondés des siècles de couples amoureux, c’est un déni de la personnalisation du monde contemporain où chacun – homme et femme – a pour exigence quasi sacrée d’être aimé pour soi-même. (2005 : 53)</p>
<p style="text-align: justify;">Une telle appréciation ne peut qu’être judicieuse au regard de ces scènes sexuelles tirées des romans pour exemplifier nos analyses, et qui situent l’acte d’écrire comme de lire au même niveau que la production et  la consommation des films pornographiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Les ébats sexuels à caractère obscène foisonnent dans <em>La Chair du maître</em> et dans <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em>. Ceci à l’image même de la composition des récits en micro histoires où une pléthore de personnages n’a qu’une seule chose en tête : le sexe. Tel est le cas de June, une adolescente de 17 ans, fille d’un couple d’expatriés vivant et travaillant à Haïti. Cette June harcèle sexuellement le domestique de la demeure parentale au point d’obtenir gain de cause. C’est ainsi qu’elle</p>
<p style="text-align: justify;">s’empare avidement du sexe chauffé à blanc qu’elle glisse sous sa jupe sans autre forme de procès […] June galope. Et elle jouit, …, la bouche ouverte […] Elle se cabre. Les seins vers le ciel. La bouche, tordue. De longs gémissements. Elle veut s’arracher la peau. La douleur. Quelques spasmes. Et tout s’arrête. Le corps complètement allongé sur celui d’Absalom. Au repos. De temps en temps, un tressaillement. … (CM, 80).</p>
<p style="text-align: justify;">C’est avec la même crudité que Vieux de<em> Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em> décrit sa relation sexuelle avec l’une de ces multiples conquêtes, nommée Miz Littérature :</p>
<p style="text-align: justify;">Elle rejette, brusquement, la tête en arrière et j’ai le temps de voir une curieuse lumière au fond de ses yeux. Et elle replonge, bouche ouverte, vers mon pénis comme un piranha. Elle suce. Je grandis. Elle me chevauche. Ce n’est plus une de ces baises innocentes, naïves, végétariennes, dont elle a l’habitude. C’est une baise carnivore. Miz Littérature a commencé par pousser deux ou trois cris stridents. Le vase de pivoines, au-dessus de ma tête, menace à tout moment de nous fendre le crâne. Je fais l’amour au bord du gouffre. Miz Littérature s’est accroupie dans une sale position et elle monte et descend lentement le long de mon zob. Un mât suiffé. Son visage est complètement rejeté en arrière. Ses seins quasiment pointés vers le ciel et un sourire douloureux au coin de sa bouche. Je caresse ses hanches, son torse en sueur et la pointe exacerbée de ses seins. Elle se met tout à coup à me lancer de rapides et violentes saccades et son rauque lui monte à la bouche.  (CFANSF, 50-51).</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, tel que la relation chez Dany Laferrière est décrite, c’est sans composer avec la pudeur. Le style indélicat met à mal le respect des conventions en matière sexuelle en s’attelant à démonter les ressorts de la décence jusqu’à l’étalage de la bestialité. Les figurations sexuelles ne sont pas allusives comme chez le Maquis de Sade<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn9">[9]</a>, mais relatées suivant ce qu’il est convenu d’appeler avec Vincent Jouve : « l’érotisme explicite<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn10">[10]</a> » (2005 : 124).</p>
<p style="text-align: justify;">On s’accorde de plus en plus à reconnaître que la littérature érotique contemporaine s’écrit sans retenue et sans un accommodement avec la sensibilité du lecteur enclin à la pudeur. Certains, à l’instar de Christian Authier<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftn11">[11]</a>, y voient l’expression littéraire des mœurs sexuelles contemporaines. Dans cette logique, si les textes de Laferrière font cas des situations où l’amour est réduit au seul langage du corps et fait l’économie de toute spectacularisation des émotions, c’est pour traduire quelque part une société où « Le sexe par-dessus tout a cessé d’être l’étalon des tabous » (Olivier Bessard-Banquy, op. cit. : 47) et où le désir ascensionnel, à la faveur de la démocratisation des mœurs, est un objet de consommation comme tout le reste. À ce propos, s’il faut penser comme Daniel Delas que « …les écrivains [sont] à l’écoute de ce qui bat (les manières de vivre et d’aimer) au plus profond du cœur de leurs contemporains », il devient difficile voire impossible pour les romanciers libertins tel que Dany Laferrière de sublimer, au regard des habitudes de l’heure, la dynamique du désir et de la fusion sensuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce sens, Laferrière n’a d’autre choix que de donner à voir, afin d’inviter à y penser, des personnages englués dans une sexualité et un désir toujours grandissants. Tel qu’ils sont conçus, on les assimile plus facilement au sujet humain contemporain qui s’évertue à « …mettre tout son esprit à se faire à la fois sujet et objet d’extase » (René Milhau, 1985 : 123).</p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, écrire pour Dany Laferrière c’est constater. Son observation de la société est acérée. L’art d’écrire se distingue par une épuration radicale de la forme ainsi que de la matière. Dans un style délibérément indigent, un langage dédouané de la finesse et de l’ingéniosité, Laferrière utilise peu de mots comme si le pari était d’établir un parallélisme entre sa prose et l’individualisme caractéristique d’une époque où les relations sociales manquent de densité. Si non comment comprendre le déséquilibre psycho-sociale voire la psychorigidité de ses personnages ? Le rejet du détail anecdotique dans ses intrigues ? Pour Laferrière, c’est clair qu’il ne faut pas 36 solutions pour comprendre que dans des sociétés où les relations humaines deviennent progressivement impossibles, il est tout à fait accessoire pour un écrivain de s’étaler ou  de tracer une vie sur des centaines de page. Par conséquent, Laferrière campe dans ses récits des personnages dont la vie est plus instantanée qu’ambitieuse. L’instant c’est les bars, les stupéfiants, la musique et les plaisirs d’Éros. La sexualité développée, appréhendée dans son aspect clinique, transforme le corps en outil de plaisir, un objet de jouissance et de cathexis.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="center"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aron, P. et al (s/d) (2002), <em>Le Dictionnaire du littéraire</em>, Paris, PUF.</p>
<p style="text-align: justify;">Barthes, R. (1972), <em>Le Degré zéro de l’écriture</em>. Suivi de <em>Nouveaux Essais critiques</em>, Paris, Seuils.</p>
<p style="text-align: justify;">Barthes, R. (2000), <em>Essais Critiques</em>, Paris, Seuils.</p>
<p style="text-align: justify;">Bessard-Banquy, O. (2005) « L’écriture du sexe aujourd’hui. La littérature entre le désenchantement érotique et le dégoût charnel », in Revue d&#8217;Etudes Culturelles en Ligne, <a href="http://etudesculturelles.weebly.com/erotisme.html%20121-132">http://etudesculturelles.weebly.com/erotisme.html</a> pp. 47-58.</p>
<p style="text-align: justify;">Bordas, et al (2002), <em>L’analyse littéraire</em>, Paris, Nathan.</p>
<p style="text-align: justify;">Corten, A. (2001), <em>Diabolisation et mal politique. Haïti : misère, religion et politique</em>,Montréal-Paris : Éditions du CIDIHCA-Karthala.</p>
<p style="text-align: justify;">Delas, D. (2003), « Décrire la relation : de l’implicite au cru », in <em>Notre Librairie. Revues des </em><em>Littératures du Sud</em>. N<sup>o</sup> 151. Sexualité et écriture. Juillet-septembre, pp. 8-14.</p>
<p style="text-align: justify;">Delas, D. (2001), « Dany Laferrière, un écrivain en liberté », in <em>Notre Librairie. Revues des</em><em> Littératures du Sud</em>. N<sup>o</sup> 146. Nouvelle génération. Octobre-Décembre. pp. 88-99.</p>
<p style="text-align: justify;">Feze, Y-A. (2011), « Exil et posture identitaire chez Alain Mabanckou : <em>Black </em>Bazar, un roman black ? », in Pierre Fandio et Hervé Tchunkam (s/d), <em>Exils et migrations </em><em> postcoloniales. De l’urgence du départ à la nécessité du retour</em>, Yaoundé, Éditions Ifrikiya, pp. 63-84.</p>
<p style="text-align: justify;">Kamdem, P. E. (2003), « La Minimalité dans <em>L’étranger </em>d’Albert Camus », in <em>Sudlangues</em>, [en ligne], <a href="http://www.sudlangues.sn/spip.php?article67">http://www.sudlangues.sn/spip.php?article67</a></p>
<p style="text-align: justify;">Laferrière, D. (1985), <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em>, Québec, Lanctot Éditeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Laferrière, D. (2000) [Lanctot Éditeurs et Dany Laferrière, 1997], <em>La Chair du maître</em>, Paris, Le Serpent à Plumes.</p>
<p style="text-align: justify;">Jouve, V. (1997), <em>La Poétique du roman</em>, Paris, Éditions SEDES.</p>
<p style="text-align: justify;">Jouve, V. (2005), « Lire l’érotisme », in Revue d&#8217;Etudes Culturelles en Ligne, http://etudesculturelles.weebly.com/erotisme.html, pp. 121-132.</p>
<p style="text-align: justify;">Milhau, R. (1985), « Érotisme (Arts et Littérature) », in <em>Encyclopœdia universalis</em>, France S. A.</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref1">[1]</a> &#8211; Mondial parce que, à l’évidence multiples, diverses, sont aujourd’hui les littératures de langue françaises de par le monde, formant un vaste ensemble dont les ramifications enlacent plusieurs continents. Cf. Michel Le Bris et Jean Rouaud (sous la dir. de), <em>Pour une littérature-monde</em>, Paris, Gallimard, 2007.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref2">[2]</a> -<a href="http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurL/laferr_d/dany.html">http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurL/laferr_d/dany.html</a></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref3">[3]</a> -c’est-à-dire des récits qui présentent des situations érotiques</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref4">[4]</a> &#8211; François Duvalier après 14 ans de règne sans partage marqué par un pouvoir dictatorial et un climat de couvre-feu en Haïti, passe, en 1971, la main à son fils après avoir amendé la constitution. Le règne de son fils (Jean-Claude Duvalier), qui court jusque dans les années 1986, est connu pour être une période d’apaisement; il conserve, lui aussi, le peuple haïtien sous la dictature, mais permet l’intégration au pays de nouvelles mœurs.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref5">[5]</a> &#8211; Lire <em>La Chair du maître</em></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref6">[6]</a> &#8211; Lire <em>Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer</em></p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref7">[7]</a> &#8211; Jacques Roumain, <em>Gouverneurs de la rosée</em>, Imprimerie de l&#8217;État, Port-au-Prince, 1944.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref8">[8]</a> &#8211; Catherine Millet, <em>La Vie sexuelle de Catherine M</em><em>.</em>, Paris, Seuil, 2001.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref9">[9]</a> -<em> Justine ou les malheurs de la vertu </em>[Sade], ‘’Microsoft Études’’ 2008 [DVD]</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref10">[10]</a> -Dont les plaisirs de la chair sont clairement exprimés, sans ambigüité contrairement à « l’érotisme implicite »</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/L'%C3%A9criture%20minimaliste%20de%20dany%20Laferri%C3%A8re.doc#_ftnref11">[11]</a> &#8211; Christian Authier, <em>Le Nouvel Ordre sexuel</em>, Paris, Bartillat, 2002.</p>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/l%e2%80%99ecriture-minimaliste-de-dany-laferriere-comment-faire-l%e2%80%99amour-avec-un-negre-sans-se-fatiguer-et-la-chair-du-maitre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chroniques martiennes (1)</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/chroniques-martiennes/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/chroniques-martiennes/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 09:51:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>quiestemont</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politiques]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4517</guid>
		<description><![CDATA[« Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le menteur possède le grand avantage de savoir d’avance ce que le public souhaite entendre ou s’attend à entendre. » Hannah Arendt, Du mensonge en politique &#160; Avant-propos de l’éditeur Cette relation d’un voyage sur Mars raconte le séjour que fit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fpolitiques%252Fchroniques-martiennes%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Chroniques%20martiennes%20%281%29%20%23%22%20%7D);"></div>
<p align="right">« Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le menteur possède le grand avantage de savoir d’avance ce que le public souhaite entendre ou s’attend à entendre. »</p>
<p align="right">Hannah Arendt, <em>Du mensonge en politique</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Avant-propos de l’éditeur</p>
<p style="text-align: justify">Cette relation d’un voyage sur Mars raconte le séjour que fit l’auteur sur cette planète pendant la nuit du 31 mars au 1<sup>er</sup> avril 2011. À coup sûr, l’événement est trop prodigieux pour être crédible. L’auteur lui-même en est d’autant plus conscient qu’il a peine à s’avouer pour véritable ce qu’il a vécu. Cependant les souvenirs qu’il en garde sont si présents, si réels à ses yeux et si surprenants, qu’il s’est décidé à les coucher sur le papier. Par la suite, ayant montré son récit à quelques amis, ces derniers l’ont convaincu de faire connaître plus largement ce qu’ils appelaient son « témoignage ». « L’exemple si consternant de Mars, lui dirent-ils, pourrait bien valoir chez nous, sur Terre. Certes nous avons la chance de nous mieux gouverner que ces Martiens, mais il ne peut être que salutaire de mettre sous les yeux de tous les habitants de notre planète ce qu’il faut surtout ne pas faire. Ainsi serons nous raffermis dans la confiance envers nos institutions et ferons nous tout ce qui est nécessaire pour les préserver. »</p>
<p style="text-align: justify">Ce raisonnement fut à peu près le nôtre lorsque le manuscrit nous est parvenu. Il nous est apparu nécessaire de le publier, le caractère invraisemblable du récit n’ôtant rien, selon  nous, à sa pertinence.</p>
<p style="text-align: justify">L’auteur, on le verra, n’a rien à raconter sur la manière dont il s’y est pris pour se rendre sur Mars. Interrogé par nos soins, il n’a rien pu nous dire d’autre que ceci : après une soirée passée à deviser agréablement avec des personnes de sa connaissance, il est rentré chez lui, à Paris, s’est mis au lit et s’est endormi. C’est alors qu’il s’est trouvé brutalement transporté sur Mars. Il n’y a pas eu de transition : l’instant d’avant, il était couché dans son lit ; l’instant d’après, il se trouvait face à un petit groupe de Martiens qui lui souhaitaient la bienvenue. Qu’il s’agît bien de Mars ne faisait aucun doute dans l’esprit de notre auteur et cela lui fut immédiatement confirmé par ses interlocuteurs. Chacun, Terrien ou Martien, s’exprimait dans sa langue mais comprenait immédiatement ce que l’autre disait.</p>
<p style="text-align: justify">Suivant le témoignage de l’auteur, les Martiens sont assez semblables à l’image que nous nous en faisons, puisque leur aspect est à peu près humain et qu’ils ont effectivement la peau verdâtre, à défaut d’être tout à fait verte. Il serait pourtant erroné de se les représenter comme les « petits hommes verts » de notre littérature enfantine, car ils sont en moyenne plus grands et plus corpulents que nous. Leur attitude envers l’habitant d’une autre planète fut des plus accueillantes. Jamais, au cours de son voyage, l’auteur n’eut à subir la moindre violence. Les Martiens étaient, certes, curieux de le rencontrer, mais jamais au point de l’importuner. Ils répondirent volontiers à toutes ses questions, la traduction ne présentant aucune difficulté de part et d’autre. Les réponses de ses interlocuteurs l’ont souvent désarçonné. C’est ce qui rend son récit si curieux et si intéressant à la fois.</p>
<p style="text-align: justify">Pour en revenir au voyage lui-même, l’auteur n’obtint là-dessus aucun éclaircissement de la part des Martiens. Ils n’étaient pas trop surpris de le voir surgir devant eux, car l’un de leurs mythes, proche du nôtre, leur avait enseigné que la Terre était habitée par de petits êtres blafards dont la morphologie n’était pas très différente de la leur. Par contre, ils n’avaient pas la moindre explication à fournir sur le moyen de voyager entre la Terre et Mars. Leur technologie n’était pas si avancée qu’ils pussent envisager eux-mêmes un voyage versla Terre, sans même parler d’un déplacement instantané !</p>
<p style="text-align: justify">Le voyage de retour s’effectua de la même mystérieuse façon que l’aller. L’auteur reprit brusquement conscience qu’il avait regagné son lit. Consultant aussitôt son réveil, qui faisait également office de calendrier, il constata que quelques minutes au plus s’étaient écoulées depuis le moment où il avait dû sombrer dans le sommeil. Il se dit, naturellement, qu’il avait rêvé. Tout, néanmoins – en dehors de l’impossibilité apparente du voyage lui-même, comme de la compression en quelques minutes seulement d’un séjour extraterrestre de plusieurs semaines – le conduisait à rejeter cette hypothèse. Car un rêve ne laisse pas des souvenirs aussi vifs, ni aussi précis, ni aussi durables. Les divers épisodes de son séjour sur Mars étaient aussi présents dans sa mémoire que ceux de ses dernières vacances en Chine. Ils l’étaient même davantage, la communication avec les Martiens s’étant avérée bien plus facile qu’avec les Chinois. Car si les premiers s’avèrent souvent déroutants dans leur propos, les seconds ne le sont pas beaucoup moins, sans parler des problèmes de traduction.</p>
<p style="text-align: justify">Ces explications apparaîtront peut-être insuffisantes à certains. D’autant que, de crainte de se montrer ennuyeux, l’auteur a renoncé à conter par le menu tout ce qui lui était arrivé pendant son séjour. Il n’a retenu que les épisodes qui lui paraissaient devoir être les plus instructifs. Quant au fond, son message est clair : comme ses amis l’y ont encouragé, il veut nous mettre en garde contre de possibles relâchements dans notre manière de nous gouverner nous-mêmes. Rien ne nous garantit, en effet, que nous soyons complètement à l’abri des errements observés dans la politique martienne. C’est la seule justification de ces chroniques. Au lecteur de juger si elle est suffisante.</p>
<p>&nbsp;</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/chroniques-martiennes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cahier d&#8217;un guerrier de l&#8217;imaginaire (2).</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/cahier-dun-guerrier-de-limaginaire-2/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/cahier-dun-guerrier-de-limaginaire-2/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 14:58:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>pchamoiseau</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caraïbes]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4518</guid>
		<description><![CDATA[&#171;&#160;Il s&#8217;agit de courts textes sur des sujets de littérature ou d&#8217;actualité politique que Patrick Chamoiseau a écrits et diffusés via internet et les réseaux sociaux depuis 2009. J&#8217;ai eu l&#8217;idée de les rassembler et leur donner cette forme qui a beaucoup plus à Chamoiseau.&#160;&#187; Luigia Pattano. Cliquez ici pour visualiser Cahier d&#8217;un guerrier de l&#8217;imaginaire (2).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fpolitiques%252Fcahier-dun-guerrier-de-limaginaire-2%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Cahier%20d%27un%20guerrier%20de%20l%27imaginaire%20%282%29.%20%23%22%20%7D);"></div>
<p>&laquo;&nbsp;Il s&#8217;agit de courts textes sur des sujets de littérature ou d&#8217;actualité politique que Patrick Chamoiseau a écrits et diffusés via internet et les réseaux sociaux depuis 2009. J&#8217;ai eu l&#8217;idée de les rassembler et leur donner cette forme qui a beaucoup plus à Chamoiseau.&nbsp;&raquo; <a href="http://mondesfrancophones.com/author/lpattano/">Luigia Pattano.</a></p>
<p>Cliquez <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/cham_zibaldone2.pdf" target="_blank">ici</a> pour visualiser Cahier d&#8217;un guerrier de l&#8217;imaginaire (2).</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/cahier-dun-guerrier-de-limaginaire-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quelles victoires pour Nicolas Sarkozy ?</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/quelles-victoires-pour-nicolas-sarkozy/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/quelles-victoires-pour-nicolas-sarkozy/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 01:49:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4540</guid>
		<description><![CDATA[Inutile de finasser : la probabilité d’une réélection de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012 est infime, et la « petite chance sur deux » qui lui est attribuée par son vespéral ami Alain Minc relève de l’euphémisme pour dire que c’est vraiment mal barré. Comment pourrait-il en être autrement ? A-t-on jamais vu un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fpolitiques%252Fquelles-victoires-pour-nicolas-sarkozy%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Quelles%20victoires%20pour%20Nicolas%20Sarkozy%20%3F%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/quelles-victoires-pour-nicolas-sarkozy/attachment/sarkozy/" rel="attachment wp-att-4541"><img class="alignleft size-full wp-image-4541" title="sarkozy" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/sarkozy.jpg" alt="" width="567" height="420" /></a>Inutile de finasser : la probabilité d’une réélection de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012 est infime, et la « petite chance sur deux » qui lui est attribuée par son vespéral ami Alain Minc relève de l’euphémisme pour dire que c’est vraiment mal barré. Comment pourrait-il en être autrement ? A-t-on jamais vu un chef d’Etat ou de gouvernement gagner les élections quand le chômage explose, le pouvoir d’achat baisse et qu’on ne peut faire autrement que d’augmenter les impôts et réduire les prestations sociales ?<em>« It’s the economy, stupid ! »</em>, le bon sens clintonien vaut des deux côtés de l’océan Atlantique.</p>
<p>L’histoire de la Vème République nous enseigne également que les seconds mandats à l’Elysée se conquièrent dans un contexte de cohabitation, où la défense du bilan repose entièrement sur le premier ministre challenger. De plus, on arrive au bout d’un cycle décennal de pouvoir de droite, ce moment où le peuple estime que l’alternance doit jouer, pour la bonne santé de la démocratie. Enfin, la stratégie de la « rupture dans la continuité », qui fut celle de Giscard en 1974 et de Sarkozy en 2007, est un « one shot » : rompre avec soi-même est un exercice peu propice à vous attirer la faveur des électeurs.</p>
<p>Face à ces tendances lourdes de la vie politique, la personnalité du candidat à sa propre succession est de peu de poids, même si elle fait l’objet de gloses incessantes de la part des commentateurs.<br />
Pourtant, ce n’est pas parce que la défaite est en vue que l’on peut faire n’importe quoi et imiter Néron versifiant pendant que Rome brûle…<br />
En effet, toutes les défaites ne se ressemblent pas : il en est qui sont des désastres et d’autres porteuses de promesses pour le camp politique auquel on appartient. Jospin 2002 ou Ségolène Royal 2007 en sont l’illustration.</p>
<p>Pour Nicolas Sarkozy, accéder au second tour est donc un objectif essentiel, qui est loin d’être acquis : au début de l’année 2002, Le Pen père plafonnait autour de 10-12% dans les sondages et l’on a vu le résultat final. L’omniprésence médiatique des deux « principaux » candidats — chacun son dimanche — a fait passer au second plan la présence de deux candidats, Marine Le Pen et François Bayrou bien décidé à faire « turbuler le système », comme Chevènement le revendiquait pour son compte en 2002. Ils ne vont pas tarder à réapparaître. Dans cette perspective, l’intervention télévisée du 29 janvier de Nicolas Sarkozy était assez bien calibrée : on laisse de côté le discours « sécuritaire », qui renforce le FN, pour se concentrer sur l’économie avec des propositions douces aux oreilles du peuple de droite : la TVA plutôt que l’augmentation de l’impôt sur le revenu, les négociations sociales au niveau de l’entreprise plutôt que des « Grenelle » face aux appareils syndicaux. S’il parvient à conserver sur son nom les suffrages de la droite « bourgeoise » et empêcher qu’elle n’aille rejoindre le camp de François Bayrou, Sarkozy peut éviter le pire, un duel François Hollande-Marine Le Pen qui serait une sorte de Fukushima de la droite. L’UMP éclaterait entre les partisans d’une alliance avec le FN et ceux de la poursuite de l’ostracisation de l’extrême droite.</p>
<p>Les sondages actuels concernant le second tour ne laissent pas beaucoup d’espoir à Nicolas Sarkozy de l’emporter au finish. Mais il n’est pas sans conséquences de finir à 58-42 ou à 52-48. Dans le premier cas, les élections législatives de juin s’annoncent comme une déroute pour l’UMP, donc on revient à la case précédente : le risque d’accords entre une partie de l’UMP et le FN, notamment en PACA ou le Nord-est pour sauver son siège au Palais Bourbon. Dans le cas d’une défaite « honorable », la cohésion de l’UMP serait plus facile à maintenir, et la droite pourrait se lancer à la reconquête de ses territoires perdus au cours des dix dernières années : mairies, départements, régions, ce qui détermine la reprise du Sénat perdu de justesse en 2011. L’actuel président est un redoutable duelliste, et il n’est pas exclu qu’il parvienne à réduire de manière conséquente l’écart avec François Hollande que prédisent les augures.</p>
<p>Nicolas Sarkozy a laissé entendre, en fausse confidence, que l’on n’entendrait plus parler de lui s’il était battu. Qui peut le croire ? D’abord, à moins d’aller s’enterrer dans un monastère, rien ne pourra empêcher les fouineurs d’aller voir à quoi l’ex-président occupe sa semaine de travail réduite du mardi au jeudi. Ensuite, être ancien président est un vrai métier dont la bonne gestion conditionne le regard porté sur son action lorsqu’il était au pouvoir. De Gaulle et Mitterrand n’ont pas survécu plus d’un an à leur retrait de la vie politique. Chirac est protégé par son statut de malade. Giscard est courageusement reparti de la base après sa défaite. Les mauvais exemples, dans ce domaine, sont légions : Tony Blair qui fait fortune par des conférences et des jetons de présence dans les multinationales, Gerhard Schröder qui se vend à Vladimir Poutine… Et si l’on essayait la vertu ? Les victoires sur soi-même ne sont pas les moins belles.</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/quelles-victoires-pour-nicolas-sarkozy/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>FRANTZ FANON, L&#8217;HOMME DE RUPTURE d&#8217;Abdelkader Benarab</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/frantz-fanon-lhomme-de-rupture-abdelkader-benarab/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/frantz-fanon-lhomme-de-rupture-abdelkader-benarab/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 19:18:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>abenarab</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afriques]]></category>
		<category><![CDATA[Caraïbes]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4534</guid>
		<description><![CDATA[Ce livre d&#8217;une centaine de pages dense et précis, présente Frantz Fanon dans un parcours atypique au cours d&#8217;une période où la lutte pour l&#8217;indépendance de l&#8217;Algérie était à l&#8217;ordre du jour. À travers ce combat, il est devenu un héros, frère des Algériens, ami de l&#8217;Algérie combattante, de l&#8217;Afrique en marche, de tous les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fafriques%252Ffrantz-fanon-lhomme-de-rupture-abdelkader-benarab%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22FRANTZ%20FANON%2C%20L%27HOMME%20DE%20RUPTURE%20d%27Abdelkader%20Benarab%20%23%22%20%7D);"></div>
<div id="attachment_4535" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/frantz-fanon-l-homme-de-rupture-d-abdelkader-benarab.jpg"><img class="size-full wp-image-4535" title="Frantz Fanon l'homme de rupture, d'Abdelkader Benarab" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/frantz-fanon-l-homme-de-rupture-d-abdelkader-benarab.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Frantz Fanon, l&#39;homme de rupture, Paris, éd.  Alfabarre, 2010.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Ce livre d&#8217;une centaine de pages dense et précis, présente Frantz Fanon dans un parcours atypique au cours d&#8217;une période où la lutte pour l&#8217;indépendance de l&#8217;Algérie était à l&#8217;ordre du jour. À travers ce combat, il est devenu un héros, frère des Algériens, ami de l&#8217;Algérie combattante, de l&#8217;Afrique en marche, de tous les émancipés et des hommes libres de tous les continents. Comment alors ne pas percevoir chez A. Benarab l&#8217;auteur, ce rappel à la mémoire, à l&#8217;histoire et à la maturité de l&#8217;esprit de Frantz Fanon né en Martinique et à peine âgé de 28 ans en ces temps durs des guerres de libération que connaissait l&#8217;Afrique et où se jouait son destin. Rien en effet ne prédisposait Frantz Fanon à une carrière aussi prestigieuse, souvent complexe et parfois controversée. Benarab a su avec ce livre et le privilège en référence aux travaux d&#8217;Edouard Said et de Homi Bhabha, de mettre en lumière F. Fanon et lui redonner une nouvelle existence grâce à la fécondité de son langage et surtout le poids des mots sincères à son endroit, déployés avec aisance et finesse tout au long de son récit.</p>
<p style="text-align: justify;">Le livre de M. Benarab explique la pensée de Fanon en permanence traversée par le rapport ambigu subalterne / hégémonique, culture populaire / culture dominante, suprématie culturelle / identité raciale, sans oublier de le distinguer sur les relations toutes aussi ambiguës d&#8217;ailleurs avec Jean Paul Sartre à propos de la préface de son livre Les Damnés de la Terre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la critique de l&#8217;époque, par une lecture biaisée n&#8217;a retenu de l&#8217;œuvre de Fanon que la violence. D&#8217;ailleurs il fut moins jugé pour son œuvre que pour l&#8217;Antillais qu&#8217;il était, au moment même où l&#8217;intelligentsia française &laquo;&nbsp;a tiré l&#8217;écriture de F. Fanon vers une violence fantasmée&nbsp;&raquo;. En vérité c&#8217;est la Révolution algérienne qui était visée à travers lui. A partir de ce travail de recherche laborieux, méticuleux d&#8217;un intellectuel qui a beaucoup lu et apprécié F. Fanon, l&#8217;auteur porte aussi un regard nouveau sur ce personnage hors du commun.<br />
Le 6 décembre 1961, à l&#8217;âge de 36 ans, Fanon décède des suites d&#8217;une leucémie à Washington. Il est d&#8217;abord inhumé au cimetière des martyrs à Tunis puis son corps fut rapatrié de Tunisie en Algérie indépendante qu&#8217;il aurait aimé voir en ces jours de gloire et de liberté. Il repose désormais parmi ses frères en terre algérienne avec son dernier vœu accompli.</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/frantz-fanon-lhomme-de-rupture-abdelkader-benarab/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Espaces du souvenir et de construction des identités urbaines et sociales dans Petit Jo, enfant des rues d’Évelyne Mpoudi Ngollé.</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/espaces-du-souvenir-et-de-construction-des-identites-urbaines-et-sociales-dans-petit-jo-enfant-des-rues-d%e2%80%99evelyne-mpoudi-ngolle/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/espaces-du-souvenir-et-de-construction-des-identites-urbaines-et-sociales-dans-petit-jo-enfant-des-rues-d%e2%80%99evelyne-mpoudi-ngolle/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 15:25:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oltadaha</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afriques]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4520</guid>
		<description><![CDATA[ Introduction Paraphrasant Karlheinz Stierle, Henri Garric considère la ville comme « un système sémiotique ».[1] Ainsi comprend-on que la ville pourrait être un énoncé produit par un énonçant, dans un contexte et une dimension temporelle d’énonciation particuliers. La notion du chronotope[2] migre alors de la linguistique pour se retrouver dans l’urbanisme. Et la ville postcoloniale, justement, se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fafriques%252Fespaces-du-souvenir-et-de-construction-des-identites-urbaines-et-sociales-dans-petit-jo-enfant-des-rues-d%2525e2%252580%252599evelyne-mpoudi-ngolle%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Espaces%20du%20souvenir%20et%20de%20construction%20des%20identit%C3%A9s%20urbaines%20et%20sociales%20dans%20Petit%20Jo%2C%20enfant%20des%20rues%20d%E2%80%99%C3%89velyne%20Mpoudi%20Ngoll%C3%A9.%20%23%22%20%7D);"></div>
<p style="text-align: justify;" align="center"> <strong>Introduction</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Paraphrasant Karlheinz Stierle, Henri Garric considère la ville comme « un système sémiotique ».<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn1">[1]</a> Ainsi comprend-on que la ville pourrait être un énoncé produit par un énonçant, dans un contexte et une dimension temporelle d’énonciation particuliers. La notion du <em>chronotope</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn2">[2]</a> migre alors de la linguistique pour se retrouver dans l’urbanisme. Et la ville postcoloniale, justement, se révèle comme le résultat d’une énonciation multidimensionnelle : c’est une construction historique, architecturale et sociologique bâtie sur les lois de la verticalité et de l’horizontalité. Les métropoles camerounaises Douala et Yaoundé ne constituent pas une exception à ces principes fondateurs des cités humaines. Douala et Yaoundé, comme un édifice architectural, ont leur fondation dans le passé colonial, leurs murs dans l’ère postcoloniale et leur toit dans l’avenir. La plume d’Evelyne Mpoudi Ngollé,<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn3">[3]</a> à travers <em>Petit Jo, enfant des rues,</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn4">[4]</a>  fait de Douala et de Yaoundé des espaces urbains dont l’expansion verticale et horizontale est assurée par des actants peu ordinaires. La tâche qui nous incombe dans la présente contribution consiste à répondre aux questions suivantes : Comment les toponymes Douala et Yaoundé révèlent-ils le souvenir ou la mémoire? Comment contribuent-ils à la construction des identités urbaines et sociales ? Le souvenir que nous rapprochons à la notion de mémoire renvoie dans la présente communication au patrimoine immatériel évocateur de l’histoire, du passé  partagé par les membres d’une communauté. Ce côté historique de l’espace urbain est d’ailleurs déterminant pour la définition du concept d’identité urbaine tel que appliqué par  Helle H. Waahlberg<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn5">[5]</a> aux romans d’Honoré de Balzac. Pour Waahlberg l’identité urbaine renvoie aux éléments caractéristiques de l’espace urbain que sont l’histoire, les mœurs et les interactions entre l’homme et la ville, et les rapports interhumains. Et ces rapports interhumains que Laurent Licata, reprenant Tajfel et Turner, appelle « comportements intergroupes»<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn6">[6]</a> donnent à leur tour naissance aux identités sociales.<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn7">[7]</a> C’est dans cette logique que nous insisterons tour à tour sur les notions de souvenir, d’identité urbaine et d’identité sociale.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>1-Douala et Yaoundé ou espaces du souvenir.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>            </strong>Parlant de la relation entre la mémoire et la littérature Antoine Compagnon affirme : « Tout […] se retrouve dans une œuvre […] comme dans une somme intégrale de la culture, non seulement les événements les plus importants, qu’on dit « historiques », […] mais aussi les « potins » les plus insignifiants »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn8">[8]</a><strong>. </strong>Il fait de la littérature l’agent de l’histoire et pense à juste titre que « la littérature ne parle pas que de la littérature, mais, à travers la littérature, elle parle de la vie et du monde »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn9">[9]</a>.<strong> </strong>C’est dans ce sens que PJ fait des villes Douala et Yaoundé, espaces fictifs de roman, des endroits sacrés symboliques de la mémoire. Les toponymes Douala et Yaoundé deviennent dans le roman de Mpoudi Ngollé la réminiscence de deux faits historiques majeurs : la naissance de l’État Cameroun pour l’un, et la colonisation allemande au Cameroun pour l’autre.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le toponyme Douala trouve sa première évocation singulière dans le roman par « l’hôpital CEBEC de Douala »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn10">[10]</a> (PJ : 15). C’est l’un des plus anciens centres hospitaliers de Douala, vestiges de la colonisation et souvenir du contact entre les populations autochtones et les missionnaires occidentaux. Cet hôpital symbolise le mal être social en ce sens qu’il est, tel que présenté dans le texte, le dépotoir des nourrissons, abandonnés par leurs génitrices. C’est le lieu « de naissance » de Joseph Dipita, héros éponyme du roman de Mpoudi Ngollé. Il y a été déposé quelques jours après sa venue au monde. A travers l’hôpital CEBEC, Douala évoque l’histoire des enfants abandonnés. Dipita Joseph ou « l’inconnu de l’hôpital » (PJ : 14) dont le patronyme signifie « espérance » (PJ : 15) se voit attribuer « une origine duala, ou du moins de la province du littoral. » (PJ : 15) Petit Jo<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn11">[11]</a> est le prototype des enfants nés du contact social entre les peuples de la côte camerounaise et les colonisateurs occidentaux. Comme beaucoup d’enfants mulâtres, Petit Jo ne pouvait mériter à cette époque-là un meilleur sort.</p>
<p style="text-align: justify;">Le centre hospitalier susmentionné est situé sur la rive gauche du fleuve Wouri, fleuve mythique et symbolique qui conditionne plus ou moins la vie des populations riveraines. En plus de l’activité commerciale liée au port construit à son embouchure les populations y mènent une activité intense de pêche. C’est ce fleuve qui, par la contingence de l’histoire, donne son nom à l’État Cameroun. Appelé <em>Rio dos Camaroes</em> et <em>Rio dos Camarones</em> respectivement par les explorateurs portugais et espagnols<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn12">[12]</a> le fleuve Wouri désignera, la colonisation<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn13">[13]</a> aidant, la région s’étendant de l’estuaire à l’hinterland que les colonisateurs allemands, français et anglais appelleront respectivement <em>Kamerun</em>, Cameroun ou <em>Cameroon</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espace urbain désigné par le toponyme « Douala » que l’écrivaine ne confond pas avec « duala » (PJ : 15), qui rappelle l’un des peuples du golfe de Guinée, s’appelait <em>Cameroon Towns,</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn14">[14]</a> ensuite <em>Kamerunstadt</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn15">[15]</a> pour devenir Douala (désignant la ville côtière), tandis que <em>Kamerun</em> désignera tout le territoire conquis par le colonisateur allemand dans le golfe de Guinée.<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn16">[16]</a></p>
<p style="text-align: justify;"> CEBEC qui signifie Conseil des Églises Baptistes et Évangéliques du Cameroun (PJ :15), ravive le souvenir de l’arrivée des missionnaires chrétiens à l’instar d’Alfred Saker<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn17">[17]</a> et Thomas Horton Johnson qui, pour appâter et convertir les populations autochtones, investirent dans des œuvres sociales en créant des centres de santé et des écoles comme « la mission protestante de Ndoungué » (PJ :27). Le souvenir devient plus vivace lorsque Moussima (père adoptif du héros) révèle que « les bonnes sœurs » (PJ :17) venues du « pays des Blancs » (PJ :17) prenaient en charge les populations démunies, accueillaient des enfants déshérités qu’elles casaient ensuite dans des centres créés à cet effet. Même si Douala est sacré parce qu’elle évoque le passé ou encore la naissance du Cameroun, il faut relever que ce passé est plus ou moins douloureux, mais peut-être pas autant douloureux que le souvenir de la colonisation allemande au Cameroun symbolisée par Yaoundé.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour décrire Yaoundé le narrateur met l’accent sur des sites symboliques de l’histoire de la ville. Le lecteur arrive à Yaoundé par l’ « Ecole Normale Supérieure » (PJ : 65), une institution conçue selon le modèle français pour former les enseignants des lycées et collèges. Cette école rappelle justement l’introduction de l’école européenne au Cameroun par les missionnaires et colonisateurs allemands. A sa création officielle en 1889<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn18">[18]</a> par les Allemands Yaoundé est d’abord un centre de recherche sur la culture de l’hévéa avant de devenir une station militaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Après Ngoa Ekelle, où est située l’École Normale Supérieure, le narrateur promène le lecteur sur les berges de la rivière Nfoundi et dans le marché du même nom, espaces érigés en véritable quartier général des enfants de la rue et des hors-la-loi. Le narrateur fait un rapprochement entre la rivière et la gare ferroviaire et en fait des complices anthropomorphes des brigands comme l’atteste le passage suivant :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"> […] la rivière <em>Mfoundi</em>, avec l’herbe qui pousse haut sur les berges, offre aux fugitifs éventuels une cachette de choix. Le voleur poursuivi s’y fond, remonte ensuite à la nage jusqu’à la gare et n’a plus qu’à mettre son butin à l’abr.i (PJ : 9)</p>
<p style="text-align: justify;">La rivière Nfoundi et la gare ferroviaire portent les traces de la présence coloniale allemande. Les premières lignes de chemin de fer et la gare ferroviaire de Yaoundé ont été créées par le colonisateur allemand.</p>
<p style="text-align: justify;">            Bien plus, le vocable <em>Yaoundé</em> serait une fabrication allemande. D’après Mathieu Meyeme, la cité que désigne Yaoundé s’appelait jadis <em>epsum</em>  ou <em>n’tsonun</em> , c’est-à-dire chez Essono Ela<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn19">[19]</a>. Pour résister à la pénétration étrangère une clôture fut construite autour de la cité. C’est ainsi que <em>epsum</em> devint <em>ongola</em>, c’est-à-dire clôture. Le vocable Yaoundé quant à lui naîtra d’un malentendu linguistique, d’une mauvaise transcription de <em>mia wondo</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn20">[20]</a>, c’est-à-dire semeurs d’arachides, par les colonisateurs allemands. C’est ainsi que Ongola deviendra officiellement le 30 novembre 1889 Jaunde (en Allemand) et plus tard Yaoundé.</p>
<p style="text-align: justify;">            Pour leur image de marque les villes réelles mettent en avant-scène les héros de leur histoire à travers des lieux et figures symboliques (des monuments par exemple). Douala et Yaoundé ne dérogent pas à la règle, mais le font de façon particulière : elles mettent en avant des personnages anthropomorphes tels que « l’hôpital CEBEC » et le fleuve Wouri pour l’une, la rivière et le marché du Mfoundi pour l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>2-      </strong><strong>Douala et Yaoundé - Lieux de construction d’une identité urbaine.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">                   Waahlberg propose, parlant de Paris dans les romans de Balzac, de mettre l’accent sur « la place de la littérature dans l’identité d’une ville »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn21">[21]</a>, sur le « tableau des mœurs »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn22">[22]</a> qui révèlent les « aspects moraux »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn23">[23]</a>et enfin sur « le rapport entre l’homme et la ville et les rapports interhumains résultant des contraintes caractérisant la vie dans la grande ville »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn24">[24]</a>. Dans notre analyse nous insistons sur le rapport entre les personnages et la ville, et sur l’interaction entre les personnages. Douala et Yaoundé, telles que présentées dans le roman, contribuent à la construction de l’identité urbaine à travers leur interaction avec les personnages dont elles influencent le destin en les enfermant dans des espaces labyrinthiques où ils finissent par s’affronter comme dans une jungle.</p>
<p style="text-align: justify;">Chez Mpoudi Ngollé Douala et Yaoundé sont de véritables labyrinthes. La gestion de l’espace dans PJ est particulière parce qu’elle est conditionnée par la mobilité ou le déplacement des personnages. Les constructions sont disposées comme des pillons d’un jeu d’échec qui se meuvent au gré des actants que sont  la motivation personnelle, la condition sociale et parfois même la main invisible du destin. La juxtaposition des constructions laisse voir l’itinéraire des déplacements quotidiens des personnages, prisonniers des chemins rectilignes, circulaires et tortueux.</p>
<p style="text-align: justify;"> De « l’hôpital CEBEC de Douala » (PJ :15) où Petit Jo est symboliquement né, il va à la case de « père » (PJ :21) qui l’élève, continue son chemin vers le « point de vente des beignets de Mami Dada » (PJ :21) où il apprend à ramper, longe les berges du Wouri pour pêcher avec « les autres pêcheurs du quartier » (PJ : 23), non loin de « la gendarmerie de Bonabéri » (PJ :23).</p>
<p style="text-align: justify;">Le déplacement à l’horizontal devient une spirale infernale à laquelle les personnages sont condamnés. Prenant la route nationale qui mène à l’Ouest, Petit Jo se rend à Ndoungué<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn25">[25]</a> où il découvre le « centre évangélique » (PJ : 30), « l’hôpital protestant, les collèges et les écoles primaires, le marché…» (PJ : 30). Placé « en pension à Ndoungué » (PJ : 28), le héros ne peut malheureusement pas continuer ses études faute de certificat de naissance. Il apprend la mort de son père adoptif et se trouve dans l’obligation de s’enfuir pour échapper à son destin, pour se fabriquer ailleurs un nouvel avenir. Précocement il fait le bilan de sa jeune vie et prend l’ultime décision, celle de s’en aller. Et voici ce qu’il pense :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">Il s’en irait à l’aventure, loin de toute illusion. Puisque la société ne voulait pas de lui, il se débrouillerait seul. On ne voulait pas reconnaître son existence ? Eh bien, il prouverait qu’il existait, dût-il vivre en marge de la société. (PJ : 56)</p>
<p style="text-align: justify;">C’est alors qu’il pose ses valises à Yaoundé, fait la connaissance des enfants de la rue abandonnés à leur triste sort, élit domicile avec quelques uns de ces laissés-pour-compte dans « un container encombré de vieux meubles et ferrailles…» (PJ : 5) Tant bien que mal il apprend « à survivre dans [la] jungle de la rue, où seuls les durs peuvent rester en vie» (PJ: 5).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce nouveau labyrinthe où il n’y a visiblement pas de fil d’Ariane, Petit Jo se rend à l’évidence que tout est lié, scellé par des lois d’une combinaison paradoxale et absurde : les lycées Leclerc ou d’<em>Anguissa</em> sont liés à l’Ecole Normale Supérieure et les ministères, les marchés populaires aux supermarchés, les bidonvilles ou quartiers populaires (comme <em>Melen</em> ) aux quartiers chics et résidentiels ( à l’exemple de <em>Bastos</em>), le  « monde de la rue » (espace d’anarchie et de liberté infinie) au « commissariat central » (lieu d’oppression et de répression), hôtels et restaurants de luxe aux gargotes etc. Dans cet espace marqué par de nombreuses contradictions le personnage est appelé à se battre d’abord contre lui-même (principes personnels), ensuite contre la société (valeurs morales et religieuses) qui s’avère étouffante et vorace à la fois, dans l’espoir de trouver sa pitance quotidienne en attendant le jour du jugement dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">Ayant établi leur quartier général le long de la rivière Mfoundi les enfants de la rue, organisés en gangs rivaux se disputent le pouvoir, « le territoire du nouveau marché du Mfoundi » (PJ : 6). « Entre gare et marché [ils opèrent et] il fallait être un fainéant pour ne pas trouver sa pitance » (PJ : 6). La nature vient même parfois à leur secours comme le témoigne le passage suivant :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"> Les bandits ont donc commencé à y proliférer d’autant plus que la rivière <em>Mfoundi</em>, avec l’herbe qui pousse haut sur les berges, offre aux fugitifs éventuels une cachette de choix. Le voleur poursuivi s’y fond, remonte ensuite à la nage jusqu’à la gare et n’a plus qu’à mettre son butin à l’abri. (PJ : 9)</p>
<p style="text-align: justify;">De leur repaire  les héros du monde de la rue font des incursions dans les quartiers alentour, à <em>Mvog Ada</em> ou à <em>Melen</em>, passent au peigne fin les recoins de la cité dont ils deviennent les seuls et véritables maîtres.</p>
<p style="text-align: justify;">Douala et surtout Yaoundé, ressemblent finalement à deux labyrinthes dont les hors-la-loi sont les seuls maîtres. Conquises par les délinquants, les métropoles Douala et Yaoundé se transforment rapidement en jungles urbaines.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les villes Douala et Yaoundé on note une superposition particulière des réalités historiques et sociales. La superposition sous-entend ici un rapport de subordination, de domination et même d’oppression entre les réalités qui s’empilent les unes sur les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman de Mpoudi Ngollé évoque l’enchevêtrement et la superposition des réalités historiques, les unes cherchant à effacer les autres. L’évocation de Douala ou de Yaoundé rappelle, on l’a vu plus haut, plusieurs étapes de l’histoire du Cameroun, du premier contact avec les Occidentaux jusqu’à nos jours. La superposition ici établit une relation d’oppression et de prédation puisque les constructions urbaines étouffent, occultent et phagocytent même le passé. L’exemple nous vient de « l’hôpital CEBEC de Douala » qui masque plus ou moins le caractère historique de Douala. On peut également évoquer le « nouveau marché du Nfoundi » construit sur les ruines d’une gare ferroviaire, vestige et héritage colonial.</p>
<p style="text-align: justify;">En plus de la superposition des faits historiques on peut lire dans PJ une autre forme de superposition, qu’on dirait humaine, marquée par des relations plutôt belliqueuses entre les couches sociales. La première superposition de ce genre est celle  opérée par l’arrivée des Occidentaux. Et comme conséquence on peut évoquer l’imposition d’un modèle occidental de développement urbain. Le modèle européen inadapté imposé à la réalité locale a, le temps passant, créé de nouvelles formes de superposition. Le « ministère » (PJ : 58), « l’Ecole Normale Supérieure » et <em>Ngoa Ekelle</em> (référence faite à l’université) forment des cadres et autres fonctionnaires qui roulant en <em>Peugeot 504</em> toisent et oppriment les classes faibles. Ils abusent des jeunes filles des quartiers pauvres, font leurs courses dans les supermarchés à l’instar du « supermarché <em>Bonnes courses</em> » (PJ : 85) et usent du « Commissariat central » (PJ : 98) comme moyen d’oppression contre les pauvres, les hors-la-loi et les révoltés sociaux. Les couches défavorisées se contentent du menu fretin, fabriquent des enfants qu’elles n’arriveront jamais à encadrer, cherchent leur pitance dans des marchés populaires comme « <em>Bayam-sellam</em> », c’est-à-dire vendeuses de produits vivriers (PJ : 80), prostituée, brigand ou enfant de la rue.</p>
<p style="text-align: justify;">Les métropoles Douala et Yaoundé se révèlent en fin de comptes comme des jungles où la vie n’est  certainement pas agréable.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>3-      </strong><strong>Douala et Yaoundé - Lieux de construction des identités sociales.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">          Frédérique Autin<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn26">[26]</a>, parlant de la conception psychosociale de l’identité développée par Tajfel et Turner, convient que l’identité sociale « est définie comme la partie du concept de soi d’un individu qui résulte de la conscience qu’a cet individu d’appartenir à un groupe social ainsi que la valeur et la signification émotionnelle qu’il attache à cette appartenance ».<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn27">[27]</a> L’identité sociale suppose, donc, la prise de conscience de soi, de l’appartenance à un groupe et l’adoption du « comportement intergroupe ».<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn28">[28]</a> L’identité sociale dans <em>Petit Jo</em>  se façonne dans un espace ouvert ou clos et dans une logique d’affrontement, soit pour se maintenir dans un groupe, soit pour changer de groupe social. La ville conditionne la mobilité des personnages entre les pôles « du changement social » et de « la mobilité sociale » en leur imposant des paramètres d’identification que sont les espaces clos et les espaces ouverts. Dans le processus de construction des identités sociales Douala et Yaoundé agissent à la fois comme des pôles « du changement social » et de « mobilité sociale ». <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn29">[29]</a></p>
<p style="text-align: justify;">            Douala et Yaoundé sont avant tout des macro-espaces plus ou moins clos, identifiables sur une carte géographique. Ils confèrent à leurs habitants le statut de citadins, une marque identitaire qui se dilue pour laisser la place au « comportement intergroupe » que Tajfel et Turner définissent comme «tout comportement produit par un ou plusieurs individus à l’encontre d’un ou plusieurs individus basé sur l’identification des protagonistes comme appartenant à différentes catégories sociales».<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn30">[30]</a> Mais le « pôle de changement » est caractérisé par la hiérarchisation des groupes sociaux de sorte qu’il est difficile pour un individu de changer de groupe ou de classe sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">            Petit Jo avait été «  trouvé sur la véranda de l’hôpital CEBEC de Douala […et] une infirmière… l’avait  transporté dans la salle de garde… » (PJ : 15) Son histoire commence donc dans cet hôpital, espace clos symbole de la maladie, de la souffrance. Son sort se scelle dans cet hôpital qui lui confère le statut de « l’inconnu de l’hôpital » (PJ : 16) et de « bâtard » (PJ : 14). Ainsi identifié, il se retrouvera chez M. Moussima qui « vivait seul depuis quelques années dans une case en bois recouverte de tôles » (PJ : 18) et qui « avait décidé de le garder… » (PJ : 18). C’est ici qu’il rejoint la classe des pauvres, et fait l’expérience de la misère et de la maladie puisque devant vivre dans des conditions très peu enviables : « leur petite case n’avait qu’une chambre ; ce n’était même pas une chambre. Un rideau coupait le local en deux, une partie servait de séjour et de cuisine, l’autre de chambre» (PJ : 24-25).</p>
<p style="text-align: justify;">De la petite case où il passe ses jeunes années  <em>l’inconnu de l’hôpital</em> affronte un autre destin car « l’année de ses huit ans, il fut décidé [qu’il] irait en pension à la mission protestante de Ndoungué» (PJ : 27) où il rejoint la classe des pensionnaires. De là il apprend la mort de son unique parent : « Père est mort, mon petit, lâcha [sœur Blandine] en s’efforçant d’étouffer un sanglot » (PJ : 35). Voyant le monde s’effondrer autour de lui Petit Jo ne put étouffer des cris de douleur : « Père n’est pas mort ! Il m’avait promis qu’il viendrait me voir… » (PJ : 35). Rongé par la promesse non tenue et le décès de son paternel il finit par comprendre que pleurer ne changerait rien à son sort et accepte sa nouvelle identité d’« orphelin » (PJ : 27).</p>
<p style="text-align: justify;">Jurant d’avoir un jour sa revanche sur le destin le jeune orphelin se réfugie à Yaoundé où il intègre la « tribu de la rue du Mfoundi » (PJ : 11) et devient « enfant des rues ». C’est alors qu’il parvient à se faire une place dans la jungle de la rue où « tout le monde l’appela Petit Jo… » (PJ : 7). C’est ainsi que le héros devient Petit Jo, un sobriquet qui connote la maigreur liée à la misère à laquelle les enfants de la rue sont confrontés. Assumant sa nouvelle identité il offre ses services comme manutentionnaire au « marché du Mfoundi » (PJ : 8 ) comme beaucoup de ses compagnons de misère « dans les autres marchés de la ville [où] régimes de plantain, ignames, carottes, courgettes, paniers de fruits ou de légumes secs, tout s’entasse pêle-mêle, sur des cartons, des nattes, ou sur le sol » (PJ : 9).</p>
<p style="text-align: justify;">L’espace domestique symbolisé par la demeure huppée de François Sango (représentant de la classe des riches) dont « le gardien [prend soin de fermer] le portail » (PJ :58), la « misérable case » (PJ :58) des parents d’Elé et d’Essomba ou encore la « maison » de monsieur Komé (victime d’un braquage) est autant fermé qu’un cachot où l’on connaît le malheur, la déchéance des valeurs familiales, la misère, la promiscuité et l’insécurité totale. L’atmosphère dans les espaces clos s’avère étouffante pour les personnages qui sont obligés de se mouvoir, de s’enfuir dans l’espoir de trouver autre part  des meilleures conditions de vie, mais sont comme condamnés à ne pas changer de groupe social.</p>
<p style="text-align: justify;">Petit Jo s’enfuit de Douala et surtout de Ndoungué parce qu’il tente d’échapper à son destin, comme beaucoup d’autres personnages. À titre d’exemples : Man, alias Alain Sango, quitte le domicile familiale parce qu’il ne supporte plus « le mensonge et l’hypocrisie » (PJ : 110) de ses parents. François Sango s’absente de chez lui puisqu’il ne supporte plus la présence de son épouse. Elé et Essomba « étaient partis [du domicile familiale] pour fuir la misère de ces lieux où tout puait le désespoir » (PJ : 78). Monsieur Komé ne peut pas profiter de son chez-soi parce que « Alain Sango, alias Man, semait désormais la terreur dans la ville, agrandissait son équipe au fil des jours » (PJ : 97). Ces espaces sont, somme toute, dysphoriques.</p>
<p style="text-align: justify;">L’espace clos qui rappelle l’enfermement et l’étouffement devient chez Mpoudi Ngollé un élément clé dans la construction des identités sociales. Une fois qu’un personnage appartient à un groupe social, il ne peut plus s’en séparer. Il peut à la rigueur acquérir des nouvelles identités en intégrant de nouveaux groupes plus ou moins stables. Toutefois, une alternative est proposée par les espaces ouverts qui offrent une possibilité de « mobilité sociale »</p>
<p style="text-align: justify;">Le « pôle de mobilité sociale »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftn31">[31]</a> est marqué l’auto-évaluation et l’appréciation par un individu de son groupe et des autres groupes ou classes sociales. Lorsque l’individu est satisfait de son groupe il s’engage à participer au maintien du statu quo. Par contre, lorsque son groupe est en position de faiblesse, il a tendance à valoriser le groupe opposé qu’il aimerait intégrer. Soit il s’engage à améliorer la situation de son groupe pour renverser la tendance, soit il quitte son groupe à travers des actions visant l’amélioration de sa condition de vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Les espaces ouverts de Douala offrent aux personnages de PJ la liberté, la possibilité de lutter soit pour le bien-être des groupes auxquels ils appartiennent, soit pour le salut personnel. Douala offre une quiétude au promeneur Petit Jo qui longe les berges du Wouri pour admirer les bateaux ou pour observer les pêcheurs manier avec dextérité leurs filets, cannes à pêche ou nasses, juchés sur des pirogues en bois. Le personnage principal y devient un promeneur heureux.</p>
<p style="text-align: justify;">La route nationale qui mène vers l´Ouest devient également une porte d’entrée et de sortie du cachot que représente l’hôpital CEBEC et la pension de Ndoungué. Le héros y devient le pensionnaire fugitif. En quittant l’hôpital et la pension, il se débarrasse de ses statuts « d’inconnu de l’hôpital » ou de « pensionnaire ». Auréolé d´un acte de naissance qui lui confère une identité juridique, Petit Jo, après moult mésaventures à Yaoundé, emprunte le même chemin pour se réfugier à « Ndoungué village » où il commence une nouvelle vie. Egalement nanti de la page cachée de ses origines, le héros éponyme du roman d’Évelyne Mpoudi Ngollé cesse d’être « l’enfant bâtard ». Il retrouve les traces de ses géniteurs dans le testament de M. Moussima :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"> Ta mère naturelle t´a confié a une famille pour pouvoir partir avec ton père qui rentrait en France, avec la promesse de leur envoyer de quoi vous permettre de vivre, cette famille et toi. Malheureusement, au bout de trois mois, ta famille d’accueil n’avait encore rien reçu, ni nouvelle ni argent de tes parents. La femme est ensuite partie avec un autre homme et le pauvre monsieur qui se voyait trop âgé et sans moyens pour s’occuper de toi, a préféré te confier à l’hôpital. (PJ : 141)</p>
<p style="text-align: justify;">À Yaoundé, par contre,  c’est la logique du groupe qui l’emporte. Les groupes se disputent le pouvoir. Yaoundé devient presque le Capharnaüm où s’entrechoquent les groupes sociaux. Au marché de Mvog-Mbi, par exemple, la mère d’Elé affronte les brigands, tandis qu’Adèle, la prostituée, affronte les nantis en brandissant ses charmes corporelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Petit Jo et ses compagnons y vivent et deviennent des enfants de la rue ; une rue où brigands et <em>justiciers populaires</em> se disputent la vedette. Petit Jo travaillait de temps autre devant le « Supermarché Bonnes Courses&nbsp;&raquo; (PJ : 97) où «il gardait les voitures en nettoyant d’autres, pendant que les propriétaires faisaient leurs emplettes, à l’intérieur du magasin » (PJ : 97). C’est devant ce même magasin qu’il a failli perdre la vie, victime de la « justice » populaire après qu’une femme s’était fait voler sa voiture. Le narrateur raconte :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">C’est alors que surgis de la pénombre, deux gaillards la sortirent hors de sa voiture, la projetèrent sur l’asphalte, s’installèrent dans la voiture et démarrèrent dans un épouvantable crissement de pneus. Au même moment Petit Jo fut violemment poussé dans les hautes herbes qui bordaient le parking. (PJ : 97-98)</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que Petit Jo est pris pour un complice et <em>lynché</em> : « Des mains le happèrent, des coups de poings s’abattirent sur lui sans [qu’il] y comprît quoi que ce fût» (PJ : 98). Il n’eut la vie sauve que grâce à la police qui l´enferma dans une cellule. Une semaine auparavant « il avait assisté, impuissant, à l’immolation par le feu d’un bandit, au beau milieu de la ville » (PJ : 98). En fin de comptes Yaoundé peut être assimilé à la rue parce que c’est le monde de la rue qui y est aux commandes et il « n’y a de place dans la rue que pour les durs » (PJ : 100).</p>
<p style="text-align: justify;">            Au demeurant on se rend compte que le citadin de Yaoundé ou de Douala sera selon le groupe social auquel il appartient et l’espace dans lequel il évolue un bâtard, un orphelin, un pensionnaire (Petit Jo), un enfant de la rue (Petit Jo, Elé etc.), un brigand (Aloga, Man etc.), une prostituée (Adèle), un pédophile, un adultère (François Sango), une alcoolique (Erna Sango), un tortionnaire (agent de police et autres fonctionnaires), un pêcheur, une <em>Bayam-sellam</em> (maman Maria) ou une bonne sœur (Sœur Blandine). Ces marques d’identification se révèlent comme des étiquettes que la ville impose aux personnages.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>            4- Pour conclure.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            La principale préoccupation de cette communication était de montrer comment le roman d’Evelyne Mpoudi Ngollé fait des villes Douala et Yaoundé des lieux du souvenir et de construction des identités urbaines et sociales.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que nous nous sommes attelé à montrer comment Douala et Yaoundé permettent de relire à travers la littérature quelques faits marquants de l’histoire du Cameroun à travers la sacralisation des lieux tels que « l’hôpital CEBEC de Douala », le fleuve Wouri, le marché et la rivière du Nfoundi qui confèrent en même temps à ces métropoles urbaines des marquent identitaires. Douala ou Yaoundé, c’est le labyrinthe, c’est la jungle. Parlant de la construction des identités sociales nous avons constaté que ces métropoles influencent la destinée de leurs habitants, qui comme des marionnettes vacillent entre l’euphorie et la dysphorie pour à la fin arborer des étiquettes dictées par le mode de vie urbain. L’identité urbaine acquise par la ville n’offre malheureusement pas toujours un cadre propice à l’épanouissement de l’individu qui fond et disparaît dans le chaos urbain en perdant par la même occasion ses références historiques, ancestrales, culturelles et morales.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme alternative au mode de vie urbain inadapté au mieux être des populations Évelyne Mpoudi Ngollé propose dans son texte un retour aux valeurs familiales et morales, et surtout un retour à la terre ancestrale lorsqu’elle ramène à la fin du roman les enfants de la rue dans leurs familles respectives et le héros à Ndoungué-village où il mène une vie sédentaire en cultivant la terre.</p>
<p style="text-align: justify;">_____________________________</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">-Adalbert, Owona, <em>La naissance du Cameroun : 1884-1914</em>, Paris, L’Harmattan, 1996.</p>
<p style="text-align: justify;">-Antoine, Compagnon, « Proust, mémoire de la littérature », In : Antoine, Compagnon (Sous la direction de), <em>Proust, la mémoire et la littérature</em>, Paris, Odile Jacob, 2009.</p>
<p style="text-align: justify;">-Barnabé, Mbala Zé, <em>La narratologie revisitée, entre Antée et Protée</em>, Yaoundé, Presses Universitaires de Yaoundé, 2001.</p>
<p style="text-align: justify;">-Claude, Dubar, <em>La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles</em>, Paris, Armand Colin, Coll. U, 1991.</p>
<p style="text-align: justify;">-Engelbert, Mveng, <em>Le Cameroun</em>,  Yaoundé, CEPER, Tome II, 1985, pp. 66-67.</p>
<p style="text-align: justify;">-Evelyne, Mpoudi Ngolle, <em>Petit Jo, enfant des rues</em>, Paris, EDICEF, 2009.</p>
<p style="text-align: justify;">-Frédérique, Autin, <em>La théorie de l‘identité sociale de Tajfel et Turner</em>, Poitiers, AFPS, 2009.</p>
<p style="text-align: justify;">-Gilles, Ferréol et Guy Jucquois, <em>Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles</em>, Paris, Armand Colin, 2003.</p>
<p style="text-align: justify;">-Guillaume, Pierre, <em>Le monde colonial.XIXè-XXè siècle</em>, Paris, Armand Colin, 1974.</p>
<p style="text-align: justify;">-Helle, H. Waahlberg, « De l’identité urbaine : le Paris de Balzac », In : <em>Actes du XVIè colloque des romanistes scandinaves</em>, pp.1-9.</p>
<p style="text-align: justify;">-Henri, Garric, <em>Portraits de villes. Marches et cartes : la représentation urbaine dans le discours contemporain</em>, Paris, Honoré Champion, 2007</p>
<p style="text-align: justify;">-Licata, Laurent, « La théorie de l’identité sociale et la théorie de l’autocatégorisation: le Soi, le groupe et le changement social », In : <em>Revue électronique de Psychologie Sociale</em>, n°1, 2007, pp. 19-33.</p>
<p style="text-align: justify;">-Lucie, Tanguy, « Claude, Dubar, La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles », In : <em>Revue Française de sociologie</em>, volume 34, 1993, pp.296-299.</p>
<p style="text-align: justify;">-Mathieu, Meyeme, « Interview Témoignage du Professeur Jean Baptiste Obama », In : www.ongola.com/intervieview-obama.htm, consulté le 10 mai 2010.</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref1">[1]</a> Henri, Garric, <em>Portraits de villes. Marches et cartes : la représentation urbaine dans le discours contemporain</em>, Paris, Honoré Champion, 2007, p.10.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref2">[2]</a> C’est la conception de l’espace-temps chez Mikhaïl Bakhtine. Cf. Barnabé, Mbala Zé, <em>La narratologie revisitée, entre Antée et Protée</em>, Yaoundé, Presses Universitaires de Yaoundé, 2001, p.151.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref3">[3]</a> Éveline, Mpoudi Ngollé, <em>Petit Jo, enfant des rues</em>, Paris, EDICEF, 2009.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref4">[4]</a> Dans ce travail ce roman apparaîtra sous l’abréviation PJ</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref5">[5]</a> Helle, H. Waahlberg, « De l’identité urbaine : le Paris de Balzac », In : <em>Actes du XVIè colloque des romanistes scandinaves</em>, pp.1-9.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref6">[6]</a> Laurent, Licata, « La théorie de l’identité sociale et la théorie de l’auto-catégorisation : Le soi, le groupe et le changement social », In : <em>Revue électronique de psychologie sociale</em>, n°1, 2007, p.21.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref7">[7]</a> Claude, Dubar, <em>La socialisation. Construction des identités sociales et professionnelles</em>, Paris, Armand Colin, Coll. U, 1991.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref8">[8]</a> Antoine, Compagnon : « Proust, mémoire de la littérature », In : Antoine, Compagnon (Sous la direction de) : <em>Proust, la mémoire et la littérature,</em> Paris, 2009, Odile Jacob, P.9.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref9">[9]</a> Ibid., p.9.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref10">[10]</a> Les références renvoyant au corpus suivront directement les citations et seront inscrites dans des parenthèses.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref11">[11]</a> Diminutif de Dipita Joseph, personnage principal du roman</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref12">[12]</a> Engelbert, Mveng, <em>Le Cameroun,</em>  Yaoundé, CEPER, Tome II, 1985, pp. 66-67.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref13">[13]</a> Ibid</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref14">[14]</a> Adalbert, Owona, <em>La naissance du Cameroun : 1884-1914</em>, Paris, L’Harmattan, 1996.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref15">[15]</a> Ibid., p.11.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref16">[16]</a> Douala en tant que ville et <em>Kamerun</em> en tant État sont créés par le décret du 1<sup>er</sup> janvier 1901 du gouverneur allemand Jesko von Puttkamer dont le mandat alla de 1895 à 1907.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref17">[17]</a> Il traduisit la Bible en langue duala.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref18">[18]</a> Mathieu, Meyeme, « Interview Témoignage du Professeur Jean Baptiste Obama », In : www.ongola.com/intervieview-obama.htm, consulté le 10 mai 2010.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref19">[19]</a> Ibid.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref20">[20]</a> Ibid.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref21">[21]</a> Helle, H. Waahlberg, op.cit., p.1</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref22">[22]</a> Ibid., p.1.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref23">[23]</a> Ibid., p.1.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref24">[24]</a> Ibid., p.1.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref25">[25]</a> Dans le roman, Ndoungué est considéré comme une banlieue de Douala.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref26">[26]</a> Frédérique, Autin: <em>La théorie de l‘identité sociale de Tajfel et Turner</em>, Poitiers, AFPS, 2009.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref27">[27]</a> Tajfel cité par Gilles, Ferréol et Guy Jucquois, <em>Dictionnaire de l’altérité et des relations interculturelles</em>, Paris, Armand Colin, 2003, p.156.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref28">[28]</a>  Concept développé par Tajfel et Turner pour désigner l’interaction entre les membres de groupes sociaux différents. Frédérique Autin, op.cit., p.2.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref29">[29]</a> Ibid., p.2.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref30">[30]</a> Tajfel et Tuner cité, Ibid., p.2.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Desktop/Villes%20postcoloniales%20Douala%20et%20Yaound%C3%A9.doc#_ftnref31">[31]</a> Frédérique, Autin, op.cit., p.2</p>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/espaces-du-souvenir-et-de-construction-des-identites-urbaines-et-sociales-dans-petit-jo-enfant-des-rues-d%e2%80%99evelyne-mpoudi-ngolle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Tree of Life (2)</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/tree-of-life-2/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/tree-of-life-2/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 15:03:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sbaron</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4515</guid>
		<description><![CDATA[Cliquez ici pour lire Tree of Life (2) Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers. Je me permets : Et si on riait ? Et si on pleurait ? Et si on dansait ? Et si on célébrait la vie dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fperiples-des-arts%252Ftree-of-life-2%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Tree%20of%20Life%20%282%29%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><strong>Cliquez </strong><strong><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">ici</a></strong><strong> pour lire <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">Tree of Life (2)</a></strong></p>
<p>Entre Breton, Aragon, Eluard, Valentine, Irine et Rachel, il est arrivé que je me perde sur une feuille blanche en quelques détours langagiers.</p>
<p>Je me permets :</p>
<p>Et si on riait ?</p>
<p>Et si on pleurait ?</p>
<p>Et si on dansait ?</p>
<p>Et si on célébrait la vie dans toute sa splendeur et dans tout son carnage ?</p>
<p>Ce que je vous propose aujourd&#8217;hui ?</p>
<p>Un peu de poésie. L&#8217;histoire d&#8217;une femme : Saraline. Ou plutôt une tranche de vie.</p>
<p><em>Textes et illustrations : Sarah Baron</em></p>
<p><em></em></p>
<p>Tree of Life 2 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Treeoflife.part2_..pdf" target="_blank">Texte PDF</a></p>
<p>Tree of Life 1 &#8211; <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Tree-of-Life.part1_.pdf" target="_blank">Texte PDF</a></p>
<p><em><br />
</em></p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/tree-of-life-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Des ruines de Jean-Luc Raharimanana : politique et poésie au théâtre.</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/des-ruines-de-jean-luc-raharimanana-politique-et-poesie-au-theatre/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/des-ruines-de-jean-luc-raharimanana-politique-et-poesie-au-theatre/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 14:42:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>slander</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4513</guid>
		<description><![CDATA[Les Parisiens, permanents ou de passage, devraient se précipiter à la Maison de la poésie, dans le quartier Beaubourg, pour écouter le comédien d’origine congolaise Phil Darwin dans son interprétation du texte de Jean-Luc Raharimanana. Cet écrivain malgache, âgé de quarante-cinq ans, a déjà une œuvre derrière lui : romans, nouvelles, poésie, théâtre, essai. Des ruines [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fperiples-des-arts%252Fdes-ruines-de-jean-luc-raharimanana-politique-et-poesie-au-theatre%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Des%20ruines%20de%20Jean-Luc%20Raharimanana%20%3A%20politique%20et%20po%C3%A9sie%20au%20th%C3%A9%C3%A2tre.%20%23%22%20%7D);"></div>
<p style="text-align: justify;">Les Parisiens, permanents ou de passage, devraient se précipiter à la Maison de la poésie, dans le quartier Beaubourg, pour écouter le comédien d’origine congolaise Phil Darwin dans son interprétation du texte de Jean-Luc Raharimanana. Cet écrivain malgache, âgé de quarante-cinq ans, a déjà une œuvre derrière lui : romans, nouvelles, poésie, théâtre, essai. <em>Des ruines</em> est un texte poétique à la première personne, un cri de révolte face à la situation de Madagascar et de la plus grande part du continent africain, un chant fraternel en même temps qu’un encouragement adressé à tous ceux qui souffrent.</p>
<p style="text-align: center;" align="center"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Des-Ruines.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-4514" title="Des Ruines" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/01/Des-Ruines.png" alt="" width="288" height="431" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’écriture joue sur des tonalités différentes. Le style peut être celui, envoûtant, d’une mélopée. C’est le cas au tout début du texte, qui introduit bien, par ailleurs, à ce qui sera la suite du discours :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>« Ma mémoire est au plus loin que je la ressens de douleur et d’espérance. À chaque fois renouvelée, à chaque fois la même, de douleur et d’espérance. Et ma mémoire est d’esclavage, espérance de liberté. Et ma mémoire est de colonisation, espérance d’indépendance. Et ma mémoire est d’indépendance, la liesse et encore l’espérance trahie sur le règne des dictatures et autres impostures. »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a également des passages d’humour, ou plutôt d’autodérision (par exemple lorsque l’auteur reprend tous les poncifs des critiques adressées aux Africains, sommés de se bouger un peu plus pour se sortir de leurs difficultés). Et des récits simplement factuels, comme la description d’une opération de vote à Madagascar sous la dictature. La tonalité dominante demeure malgré tout celle de la dénonciation. Comme beaucoup d’Africains (et Malgaches), Raharimanana a du mal à accepter l’idée qu’ils soient eux-mêmes les premiers responsables de leurs malheurs. Certes, il ne refuse pas l’évidence (<em>« les miens mes propres bourreaux »</em>)<em> </em>mais il n’en défend pas moins l’idée suivant laquelle l’Afrique serait avant tout piégée dans un système global qui l’opprime et la soumet.</p>
<p style="text-align: justify;">Le statut de ce texte est donc problématique : s’il s’agissait simplement de faire du beau (et parfois de l’humour) à partir du sort trop souvent consternant des pays africains, le projet paraîtrait difficilement défendable. Mais il ne se résume évidemment pas à cela. Sans farder la réalité, le texte expose le dilemme proprement tragique de l’intellectuel du tiers-monde installé en Occident, qui ajoute la culpabilité à l’impuissance. Impuissant, il l’est de toutes façons, car comment s’opposer à des régimes profondément gangrenés ? Mais comment ne se sentirait-il pas en même temps coupable de s’être mis à l’abri en choisissant l’exil ? Le texte de Raharimanana est émouvant parce qu’il ne cache rien de ce dilemme : <em>« libre de me suicider, seul, sur mes choix de dictature ou sur mes chemins d’exil ». </em>Et plus loin : <em>« ma lâcheté de ne pas sombrer avec mes ruines, et ma langue qui fourche autour de mes mots ! Écrivain engagé de mes défaites, oui ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Les « ruines » qui donnent leur titre au recueil sont encore évoquées tout à fait à la fin : « <em>qu’importent les poussières qui tombent de mes ruines, vivre est toujours laisser une part de soi à la mort. / C’est de là que j’écris… / De mes ruines ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">La mise en scène de Thierry Bedard – qui n’en est pas à son coup d’essai avec cet auteur et avec cet interprète – est remarquable de sobriété. Le comédien se détache sur un rideau de fond de scène tressé avec du raphia de Madagascar. Il bougera très peu, ne s’animant vraiment que dans les passages les plus légers du texte. Il y aura des silences, des moments réservés à la musique, la trame musicale sur laquelle le comédien s’appuie pour faire respirer son discours. La couleur du rideau pourra varier en fonction de la lumière mais cette dernière ne sera jamais éclatante. Quant au comédien, il ne sera éclairé que par une lumière blanche verticale, de faible intensité, conférant de bout en bout à la représentation un caractère d’intimité. Un homme seul, chichement éclairé, qui s’adresse à des spectateurs perdus dans l’obscurité de la salle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le comédien, Phil Darwin, est plutôt connu pour les <em>one man show</em> comiques où il se moque de tout et de tous, de l’Afrique, des Africains, comme de la terre d’accueil et de ses propres indigènes. Il a créé, déjà sous la direction de Thierry Bedard, un autre texte de Jean-Luc Raharimanana, <em>Les Cauchemars du gecko</em>, en 2009. Son interprétation de <em>Ruines</em> se situe – sauf par de très brefs instants – très loin de sa fibre comique. Elle est, en accord profond avec le texte, remarquable par son émotion contenue.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, puisque <em>Des ruines</em> est d’abord un texte littéraire qui invite à la lecture, il convient de signaler qu’il a fait l’objet d’une édition rare, un livret cousu main sur papier précieux, avec des illustrations, qui devrait tenter tous les bibliophiles, d’autant que son prix s’avère des plus modiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le spectacle</strong> : <em>Des ruines</em>, à la Maison de la poésie, Paris, passage Molière, 157 rue Saint-Martin, du 18 janvier au 12 février 2012.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le livre</strong> : Jean-Luc Raharimanana, <em>Des ruines</em>, Éditions Carnets-Livres, 2012, 20 €.</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/des-ruines-de-jean-luc-raharimanana-politique-et-poesie-au-theatre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La faune et la flore césairiennes : marqueurs de négritude ?  Aimé Césaire a-t-il lu Amos Tutuola ?</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/la-faune-et-la-flore-cesairiennes-marqueurs-de-negritude-aime-cesaire-a-t-il-lu-amos-tutuola/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/la-faune-et-la-flore-cesairiennes-marqueurs-de-negritude-aime-cesaire-a-t-il-lu-amos-tutuola/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 Jan 2012 13:57:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>rhenane</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afriques]]></category>
		<category><![CDATA[Aimé Césaire]]></category>
		<category><![CDATA[Caraïbes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=4390</guid>
		<description><![CDATA[  Le discours césairien &#8211; « corps éternellement non prêt éternellement créé et créant » &#8230; Ses images, hyéroglyphes d&#8217;un ailleurs inconnu, son bestiaire en perpétuelles métamorphoses où faunes d&#8217;Europe, d&#8217;Amérique, d&#8217;Afrique, se mêlent et se confondent&#8230; tendent à prendre possession de la totalité du moi et du monde, d&#8217;hier, d&#8217;aujourd&#8217;hui, de demain.            (Jacqueline [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fafriques%252Fla-faune-et-la-flore-cesairiennes-marqueurs-de-negritude-aime-cesaire-a-t-il-lu-amos-tutuola%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22La%20faune%20et%20la%20flore%20c%C3%A9sairiennes%20%3A%20marqueurs%20de%20n%C3%A9gritude%20%3F%20%20Aim%C3%A9%20C%C3%A9saire%20a-t-il%20lu%20Amos%20Tutuola%20%3F%20%23%22%20%7D);"></div>
<p style="text-align: right;"><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: right;" align="right">  Le discours césairien &#8211; « corps éternellement</p>
<p style="text-align: right;" align="right">non prêt éternellement créé et créant »</p>
<p style="text-align: right;" align="right">&#8230; Ses images, hyéroglyphes d&#8217;un ailleurs inconnu,</p>
<p style="text-align: right;" align="right">son bestiaire en perpétuelles métamorphoses</p>
<p style="text-align: right;" align="right">où faunes d&#8217;Europe, d&#8217;Amérique, d&#8217;Afrique,</p>
<p style="text-align: right;" align="right">se mêlent et se confondent&#8230; tendent à prendre</p>
<p style="text-align: right;" align="right">possession de la totalité du moi et du monde,</p>
<p style="text-align: right;" align="right">d&#8217;hier, d&#8217;aujourd&#8217;hui, de demain.</p>
<p style="text-align: right;" align="right">           (Jacqueline Leiner, <em>Mobile d&#8217;Aimé Césaire</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn2">[2]</a>)</p>
<p style="text-align: justify;">La faune et la flore sont des champs lexicaux majeurs dans l’œuvre césairienne ; peuvent-ils refléter la négritude du poète ? Et dans quelle mesure l’imagerie animale et végétale peut-elle exprimer  l’affirmation de soi et la réappropriation d’un héritage ?</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons toujours été  frappé par l’opulence de la flore et du bestiaire<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn3">[3]</a> dans l’œuvre césairienne, intrigué par la place éminente qu’ils tiennent parmi les schémas mentaux du poète.</p>
<p style="text-align: justify;">Sont-ils marqueurs de négritude ? Telle est la question posée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il importe avant toutes choses d’essayer de définir la négritude selon Aimé Césaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La négritude césairienne est une somme d’expériences vécues &#8211; l’histoire d’une souffrance immémoriale, d’une conscience blessée par le grand forfait de l’Histoire, ses déportations de populations, ses transferts d’hommes, de femmes, d’enfants…, par la colonisation.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>la négritude c’est l’affirmation, <span style="text-decoration: underline;">la réclamation d’un héritage, la revalorisation d’un héritage noir, la revalorisation de l’Afrique</span> </em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn4">[<span style="text-decoration: underline;"><span style="text-decoration: underline;">4]</span></span></a><em>… C’est aussi l’affirmation d’une solidarité à travers le monde… un œcuménisme noir… la recherche d’une identité à la fois personnelle et collective .</em></p>
<p style="text-align: justify;">Aimé Césaire, toujours friand d’harmonies et de sonorités, résume plaisamment sa définition de la négritude : Il faut se rappeler les trois “<em>té</em>” :<em> Identi<strong>té</strong> – Solidari<strong>té</strong> – Fidéli<strong>té</strong>. </em></p>
<p style="text-align: justify;">La négritude césairienne  est sursaut de dignité, une affirmation de soi. Elle est refus de l’oppression… Elle est combat… elle est révolte.</p>
<p style="text-align: justify;">La négritude du poète Césaire, trouve-t-elle un écho dans sa faune et dans sa flore ?</p>
<p style="text-align: justify;">La faune : Bachelard lisant Lautréamont et ses <em>Chants de Maldoror</em> fut frappé par « une densité animale », et forgea le complexe de Lautréamont « complexe de la vie animale ». Observateur méticuleux, il compta les bêtes et relèva la présence de 185 espèces animales dans le bestiaire de Lautréamont.</p>
<p style="text-align: justify;">         Que n’eût-il dit devant le bestiaire césairien et ses 1091 références animales ? Ce qui nous permet d’affirmer, sans rique de démenti, que l’opulence animale dans l’œuvre d’Aimé Césaire est sans égale dans notre littérature.</p>
<p style="text-align: justify;">- 1091 référents animaux et 498 référents végétaux depuis les mots les plus banals, comme chat et chien, colibri, jusqu’aux plus étranges comme le ramphorinque, le zopilote ou l’énigmatique gongyle &#8211; 1091 références animales dont 316 mammifères, 306 oiseaux, 207 insectes, 116 reptiles et bêtes venimeuses, 82 poissons et mammifères marins, 64 mollusques et batraciens, sans compter les animaux exotiques ou fabuleux : Phénix, oiseau-tonnerre, vampire, dragon, lémure, salamandre…</p>
<p style="text-align: justify;">Parmi les espèces animales, notons les plus fréquentes :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Chez les mammifères : en tête, les fauves, lion et tigre, puis le cheval suivi par le chien molosse.</li>
<li>Chez les oiseaux : en tête,  l’aigle, le rapace, suivi par le perroquet et le colibri.</li>
<li>Chez les poissons : en tête les poissons féroces, le requin suivi par la murène</li>
<li>Les serpents : le trigonocéphale</li>
<li>Les insectes : en tête la luciole suivie par l’araignée.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">      Une flore exubérante  : 498 références dont une large majorité de plantes tropicales : <em>acéra, bambou, cacaoyer, canne à sucre, cécropie, cocotier, corossolier, coton, datura, tamarinier, arbre à pain, balisier, flamboyant, bananier, caïmitier, cassave, hibiscus, mancenillier, mélia azédarach, pandanus, albizzia, cactus, canéfice, strelitzia, hura crepitans, ipoméa, manguier, mombin, mangle, palétuvier, palmier, simaruba, pereskia, parana, técomaria, frangipanier, bayahonde, cirouelle, prune jaboticaba, papaye, araucaria, filao,</em> etc. etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu d’espèces occidentales : par-ci par là, égarés dans l’opulence de la sylve tropicale, le chêne, le sapin, le noyer. Aimé Césaire fait apparaître les arbres de l’Europe lorsque son cri rebelle est celui d’un appel à l’universelle concorde, lorsque que le baobab et l’hibiscus tendent la main au chêne et à la rose.</p>
<p style="text-align: justify;">     <strong> Première question : pourquoi Aimé Césaire a-t-il accordé tant d’attention à la faune et la flore ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">      Plusieurs raisons nous apparaissent:</p>
<p style="text-align: justify;">   D’abord,  la curiosité et la culture encyclopédique du poète passionné de sciences de la vie, des mots de la biologie et de la médecine<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn5">[5]</a>, de la zoologie et de la botanique, comme l’ont révélé  les encyclopédies qui envahissaient son bureau – comme le prouvent aussi  l’appel aux zoologistes et aux botanistes comme E. Nonon et Henri Stehlé pour rédiger d’importants articles sur la faune et la flore de Martinique, au sein de la revue TROPIQUES.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« … dictionnaires géologiques, botaniques, zoologiques, maritimes, médicaux… lui les possède tous, dans sa tête… où se pressent l’agriculture tropicale, les itinéraires botaniques, la flore de Cuba, la faune des Antilles françaises, la flore phanérogamique, les oiseaux du révérend Père Pinchon, le dictionnaire d’Homère de Theil, les mythes grecs de Robert Graves, etc… »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn6">[6]</a></p>
<p style="text-align: justify;">      Deux exemples anecdotiques au regard de la précision naturaliste dont fait preuve Aimé Césaire en botanique : évoquant au cours d’un entretien, un bel arbre de Martinique, Césaire nous répondit :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em> l’arbre planté sur la place de l’Abbé Grégoire, mais c’est un Enterolobium cyclocarpum </em>!<em> </em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn7">[7]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Autre exemple, le poème intitulé <em>Spirales </em>(<em>Ferrements</em>)<em> </em>:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Nous montons / nattes de pendus de canéfices / le bourreau aura oublié de faire leur dernière toilette) / nous montons belles mains qui pendent de fougères…</em></p>
<p style="text-align: justify;">Aimé Césaire définit lui-même ce mot :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Je dois nommer les choses martiniquaises, les appeler par leur nom. Spirales est un arbre ; on l’appelle aussi</em> cassier<em> qu’on appelle en créole « casse z’habitant ».  Il a de grandes feuilles jaunes, d’un jaune solaire et son fruit est cette grande gousse noire violacée, utilisé  comme plante médicinale</em>. <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn8">[8]</a><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Une autre raison peut expliquer cette passion charnelle pour la faune et la flore : La Nostalgie</p>
<p style="text-align: justify;">Faisons parler les mots, écoutons l’étymologie : Nostalgie du grec médical <em>nostalgia</em> – de <em>nostos</em>, le retour et <em>algia</em> la souffrance, l’attente du retour…</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>… puis je me tournais vers des paradis pour lui et les siens perdus… j’ai longtemps erré et je reviens… </em> (<em>Cahier d’un retour</em> <em>au pays natal</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Ce Paradis perdu c’est l’Afrique.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Les Antilles ne sont pas une patrie. Il y a un au-delà et c’est l’Afrique&#8230; C’est une Afrique sentimentale, idéale. C’est le continent premier&#8230;</em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn9">[9]</a> <em>j’ai remonté avec mon cœur l’antique silex, le vieil amadou déposé par l’Afrique au fond de moi-même</em> (<em>Et les chiens se taisaient</em>, acte III).</p>
<p style="text-align: justify;">N’oublions pas : Aimé Césaire, le Martiniquais, le Blessé de l’Histoire, n’a pas de mémoire ancestrale, il n’a pas n’a pas d’arrière pays vers lequel se retourner. Son arrière-pays, il le dit lui-même, tragiquement, se résume à la cale abominable du bateau négrier :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>J’entends de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit d’un qu’on jette à la mer… les abois d’une femme en gésine… des raclements d’ongles cherchant des gorges… des ricanements de fouet… des farfouillis de vermine parmi des lassitudes…</em></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi la conscience d’Aimé Césaire, nostalgique, éperdue devant la blessure de l’Histoire, se cherche des points d’ancrages en se tournant vers l’Afrique-Mère et dans la nature qui l’a vu naître : Le paysage, la montagne, le volcan, la mangrove, la faune et la flore.</p>
<p style="text-align: justify;">Le poète Césaire se réapproprie symboliquement la faune et la flore sous toutes leurs formes que la colonisation avait dénaturées voire détruites, véritable extermination menée par l’homme venu d’Europe : <em>pays en rupture de faune et de flore</em>, dit Aimé Césaire. Refuser cette dramatique séparation de l’homme avec la nature, tel est le sens d’un retour au pays natal.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, dernière raison pour expliquer le tropisme césairien pour la faune et la flore : La force de l’imaginaire, le retour au paradis perdu, le gisement africain ancestral.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Je n’ai compris la Martinique que par le détour africain… quand je parle de gisements les plus profonds, c’est, par delà toutes les strates de la civilisation européenne, le gisement africain fondamental, ancestral, où me paraît résider le secret de moi-même. Je suis un poète africain. Le déracinement de moi-même, je le ressens profondément… </em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn10">[10]</a></p>
<p style="text-align: justify;">L’animal et le végétal seront donc  le support des métaphores par lesquelles le poète exprimera dans son écriture, consciemment ou non, ses déterminations profondes. La bête et la plante deviennent ainsi le miroir reflétant les visions de l’imaginaire en leur donnant cet éclat singulier, ce « miroitement en dessous » (Mallarmé)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le bestiaire africain</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le poète aime le bestiaire, véritable clavier vivant sur lequel il éprouve ses harmonies profondes, ses motivations secrètes avec l&#8217;allégresse et la vitalité, la vivacité et la violence du mouvement animal.</p>
<p style="text-align: justify;">Le choix des animaux qui composent le répertoire métaphorique n’est pas étranger aux élaborations psychiques et aux schémas mentaux dominants. Chaque poète, chaque homme, quelle que soit sa culture, possède sa propre “ménagerie psychique” au sein de laquelle il puise les images animalières qui animent son œuvre. La conscience poétique se reconnaît dans la symbolique de l’animal de prédilection. Pourquoi Chagall se reconnaît-il dans la chèvre, l’âne et la colombe ? Pourquoi Léonor Fini et ses chats aux prunelles lucifériennes ? Pourquoi Wifredo Lam et ses impressionnantes chimères anthropozoomorphes ? Pourquoi Victor Hugo avec l’aigle et le lion ?: « Et si vous aboyez, tonnerres, / Je rugirai»<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn11">[11]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans la poésie césairienne, la présence du lion exerce son primat, symbole solaire, le fauve emblématique de l’Afrique. « … <em>Le lion</em> rouge a rugi » est le second vers de l&#8217;hymne national du Sénégal dont l’auteur est Léopold Sédar Senghor. Le lion figure dans l’épitaphe qu’il s’est choisie :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« Quand je serai mort mes amis, couchez-moi sous Joal-l’Ombreuse (…) Ci-gît Senghor, fils de Dyogoye-le-lion et de Ngilane-la-Douce »</p>
<p style="text-align: justify;">     Chez Aimé Césaire, le lion n’apparaît pas avec les attributs cruels du fauve mais avec la majestueuse puissance du feu <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn12">[12]</a>. Le lion césairien, d’essence cosmique, tellurique et ignifère, représente l’agressivité révolutionnaire du nègre rebelle (Lilyan Kesteloot), souvent associé à l’image du volcan à laquelle s’identifie le poète avec sa parole éruptive, péléenne. Ainsi la force cosmique qui anime le lion césairien s’exprime aussi dans l’allégorie du volcan – c’est la Montagne Pelée :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">…<em>vomi de terres</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em></em><em> je salue le vieux lion et son courroux de pierres</em> (<em>Solvitur… Moi, laminaire…</em>)</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>…La terre se pousse une crinière </em>(<em>Bucolique, Ferrements</em>)</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>… le lion, au nord qu’il éructe ses entrailles</em>… (<em>Parole due, Comme un malentendu de salut</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Les volcans éteints sont vautrés comme des <em>rhinocéros fatigués dont on peut palper la poche galactique… </em> c’est-à-dire la mamelle, (<em>Dorsale bossale, Moi, laminaire…</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Citons aussi d’autres animaux africains habitant le bestiaire césairien : l’éléphant, le guépard, le chacal, la hyène, le zèbre, les singes, le phacochère, le lycaon (chien des prairies), le dromadaire, la girafe, le buffle, l’hippotrague, la gazelle, l’antilope.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons-nous à  l’antilope qui anime cette image d’une sublime beauté qui surgit dans le <em>Cahier d’un retour au pays natal </em>:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>&laquo;&nbsp;Ceux qui savent la féminité de la lune au corps d’huile l’exaltation réconciliée de l’antilope et de l’étoile&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: justify;">Image authentiquement africaine, l’association de l’antilope et de l’étoile se trouve au cœur de la mythologie  chez les Boschimans du Kalahari <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn13">[13]</a>. En effet, ce peuple considère les étoiles comme des antilopes dans le ciel et les antilopes comme des étoiles sur terre. De ce fait, il est interdit de briser les os des antilopes tuées sans quoi la lumière du ciel étoilé s’éteindrait. L’antilope-étoile appartient aussi aux Éthiopiens du Soudan du Nord et dans les villages de la brousse on trouve des branches érigées portant des crânes d’antilopes desséchés. Ces crânes ont pour vertu d’amener les « étoiles filantes d’heureux présages »<em></em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« Cette première période de l’art de l’humanité est marquée par une créativité, une émotion qui poussait l’artiste à faire jouer par les animaux le rôle des astres… les antilopes celui des étoiles, le lion et l’aigle celui du soleil, le taureau celui de la lune… le ciel et la terre jouent le rôle de l’homme pendant le coït… » <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn14">[14]</a> <em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La flore de l’Afrique, la forêt, l’arbre.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le “symbolisme végétal ” très fort, marquant l’œuvre en profondeur est reconnu par le poète qui souligne:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Le déracinement de mon peuple, je le ressens profondément. On a remarqué dans mon œuvre la constante de certains thèmes, en particulier les symboles végétaux. Je suis effectivement obsédé par la végétation, par la fleur, par la racine. Rien de tout cela n’est gratuit, tout est lié à ma situation d’homme exilé de son sol originel&#8230; l’arbre profondément enraciné dans le sol, c’est pour moi le symbole de l’homme lié à la nature, la nostalgie d’un paradis perdu</em>. <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn15">[15]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Nostalgie, paradis perdu &#8211; les mots sont prononcés:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">&#8230; <em>à force de penser au Congo</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em></em><em>je suis devenu un Congo bruissant de forêts et de fleuves.</em>.. (<em>Cahier</em> <em>d’un retour au pays natal</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Exemple du baobab, l’arbre emblématique de l’Afrique, dans le poème <em>Chevelure </em>(<em>Soleil cou coupé</em>)<em> :</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Dirait-on pas bombardé d’un sang de latérites</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em></em><em>bel arbre nu … le baobab est notre arbre</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’arbre appelle la forêt:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>&#8230; la forêt se souvient que le dernier mot ne peut être que le cri flambant de l’oiseau des ruines dans le bol de l’orage</em> (<em>Chevelure</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Image mythique africaine, cette forêt traversée d’<em>espaces aveugles baignés d’oiseaux</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">La nostalgie filiale s’exprime sous la forme obsédante de la femme et de l’arbre: la Femme, la Mère porteuse d’une genèse, l’Arbre image de l’enracinement &#8211; et souvent ces deux images s’enlacent, la femme et l’arbre, tels qu’ils nous apparaissent dans le poème <em>Bateke-Mythologie </em>(<em>Les armes miraculeuses</em>)<em> </em>:</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>à grands coups fauves de tes bras libres de pétrir l’amour à ton gré batéké</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em></em><em>de tes bras de recel et de don qui frappent de clairvoyance les espaces aveugles baignés d’oiseaux</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em></em><em>Je profère au creux ligneux de la vague infantile de tes seins le jet du grand mapou</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em></em><em>né de ton sexe où pend le fruit fragile de la liberté</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le grand mapou était une réalité, il existait en Martinique. C’était un grand fromager (encore appelé ceiba) dont on admirait l’impressionnante ramure, à l’entrée du bourg de Grand-Rivière, Hélas ! Ce grand mapou a disparu, foudroyé par un orage. Le mapou est un arbre mythique des Antilles, arbre mythifié aussi dans la culture vaudou où «les âmes des grands mapous  errent la nuit sur les routes et leur forme monstrueuse terrorise. <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn16">[16]</a>»</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’arbre, la graine</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La poussée vers l’universel qui anime la conscience césairienne accorde une place de choix pour l’arbre, la racine et le poète sentant monter en lui le flux germinal, devient homme-plante :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"> <em>J’ai la tentation panthéiste, je voudrais être tout ! Je voudrais être tous les éléments. Mais c’est vrai que j’ai toujours été fasciné par l’arbre. Le motif végétal est un motif qui est central chez moi, l’arbre est là. Il est partout, il m’inquiète, il m’intrigue, il me nourrit. Il y a le phénomène de la racine, de l’accrochement au sol, il y a le phénomène du fût qui s’élève à la verticale. Il y a le motif de l’épanouissement du feuillage au soleil et de l’ombre protectrice. Tout cela fait partie de mon imaginaire, incontestablement. </em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn17">[17]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Cette sacralisation de l’arbre césairien répond à celle de certains arbres africains qui accèdent au statut du Muntu,<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn18">[18]</a> c’est-à-dire la condition humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">L’arbre dépasse sa condition végétale pour devenir une conscience animée par les saisons, rythmée par le cosmos, soleil et lune,  lieu d’accueil des esprits, réceptacle des offrandes et refuge protecteur  de l’homme. Le rite antillais d’enfouissement du placenta après la naissance d’un enfant, au pied d’un fromager, arbre vénéré des Antilles, authentique Muntu, n’est que le surgissement, outre Atlantique, d’une coutume africaine ancestrale. Le poème <em>Mythologie</em> nous révèle dans ses images la sacralisation africaine de l’arbre totémique antillais, le mapou ou fromager (ceiba), intermédiaire entre le monde surnaturel et le monde humain.</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Je profère au creux ligneux  de la vague infantile de tes seins le jet du grand mapou </em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn19">[19]</a><em> né de ton sexe où pend le fruit fragile de la liberté </em>» (<em>Bateke-Mythologie</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Image séminale d’un arbre dont la gestation s’achève sur la naissance miraculeuse d’un fruit fragile, la liberté qui embrasse l’ensemble Afrique-mère et Martinique.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre image de l’arbre protecteur, pour moi, l’une des plus belles, pathétique <em>Mater dolorosa</em> :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">…<em> dors doucement au tronc méticuleux de mon étreinte / ma femme / ma citadelle</em></p>
<p style="text-align: justify;">            L’homme devenu arbre, en une étreinte apaisée, consolatrice, ouvre son corps pour accueillir son Afrique, sa femme blessée, sa citadelle profanée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>LA MÉTAMORPHOSE</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La relation d’Aimé Césaire à la métamorphose paraît comme l’un des points le plus marquants de la négritude qui habite sa conscience. Cette métamorphose césairienne est bâtie obscurément sur l’animalité et sur l’arbre. Elle ne répond à aucune nécessité biologique, elle relève de l’illusion, du rêve, voire de l’hallucination.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mythe de la métamorphose imprègne avec force les légendes africaines selon lesquelles chaque homme possède un double animal (voir Alain Mabanckou l’écrivain congolais qui remporta en 2006 le prix Renaudot pour son roman : <em>Mémoires de porc-épic</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">C’est par la métamorphose que l’imaginaire césairien paraît le plus pénétrant dans l’idée de négritude. Il le proclame clairement :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>La faiblesse de beaucoup d’hommes est qu’ils ne savent devenir ni une pierre ni un arbre </em>(<em>Question préalable, Soleil cou coupé</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Par la métamorphose le poète dilate sa conscience englobant les forces telluriques, la terre, le volcan, les fleuves, la faune, la flore, et les forces cosmiques, le soleil, les étoiles. Par la métamorphose, l’Homme se transmue en une nouvelle Unité qui accède à l’Universel :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"> <em>…Je suis arbre… je veux être un arbre… En nous l’homme de tous les temps. En nous tous les hommes. En nous, l’animal, le végétal, le minéral. L’homme n’est pas seulement homme. Il est <span style="text-decoration: underline;">univers</span> <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn20"><strong>[</strong></a><span style="text-decoration: underline;"><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn20"><strong>20]</strong></a></span> …Comme l’arbre, comme l’animal, il s’est abandonné à la vie première… </em>(<em>Poésie et connaissance</em>).</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>En me pensant, c’est toujours en termes de terre, ou de mer, ou de végétal que je me dessine. </em><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn21">[21]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Quand nous entendons ainsi  parler Aimé Césaire,  l’accent des grands mythes ancestraux africains  ou leur bourgeon antillais nous revient, le vaudou – accent qui donne au verbe, à la parole, le NOMMO <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn22">[22]</a>, une puissance quasi divine.</p>
<p style="text-align: justify;">            C’est dans le cri que le verbe césairien, son NOMMO, trouve sa puissance métamorphique, animale, végétale, tellurique, cosmique :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">  <em>… ma sœur l’étoile filante, mon ami, le milan, mon frère le volcan… </em><em>À force de regarder les arbres, je suis devenu un arbre et mes longs pieds d’arbres ont creusé dans le sol de larges sacs à venin de hautes villes d’ossements (Cahier…)</em></p>
<p style="text-align: justify;">L’homme perd ses formes et devient une chimère, homme-plante, homme-pierre, homme fleuve, homme-volcan…</p>
<p style="text-align: justify;"> - homme-fleuve par exemple :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">…<em>les fleuves enfoncent dans ma chair leur museau de sagouin</em>…</p>
<p style="text-align: justify;">- homme-rivière :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>… mes rivières pendent à mon cou</em>…</p>
<p style="text-align: justify;">- homme-forêt :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>… des forêts poussent aux mangles de mes muscles</em>… (<em>Et les chiens</em>…)</p>
<p style="text-align: justify;">Et cette métamorphose est jubilatoire, l’homme pousse comme une plante :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>je pousse comme une plante</em>… (<em>Les pur-sang, Les armes miraculeuses</em>)</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">… <em>pour moi… l’unique plaisir de m’enflammer en feuilles neuves de poinsettias</em>… (<em>Question préalable, Soleil cou coupé</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Cette force libératrice du NOMMO, force protectrice contre les dangers, se retrouve, à l’identique, exprimée dans le verbe d’Amos Tutuola, le Nigérian, le conteur Yoruba.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons-nous sur Amos Tutuola et son écriture.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans « L’ivrogne dans la brousse », où l’auteur  évoque la recherche obstinée de son malafoutier <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn23">[23]</a>, la métamorphose éclate en un véritable feu d’artifice : Amos Tutuola, se transforme en toute chose : animal, végétal, pierre, courant d’air, nuage, pluie… athlète rusé qui se rit de tous les dangers. Il devient lui-aussi rivière, arbre…</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« je me change en un très grand oiseau… en un lézard… en courant d’air… » etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son recueil « Ma vie dans la brousse des fantômes », le voilà devenu serpent venimeux, long bâton, pluie, un puits rempli d’eau, en poisson, crocodile… etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Étrangement, nous retrouvons des images métamorphosantes d’inspiration identique chez Aimé Césaire et Amos Tutuola dans son recueil « La Femme Plume » :</p>
<p>-    Tutuola : « … un homme à la peau de gros poisson… bras courts mais forts comme s’ils étaient de fer… deux grands yeux ronds… » (p.95)</p>
<p style="text-align: justify;">-   Césaire : … <em>poisson férocement armé… pattes de fer terminées par des serres très puissantes… plumes lamelles de fer… l’œil tournait…</em>(<em>Démons, Soleil cou coupé</em>)<em></em></p>
<p style="text-align: justify;">-  Tutuola : « …Ville d’Ifé : la Lune et le Soleil se couchent dans un même puits… la lune tournait comme une roue… » (p.139-141)</p>
<p style="text-align: justify;">- Césaire : …<em> ici Soleil et Lune font les deux roues savamment engrenées</em>… (<em>Comptine, Ferrements</em>) &#8211; même image de cet étrange coït cosmique, chez les deux auteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre image aussi harmonieuse qu’étrange encore, qui apparaît, commune à Césaire et Tutuola : <em>l’arbre blanc aux secourables mains</em>,<em> </em> image d’autant plus insolite que le blanc n’est pas la couleur coutumière de l’arbre.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet arbre blanc césairien apparaît dans <em>Et les chiens se taisaient </em>et dans le poème  intitulé <em>Afrique </em>(<em>Ferrements</em>) :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>… on a beau peindre blanc le pied de l’arbre la force de l’écorce en dessous crie</em>… (<em>Et les chiens…</em>)</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">… <em>l’arbre blanc aux secourables mains ce sera chaque arbre une tempête d’arbres parmi l’écume non pareille et les sables…</em>(<em>Afrique</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">L’arbre blanc se retrouve à l’identique, dans <em>L’ivrogne dans la brousse</em>, d’Amos Tutuola :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« Cet arbre était presque aussi blanc que si on l’avait peint chaque jour avec de la peinture blanche, les feuilles et aussi les branches… nous regardons derrière nous et nous voyons deux grandes mains qui sortent de l’arbre … nous n’avions jamais vu un arbre qui avait des mains et qui parlait… les mains s’étirent de l’arbre indéfiniment et nous cueillent… et nous ramènent en arrière vers l’intérieur de l’arbre … le nom des grandes mains s’appelaient Mains-Secourables… le travail de Mains-Secourables était de surveiller ceux qui se trouvaient en difficulté, dans la brousse… »<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn24">[24]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Même contexte des images, même similitude frappante avec une même isotopie de l’arbre protecteur et  de la main secourable, expression que l’on retrouve à l’identique chez Césaire et Tutuola.</p>
<p style="text-align: justify;">Étrange aussi est l’image familière du sol et du ciel rendus à la vie, que nous retrouvons chez Aimé Césaire et Amos Tutuola :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« Dans le vieux temps, Sol et Ciel étaient des amis intimes, car c’était aussi, autrefois, des êtres humains. Un jour, Ciel descend du ciel pour voir Sol, son ami… » (Amos Tutuola)<a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn25">[25]</a></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>… elle plonge dans la chair rouge du sol</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>elle  plonge dans la chair ardente du ciel…</em> (Aimé Césaire, <em>Cahier…</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Question : Aimé Césaire a-t-il lu Amos Tutuola ? La similitude est trop forte. La première édition en français de « L’ivrogne dans la brousse », d’Amos Tutuola est le fait des éditions Gallimard en 1953. Les premiers poèmes de<em> Ferrements</em> d’Aimé Césaire furent composés en1955-1956 (Lilyan Kesteloot) et publiés aux Éditions du Seuil en 1960. La chronologie est cohérente. L’édition française de « L’ivrogne dans la brousse » d’Amos Tutuola, traduite par Raymond Queneau, littéralement subjugué par ce texte à nul autre semblable, ne put échapper à la vigilance lettrée d’Aimé Césaire  Il est donc quasiment sûr que notre poète a lu Amos Tutuola et, saisi par la force de ces images africaines, les a introduites dans sa poésie, entre autres l’image de l’arbre salvateur, porteur de liberté.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cri césairien fait écho au cri d’Amos Tutuola, un cri animiste, le cri qui donne une âme aux animaux, aux végétaux, aux mornes, aux montagnes, aux fleuves, aux volcans, à la mangrove, aux mancenilliers, à l’hibiscus, au lion, au colibri…</p>
<p style="text-align: justify;">            Nous ne voyons pas de différence majeure entre le poète Aimé Césaire, le Martiniquais, qui s’écrie :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>À force de regarder les arbres, je suis devenu un arbre (Cahier…)…  je pousse comme une plante</em>… (<em>Les pur-sang</em>)<em></em></p>
<p style="text-align: justify;">et le conteur Yoruba, Amos Tutuola qui décrit :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">« … nous avons vu un arbre qui avait de grandes mains secourables et qui parlait… nous voyons deux grandes mains qui sortent de l’arbre et qui nous font le signe STOP… » <a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftn26">[26]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’animiste, l’inerte, l’inanimé n’existe pas, l’arbre, le volcan, la montagne, l’univers entier, tous ont une âme:  <em>En nous, l’animal, le végétal, le minéral…</em></p>
<p style="text-align: justify;">Belle voix métaphorique que celle du baobab, l’arbre tutélaire africain, qui tend la main au chêne, au sapin, au noyer, espèces selvatiques des froids continents. C’est le cri africain, le cri d’Amos Tutuola, le cri extatique d’Aimé Césaire, l’appel à la puissance végétale providentielle, à l’universel réconcilié :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Je suppose que le monde soit une forêt. Bon !</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Il y a des baobabs, du chêne vif, des sapins noirs, du noyer blanc ; </em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>je veux qu’ils poussent tous, bien fermes et drus</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>différents de bois, de port, de couleur</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>mais pareillement pleins de sève et sans que l’un empiète sur l’autre</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>différents à leur base</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>Mais oh !</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>                                                                         </em>(extatique)<em></em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em> que leur tête se rejoigne oui, très haut dans l’éther égal à ne former pour tous</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;"><em>qu’un seul toit          </em>(<em>Et les chiens se taisaient</em> &#8211; acte II)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>_________________________________</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Bibliographie des œuvres d’Amos Tutuola traduites en français :</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L’ivrogne dans la brousse</em></strong>, trad. de l’anglais par raymond Queneau, Gallimard, 1953.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Ma vie dans la brousse des fantômes</em></strong><em>, </em> de l’anglais par Michèle Laforest, Belfond, 1988, repris U.G.E. «10/18 »,1993.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La femme Plume</em></strong>, trad. de l’anglais par Michèle Laforest, Éditions Dapper Littérature, 2000.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Études :</span></p>
<p style="text-align: justify;">- Michèle Dussutour-Hammer, <em>Amos Tutuola, Tradition orale et écriture du conte</em>, Présence africaine, collection adire, 1976.</p>
<p style="text-align: justify;">- Michèle Laforest, <em>Tutuola mon bon maître,</em> récit, Éditions Confluences, 2007.</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref1">[1]</a> Conférence  Hommage À AimÉ CÉsaire, Association Rencontres Européennes-Europoésie.Hôtel de Ville de Paris,18 avril 2011.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref2">[2]</a> Jacqueline Leiner, « Mobile d’Aimé Césaire », <em>Soleil éclaté</em>, Études littéraires françaises, 30, Mélanges offerts à Aimé Césaire, Gunter Narr, 1984, pp.4-5.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref3">[3]</a> René Hénane, <em>Césaire et Lautréamont &#8211; Bestiaire et métamorphose</em>, L’Harmattan, 2006.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref4">[4]</a> C’est nous qui soulignons.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref5">[5]</a> René Hénane, <em>Aimé Césaire, le chant blessé &#8211; Biologie et poétique</em>, Jean-Michel Place, 1999.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref6">[6]</a> Jacqueline Leiner,<em> op. cit</em>., p.5</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref7">[7]</a> Entretien avec le poète, juin 2003. C’est le guanacaste (espèce de mimosacée) encore appelé oreille du diable, oreille cafre (graine en forme d’oreille), savon du singe ( la graine est utilisée pour faire une pâte nettoyante)</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref8">[8]</a> cité <em>in</em> : M a M. Ngal, Aimé Césaire, un homme à la recherche d’une patrie, <em>Les nouvelles éditions africaines</em>, 1975, pp.143-144.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref9">[9]</a> Entretien avec Édouard Maunick,  France Culture, 1976.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref10">[10]</a> Aimé Césaire, entetien avec Jacqueline Leiner, <em>in </em>:<em>Aimé Césaire, le terreau primordial</em>, Gunter Narr, 1993, p.134.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref11">[11]</a> Victor Hugo, <em>Les Contemplations</em>, livre VI &#8211; Au bord de l’Infini, II Ibo.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref12">[12]</a> René Hénane, <em>Césaire et Lautréamont -  bestiaire et métamorphose</em>, L’Harmattan, 2006, p.60.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref13">[13]</a> Léo Frobénius, La civilisation africaine, Le Rocher, 1987, p.113.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref14">[14]</a> <em>ibid</em>. p.148.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref15">[15]</a> Aimé Césaire. Entretien avec J.Sieger. Afrique n°5, octobre 1961</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref16">[16]</a> Alfred Métraux. <em>Le vaudou haïtien</em>, p.137. NRF Gallimard 1958</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref17">[17]</a> Aimé Césaire. La poésie, parole essentielle. Entretien avec Daniel Maximin.<em> Présence africaine</em>, n°126, 1983, p.9.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref18">[18]</a> Jahnheinz Jahn, <em>Muntu</em>, Éditions du Seuil, 1961, p.112.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref19">[19]</a><em> Le grand mapou</em> : le mapou est un grand arbre, le fromager, arbre emblématique aux Antilles.<em> Le grand mapou</em> a existé en Martinique. C’était un immense fromager, aux racines apparentes très puissantes, qui se trouvait à l’entrée du bourg de Grand Rivière, dans le nord de l’île. Cet arbre très admiré et vénéré, fut malheureusement détruit par la foudre.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref20">[20]</a> C’est Aimé Césaire qui souligne.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref21">[21]</a> Entretien avec Daniel Maximin, op. cité.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref22">[22]</a> <em>Nommo </em>: force vitale qui meut toute vie et agit sur les “choses”  et dont la forme est la parole. Jahnheinz Jahn,  <em>Muntu, l’homme africain et la culture néo-africaine</em>, Le Seuil, 1961, p.138.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref23">[23]</a> <em>malafoutier </em>: Mot africain désignant le domestique chargé de la préparer le <em>malafu</em>, le vin de palme.</p>
<p>Le malafoutier est un des personnages du roman d’Amos Tutuola, <em> L’ivrogne dans la brousse </em>: « Quand mon père s’est aperçu que je ne pouvais rien faire d’autre que de boire, il a engagé pour moi un excellent malafoutier qui n’avait rien d’autre à faire qu’à me préparer mon vin de palme pour la journée »</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref24">[24]</a> Amos Tutuola, <em>L’ivrogne dans la brousse</em>, Continents noirs Gallimard, 1953, pp.67-68-69.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref25">[25]</a> <em>ibid</em>., p.121.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a title="" href="file:///C:/Users/jbomba1/Downloads/Article%20Mondes%20francoph.,faune,%20flore,%20n%C3%A9gritude.docx#_ftnref26">[26]</a> <em>ibid</em>. p.67.</p>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/afriques/la-faune-et-la-flore-cesairiennes-marqueurs-de-negritude-aime-cesaire-a-t-il-lu-amos-tutuola/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

<!-- Performance optimized by W3 Total Cache. Learn more: http://www.w3-edge.com/wordpress-plugins/

Minified using disk
Page Caching using disk (enhanced)
Database Caching 12/40 queries in 0.013 seconds using disk

Served from: mondesfrancophones.com @ 2012-02-07 16:30:31 -->
