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	<title>MondesFrancophones.com &#187; Espaces</title>
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		<title>Devoir d’ingérence – Devoir de non-ingérence: L’éternel dilemme de la communauté internationale  dans Palmwein oder Die Liebe zu Afrika (1997), le roman engagé d’Adriaan van Dis.</title>
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		<pubDate>Mon, 21 May 2012 12:05:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ckpao</dc:creator>
				<category><![CDATA[Afriques]]></category>

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		<description><![CDATA[Les œuvres littéraires d’aujourd’hui, et les experts de la philosophie morale en conviennent[1], doivent être lues aussi comme une source de réflexion sur les valeurs et la formation du jugement. Elles participent, comme l’écrit si bien Gisèle Sapiro, à « l’élaboration des représentations et des schèmes de perception du monde, c’est-à-dire de la vision du monde [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;">Les œuvres littéraires d’aujourd’hui, et les experts de la philosophie morale en conviennent<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn1">[1]</a>, doivent être lues aussi comme une source de réflexion sur les valeurs et la formation du jugement. Elles participent, comme l’écrit si bien Gisèle Sapiro, à « <em>l’élaboration des représentations et des schèmes de perception du monde, c’est-à-dire de la vision du monde d’une époque, la Weltanchauung</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn2">[2]</a>. Ce positionnement implique de la part de l’auteur un parti pris idéologique, un engagement<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn3">[3]</a> qui consiste à actualiser notre vision d’un monde possible. Avec la traduction du livre <em>Palmwein oder Die Liebe zu Afrika</em><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn4">[4]</a> (Le vin de palme. Ou l’Amour de l’Afrique) en 2000, le lecteur germanophone redécouvre la thématique de l’engagement, non parce qu’il avait disparu des textes d’auteurs allemands eux-mêmes<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn5">[5]</a>, mais parce qu’il s’agit à nouveau de l’engagement « tiers-mondiste » affiché entre autres par le Martiniquais Frantz fanon dans <em>Les Damnés de la Terre</em><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn6">[6]</a>. C’est ici que se positionne la présente étude qui se propose d’examiner les différentes formes d’engagement affichées par les personnages de ce roman. Ceci nous permettra de nous interroger sur le fameux droit d’ingérence de la communauté internationale. Mais avant tout, nous avons été soucieux de présenter le livre <em>Palmwein</em> comme un roman engagé.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">I. L’intrigue d’un roman engagé</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Adriaan van Dis fait partie des auteurs de la deuxième génération d’Indo-néerlandais qui affichent un grand intérêt pour le récit de voyage dans lequel ils thématisent une ouverture sur le monde riche en interaction<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn7">[7]</a>. Quand on sait que ses parents étaient rentrés de l’ancienne colonie des Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie) avant sa naissance en 1946 à Bergen en Hollande, on peut déjà se demander d’où il tient son intérêt pour les peuples anciennement colonisés<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn8">[8]</a>. Dans <em>Palmwein</em>,<em> </em>l’action se déroule carrément non pas dans une ancienne colonie hollandaise, mais dans une ancienne colonie française de l’Afrique occidentale. Et l’auteur d’avertir que la description de l’île et des circonstances politiques dans son roman est basée sur des faits réels (p. 4). L’éditeur de la version allemande confirme que l’île dont il est question est bel et bien l’Île de Gorée, où Adriaan van Dis a séjourné accompagné d’un grand connaisseur de l’Afrique Breyten Breytenbach<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn9">[9]</a>. L’influence de cet auteur Sud-Africain blanc &#8211; qui dut s’exiler à Paris où il créa l’organisation Okhela pour lutter contre l’apartheid &#8211; sur Adriaan van Dis se voit dans le texte, que nous analysons ici, à travers l’engagement aux côtés des populations opprimées.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, il faut le signaler d’emblée, l’engagement dans <em>Palmwein</em> ressemble à l’amour pour le vin de palme. Qu’on l’aime en le châtiant (en le consommant) ou en le dorlotant (en évitant sa consommation), on influe indirectement sur la société, l’environnement, la religion et même la politique. L’intrigue du roman se laisse résumer comme suit :</p>
<p style="text-align: justify;">Susan Courtland, une <em>toubab</em> américaine, est devenue globe-trotter après avoir perdu les membres de sa famille. Mais le lien qu’elle tisse avec le vin de palme l’amène à déposer définitivement ses valises sur l’Île. Dans la rébellion pour l’autonomie menée par les séparatistes insulaires contre l’Etat central continental, Susan Courtland prend parti pour les rebelles. Dans le texte, il y a aussi William, le jeune homme Anglais aux cheveux rouges, qui est révolté par toute la mentalité occidentale et qui a décidé de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Île pour faire changer les choses. Son engagement est particulièrement remarquable dans le domaine de l’écologie. Il y a également Diller, l’armateur qui a décidé de faire son business sans s’ingérer dans les affaires africaines. Il y a enfin le narrateur. Comme Susan Courtland, il est aussi un bourlingueur qui accosta sur l’Île pour faire un reportage et qui subitement se mit à sensibiliser les Africains afin de changer la condition humaine en Afrique. <em></em></p>
<p style="text-align: justify;">Comme on le voit, l’auteur utilise un discours dialectique, puisque les divers personnages par action ou par omission incarnent des engagements spécifiques, ce qui donne au texte une allure d’un roman à thèse<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn10">[10]</a>. Il est certes difficile d’affirmer qu’Adriaan Van Dis se présente comme porte-parole d’une de ces thèses. Mais en focaliserons nos réflexions sur les diverses formes d’engagement qu’affichent les « personnages antagoniques », nous nous intéresserons à chaque fois principalement à la valeur morale des diverses positions.</p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>II. Diller: Le devoir de non-ingérence.</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;">L’armateur Américain qui répond au nom de Diller est arrivé sur l’Île pour faire tranquillement prospérer ses affaires et attendre sa mort prochaine sans essayer de se battre contre son cancer. Bien qu’il soit Américain et que son nom nous fasse penser au vendeur de drogues, le dealer, sa conception du monde consiste à ne pas s’immiscer dans la politique des pays africains. Cette position que le narrateur désigne par « loi de Diller » (<em>das Dillersche Gesetz </em>: p. 100) rappelle à n’en point douter cette position que la République Populaire de Chine veut présenter comme sa politique officielle en Afrique<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn11">[11]</a> : la non-ingérence.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la réalité du texte, Diller est un personnage dont l’engagement consiste à adopter un caractère renfermé en se recroquevillant intérieurement dans sa propre coquille telle un escargot. Et c’est en s’exilant qu’il pense parvenir à mettre en œuvre sa fameuse loi. C’est d’ailleurs, avoue-t-il, ce qui a motivé son choix de s’établir dans une ancienne colonie française, plutôt que dans une des six colonies anglophones où il avait vécu avec ses parents pendant l’époque coloniale. « <em>En Afrique francophone, je ne me sens pas confronté au passé. […] Les bêtises des Français ne me concernent pas trop </em>»<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn12">[12]</a>, affirme-t-il. C’est donc pour éviter d’être interpellé par sa propre conscience et devoir intervenir que Diller a choisi de s’installer sur l’Île.</p>
<p style="text-align: justify;">Son indifférentisme se remarque aussi dans la discussion sur l’écologie ; il pense que c’est plutôt l’ingérence des Occidentaux à travers leurs Organisations non gouvernementales et institutions internationales et leurs théories d’école qui déconstruit l’équilibre naturel de l’environnement en Afrique. Parce que l’argumentation de Diller montre clairement pourquoi il est contre-productif d’afficher extérieurement son engagement, il est de bon ton de citer ici son raisonnement de façon explicite :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">Les Européens qui arrivent ici pour enseigner l’agriculture pensent que la distillation du vin de palme dessèche les arbres. Leur ingérence fait du vin de palme une boisson illégale. [...] Ces genres d’aides ne font que gâter tout ici. [...] Nous aurions dû ne pas nous immiscer, car les gens d’ici connaissent mieux le sol que nous. Les Noirs savent bien le mettre en valeur, mais parce que les Blancs ont des théories d’écoles et des technologies modernes et sont pleins aux as, ils [les Africains] pensent que nous savons mieux qu’eux. [...]</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">En ne faisant rien, on ne gâte rien. Tant que je connais ma place, rien ne peut m’arriver. Ne pas intervenir, telle est ma devise. […] Les Européens ont tracés des frontières entre les peuples, troublé la migration naturelle, introduit des méthodes agricoles ; ce qui fait que les territoires jadis autosuffisants sont devenus dépendants de l’aide étrangère. [...] Et on appelle cela « la coopération »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn13">[13]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Si ces réflexions étaient menées par un Africains, on penserait qu’il s’agit d’un adepte des théories de conspiration, ces théories qui stipulent qu’un certain groupe de conspirateurs seraient tapis dans l’ombre quelque part en Occident et qui travailleraient contre les intérêts de l’Afrique. Mais l’auteur les place dans la bouche d’un Américain pour affirmer qu’il suffirait que les Occidentaux laissent les Africains vivre sans leurs pédantes théories et la nature se chargera de réguler le reste.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est bon de préciser ici que ce genre d’argumentaire revient de façon récurrente dans la littérature contemporaine sur l’Afrique. Dans son roman <em>Zurück nach Kilimatinde</em> (Le retour à Kilimatinde : 2003), l’auteur suisse de langue allemande Hermann Schulz projette son personnage Heinrich Gotthold Geldermann, alias Henry, dans ce rôle qui consiste à dénoncer l’ingérence de l’occident en Afrique. Henry est un prêtre qui a décidé de plonger dans l’africanité parce que déçu par la morale (chrétienne) occidentale. A son fils Nick venu le chercher à Kilimatinde en Tanzanie après des décennies et qui lui demande le fruit de son engagement en Afrique, il répond :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">Heureusement, j’ai laissé derrière moi ce genre d’idées ! Les Africains s’en sortent très bien sans nous. Tant que nous ne nous ingérons pas continuellement dans leurs affaires et les utilisons comme une poubelle pour nos conceptions ridicules de la civilisation<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn14">[14]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais contrairement au Suisse Henry qui est un personnage mutant, passant d’une logique extrême (le tout occidental) à l’autre extrême (le tout africain), l’Américain Diller n’affiche pas ce genre d’engagement. Il n’ira pas jusqu’à soutenir les Africains contre les occidentaux; il appelle ce genre d’engagement du « <em>verbiage stérile sur le Tiers Monde</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn15">[15]</a>. On aura compris que Diller prend position quand même contre la mentalité occidentale, même s’il refuse, comme il le dit, de changer le monde.</p>
<h2 style="text-align: left;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>III. Susan Courtland : « Moi, deux âmes, hélas, habitent dans mon sein»<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn16">[16]</a>.</strong></span></h2>
<p style="text-align: justify;">On peut caractériser l’engagement de Susan Courtland par ce vers de Johann Wolfgang von Goethe. En effet, l’américaine fait sur Île l’expérience d’une aventure ambiguë. Elle se décide à s’établir sur l’Île parce que les dures réalités d’ici lui permettent de réaliser qu’elle a de la chance d’être née Américaine, ce qui est bon pour sa psychologie individuelle : « <em>Au mieux, on se rend compte qu’on avait une vie dorée</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn17">[17]</a>, remarque le narrateur à son sujet. Le lecteur se rappelle ici l’image du Noir Américain Keith Richburg, correspondant de <em>Washington Post</em> en Afrique, devant les massacres du Rwanda en 1994 et qui ne put s’empêcher de se réjouir d’être né Américain<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn18">[18]</a>. Sur l’Île, Susan est aussi quasiment prisonnière d’une vie de polyandrie, son cœur balançant entre l’armateur américain Diller et l’épicier indigène Sow, tirailleur médaillé.</p>
<p style="text-align: justify;">Etant donné que ses motivations sont purement personnelles, elle essaie au début de son séjour d’appliquer à la lettre la conception de son compatriote Diller que nous avons examinée plus haut. Ainsi, lorsqu’elle osa faire des remontrances aux populations insulaires qui ont coupé les palmiers, elle se ressaisit instinctivement en pensant que le plus grand péché est de s’immiscer dans leurs habitudes : « <em>j’aurais dû ne pas m’ingérer</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn19">[19]</a>, regrette-t-elle.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais très vite, Susan Courtland comprend que ce n’est pas le fait de s’immiscer ou de rester indifférent qui détermine l’évolution de la société africaine : « <em>Lorsque j’intervenais, je n’aboutissais à rien. Lorsque je restais indifférent, je n’aboutissais à rien</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn20">[20]</a>, constate-t-elle. Cette compréhension l’amènera dans la suite de l’histoire, à s’éloigner de « la loi de Diller ». Elle pense en ce moment qu’il vaut mieux agir pour transformer le monde en bien. « <em>Peut-être le moment est-il venu de redistribuer les richesses de la terre ?</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn21">[21]</a>, s’interroge-t-elle. On lit déjà ici la volonté de ce personnage d’en prendre aux plus riches pour offrir aux plus pauvres, de protéger les plus faibles contre les plus forts.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est aussi cette nouvelle conception du monde qui l’amène à s’ingérer dans la politique interne du pays en prenant partie pour les insurgés. Etant donné que la communauté internationale se contente d’afficher la « loi de Diller » en évoquant le droit de non-ingérence, Susan décide d’intervenir en aidant les insurgés à quitter l’Île pour fuir les offensives démesurées des forces républicaines. Alors commença pour elle et pour ses insurgés insulaires une vraie aventure. Mais l’aventure accoucha d’une sourie puisqu’à la fin, la barque ayant chaviré avec tous les fugitifs, c’est encore une mort collective par noyade qui attendait plus de soixante-dix insurgés. La question qui se pose dans ce genre de situation est de savoir si l’ingérence étrangère sert à quelque chose ? Mais dans la logique du roman <em>Palmwein</em>, ce n’est pas le résultat de l’intervention qui importe, mais simplement le fait de s’engager. A propos du résultat négatif de l’action de Susan, le narrateur pense en effet :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">La position de Susan avait un autre sens plus profond dont elle-même n’était pas consciente. Elle a rappelé aux populations insulaires qu’il ne faut pas rester passif et qu’il vaut mieux prendre son propre destin en main plutôt que de se résigner et de chercher les responsabilités chez les autres<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn22">[22]</a>.</p>
<h2 style="text-align: left;"><strong>III.  <span style="text-decoration: underline;">William : De la critique de la civilisation occidentale à l’engagement pour l’écologie</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;">William est un jeune homme Britannique installé sur l’Île et dont le personnage rappelle ces Organisations non gouvernementales (ONG) qui s’investissent avec conviction dans des thèmes comme commerce équitable, écologie, etc. C’est un personnage préoccupé par le fait que la civilisation occidentale qu’il qualifie de décadente devient un modèle pour la culture africaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme les penseurs attestés par l’histoire pour leur critique du matérialisme occidental (Rousseau,  Oswald Spengler, …), William s’en prend au scientisme aveugle qui, dans la logique du texte, est formulé comme suit : « <em>Vous avez plus confiance aux boussoles qu’aux humains</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn23">[23]</a>. Mais l’engagement de William dépasse cette position euro-centrée ; il critique surtout le fait que cette mentalité se présente comme un modèle pour l’Afrique et que les Européens refusent de respecter les us et coutumes en Afrique. Lorsque l’américaine blanche Susan Courtland, qui n’est pas traumatisée par l’esclavage, refuse de croire, comme les populations insulaires, que l’esprit des esclaves déportés rodait la nuit<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn24">[24]</a>, William s’emporte et rétorque : « <em>Cette attitude montre bien l’arrogance de l’Occident</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn25">[25]</a>. En réalité, le but poursuivi par William en dénonçant cette arrogance de l’Occident, c’est de présenter les Africains comme des Hommes meilleurs aux Européens. Il reprend à son compte l’expression favorite de la pensée du 18<sup>e</sup> siècle, « bon sauvage », mais en prenant soin de préciser sa pensée. Le narrateur résume en effet l’idée de William comme suit: « <em>Il a su amener à nouveau les Africains au statut de bons sauvages, d’Hommes meilleurs aux Européens pilleurs </em>»<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn26">[26]</a>. Comment ne pas entendre ici le raisonnement de Jean Jacques Rousseau évoquant cette formule dans sa critique de la civilisation européenne ?<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn27">[27]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Mais une lecture approfondie du texte <em>Palmwein</em> montre que William est bien convaincu de sa thèse et essaie de l’illustrer à travers son combat pour la préservation de l’environnement africain. L’argument selon lequel l’écosystème détermine les activités économiques que l’on peut mener en Afrique revient de façon récurrente dans ses réflexions. Pour pallier la modification de l’écosystème, il apprend aux jeunes de l’Île à jeter systématiquement les cannettes de <em>Fanta</em> dans les poubelles. C’est encore lui qui transforme sa résidence en auberge pour tous les touristes occidentaux sur l’Île, sous l’appellation de « Centre Ecologique pour l’Afrique». La trame du roman nous explique les raisons de ce choix de faire de son centre écologique une auberge : C’est ici, en effet, que William a la chance de sensibiliser ses clients sur son concept « d’écotourisme » : ne rien prendre aux populations autochtones, si on n’est pas prêt à en donner en retour ; ne jamais compter à haute voix parce que cela rappelle la période esclavagiste où les esclaves étaient comptés, ne jamais doigter les humains, ne jamais appeler les gens par leur prénom la nuit, etc. C’est ici aussi que William a l’occasion de rappeler à ceux qu’il appelle les « touristes coca-cola »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn28">[28]</a> leur rôle dans la destruction de l’écosystème africain lorsqu’ils se plaisent à consommer le vin de palme. En plus, le Centre écologique a pour mission d’aider les Africains à retrouver leur fierté bafouée dans la rencontre des races depuis l’esclavage jusqu’à la colonisation. Le narrateur explique :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">Le Centre écologique devait aider les Africains à retrouver leur fierté. Et William voudrait bien les préparer à mieux se défendre. Selon lui, trop d’Africains se seraient laissés aveugler par les perfides réflexions des Occidentaux et seraient coupés de leur propre passé à cause des comportements irresponsables liés à la modernité. L’harmonie était détruite. [...] Le Centre écologique voulait combattre cette mentalité. William avait déjà fait une croix sur l’Europe. L’Afrique pouvait encore être sauvée. C’est de cela qu’il est question. Il ne s’agit pas seulement du respect de mère-Afrique, cette terre véritablement nourricière de leurs aïeux, mais aussi du respect des traditions qui habitent encore le cœur du peuple africain.<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn29">[29]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Comme on le voit, le Centre écologique de William veut amener les Africains à se ressourcer dans leur passé pour se défendre contre la brutalité de la modernité. En prenant conscience du rôle important de l’écologie dans le rétablissement de l’harmonie entre les humains et la nature, les Africains pourraient, selon la logique du texte, comprendre le danger que constituent les industries chimiques et atomiques sur la terre africaine, pendant que les Occidentaux apprendront à respecter les traditions, cultures et croyances africaines. Cet engagement rappelle celui de l’officier Allemand Hans Paasche (1881-1920) dans son petit récit <em>Die Forschungsreise des Afrikaners Lukanga Mukara ins innerste Deutschland</em> (1921)<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn30">[30]</a>. Pour examiner la dégénérescence mentale de l’Occident, l’auteur y laisse les yeux du chercheur Africain Lukanga Mukara se poser sur les Allemands comme l’œil de Dieu sur Caïn, avec comme objectif premier de critiquer la société de consommation et la pollution de l’environnement et dénoncer l’arrogance de la pensée occidentale.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin de compte, le Centre écologique a aussi pour mission de servir de modèle pour toute l’Afrique. Si le roman <em>Palmwein</em> était publié après l’érection du controversé monument en mémoire de l’esclavage par le gouvernement sénégalais à Gorée, on pourrait même penser que l’auteur prend position dans cette controverse puisque son personnage William se montre favorable à ce genre d’initiative. En effet, son centre écologique est situé sur une île de l’Afrique de l’Ouest que l’on pourrait sans hésiter confondre à l’Île de Gorée, car : « <em>Jadis, l’Île était le point de regroupement des esclaves </em>»<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn31">[31]</a>. Ensuite, la logique du texte charge cette île de la mission de s’élever au-dessus de tout le continent pour servir de modèle au reste de l’Afrique : « <em>C’est précisément cette ancienne île des esclaves qui devrait servir de modèle de libération pour l’Afrique. Elle devait refuser d’être esclave de la folie de consommation et de la croissance </em>»<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn32">[32]</a>, se réjouit-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le plus remarquable dans l’engagement de William ne réside pas dans le fait qu’il prenne position, mais surtout dans sa capacité d’agir pour faire bouger les choses. Il sait lier l’enjeu écologique à l’enjeu économique. En thématisant la brutalité de la modernité, il problématise l’esclavage historique et l’esclavage mental d’aujourd’hui comme une obligation morale de l’Occident à octroyer une aide au développement à l’Afrique. Qu’elle soit supposée ou établie, la culpabilité de l’Occident dans les deux formes d’esclavage appelle, selon William, une expiation sous forme de participation matérielle au développement de l’Afrique. Le narrateur constate à ce propos: « <em>En un temps record, William est parvenu à soutirer de l’argent à l’Occident coupable de cette situation. Avec l’aide des dons étrangers, il fit restaurer deux maisons des esclaves</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn33">[33]</a>. C’est vrai qu’on est loin ici des 777 milliards de Dollar qu’une plainte des Africains réclamerait à l’Europe et à l’Amérique pour expiation et réparation du crime contre l’humanité que constitue l’esclavage<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn34">[34]</a>. Mais la logique du texte a le mérite d’établir un lien entre culpabilité des ceux qui, par leurs activités diverses, contribuent au déséquilibre du monde et devoir de compensation.</p>
<h2 style="text-align: left;"><strong>IV. <span style="text-decoration: underline;">Les sages du village: Refus de s’engager ?</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Les sages du village symbolisent la responsabilité morale des Africains eux-mêmes dans le sous-développement de l’Afrique. Leur comportement est interprété de la manière suivante par le narrateur :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">Les sages du village n’étaient pas non plus satisfaits de cette situation. Je me suis demandé en leur présence pourquoi ils acceptaient volontiers leur rôle de victime. Une telle attitude est-elle acceptable dans les temps modernes ? Leurs guides n’oppriment-ils pas la moitié du pays ? L’Afrique s’est rendue coupable elle-même, et ceci constitue la preuve de son indépendance. L’époque où le monde était divisé entre bourreaux d’un côté et victime de l’autre est maintenant révolue.<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn35">[35]</a></p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, à travers le comportement des sages du village, c’est la classe dirigeante africaine qui est indexée. Le lecteur attentif entend ici les propos de Franz Fanon qui déjà en 1952 mettait en garde contre l’humanoïde <em>Peau noire, masques blancs</em>, et affiche : « <em>Le noir veut devenir Blanc</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn36">[36]</a>. Si les Vieux du village sont indexés ici, c’est juste pour rester dans la logique du texte qui veut que les Africains abandonnent la logique de l’Occident, s’ils veulent se développer. Ayant déjà confondu l’élite africaine à un groupe perdu dans le matérialisme occidental, c’est plutôt aux sages du village que le texte se propose de parler. Par ces sages, c’est le comportement des dirigeants africains que l’auteur veut critiquer. Dans l’intrigue du roman, ce sont les dirigeants du pays qui ne veulent pas renoncer au matérialisme occidental. Tant que le projet de « Centre écologique » de William évoqué plus haut permettait de prendre l’argent à l’Occident pour entretenir les « figures de souvenir »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn37">[37]</a> liées à l’esclavage, les autorités du pays l’acceptaient ou le toléraient. Mais dès que le directeur du Centre écologique a essayé d’aller au bout de sa logique en luttant contre la logique matérialiste occidentale, le gouvernement de ce pays africain fictif s’en est littéralement pris au Centre. Il a suffi en effet que ledit centre affiche sa volonté d’empêcher l’importation des vieux réfrigérateurs et des insecticides polluants pour que le gouvernement boycotte officiellement ses activités. Selon le texte, cela revient à se complaire dans le rôle de victime, alors que la logique aurait voulu que dans un réflexe de révolte, les élites se présentent non pas comme des victimes de l’Occident, mais comme des responsables. Le plus tragique, explique William, ce n’est pas que l’honneur des Africains ait été bafoué pendant l’esclavage, mais c’est que les Africains d’aujourd&#8217;hui se complaisent dans ce rôle de victime.</p>
<h2 style="text-align: left;"><strong>V.  <span style="text-decoration: underline;">Le narrateur: Neutralité ?</span></strong></h2>
<p style="text-align: justify;">Le narrateur est un « <em>homme avec beaucoup de responsabilité</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn38">[38]</a> puisqu’il a atterri sur l’Île en tant que <em>reporter</em>, une fonction qui, comme on le sait, exige de la neutralité. En effet, comme un médecin après la mort, il s’est vu confié par la communauté internationale la mission de faire un reportage sur le chavirement de la barque avec à son bord plus de soixante-dix insulaires. Son rôle consistait donc ni plus ni moins à produire un récit : « <em>Mon devoir était de décrire, c’est-à-dire de voir ce qui se passait sur place et rester impartial autant que faire se peut</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn39">[39]</a>. Mais, comme le reconnaît Bartholomäus Grill, un autre reporter attesté par l’histoire, le travail de journaliste en Afrique n’est qu’une nouvelle forme du rôle que jouaient autrefois les explorateurs, les romanciers et les missionnaires, c’est-à-dire contribuer à forger chez le Européens des représentations populaires sur l’Afrique<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn40">[40]</a>. En dépit donc de la neutralité qui est attendue de lui, le narrateur était confronté à la sempiternelle question de la responsabilité des blancs dans les situations de crise en Afrique. En lieu et place d’expiation ou de repentance, sa psychologie individuelle le conduit à se placer dans une position de moralisateur. C’est ainsi que le lecteur le surprend en train de donner des leçons aux populations autochtones :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">Vous avez souffert, dis-je, vous êtes les plus grandes victimes de l’histoire mondiale. L’Île porte les blessures de l’esclavage, du travail forcé, de l’exploitation et du racisme, et il est important que les monuments de cette misère soient conservés. Mais vous êtes plus que des victimes. L’attitude de victime appartient au passé. Vous êtes responsables de vous-mêmes<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn41">[41]</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, le nouvel engagement du narrateur consiste à amener les Africains à cesser de recevoir l’aide de l’Occident. A ces yeux, cela serait une autre forme d’esclavage. « <em>J’étais devenu presque comme William, dans mon cœur, je voulais aussi changer le monde</em><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn42">[42]</a>, reconnaît-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais comme tous les autres personnages occidentaux du roman, le narrateur ploie également sous le coup de la culpabilité historiquement établie de l’Occident dans les barbaries de l’esclavage et de la colonisation. Ce qui fait que le rôle de donneur de leçons doté d’un pédantisme criard lui renvoie toujours intérieurement sa propre image, celle d’un occidental qui ne sait finalement pas mieux que les autres. La confession de dernière minute qu’il fait au lecteur en dit long sur le sens de son engagement : « <em>Beaucoup de mes collègues ont ressenti la même chose. Peut-être avons-nous peur de l’Afrique parce que ce continent sortirait de l’ornière si nous ne nous ingérons pas dans ses affaires</em> »<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn43">[43]</a> .</p>
<h2 style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Conclusion</span></h2>
<p style="text-align: justify;">Même si le titre <em>Vin de palme</em> et la trame de la narration semblent expliquer la présence des personnages sur l’Île par leurs différentes passions pour le vin de palme, c’est la question de l’engagement morale que l’auteur pose ainsi. Tous luttent pour ce fameux vin de palme. Les uns (l’auteur, Susan Courtland, Diller) sont prêts à tout donner pour l’obtenir et le consommer pour résoudre même temporairement leur problème de psychologie individuelle. Les autres (Sow et les autres musulmans) refusent d’en consommer pour ne pas bousculer leur foi. D’autres encore (William et ses adeptes) luttent contre sa consommation parce que sa production entraîne la destruction systématique des palmiers et donc de l’écosystème. La « fiction critique » <em>Palmwein</em> pose ainsi la problématique du positionnement par rapport au principe de neutralité, d’objectivité ou de prise de position. Dans tous ces cas, on pourrait parler d’engagement en convenant avec le théoricien de la sociologie de la littérature, Robert Escarpit, que :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 60px;">L’engagement n’est pas une loi morale, c’est une expérience à laquelle nul n’échappe. La pensée existentialiste, qui a largement popularisé le mot, considère que tout homme est « condamné à être libre. » Chacun de ses choix engage sa responsabilité, même quand ce choix est de ne pas agir. L’engagement peut prendre la forme de l’action politique révolutionnaire, mais il peut aussi prendre celle de la complicité tacite. Ne pas s’engager délibérément, c’est être engagé aux côtés du pouvoir établi.<a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftn44">[44]</a></p>
<p style="text-align: justify;">En appliquant la caricature du vin de palme à la liberté de choix, comme condition <em>sine qua non</em> de l’engagement, l’auteur de <em>Palmwein</em> montre en effet qu’en décidant d’agir ou de rester passif dans le conflit qui, dans la fiction, oppose les séparatistes insulaires au gouvernement officiel continental, les divers personnages s’engagent ainsi soit pour les rebelles, soit pour le gouvernement. Dans ce cas précis la dualité de la vie s’impose à tous et ne laisse aucune place à la neutralité. <em>Palmwein</em> constitue donc un appel qu’Adriaan Van Dis lance aux décideurs et  à la communauté internationale afin qu’ils réagissent plus promptement au nom du droit d’ingérence.</p>
<p style="text-align: justify;">___________________________</p>
<h2 style="text-align: justify;">Bibliographie</h2>
<p style="text-align: justify;">Assmann, Jan : « Kollektives Gedächtnis und kulturelle Identität », in : Assmann, Jan et Hölscher, Tonio (éd.) : <em>Kultur und Gedächtnis</em>. Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1988, pp. 12-20</p>
<p style="text-align: justify;">Augart, Julia: « Fühlt man sich wohler, gescheiter, zivilisierter? – Kommen die Weißen deswegen nach Afrika? Zur interkulturellen Begegnung in Peter Höners Kenianisch-Schweizer Krimitrilogie», in: <em>Acta Germanica</em> Bd. 36, 2008, pp. 91-103</p>
<p style="text-align: justify;">Balzer, Bernd (éd.): <em>Deutsche Literatur in Schlaglichtern</em> . Mannheim, Meyer, 1990</p>
<p style="text-align: justify;">Borchert, Wolfgang: Stimmen sind da in der Luft – in der Nacht<em> </em>(1947), in: <em>Draußen vor der Tür und ausgewählte Erzählungen</em>. Hamburg, Rowohlt, 1967, pp. 61-64</p>
<p style="text-align: justify;">Breytenbach, Breyten: <em>Mischlingsherz. </em><em>Eine Rückkehr nach Afrika</em>. München, Hanser, 1999</p>
<p style="text-align: justify;">Denis, Benoît : <em>Littérature et engagement. De Pascal à Sartre</em>. Paris, Seuil, 2000</p>
<p style="text-align: justify;">Dis, Adriaan van : <em>Palmwein oder Die Liebe zu Afrika</em>. Hanser, München, 2000</p>
<p style="text-align: justify;">Erhart, Walter: “Was nützen schielende Wahrheiten?“ Rousseau, Wieland und die Hermeneutik des Fremden“, in: Jaumann, Herbert (ed.): <em>Rousseau in Deutschland. Neue Beiträge zur Erforschung seiner Rezeption</em>. Berlin, 1995, S. 47-78.</p>
<p style="text-align: justify;">Escarpit, Robert : « L’engament en littérature », in : <em>La grande Encyclopédie Larousse</em>. 1973, pp. 4365-4370</p>
<p style="text-align: justify;">Fanon, Franz : <em>Peau Noire, masques blancs</em>. Paris, 1952</p>
<p style="text-align: justify;">Fanon, Franz : <em>Les Damnés de la Terre</em>. (1961) Paris, Gallimard, 1991</p>
<p style="text-align: justify;">Goethe, Johann Wolfgang von:<em> Faust I</em>. traduit de l’Allemand par Jean Malapate. Paris, Flammarion, 1984</p>
<p style="text-align: justify;">Grill, Bartholomäus: <em>Ach, Afrika. Berichte aus dem Inneren eines Kontinents</em>. 7e éd. München, Goldman, 2005</p>
<p style="text-align: justify;">Kom, Ambroise (Hrsg.): <em>Dictionnaire des œuvres littéraires négro-africaines de langue française. Des origines à 1978</em>. Paris, ACCT et Sherbrooke, Naaman, 1983</p>
<p style="text-align: justify;">Paasche, Hans: <em>Die Forschungsreise des Afrikaners Lukanga Mukara ins innerste Deutschland</em>. Bremen, Donat, 1996</p>
<p style="text-align: justify;">Richburg, Keith B.: <em>Jenseits von Amerika. Eine Konfrontation mit Afrika, dem Land meiner Vorfahren</em>. Stuttgart, Quell, 1998.</p>
<p style="text-align: justify;">Sapiro, Gisèle: <em>La responsabilité de l’écrivain. Littérature, droit et morale en France (XIXe-XXIe siècle)</em>. Paris, Seuil, 2011</p>
<p style="text-align: justify;">Sartre, Jean-Paul : <em>Qu’est-ce que la littérature?</em> Paris, Gallimard, 1948</p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref1">[1]</a> Voir par exemple Nussbaum Marta: « La littérature comme philosophie morale », in Laugier, Sandra (dir.): <em>Éthique, littérature, vie humaine</em>. Paris, PUF, 2006.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref2">[2]</a> Sapiro, Gisèle : <em>La responsabilité de l’écrivain. Littérature, droit et morale en France (XIXe-XXIe siècle)</em>. Paris, Seuil, 2011, p. 719.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref3">[3]</a> À propos des conceptions de l’engagement chez Jean-Paul Sartre et ses détracteurs comme Hans Magnus Enzensberger et Alain Robbe-Grillet, Cf. Denis, Benoît : <em>Littérature et engagement. De Pascal à Sartre</em>. Paris, Seuil, 2000, p. 285 sq.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref4">[4]</a> Dis, Adriaan van : <em>Palmwein oder Die Liebe zu Afrika</em>. Hanser, München, 2000, p. 98. Sauf en cas de précisions, les traductions sont de nous. Le livre est paru d’abord aux Pays-Bas en 1997 sous le titre <em>Palmwijn</em>. La version allemande traduite par Marlene Müller-Haas est parue en 2000. L’ouvrage sera désigné désormais par le titre abrégé de <em>Palmwein</em>.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref5">[5]</a> Ce genre d’engagement était remarquable chez les auteurs comme Hans Magnus Enzensberger, Peter Weiss, Hans Christoph Buch ou Hubert Fichte. Voir Joseph Gomsu, <em>Wohlfeile Fernstenliebe: Literarische und publizistische Annäherungsweisen der westdeutschen Linken an die Dritte Welt</em>. Wiesbaden, Opladen, 1998</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref6">[6]</a> Fanon, Franz : <em>Les Damnés de la Terre</em>. (1961) Paris, Gallimard, 1991.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref7">[7]</a> Voir Cumps, Dorian: « La langue et la littérature néerlandaises des origines à nos jours » (2003), in : Hanna Stouten, Jaap Goedegebuure et Fritz van Oostrom (éd.) : <em>Histoire de la littérature néerlandaise: Pays-Bas et Flandre</em>. Paris, <em>Fayard, 1999. </em>Version électronique sur  <a href="http://www.clio.fr/">www.clio.fr</a> (2009), vu le 12/11/2011.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref8">[8]</a> Son roman <em>Nathan Sid</em> (1996) se déroule dans l’ancienne colonie des Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie), tandis que son roman <em>Indische Dünen</em> (1997) raconte l’histoire d’un soldat très brutal de l’armée coloniale dans cette même ancienne colonie.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref9">[9]</a> Dis, Adriaan van : <em>Palmwein</em>, p. 2 de couverture. Breyten Breytenbach est auteur entre autres de <em>Rückkehr ins Paradies</em> (1993), <em>Die Erinnerung von Vögeln in Zeiten der Revolution</em> (1997) ou encore <em>Mischlingsherz. Eine Rückkehr nach Afrika</em> (1999)</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref10">[10]</a> Lire à ce propos, Suleiman, Susan R. : <em>Le Roman à thèse ou l’autorité fictive</em>. Paris, PUF, 1983.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref11">[11]</a> Cf. à ce sujet l’article « Un principe de non-ingérence, un modèle d’influence », in : <em>Jeune Afrique l’Intelligent</em> du 15 juillet 2008. Version électronique sur <a href="http://www.jeuneafrique.fr/">www.jeuneafrique.fr</a> vu le 12/11/2011.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref12">[12]</a> <em>Palmwein</em>, p. 92.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref13">[13]</a> <em>Palmwein</em>, p. 93-95.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref14">[14]</a> Schulz, Hermann: <em>Zurück nach Kilimatinde</em>. Hamburg, Carlsen, 2003, p. 207.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref15">[15]</a> <em>Palmwein, </em>p. 114.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref16">[16]</a> Zwei Seelen wohnen, ach! in meiner Brust“; la traduction du texte de Goethe est de Malaplate, Jean: <em>Goethe: Faust I</em>. Paris, Flammarion, 1984, p. 58.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref17">[17]</a> <em>Palmwein</em>, p. 11.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref18">[18]</a> Richburg, Keith B.: <em>Jenseits von Amerika. Eine Konfrontation  mit Afrika, dem Land meiner Vorfahren</em>. Stuttgart, Quell, 1998. Il semble que ce soit ici l’une des raisons primordiales qui motivent aujourd’hui l’installation des Occidentaux en Afrique. Julia Augart a déjà remarqué cette motivation dans la littérature suisse sur le Kenya. Cf. Augart, Julia: « Fühlt man sich wohler, gescheiter, zivilisierter? – Kommen die Weißen deswegen nach Afrika? Zur interkulturellen Begegnung in Peter Höners kenianisch-Schweizer Krimitrilogie», in: <em>Acta Germanica</em> Bd. 36, 2008, pp. 91-103.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref19">[19]</a> <em>Palmwein</em>, p. 108.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref20">[20]</a> <em>Palmwein</em>, p. 117.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref21">[21]</a> <em>Palmwein</em>, p. 98.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref22">[22]</a> <em>Palmwein</em>, p. 144.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref23">[23]</a> <em>Palmwein</em>,<em> </em>p. 129.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref24">[24]</a> Cette croyance rappelle la nouvelle <em>Stimmen sind da in der Luft – in der Nacht</em> (1947) de Wolfgang Borchert (1921-1947). Dans ce texte qui raconte le traumatisme des Allemands après la Seconde Guerre mondiale, les vieux ayant vécu la guerre entendent les voix des morts la nuit, tandis que les jeunes dorment paisiblement. Cf. Borchert, Wolfgang: <em>Draußen vor der Tür und ausgewählte Erzählungen</em>. Hamburg, Rowohlt, 1967, pp. 61-64.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref25">[25]</a> <em>Palmwein</em>, p. 18.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref26">[26]</a> <em>Palmwein</em>, p. 146.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref27">[27]</a> Lire à ce sujet Erhart, Walter: &laquo;&nbsp;Was nützen schielende Wahrheite? &laquo;&nbsp;Rousseau, Wieland und die Hermeneutik des Fremden&nbsp;&raquo;, in: Jaumann, Herbert (ed.): <em>Rousseau in Deutschland. Neue Beiträge zur Erforschung seiner Rezeption</em>. Berlin, 1995, S. 47-78.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref28">[28]</a> <em>Palmwein</em>, p. 62.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref29">[29]</a> <em>Palmwein</em>, p. 18 sq.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref30">[30]</a> Paasche, Hans: <em>Die Forschungsreise des Afrikaners Lukanga Mukara ins Innerste Deutschland</em>. Bremen, Donat, 1996, 111 pp.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref31">[31]</a> <em>Palmwein</em>, p. 15.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref32">[32]</a> <em>Palmwein</em>, p. 19.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref33">[33]</a> <em>Palmwein</em>, p. 19.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref34">[34]</a> Mentionnée par Grill, Bartholomäus: <em>Ach, Afrika. </em><em>Berichte aus dem Inneren eines Kontinents</em>. 7e éd. München, Goldman, 2005, p. 114.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref35">[35]</a> <em>Palmwein</em>, p. 146.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref36">[36]</a> Fanon, Franz : <em>Peau Noire, masques blancs</em>. Paris, 1952, p. 7.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref37">[37]</a> Cf. Assmann, Jan: « Kollektives Gedächtnis und kulturelle Identität », in: Assmann, Jan et Hölscher, Tonio (éd.) : <em>Kultur und Gedächtnis</em>. Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1988, p. 12, note 11.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref38">[38]</a> <em>Palmwein</em>, p. 143.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref39">[39]</a> <em>Palmwein</em>, p. 143.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref40">[40]</a> Grill, Bartholomäus: <em>Ach, Afrika. Berichte aus dem Inneren eines Kontinents</em>. 7e éd. München, Goldman, 2005, p. 35.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref41">[41]</a> <em>Palmwein</em>, p. 147.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref42">[42]</a> <em>Palmwein</em>, p. 146.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;">
<p><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref43">[43]</a> <em>Palmwein</em>, p. 147.</p>
</div>
<div>
<p style="text-align: justify;"><a title="" href="file:///C:/Users/Jess/Downloads/kpao_sare_VanDis.doc#_ftnref44">[44]</a> Escarpit, Robert : « L’engament en littérature », in : <em>La grande Encyclopédie Larousse</em>. 1973, p. 4365.</p>
</div>

]]></content:encoded>
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		<title>Hollande: un parfum de IIIème République…</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 22:53:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Président parie sur les valeurs sûres et s’entoure de vrais amis François Hollande aura beaucoup appris de Nicolas Sarkozy. Notamment qu’une entrée par trop décoiffante dans la fonction présidentielle peut vous pourrir un quinquennat. Le Fouquet’s et le yacht de Bolloré sont restés dans les mémoires, alors que l’hommage rendu le 16 mai 2007 aux martyrs [...]]]></description>
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<h2>Le Président parie sur les valeurs sûres et s’entoure de vrais amis</h2>
<p><img src="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/05/Francois-Hollande-trempe-pluie-champs-elysees-le-temps-se-gate.jpg" alt="" /></p>
<p>François Hollande aura beaucoup appris de Nicolas Sarkozy. Notamment qu’une entrée par trop décoiffante dans la fonction présidentielle peut vous pourrir un quinquennat. Le <em>Fouquet’s</em> et le yacht de Bolloré sont restés dans les mémoires, alors que l’hommage rendu le 16 mai 2007 aux martyrs de la Résistance du Bois de Boulogne par un Nicolas Sarkozy tout juste investi est tombé dans l’oubli…</p>
<p>Ce sera sans doute le cas des propos tenus par François Hollande au cours de la journée du 6 Mai, à l’Elysée, devant la statue de Jules Ferry aux Tuileries, et lors de la réception à l’Hôtel de ville de Paris. Il ne faisait que reprendre les thèmes de sa campagne : l’exigence de justice dans la répartition des sacrifices inévitables, la priorité donnée à l’école, à la jeunesse, et à la recherche. Il n’est cependant pas indifférent que les deux personnalités symboliques auxquelles il a tenu à rendre hommage dès son entrée en fonction représentent l’idée de progrès telle qu’elle s’est épanouie sous la IIIème République : celui qui se fonde sur l’étude et sur l’avancement des sciences. Les enfants des écoles aux Tuileries, et les blouses blanches des piliers de laboratoire à l’institut Curie : François Hollande nous fait savoir qu’il ne craint aucun procès, ni pour ringardise par les esprits forts du déconstructivisme, ni pour illusion productiviste par les khmers verts et associés. Cela mérite d’être salué, car l’intention est bonne : on doit aider l’école à mieux remplir son rôle de transmission du savoir indispensable à l’émancipation des individus, et donner à ceux qui repoussent toujours plus loin les limites de la connaissance les moyens de faire que notre pays demeure une grande nation de science et d’industrie. C’est, bien entendu, plus facile à dire qu’à faire et de bonnes intentions ne produisent pas toujours une bonne politique. Reste que les mots engagent, et ceux qui les entendent sauront, le moment venu, juger s’ils ont été suivis d’effets.</p>
<p>Les esprits resteront donc marqués, plus que par ses discours, par le déchaînement des éléments que le nouveau président dut subir dès sa sortie de l’Elysée : trombes d’eau en remontant les Champs du même nom, averse de grêle devant la statue de Pierre et Marie Curie, et enfin coup de foudre sur l’avion le conduisant à Berlin.</p>
<p>Le ciel semblait vouloir tenir le rôle assigné à l’esclave qui tenait la couronne de laurier au dessus de la tête des Césars triomphants : placé tout prêt de lui alors que le peuple de Rome acclame l’empereur vainqueur, il lui chuchote sans cesse : « Souviens-toi que tu es mortel ! ». Cette coutume était destinée à protéger les souverains de l’<em>hubris</em>, cette démesure qui s’empare de ceux qui sont parvenus au sommet de la gloire et du pouvoir. On n’a beau être le président de la République, on subi la météo comme les citoyens ordinaires… Mais un président, fût-il normal, n’est pas un citoyen ordinaire : celui qui resterait debout à l’arrière d’une automobile décapotable alors qu’il pleut à verse serait tenu pour un original. Mais au bout du compte, François Hollande n’aura pas trop à se plaindre de l’intervention de Zeus dans un cérémonial qui avait été réglé au millimètre : le dieu du tonnerre lui a offert une métaphore imprévue : « Je tiens le cap sans frémir au milieu des tempêtes ! ». On aura également admiré le sens pratique d’un président qui a toujours un costard prêt à se substituer à celui que l’eau du ciel a transformé en serpillère.</p>
<p>On a également pris connaissance des premières nominations, celles des principaux conseillers du président, et celle du premier ministre Jean-Marc Ayrault. Elles en disent beaucoup sur la manière dont François Hollande s’apprête à exercer le pouvoir. Il ne sera pas cet hyperprésident décidant de tout au vu de tous, comme le fut son prédécesseur, mais il veille que ceux à qui il délègue une partie des responsabilités soient insoupçonnables quant à leur loyauté. Rien ne vaut les camarades de promo de l’ENA pour faire fonctionner la machine élyséenne : ce sera la tâche de Pierre-André Lemas, secrétaire général de l’Elysée et de Sophie Hubac, directrice de cabinet. Le conseiller spécial, Aquilino Morelle est, lui, l’exact équivalent d’Henri Guaino chez Sarkozy : écrivain des discours, il ne vient pas de l’école delorienne et européiste qui a formé François Hollande. Opposé au Traité constitutionnel européen, il fut le principal conseiller d’Arnaud Montebourg lors de la primaire socialiste. L’important, c’est aussi de bien choisir, à ses côtés, celui qui ne pense pas comme vous, mais qui a du talent.</p>
<p>Le premier ministre, chef du gouvernement qui « détermine et conduit la politique de la nation » (article 20 de la Constitution) est l’un des rares hiérarques socialistes qui n’a jamais « manqué » à François Hollande, même lorsque celui-ci ne semblait pas être le mieux placé dans la course à l’Elysée 2012. Il serait surprenant qu’entré à Matignon, il se place sur une trajectoire de confrontation avec le président de la République. Bien malin serait d’ailleurs celui qui pourrait expliquer en quoi les philosophies politiques des deux hommes pourraient diverger, alors que ce petit exercice est aisé avec Martine Aubry, ou Laurent Fabius. Jean-Marc Ayrault, qui fut brièvement prof avant de ce lancer avec succès dans la vie politique, devra jouer le rôle de surveillant général<sup><a id="fnref-17534-1" href="http://www.causeur.fr/hollande-un-parfum-de-iiieme-republique%e2%80%a6,17534#fn-17534-1">1</a></sup> d’une équipe gouvernementale où des personnalités dotés d’un ego surdimensionné, mais dont la présence est indispensable en raison de leur poids politique devront cohabiter.</p>
<p>L’annonce de la composition de ce gouvernement ne devrait pas comporter de surprise de taille. Le coup médiatico-politique n’est pas le genre de la maison. Il semblerait même que François Hollande prenne un malin plaisir à rendre ennuyeuse l’observation de la vie publique et des lieux de pouvoir, ayant délégué à sa compagne Valérie Trierweiler la tâche de donner au peuple la dose de ragots « people » qu’il exige désormais de ses gouvernants.</p>
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id="fn-17534-1">Je sais. On dit aujourd’hui « conseiller principal d’éducation ». Mais le « surgé » reste la figure emblématique de la loi et l’ordre scolaire. <a href="http://www.causeur.fr/hollande-un-parfum-de-iiieme-republique%e2%80%a6,17534#fnref-17534-1">↩</a></li>
</ol>
</div>

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		<title>La fureur est tombée sur la ville écarlate</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/pratiques-poetiques/la-fureur-est-tombee-sur-la-ville-ecarlate-2/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 14:48:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mlercoulois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratiques Poétiques]]></category>

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		<description><![CDATA[La fureur est tombée sur la ville écarlate La fièvre se recuit dans des bouges saumâtres Un gamin au sexe minuscule arrose le trottoir Des hommes apeurés reluquent les outres exorbitantes des filles blondes aux longues jambes nues Les mendiants se disputent quelques reliefs pourris Des voleurs farouches jouent leur butin aux dés Dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
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<p>La fureur est tombée sur la ville écarlate</p>
<p>La fièvre se recuit dans des bouges saumâtres</p>
<p>Un gamin au sexe minuscule arrose le trottoir</p>
<p>Des hommes apeurés reluquent les outres exorbitantes</p>
<p>des filles blondes aux longues jambes nues</p>
<p>Les mendiants se disputent quelques reliefs pourris</p>
<p>Des voleurs farouches jouent leur butin aux dés</p>
<p>Dans les palais les ministres corrompus comptent leur or</p>
<p>Un roi sans joie besogne la chambrière de la reine</p>
<p>Un cul de jatte hagard est posé contre un mur</p>
<p>Les aveugles en passant le piquent de leur canne</p>
<p>Des bourgeoises esseulées pleurent les jours d’antan</p>
<p>Les maris repus de trop de chère bedonnent au fumoir</p>
<p>De jeunes loups naïfs aiguisent leurs couteaux</p>
<p>Sans savoir qu’ils seront les premiers transpercés</p>
<p>Les tendres demoiselles découvrent l’art du stupre</p>
<p>Elles veulent les mâles mûrs affamés et brutaux</p>
<p>Pour cultiver l’obscène entre gens de bon goût</p>
<p>Ailleurs dans les fabriques un vain peuple s’agite</p>
<p>Gens de peu pauvres et puants</p>
<p>Qui triment pour le pain le vin et le taudis</p>
<p>où s’entasse une marmaille infâme</p>
<p>Tristes odeurs de bouffe de merde et de pisse</p>
<p>Avec des cris parfois ou des vagissements</p>
<p>Une vieille à l’article gémit sur son grabat</p>
<p>Peut-être qu’elle entend les râles du coït</p>
<p>Elle qui aimait tant jadis foutre avec fougue</p>
<p>En bas dans la rue deux ivrognes s’embrassent</p>
<p>Ils mélangent leurs langues sans s’embarrasser</p>
<p>des relents du pinard</p>
<p>La piquette des dieux</p>
<p>Le nectar des vieux cons</p>
<p>Partout dans la ville la vermine grouille</p>
<p>On est tous frères en Jésus-Christ, pas vrai ?</p>
<p>Sauf que lui a laissé sa vie dans un film gore</p>
<p>Alors que nous mourrons dans un chenil crasseux</p>
<p>Parce que nous sommes bien des chiens, n’est-ce pas <em>darling</em> ?</p>
<p>Lui dis-je en la prenant par derrière</p>

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		<title>La victoire de Hollande : un jour sans Histoire</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 08:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Frances]]></category>
		<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Rien de très nouveau sous le soleil de l’Elysée  L’homme politique le plus stupide de la nomenklatura européenne est sans doute Guido Westerwelle, qui exerce les fonctions de ministre des affaires étrangères en Allemagne. Son insignifiance le contraint, pour avoir un semblant d’existence aux côtés de l’envahissante Angela Merkel, à sortir des déclarations à la [...]]]></description>
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<p><strong>Rien de très nouveau sous le soleil de l’Elysée </strong></p>
<p>L’homme politique le plus stupide de la nomenklatura européenne est sans doute Guido Westerwelle, qui exerce les fonctions de ministre des affaires étrangères en Allemagne. Son insignifiance le contraint, pour avoir un semblant d’existence aux côtés de l’envahissante Angela Merkel, à sortir des déclarations à la mode de Lucky Luke. Plus vite que son ombre, mais à la différence des coups de revolvers du héros de Morris et Goscinny, elles ratent régulièrement leur cible. Ainsi, dimanche soir, aux alentours de 20h30, notre Rantanplan d’outre-Rhin qualifia la victoire de François Hollande d’« événement historique ». En V.O. cela donne « ein historisches Ereignis ». Cela a en jette pour les ignorants, mais on est très loin de Goethe, présent sur le champ de bataille de Valmy, déclarant à des officiers allemands : « A partir d’aujourd’hui commence une nouvelle époque de l’histoire du monde, et vous pourrez dire, j’y étais ! ».</p>
<p>L’élection de François Hollande à la présidence de la République française est un événement politique d’une importance certaine, mais on a pu constater qu’aucun de ses partisans présents sur les plateaux de télévision ne se sont risqués à invoquer l’Histoire pour qualifier le succès de leur champion. Ils ont eu raison.</p>
<p>Les images de liesse de la place de la Bastille et de désolation au palais de la Mutualité (on ne dit plus la « Mutu » depuis que ce lieu a été squatté par la droite) évoquent plus les soirées d’après match des supporters des vainqueurs et des vaincus que les « grandes journées qui ont fait la France ». François Hollande aura d’ailleurs fait le nécessaire pour évacuer l’Histoire de cet épisode de la Vème République. Son discours de Tulle n’était pas de nature à donner aux braves gens de Corrèze, ayant bravé la pluie pour l’entendre, le souvenir impérissable qui ferait briller les yeux de leurs petits-enfants à qui ils le raconteraient, le soir à la veillée.</p>
<p>Aujourd’hui, on change de président comme on change de bagnole. On est fier, quelques heures, quelques jours au plus de la nouvelle voiture, on est soulagé de s’être débarrassé de l’ancienne qui nous sortait par les yeux en dépit de quelques dizaines de milliers de kilomètres de bons et loyaux services, et on passe vite à autre chose.<br />
Les antisarkozystes viscéraux vont bientôt se sentir orphelins de leur objet de détestation, et vont très vite se mettre en quête d’un nouveau punching ball. Il n’est pas certain qu’ils trouvent une nouvelle cible de la qualité de la précédente, à moins que Bibi Netanyahou ne décide de débarrasser une bonne fois son pays de la menace nucléaire iranienne. C’est bien triste pour eux, mais on me permettra d’avoir une compassion modérée pour leur frustration.</p>
<p>Le 6 Mai 2012, la France n’a pas réélu le président sortant. So what ? On avait déjà vu cela en 1981… Elle en a élu un nouveau qui leur vend à peu près la même chose que l’ancien, avec un nouvel emballage, et un nouvel argumentaire de vente. Il n’y a donc pas de raison d’en faire toute une histoire. L’Histoire, la vraie, reviendra très sûrement un jour, de manière aussi brutale qu’inattendue. On verra alors si notre président « normal », s’il est toujours en fonction, est capable d’en faire sa compagne pour la postérité.</p>

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		<title>Parution du nouveau numéro de Point d&#8217;orgue, la revue créole de l&#8217;Océan Indien</title>
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		<pubDate>Wed, 02 May 2012 23:11:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Créolisations]]></category>
		<category><![CDATA[En librairie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le n°6 de « Point d’orgue, revue créole de l’Océan Indien », arrive en librairie !  Après un an d’absence, Point d’orgue, la revue bilingue de l’Océan Indien (en créole réunionnais et en français), revient ! Le titre du numéro, « sobatkoz » (choix du terme expliqué dans l’édito&#8230;), évoque bien la volonté de poursuivre [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/05/point-dorgue.png"><img class="size-full wp-image-4698 aligncenter" title="point d'orgue" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/05/point-dorgue.png" alt="" width="471" height="328" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le n°6 de « Point d’orgue, revue créole de l’Océan Indien », arrive en librairie !  Après un an d’absence, Point d’orgue, la revue bilingue de l’Océan Indien (en créole réunionnais et en français), revient ! Le titre du numéro, « sobatkoz » (choix du terme expliqué dans l’édito&#8230;), évoque bien la volonté de poursuivre dans le sens du débat et des échanges autour des thématiques propres aux îles de cet océan-monde.  Dans ce présent numéro qui met en exergue les luttes de populations opprimées (Rom en Europe, Chagossiens dans l’océan Indien, etc.), il n’y a pas moins que 4 tribunes thématiques, 3 illustrateurs, 1 portrait d’écrivain, 1 témoignage, et 1 nouvelle ! De quoi lire durant de longues heures, ou à l’inverse, comme l’invite le format à l’italienne, de quoi prendre son temps en le feuilletant jour après jour&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Détail du sommaire: cliquez <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/05/CP-Point-dorgue-6.pdf" target="_blank">ici</a></strong></p>

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		<title>François Hollande, l’homme qui n’aime pas les passions</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 19:52:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Frances]]></category>
		<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Un bon arbitre fait-il un bon président ? &#160; A un journaliste qui l’interrogeait sur le peu de ferveur suscitée dans les foules par sa candidature, François Hollande a répondu « Je préfère être élu sans ferveur que battu avec !». Certains ont vu dans cette boutade une pique adressée à son ex-compagne qui avait, elle, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Ffrances%252Ffrancois-hollande-l%2525e2%252580%252599homme-qui-n%2525e2%252580%252599aime-pas-les-passions%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Fran%C3%A7ois%20Hollande%2C%20l%E2%80%99homme%20qui%20n%E2%80%99aime%20pas%20les%20passions%20%23%22%20%7D);"></div>
<h2>Un bon arbitre fait-il un bon président ?<a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions/attachment/caricature_francois_hollande_by_cyrielkiller-d4psysm-2/" rel="attachment wp-att-4695"><img class="alignleft size-medium wp-image-4695" title="caricature_francois_hollande_by_cyrielkiller-d4psysm" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/caricature_francois_hollande_by_cyrielkiller-d4psysm1-236x300.jpg" alt="" width="236" height="300" /></a></h2>
<p>&nbsp;</p>
<div id="post-head"></div>
<p>A un journaliste qui l’interrogeait sur le peu de ferveur suscitée dans les foules par sa candidature, François Hollande a répondu « Je préfère être élu sans ferveur que battu avec !». Certains ont vu dans cette boutade une pique adressée à son ex-compagne qui avait, elle, mobilisé les affects des militants et sympathisants de gauche lors de son duel avec Nicolas Sarkozy en 2007, avec le résultat que l’on connaît. Cette interprétation est un peu réductrice, car la flèche visait également Nicolas Sarkozy, qui ne manque pas une occasion de faire de sa personne le réceptacle des sentiments, positifs ou négatifs, qui animent les électrices et les électeurs.</p>
<p>Lorsque l’on est pas le meilleur dans un registre, on se trouve face à une alternative : soit l’on s’efforce de se hisser au niveau de ses concurrents, soit l’on décide d’abandonner ce terrain pour jouer une partition qui vous convient mieux. C’est cette dernière solution que François Hollande a choisie, avec l’aide, sans doute, de communicants moins faisandés que Jacques Séguéla. Fade je suis, fade je resterai, car l’époque n’est plus à la flamboyance baroque de dirigeants se conduisant comme de vulgaires pipoles, brisant tous les tabous de la bienséance bourgeoise, comme Silvio Berlusconi ou, dans une moindre mesure, Nicolas Sarkozy. Mario Monti ou Mariano Rajoy ont le charisme d’une huître, ce qui ne les empêche pas de bénéficier, pour l’instant, du soutien de la majorité de leurs concitoyens. Voilà pour le message. Pour la tactique, François Hollande se sert des inévitables passions émergeant à l’occasion de la « mère de toutes les élections » comme un judoka du poids de son adversaire, qui peut être fatal à ce dernier s’il n’est pas utilisé à bon escient. En dramatisant les enjeux, Nicolas Sarkozy galvanise ses partisans, mais aussi ses adversaires, dont l’antisarkozysme viscéral défie toutes les lois de la raison. Durant la campagne du premier tour, Mélenchon, Joly<sup><a id="fnref-17214-1" href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fn-17214-1">1</a></sup> et Marine Le Pen se sont livrés au Sarko-bashing sans retenue, dispensant ainsi le candidat socialiste de se vautrer dans la basse polémique.</p>
<p>Jean-François Copé accusait, au lendemain du premier tour, François Hollande de se comporter comme une anguille, un poisson qui, comme chacun sait, vous file entre les doigts dès qu’on cherche à le saisir. C’est une forme d’aveu : on a beau le chercher, le pousser à la faute, il est quasi impossible de transformer ce quinquagénaire sympathique pour les deux tiers des Français en épouvantail à bourgeois. Son implantation en Corrèze l’a instruit de l’expérience des deux grands hommes politiques du terroir : Henri Queuille, pour qui « il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout » et Jacques Chirac, qui avait l’art de susciter la sympathie pour sa personne, sinon pour ses idées… Qui va se lever pour faire barrage à une anguille ? D’autant plus que le bonhomme a l’air franc du collier, ne promet pas la lune et le reste, et cultive une discrétion de bon aloi sur sa vie privée<sup><a id="fnref-17214-2" href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fn-17214-2">2</a></sup>.<br />
Ce candidat « antipassionnel » pourra-t-il, en cas de victoire, exercer le pouvoir comme il fit campagne, sans bruit ni fureur, avec juste ce qu’il faut de fougue rhétorique pour éviter aux auditoires de s’ennuyer ?</p>
<p>Constatons d’abord qu’au seuil de la soixantaine, il est très rare que les traits de caractère fondamentaux d’un individu se modifient radicalement. Le « J’ai changé ! » de Sarkozy ne convainc personne, ni ses amis qui l’aiment comme il est, ni ses adversaires qui adorent le détester comme tel. Le pouvoir ne transfigure pas ceux qui sont amenés à l’exercer, sinon tous les présidents de la République finiraient par se ressembler, ce qui est loin d’être le cas. Les sobriquets dont on a affublé Hollande (Flanby, Culbuto) sont, certes, désobligeants et pour une part injuste, mais ils pointent des traits de caractère qui ont émergé de sa longue carrière politique. Son aversion pour les conflits a fait de lui l’homme de la synthèse qui surgit au bout de la longue nuit de la commission des résolutions du congrès du PS. Qui peut imaginer qu’il se comportera d’une manière totalement différente une fois installé à l’Elysée ? Il rassemblera autour de lui les ducs, comtes et barons du PS, primus inter pares d’une aristocratie des féodaux des pouvoirs locaux et régionaux. Il veillera, à l’inverse de Lionel Jospin, à ce que la possession des leviers du pouvoir central ne mette pas en danger la solidité des fiefs électoraux de ses plus fermes soutiens. Il sera l’arbitre de leurs différends et de leurs querelles de préséance, ce qui n’est pas une mince affaire. En bon disciple de Mitterrand, il enverra son premier ministre au feu de l’impopularité en lui faisant porter le poids des inévitables décisions douloureuses exigées par la situation économique. Il sera l’artisan des motions de synthèse bruxelloises qui remettront au surlendemain ce qu’il était urgent de faire l’avant-veille, s’attirant ainsi les bonnes grâces d’Angela Merkel qui va apprécier en lui l’homme prévisible, qui n’aime ni les « coups », ni les tables renversées.</p>
<p>Cela fera-t-il un bon président ? Rien n’est moins sûr, mais rien n’est exclu non plus, car l’Histoire est rusée. On n’est pas un bon, ou un grand homme d’Etat du fait de ses seules qualités personnelles. Il faut que celles-ci soient adaptées aux situations qui se présentent. Churchill, on s’en souvient, fut un calamiteux ministre des finances en temps de paix…<br />
Denis Jeambar, l’ancien directeur de <em>L’Express</em>, qui vient de passer plusieurs mois dans la proximité de François Hollande pour les besoins d’un documentaire, le compare à un galet « lisse à l’extérieur, mais dur à l’intérieur ». Fort bien. Mais n’oublions pas que le destin des galets est d’être emportés par le courant.</p>
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id="fn-17214-1">La candidate écologiste, véritable Rantanplan de la campagne du premier tour, en a même fait un peu trop dans ce registre, avec l’effet inverse de celui escompté. <a href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fnref-17214-1">↩</a></li>
<li id="fn-17214-2">La médiatisation familiale antérieure était le fait de Ségolène Royal. Il est à craindre que Valérie Trierweiler, qui n’a pas peur de la lumière, assure le rond de serviette du couple présidentiel dans les magazines people. Mais il n’est pas indifférent de choisir ce genre de compagne… <a href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fnref-17214-2">↩</a></li>
</ol>
</div>

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		<title>Entretien avec Francis X. Pavy (8): extases et autres rêves</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 16:20:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fxpavy</dc:creator>
				<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fperiples-des-arts%252Fentretien-avec-francis-x-pavy-8%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Entretien%20avec%20Francis%20X.%20Pavy%20%288%29%3A%20extases%20et%20autres%20r%C3%AAves%20%23%22%20%7D);"></div>
<div id="attachment_4684" class="wp-caption aligncenter" style="width: 442px"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/burgundymist.jpg"><img class="size-full wp-image-4684" title="burgundymist" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/burgundymist.jpg" alt="" width="432" height="435" /></a><p class="wp-caption-text">Burgundy Mist, Francis X. Pavy</p></div>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="277"><strong>MF</strong> : <strong>Si cela ne vous dérange pas, j’aimerai que vous parliez de vos extases, peut-être comme commentaire d’une ou plusieurs de vos œuvres.                             </strong>Mon sentiment de paix a commencé à aux alentours de décembre 2008. C’est un profond sentiment – rafraîchissant comme lorsque mon corps boit un grand verre de menthe glacée. Ça va et vient, mais je pense que, lorsque je suis centré sur le but de ma vie, c’est à ce moment-là qu’il me visite, comme une sorte de boussole. Et, chose étrange, je peux avoir ce sentiment tout en éprouvant des émotions négatives telles que l’inquiétude ou la colère. Mais elles sont tempérées, en quelque sorte, par cette paix ; quelquefois c’est très léger et parfois c’est presque insupportable.  La seule œuvre qui fait beaucoup écho à ce sentiment s’appelle « L’Oiseau Bleu Chante Encore ».Ce qui suit est une description de quelques-uns de mes processus créateurs.</p>
<p>J’ai des rêves, des fantasmes, des rêves éveillés et des activités mentales délibérées – une imagination active, des visualisations et des rêves lucides qui rivalisent et se complètent chaque jour dans ma conscience, dans la réalisation de mon art et dans toutes mes entreprises créatrices.</p>
<p>La façon dont je travaille est aussi une combinaison de processus conscients et subconscients (dans le sens d’ « intuitifs »).  Je commence avec une idée, un concept, et ensuite je fais des esquisses, en les transférant dans un format plus grand, et je trouve une ouverture pour commencer le travail et finalement pour me laisser conduire par mes sentiments jusqu’à la fin.</p>
<p>Mes rêves sont ceux de n’importe quelle autre personne. Quand nous dormons, le subconscient renvoie les informations qui sont absorbées lorsque nous sommes en état de veille.  Occasionnellement, j’ai des rêves qui semblent signifier quelque chose – en voici deux que j’ai eu l’un à la suite de l’autre pendant deux nuits consécutives :</p>
<p>Rêves du Bien et du Mal</p>
<p>Le 18 septembre</p>
<p>« L’ange et le démon »</p>
<p><em>Je flottais désincarné et je pouvais voir partout devant moi et derrière moi comme un œil qui voit tout en flottant. Je pouvais entendre la chanson d’une femme, avec une note et plusieurs  notes, une chanson et plusieurs chansons en même temps.  Un grand mélange de musiques qui  se fondaient en une seule note.  Je voyais la femme derrière moi et pourtant en même temps elle était devant moi.  Sa peau était d’un ivoire pâle et translucide comme de l’albâtre et pourtant douce, et elle avait un éclat lumineux venant de l’intérieur, comme si elle était une source lumière.  Elle avait des tatouages au-dessous de sa peau et non au-dessus, et ils bougeaient, changeant continuellement tout en racontant des histoires alors qu’elle dansait et chantait. C’était comme si elle était un écran de cinéma dansant.  Et pendant qu’elle chantait et dansait, les histoires passaient d’une scène à l’autre. Un bûcheron dans les montages ramenant du bois à brûler, des bébés pleurant, de la neige recouvrant les toits,</em><strong><em> </em></strong><em>les chasseurs d’une tribu à la poursuite d’un lion.<strong></strong></em></p>
<p><em>La femme flottait sur une mer d’un bleu roi et il y avait un cercle autour d’elle.  C’était LA femme et toutes les femmes en même temps, une femme protéenne qui n’arrêtait pas de changer de forme et de vêtements devant et derrière moi : une danseuse de temple indien, une paysanne africaine, une miss moderne, une femme au foyer, une courtisane japonaise et des milliers d’autres aspects. Elle rayonnait d’amour, de joie, de sensualité et de pureté.  Elle voulait m’embrasser et comme je me rapprochais d’elle, sa chanson devenait de plus en plus intense.  Comme nous nous étreignons, je me réveillais progressivement, mon réveil surgissant des eaux de mon subconscient, et la chanson se dissolvait dans mes oreilles.  Je restai immobile, calmai mon cœur battant et écoutai.  J’entendis sa chanson à l’arrière-plan de mon esprit, et je vis son visage dans chaque femme rencontrée tout au long de la journée.</em></p>
<p><em>J’étais à l’église à une messe de musiciens.  J’avais ma Dobro, une guitare acoustique en métal, elle était légèrement désaccordée.  J’étais assis sur l’un des bancs au fond de l’église, et il n’y avait personne derrière moi.  D’autres personnes avaient aussi leurs guitares. La prêtresse était vêtue de vert et de blanc, et elle était assise devant l’autel. Nonchalamment, sur ma guitare légèrement désaccordée, je jouais « Walk right in » des Boardwalk Singers. Le son était à douze cordes maintenant.  La messe finissait et la prêtresse voulait savoir qui allait jouer « Hootenanny » pour l’hymne de clôture.  J’ai arrêté de jouer car je n’avais pas confiance en mes capacités de jouer en face de la congrégation. Alors que les gens s’en allaient, il y avait une femme assise sur le banc en face de moi.  Elle était mince, les épaules un peu bronzées et elle était vêtue d’une robe rouge sans manches, avec un décolleté pas trop profond. La robe lui arrivait juste au-dessus des genoux.  Elle avait des bas noirs, des chaussures à talon noires et elle avait de longs cheveux noirs obscurcissant son visage et tombant sur ses épaules, son dos et ses seins.  Sa guitare était un instrument classique, espagnol avec des cordes de boyau ou de nylon. En fait, je savais ou j’avais entendu qu’elle était une très bonne guitariste. Elle se préparait à jouer alors que les gens sortaient. Méthodiquement, elle enroula et noua une large corde de perles autour de ses genoux pour garder ses jambes croisées pendant qu’elle jouait. Elle plaça sa guitare sur ses genoux et alors que tout le monde avait quitté la salle mis à part moi, elle décida de ne pas jouer.  Elle me dit qu’elle serait ravie de jouer pour moi à une autre occasion, qu’elle me montrerait quelques techniques de guitares et elle me suggéra que nous échangions nos numéros de téléphone. Elle prit un stylo et un papier, et elle commença à écrire. Je ne trouvai rien pour écrire, car je n’avais pas de papier dans mes poches.  Je pensais que je pouvais écrire mon numéro de téléphone sur un billet de vingt dollars que je venais de mettre dans le plateau des offrandes, mais après réflexion je ne voulus pas faire une transaction marchande avec cette inconnue obscure.  Elle me donna un papier plié, taché et avec l’estampille de son nom : Anita V. Irving. Aucun numéro de téléphone.  Je continuasi de chercher quelque chose dans mes poches et je trouvai deux faux nez,  un long et un autre petit, fin et en caoutchouc.  Je pris un stylo et écrivis « F » sur le petit nez, mais je ne pus finir d’écrire mon nom et mon adresse.  Elle voulait m’embrasser pour me dire au revoir et me montra son visage.  Elle avait un visage démoniaque comparable aux Siths dans la saga de « Star Wars », des poils rasés en certains endroits, sur le front par exemple.  Sa bouche était humide et petite, légèrement moustachue, avec des nuances de rose, de mauve et de bleuâtre. Un peu comme la bouche d’une vieille grande tante malade que vous ne voulez pas embrasser. J’avais de la pitié pour elle parce qu’elle était franchement laide. Je la vis toute petite et sans importance, j’avais donc décidé de ne pas rendre visite à Anita. Ensuite je me suis réveillé.</em></p>
<p>Ensuite il y a les rêves lucides ou volontaires.  Ceux-là sont les plus durs pour moi à accomplir, mais quand on rêve de façon lucide, on a conscience d’être dans un état de rêve subconscient, on se réveille dans le rêve. Ce n’est pas toujours réussi, mais avec de la pratique il est possible de rêver en direct ; dans cet état de créativité il n’y a pas vraiment de limite à ce qui peut être expérimenté.  Il y a plusieurs méthodes pour déterminer si on est dans un état de rêve ou éveillé dans un rêve, mais cela nécessité beaucoup de vigilance.  Une technique pour se réveiller dans un rêve est d’analyser tout ce qui comprend du texte.  Dans un état de subconscient, si quelqu’un lit un signe ou une lettre, et ensuite s’en détourne et lit de nouveau le signe, il y aura un message différent.  Donc certains rêveurs éveillés ont une carte dans leur porte-monnaie avec la question : « Suis-je en train de rêver ? » Prenant la carte de leur porte-monnaie, la lisant et la relisant, les aidera à déterminer s’ils sont en état de subconscient.  Cette technique devient une habitude pour les rêveurs éveillés.</p>
<p>La visualisation est la technique créative la plus puissante.  Vous commencez avec un concept et visualisez mentalement le résultat comme réel et entreprenez les étapes pour que ça le devienne. C’est de la volonté dirigée, et si un résultat est visualisé de façon répétée, alors le désir est transmis au subconscient et il fera le plus gros du travail, en faisant des connexions et en renvoyant des idées à l’esprit conscient.</p>
<p>Les rêveries et les fantasmes sont pour moi comme une sorte d’imagination fugueuse.  En tant qu’artiste je peux imaginer beaucoup de choses, c’est mon activité que d’agir de la sorte.  Quelquefois, quand je travaille et que je ne fais pas vraiment attention où mon esprit s’égare, je me trouve soudainement dans un état mental où je me suis conduit moi-même.  Les fantasmes ne sont pas réels, mais peuvent le devenir s’il y a des mouvements vers cette idée ou si je la revisite. Pour moi le fantasme est l’état mental le plus problématique.</p>
<p>L’imagination active est une autre technique pour stimuler l’esprit en état d’éveil.  J’utilise souvent cette technique quand je suis coincé sur une œuvre ou que j’ai besoin de franchir l’étape suivante.  Par exemple, si j’ai commencé à peindre et que j’ai seulement un dessin, alors je vais « voir » une partie qui semble devoir être peinte en rouge.  Ensuite je vais imaginer que si, ici c’est rouge, cette partie sera bleue, et si c’est bleu et rouge, il y a alors une autre partie mauve.  J’utiliserai aussi cette technique pour me parler à moi-même, afin de faire progresser une œuvre qui est difficile. J’assumerai deux personnalités et je discuterai du travail avec moi-même.</p>
<p>Toutes ces techniques m’offrent une imagerie. Je les utilise donc de temps à autre.  Quand j’en ai besoin, quelquefois je ne me rends pas compte que je les utilise, c’est juste devenu une habitude.</td>
<td valign="top" width="252"><strong>MF : If you don&#8217;t mind, I would like you to write about your ecstasies, maybe as a commentary on one or several paintings.                                  </strong>My feeling of peace first started visiting me around December of 2008. It’s a deep seated feeling &#8211; a refreshing one like my body is drinking a large glass of minty iced water. It comes and goes, but I think when I am most centered on my life direction that is when it visits me, kind of like a compass. So strangely enough, I may have this feeling and still have negative emotions like worry or anger. But perhaps they are tempered somewhat by the font of peace, sometimes it&#8217;s only a trickle and sometimes it&#8217;s almost unbearable. The only work that has a lot of this feeling is called “The Blue Bird Sings Again&nbsp;&raquo;.What follows is a description of some of my creative metal processes.</p>
<p>I do have dreams, daydreams-fantasies and willful mental activities- active imagination, visualization and lucid dreaming dreams that all compete and complement each other in my everyday consciousness and the making of my art and all creative endeavors.</p>
<p>The way I work is also a combination of conscious and subconscious (intuitive) processes. I start with an idea, concept, then start to make sketches, transferring these to a larger format, finding an “in” to start the work then finally feeling my way through it until the end.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>My actual dreams are mostly like everyone else. The subconscious is giving back information when we sleep that it absorbs throughout the waking state. Occasionally I do have dreams that seem to mean something &#8212; here are two that came back to back on successive nights:</p>
<p>Dreams of Good and Evil</p>
<p>September 18th</p>
<p>The angel and the Demon</p>
<p><em>  I was floating disembodied and could see everywhere in front of me and behind me like a floating all Seeing Eye. I could hear a Woman’s song of one note and all notes, one song and all songs all at the same time. A great melding of music that melted into one note. I peered at her in back of me yet at the same time I was looking ahead of me at her. Her skin was pale ivory and translucent like alabaster yet soft and had a luminescent glow from the inside like she was a source of light .She had tattoos under her skin not on top and they were dynamic, ever changing telling stories as she danced and sang. It was like she was a dancing movie screen. And as she sang and danced, the stories would flow from one scene to another. A woodchopper in the mountains bringing home wood to burn, crying babies, snow covering houses, a tribal party hunting a lion.  </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>The woman was floating in a sea of royal blue and there was a circle around her. She was one woman and all women at the same time, a shape shifter that kept changing shapes and fashions in front (and back) of me: an Indian temple dancer, an African peasant woman, a modern beauty queen, a housewife, a Japanese courtesan and thousands of other faces. She radiated love joy sensuality, femininity and purity. She wanted to kiss me and as I got closer and closer her song was more and more intense. As we embraced I gradually woke, my rising waking state effervescing from the waters of the subconsciousness, the song also dissolving in my ears. I lay still and calmed my beating heart and listened. I heard her song in the background of my mind and saw her face in every woman throughout the day.</em></p>
<p><em>I was in church at a musician’s mass. I had my Dobro, a steel bodied acoustic guitar, with me slightly out of tune. I was seated on one of the back pews, and there was no one in back of me. Other people had their guitars there too. The woman priest was dressed in green and white and was seated before the altar. I was casually playing around</em> <em>on my slightly out of tune guitar, I was playing “walk right in” by the Boardwalk Singers. The sound was of twelve strings now. The mass was ending and the woman priest wanted to know who would play “Hootenanny” as a dismissal hymn. I quit playing as I was a little insecure about my playing ability in front of the congregation. As the people left there was a woman seated in the pew in front of me. She was thin, lightly tanned on the shoulders and was dressed in red sleeveless dress, not cut too low at the neck and ending just above the knees. She had black stockings, black high heels and long raven black hair obscuring her face falling over her shoulders, back and breasts. Her guitar was a Spanish classical gut or nylon stringed instrument. Somehow I knew or heard that she was a great guitar player. She prepared to play as the people walked out. Methodically she wrapped and tied a long string of large round pearls around her knees to keep her legs crossed while she played. She placed her guitar in her lap but as everyone had left except me she decided not to play. She told me she would be happy to play for me some other time, would show me some guitar techniques and suggested we exchange numbers. She took out a pen and paper then started to write. I couldn’t find anything to write on as there was no paper in my pockets. I thought I could write my information on a twenty dollar bill like I had put in the collection plate before, but decided I didn’t want to make a buy-sell transaction with this unknown dark woman. She handed me a folded up paper, stained and with a smeared rubber stamp of her name: Anita V. Irving. No phone number. I kept looking for something to write on in my pockets and found two fake noses. One long and one short, thin and rubbery. I got a pen and wrote “F” on the short nose, but could not finish my name or address. She wanted to give me a parting kiss and showed her face. She had a demonic face on par with the Siths in the Star Wars epics, shaved hair in places, like on her forehead. Her mouth was watery and small, lightly mustached, with pink, purple and bluish hues. Kind of like the mouth of an old sick great aunt you don’t want to kiss. I felt sorry for her as she was so damn ugly. I felt she really didn’t know how to play and her promise was empty. I saw her as diminutive and unimportant so I decided I would not visit Anita. Then I woke up.</em></p>
<p>Then there are lucid or willful dreams. These are harder for me to accomplish, but when one dreams lucidly, one is aware of being in the subconscious dreaming state, waking up inside the dream. At that point the dreamer can choose to direct the dream. This is not always successful, but with practice it’s possible to direct dreams, when in this creative state there is really no limit to what can be experienced. There are various methods to determine whether or not one in in the dreaming state and wake up in the dream, but it takes a lot of vigilance. One technique for awaking in a dream is to analyze anything that has text. In the subconscious state, if one reads a sign or letter, then turns away and reads the sign again, there will be different message. So some lucid dreamers carry a card in their wallets that asks the question “Am I dreaming”? Taking this card out of their pocket and reading it then rereading it will help determine if they are in the subconsciousness state. This technique becomes a habit for lucid dreamers.</p>
<p>Visualization is a most powerful creative technique. You start with a concept and mentally visualize the outcome as real and make steps to make it happen. It’s directed will and if an outcome is repeatedly visualized then the desire is transmitted to the subconscious and it will do most of the work, making connections and throwing back ideas into the conscious mind.</p>
<p>Daydreaming-Fantasies to me are a kind of runaway imagination. As an artist I can imagine a lot of things, it’s my job to do so. Sometimes when I’m working and not paying too much attention to where my mind is wandering, I suddenly catch myself in a strange mental place where I’ve led myself. Fantasies are not real, but could become real if there are repeated visits to an idea and moves toward that idea. So for me fantasies are the most problematic mental state.</p>
<p>Active imagination is another technique to stimulate the mind in the waking state into a creative state. I often use this technique when I’m stuck on a work or just need to get to the next step. For instance, if I’ve started a painting and just have a drawing then I’ll “see” an area that seems it should be painted red. Then I’ll imagine if that is red then this area will be blue and if those are blue and red then another area should be purple. I also will use this to talk my way through a work if it’s difficult. I’ll assume two personalities and discuss the work with myself.</p>
<p>All of these techniques give imagery to me. So I use these techniques off and on when I need them,sometimes I’m not even aware that I’m using them it just becomes a habit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: small;"><span style="line-height: normal;"><br />
</span></span></p>

]]></content:encoded>
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		<title>Jymmi Anjoure-Apourou: 40 moments tirés de la crucifixion d&#8217;un homme (extraits)</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Apr 2012 14:37:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[En librairie]]></category>
		<category><![CDATA[Pratiques Poétiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Veuillez cliquer ici pour lire les extraits du recueil de poèmes de Jymmi Anjoure-Apourou.]]></description>
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<h2><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/40-jours.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4679" title="40 moments tirés de la crucifixion d'un homme, Jymmi Anjoure-Anpourou" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/40-jours.jpg" alt="" width="240" height="368" /></a></h2>
<h2>Veuillez cliquer <a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/40moments-extraits.pdf" target="_blank">ici</a> pour lire les extraits du recueil de poèmes de Jymmi Anjoure-Apourou.</h2>

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		<title>Chroniques martiennes (11)</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Apr 2012 22:23:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>quiestemont</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dérèglementer Comme je devais attendre deux jours avant de retrouver mon économiste, je pus satisfaire mon envie de visiter un peu plus à fond la capitale de l’Empire. Jusque là on ne m’avait montré que les monuments les plus remarquables, les quartiers les plus à même de susciter l’admiration d’un visiteur étranger. Étant libre d’organiser [...]]]></description>
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<p>Dérèglementer</p>
<p>Comme je devais attendre deux jours avant de retrouver mon économiste, je pus satisfaire mon envie de visiter un peu plus à fond la capitale de l’Empire. Jusque là on ne m’avait montré que les monuments les plus remarquables, les quartiers les plus à même de susciter l’admiration d’un visiteur étranger. Étant libre d’organiser mon temps, je demandais qu’on me promenât à travers toute la ville à bord d’un de ces quadricyles si prisés des Martiens, quoique abominablement polluants. Cela étant, je dois reconnaître que celui qui fut mis à ma disposition était très confortable, infiniment supérieur en tout cas, sous ce rapport, aux oiseaux de transport et autres trains souterrains, sans parler des insectes volants !</p>
<p>Ce tour me fit prendre conscience à la fois de l’étendue de la ville et de la variété de ses constructions comme de ses habitants. Si je ne parvenais pas encore à distinguer les sexes chez les Martiens, je commençais à mieux saisir les nuances de leur verdâtre et je constatais qu’ils avaient l’habitude de se regrouper en fonction de la couleur de leur peau. Il y avait ainsi des quartiers où se concentraient les verts plus clairs, à côté d’autres quartiers à forte majorité de verts plus sombres. Je remarquais par ailleurs une relation entre l’apparence extérieure des Rancis et la teinte de leur peau. Les plus clairs étaient généralement mieux habillés et paraissaient plus prospères que les plus sombres. Je confirmais cette observation en comparant les quartiers dans lesquels les uns et les autres se trouvaient en plus grand nombre : aux clairs les beaux immeubles en pierre, les magasins luxueusement décorés ; aux sombres les constructions disgracieuses en matériaux bon marché et les boutiques misérables. Je constatais ainsi <em>de visu</em> à quel point la société rancie était malade pour tolérer de telles inégalités entre ses membres et je m’étonnais qu’une simple nuance de la couleur de la peau pût exercer une influence aussi déterminante.</p>
<p>Lorsque j’étais las de rouler, ou parce que j’étais désireux de considérer de plus près tel ou tel endroit que nous étions en train de traverser, je faisais arrêter mon véhicule. Je marchais dans les rues, j’entrais ici ou là, parfois j’interrogeais un passant. Dès que j’étais identifié comme « Le Terrien » dont parlaient toutes les gazettes, on répondait volontiers à mes questions. Je m’intéressais surtout aux malheureux. Trop souvent, ce qu’ils me racontèrent me glaça le sang : ce qu’ils enduraient passait mon imagination. Je sentis néanmoins chez eux une envie forcenée de vivre, sans laquelle, à vrai dire, ils n’auraient jamais pu supporter leur condition. Comme je m’y attendais, je constatais que les plus malheureux étaient des étrangers. Je ne pus m’empêcher de frémir en les entendant m’avouer qu’ils préféraient leur situation – pourtant indigne, à mes yeux de Terrien, de toute créature vivante ! – à celle qu’ils avaient quittée dans leur pays.  </p>
<p>Après ces deux jours de pérégrination et d’observation, je me trouvais à nouveau installé dans le salon de mon économiste, afin d’écouter ce qu’il avait encore à m’apprendre. Comme il était d’un commerce fort agréable, j’étais bien aise de le revoir. En même temps, je commençais, comme je l’ai dit précédemment, à me fatiguer de ses explications. Il avait beau essayer de me montrer la logique qui se cachait derrière le comportement de ses semblables, tout cela restait pour moi un fatras d’absurdités. Enfin, il n’est jamais inutile de s’instruire, me disais-je, pour me mettre en condition de suivre sa leçon.</p>
<p>« J’ignore, commença-t-il, combien de temps vous resterez parmi nous. Qui sait, peut-être êtes-vous destiné à finir vos jours sur Mars ? Je n’y verrais personnellement aucune objection car vous m’êtes sympathique et parce que je suis certain que vous avez une foule de choses à nous apprendre. Je conçois néanmoins que vous aspiriez à rentrer chez vous. Si tel est le cas, et si votre vœu est exaucé, je ne voudrais pas que vous partiez sans avoir compris comment marche notre système financier. Il est à la fois le cœur de notre économie et le symbole de tous ses dysfonctionnements. »</p>
<p>Je l’écoutais sans réagir autrement que par un signe de tête qui ne m’engageait à rien. Je voulais faire entendre à mon économiste que j’étais effectivement désireux de rentrer chez moi, mais que je n’en ferais pas un drame si je devais rester sur Mars. En réalité, l’effet de surprise initial s’était peu à peu dissipé et, sans vouloir l’avouer à un hôte aussi aimable, j’avais hâte, désormais, de retrouver les miens ainsi que mon environnement familier. Je ne savais pas, alors, combien je serais vite exaucé. Cependant, l’économiste continuait son discours.</p>
<p>« Je vais être obligé de rentrer dans des détails qui risquent de vous surprendre. Il faut d’abord que vous sachiez que la propriété de nos grandes entreprises est divisée entre de très nombreux capitalistes, chacun n’ayant en général qu’une très petite part, insuffisante pour lui permettre de participer à la direction. Par contre, rien n’empêche un même capitaliste de détenir des parts de propriété sur plusieurs entreprises. A quoi cela peut-il bien servir d’être copropriétaire de plusieurs entreprises si l’on ne peut pas intervenir sur leur gestion ? La réponse risque de vous surprendre : ces capitalistes-là ne sont nullement intéressés à la marche de leurs entreprises et ne se sentent, à vrai dire, nullement propriétaires de ces dernières. Leur finalité est toute autre : ils espèrent gagner beaucoup d’argent en jouant sur les variations des cours de leurs titres de propriété. Le principe est d’acheter quand les cours sont bas et de revendre quand ils sont élevés. Je simplifie, il existe des moyens un peu plus subtils, mais, pour l’essentiel, vous avez là tout le secret de la spéculation ».</p>
<p>A ce point, je ne pus m’empêcher de l’interrompre : « Vous voulez dire que les capitalistes, qui dominent l’économie de votre planète, passent leur temps à s’amuser, à essayer de deviner l’évolution future des prix de leurs titres ? » Alors que je m’attendais à m’ennuyer, je m’étais laissé prendre une nouvelle fois aux explications abracadabrantes de l’économiste martien </p>
<p>« Exactement, me fut-il répondu. C’est pourquoi mon maître, le grand économiste Keyn, comparait la bourse (le lieu où s’échangent les titres) à un casino. De fait, les gains ou les pertes qui proviennent de la spéculation ne sont pas beaucoup moins irrationnels que ceux des jeux de hasard. Malheureusement, même si la plupart des capitalistes se soucient peu, au fond, de ce qui se passe réellement dans les entreprises, la situation de ces dernières n’est pas déconnectée des évolutions désordonnées de la bourse. L’effondrement périodique des cours des titres a des conséquences sur l’économie réelle : des entreprises font faillite, le chômage augmente. Tout cela est inévitable dans une économie capitaliste, en tout cas telle que nous la concevons sur Mars. A tort ou à raison, nous nous y sommes habitués. Mais cela, c’était avant l’arrivée des néolibs. Dans leur programme, il y avait, outre les privatisations et la mondialisation (la libre circulation des marchandises et des capitaux à travers toute la planète), la dérèglementation. Selon les néolibs, rappelez-vous, il suffit de laisser faire les capitalistes et les entrepreneurs pour que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. L’agenda des néolibs incluait donc la suppression de toutes les règles – inutiles et même nuisibles selon eux – par lesquelles les États encadrent l’initiative privée. Avec la victoire de cette idéologie, la dérèglementation est devenue effective. Cette dernière a eu de nombreuses conséquences, en particulier dans les États-Unis d’Améric – le pays le plus riche de Mars, celui où est née l’idéologie néolib – où, par exemple, les compagnies de transport par gros oiseaux ont fait faillite les unes après les autres. Encore ne s’agit-il que d’un pays et d’un secteur, mais la dérèglementation a eu une conséquence bien plus grave, qui a affecté toute la planète. Vous devez savoir que toute l’économie martienne repose sur ses banques. Celles-ci sont des entreprises d’un type très particulier, qui ont pour fonction de créer la monnaie sans laquelle aucune production, aucun échange n’auraient lieu. Si l’existence des banques est menacée, c’est toute l’économie qui s’effondre. C’est pourquoi il est impératif d’empêcher les banques de prendre des risques qui puissent mettre leur existence en danger. Avec la dérèglementation, les règles encadrant la création de monnaie par les banques ont sauté, évidemment, et les banques se sont lancées à corps perdu dans la spéculation. Dès lors, ce qui devait advenir arriva : Mars est en train de traverser la crise la plus grave de son histoire, après celle qui eut lieu du vivant de mon maître Keyn, celle qui fut à l’origine de ses découvertes majeures en économie politique. Ah, que n’a-t-on su retenir l’enseignement de cet immense économiste ! Je suis le premier à reconnaître que le monde a changé depuis son temps et que son message doit être réinterprété, mais, plutôt que se livrer à cet exercice nécessaire, on s’est jeté sans réfléchir dans la pseudo-science néolib, et nous ne cessons, depuis, d’en payer les conséquences. »</p>
<p>Quant à moi, j’étais toujours confronté à la même énigme : pourquoi ces Martiens, qui avaient toutes les apparences de créatures intelligentes, n’étaient-ils pas capables de surmonter des difficultés qui m’apparaissaient, à moi, loin d’être insurmontables ? Comme je m’en ouvrais, à nouveau, à mon hôte, il me répondit en des termes qui – comme les fois précédentes – ne pouvaient guère me satisfaire.</p>
<p>« Immédiatement après le déclenchement de cette crise, Nicol s’est répandu en déclarations tonitruantes<strong> </strong>: On allait voir de quoi il était capable ; ce qu’on avait dérèglementé, il se faisait fort, lui, de le rerèglementer ; et il imposerait sa nouvelle manière de voir à la planète entière. Or que constatons-nous, plusieurs années après ces rodomontades ? Que non seulement il n’a rien imposé aux chefs d’État étrangers, mais qu’il n’a même pas été capable de mettre un peu d’ordre chez lui : les banques rancies ont continué leurs activités spéculatives et leurs patrons ont très vite recommencé à se verser des salaires exorbitants. »</p>
<p>Cette dernière remarque me rappela ce que j’avais constaté lors de ma visite de Sipar, ces inégalités si choquantes pour un Terrien. Je voulus savoir l’opinion de mon économiste à ce sujet. Avant qu’il ne me réponde, nous méritions, déclara-t-il, un peu de cette boisson réconfortante que nous appréciions tant tous les deux. Vous devinez que j’applaudis des deux mains à cette proposition. Ce n’est qu’après que nous ayons trempé tous les deux les lèvres dans le breuvage délicieux qu’il reprit la parole.</p>
<p>« Vous venez de toucher, me dit-il, le point le plus douloureux, pour moi, dans le nouveau cours de mon pays. Pendant la GlorieuseÉpoque, dont je vous ai parlé à plusieurs reprises, la Rancie était attentive au sort des plus faibles, les chômeurs étaient très peu nombreux, les malades, les vieux étaient correctement soignés, le niveau d’instruction progressait, les meilleurs enfants du peuple pouvaient espérer atteindre les plus hautes fonctions, enfin, d’une manière générale, les inégalités se réduisaient. Tout a changé avec les néolibs. Tout d’un coup l’argent est devenu la valeur principale. Alors qu’il était mal vu, auparavant, d’étaler ses richesses, celles-ci sont devenues notre critère de comparaison. Seul celui qui est capable de gagner beaucoup d’argent est reconnu par les autres comme digne d’envie. Alors s’est enclenchée une course à l’argent qui a permis, certes, aux plus malins ou aux mieux placés d’en gagner beaucoup, mais ils l’ont fait au détriment des plus faibles. Ainsi que je vous l’ai déjà expliqué, profitant de la mondialisation, les patrons se sont livrés sans aucune honte au chantage à la délocalisation. Ce sont des exemples. Il y en a bien d’autres. Vous connaissez bien celui des transbordeurs de Madin : ceux-là ne font pas partie des plus malins, ils ont simplement la chance de se trouver à la bonne place pour prélever leur rente de monopole. Dans le même ordre d’idées, avez-vous entendu parler de notre sport national, le ballon-pied ? Il consiste à taper sur un ballon uniquement avec le pied ou la tête, les mains étant interdites. Cela réclame de l’adresse, de la vitesse, de l’endurance, des qualités qui sont loin d’être uniformément partagées entre les Martiens. Comme ce sport est très apprécié par notre peuple, il draine beaucoup d’argent. Du coup, les meilleurs joueurs sont en mesure de gagner des sommes à côté desquelles les revenus des transbordeurs paraissent complètement dérisoires : avec les patrons des grandes entreprises, les meilleurs joueurs de ballon-pied font partie des plus riches des Martiens. Si vous voulez avoir une idée de l’ampleur des inégalités qui sont considérées aujourd’hui comme normales sur Mars, un très bon joueur de ballon-pied ou un grand patron peuvent gagner en un an ce que le salarié ranci situé en bas de l’échelle, travaillant à plein-temps mais payé au salaire minimum, gagnerait en deux mille ans. En supposant que le salarié en question puisse travailler pendant trente cinq ans (ce qui est loin d’être garanti de nos jours, vu l’ampleur du chômage), il devrait disposer d’environ <em>soixante vies</em> de labeur pour gagner la même somme que les plus riches en <em>une seule année</em> ! Même si j’ai du mal à lire l’expression de votre visage d’extra-martien, je crois deviner votre stupéfaction. Et vous avez raison de vous scandaliser : l’état de notre planète est révoltant. Je voudrais pouvoir vous dire que cela va changer, que nous allons revenir vers la situation dela Glorieuse Époque. Hélas, pour que cela soit vrai, je crois bien que vous avez raison, finalement, … il ne faudrait pas moins qu’une révolution, … sauf que je ne la vois guère possible. »</p>
<p>Il ne dit plus un mot. Il semblait profondément affecté. Je ne l’étais pas moins, je crois, en pensant à ces pauvres Martiens, si proches de nous par l’apparence – à croire que nous sommes leurs cousins – et si éloignés du chemin du bonheur. Nous bûmes notre alcol en silence et je pris congé de notre économiste. Je promis de revenir le voir bientôt puisque je m’étais engagé à répondre à mon tour à ses questions. Mais je fus retransporté sur Terre pendant la nuit qui suivit, aussi mystérieusement que j’avais été amené sur Mars. Si je suis soulagé d’être revenu chez moi, et heureux d’avoir retrouvé la compagnie de ceux qui me sont chers, je ne parviens pas à oublier la promesse faite à mon ami martien. Parce que je me devais de tenir ma parole et, surtout, parce que je ne puis m’empêcher de penser que les institutions terriennes, dont nous avons tout lieu d’être satisfaits (n’est-ce pas ?), pourraient utilement servir de modèle à nos lointains cousins.</p>
<p>FIN</p>
<p>Quiestemont, écrit à Paris, a.d. 2012.</p>

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		<title>Jean-Durosier Desrivières, poète créole</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Apr 2012 10:54:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>mherland</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caraïbes]]></category>
		<category><![CDATA[Créolisations]]></category>
		<category><![CDATA[Pratiques Poétiques]]></category>

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		<description><![CDATA[ Jean-Durosier Desrivières dont les lecteurs connaissent peut-être déjà le recueil précédent, « Bouts de ville à vendre » (1), qui racontait la ville de Port-au-Prince (d’avant la catastrophe du 12 janvier 2010) en des vers jubilatoires, nous offre maintenant un choix de poèmes redoublés, la version créole (que l’on doit croire originale) sur la page de gauche [...]]]></description>
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<p style="text-align: center;"><a href="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/Desrivières-créole.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4663" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/Desrivières-créole.jpg" alt="" width="368" height="562" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"> Jean-Durosier Desrivières dont les lecteurs connaissent peut-être déjà le recueil précédent, <em>« Bouts de ville à vendre »</em> (1), qui racontait la ville de Port-au-Prince (d’avant la catastrophe du 12 janvier 2010) en des vers jubilatoires, nous offre maintenant un choix de poèmes redoublés, la version créole (que l’on doit croire originale) sur la page de gauche faisant face à la version française à droite (2). L’exercice qui consiste à produire deux poèmes qui disent la même chose (ou à peu près) en des langues différentes est évidemment risqué.</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu’il en soit, cet exercice dont Robert Berrouët-Oriol, dans sa préface, rappelle qu’il a déjà été tenté par Georges Castera dans <em>« Tanbou kreyol – Tambour créole »</em>, nous pousse inévitablement à comparer les vertus des deux propositions poétiques, celle en créole haïtien et celle en français standard. Qu’on en juge :</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="310">« Nou kreye sous nou</p>
<p style="padding-left: 30px;">ak lang nou</p>
<p style="padding-left: 30px;">ak dan nou »</p>
<p>…</p>
<p>« Men mwen pran</p>
<p>chimen jaden ou</p>
<p>pou wè plezi</p>
<p style="padding-left: 30px;">k’ap fè lapli sòti</p>
<p style="padding-left: 30px;">nan</p>
<p style="padding-left: 30px;">fant janm ou »</p>
</td>
<td valign="top" width="310">« Nous avons créé notre langue</p>
<p style="padding-left: 30px;">avec nos langues</p>
<p style="padding-left: 30px;">avec nos dents »</p>
<p>…</p>
<p>« Ma main a pris</p>
<p>le chemin de ton jardin</p>
<p>pour saisir le plaisir</p>
<p style="padding-left: 30px;">provoquant la pluie</p>
<p style="padding-left: 30px;">entre</p>
<p style="padding-left: 30px;">tes jambes »</p>
<p>&nbsp;</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bien sûr, la réception de la poésie est affaire de sensibilité personnelle. Cette subjectivité assumée, la confrontation des deux versions nous pousse à conclure en faveur du créole. Même si la lecture attentive du recueil propose des contre-exemples, comme ci-dessous :</p>
<p>&nbsp;</p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td valign="top" width="310">« Cheri  annoukite mo yo gonflevenn yo devan tout devenn »</td>
<td valign="top" width="310">« Chérie laisse les mots gonfler leursveines face à toutes déveines »</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p style="text-align: justify;">En réalité, il serait vain de vouloir établir une hiérarchie entre deux langues qui, bien que jouant sur des registres différents, ont servi à la perfection tant de poètes. En décidant de se traduire lui-même, Desrivières n’a pas fait disparaître la contradiction majeure de toute traduction de la poésie. La poésie est le vecteur par excellence du génie d’une langue. Sa réussite repose sur l’adéquation entre les sensations, les émotions que l’auteur souhaite exprimer et les mots qu’il choisit pour ce faire. Contraint d’utiliser d’autres mots pour exprimer les mêmes sentiments, le traducteur a peu de chances d’atteindre d’aussi hauts sommets. À cet égard s’avère particulièrement éclairante la comparaison entre les traductions françaises des poèmes créoles de <em>« Lang nou souse nan sous » </em>et les poèmes écrits directement en français de <em>« Bouts de ville à vendre », </em>éclatants de cruauté et de sensualité.</p>
<p style="text-align: justify;">Le lecteur non créolophone n’en appréciera pas moins ces traductions qui lui fournissent une occasion inespérée de s’immerger dans les poèmes en créole haïtien, d’en pénétrer le sens, d’en apprécier la succulence singulière.</p>
<p>(1) Cf. http://mondesfrancophones.com/blog/en-librairie/livres/jean-durosier-desrivieres-un-nouveau-poete-haitien/</p>
<p>(2) Jean-Durosier Desrivières, <em>« Lang nou souse nan sous – notre langue se ressources aux sources »</em>, Paris, Caractères, 2011, 98 p.</p>

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