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	<title>MondesFrancophones.com &#187; Événements</title>
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		<title>Aperçus sur le « Off »: Avignon 2011</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2011 20:17:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>slander</dc:creator>
				<category><![CDATA[Événements]]></category>
		<category><![CDATA[Périples des Arts]]></category>

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		<description><![CDATA[1143 spectacles différents en un peu plus de trois semaines, 969 compagnies, 6000 artistes, presque autant de « professionnels » (producteurs, diffuseurs, journalistes) : ces chiffres donnent le tournis et signalent qu’on ne peut bien sûr rendre compte de l’ensemble du Off. Après une petite semaine seulement en Avignon, il est tout au plus possible d’évoquer quelques-uns des spectacles [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;">1143 spectacles différents en un peu plus de trois semaines, 969 compagnies, 6000 artistes, presque autant de « professionnels » (producteurs, diffuseurs, journalistes) : ces chiffres donnent le tournis et signalent qu’on ne peut bien sûr rendre compte de l’ensemble du Off. Après une petite semaine seulement en Avignon, il est tout au plus possible d’évoquer quelques-uns des spectacles du programme.</p>
<p style="text-align: justify;">Il convient de souligner tout d’abord que cette surabondance est loin d’être favorable à tous. Certes, elle permet à de parfaits inconnus de se faire connaître, mais à côté de ces quelques-uns qui seront bénis par la Fortune, combien qui présentent des choses remarquables ne parviendront jamais à remplir la salle – pourtant de dimension réduite – où ils se produisent et ne rentreront pas dans leurs fonds (les propriétaires des salles ne faisant aucun cadeau). Et combien, aux prestations tout autant dépourvues de texte que de talent, sont venus attirés par un miroir alouettes, alors qu’ils n’auraient pas passé la barrière de la moindre sélection. Car tel est le parti et le pari du Off, de donner à tout le monde sa chance, y compris à ceux qui n’en ont aucune. Pour notre part, nous ne parlerons ici que des spectacles qui nous ont plu, pour une raison ou pour une autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Antoine Chapelot dans <em>Les Jolies Loques</em> (d’après les <em>Soliloques du pauvre</em> de Jehan-Rictus).</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le spectacle le plus fort et le plus émouvant auquel il nous ait été donné d’assister. Jehan Rictus est bien oublié aujourd’hui. A tort. Il fut un poète populaire aux deux sens du terme, qui eut son heure de gloire au tournant du XXe siècle. Il a inventé une langue, une jactance, à coup d’argot, de mots à majuscule, d’élisions, le tout moulé dans des octosyllabes.</p>
<p style="text-align: justify;">J’suis aux trois quarts écrabouillé<br />
Ent’ le Borgeois et l’Ovréier,<br />
J’suis l’gars dont on hait le labeur,<br />
J’suis un placard à Douleurs,<br />
Je suis l’Artiste et le Rêveur,<br />
Le Lépreux des Démocraties.</p>
<p style="text-align: justify;">(« Les Masons »)</p>
<p style="text-align: justify;">Un texte aussi fort peut être dit de bien des façons. Antoine Chapelot est passé par l’atelier du Théâtre du campagnol avant de créer sa propre compagnie. Son interprétation de Rictus est véritablement inspirée. Si jamais un comédien fut habité par son personnage, c’est bien le cas ici. La photo s’avère incapable de rendre compte du jeu proprement halluciné de Chapelot, « clochard céleste » aux yeux perdus dans le vague, à l’élocution heurtée, capable d’exprimer aussi bien l’hébétude que la surexcitation, de faire de son banc public – unique élément de décor – berceau douillet ou tribune pour haranguer.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4274" class="wp-caption aligncenter" style="width: 458px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/antoine-chapelot/" rel="attachment wp-att-4274"><img class="size-full wp-image-4274     " title="Antoine Chapelot" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Antoine-Chapelot.jpg" alt="" width="448" height="336" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Antoine Chapelot</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Un accordéoniste ponctue ou accompagne les déclamations du comédien. Ce dernier ne peut s’appuyer, à part lui, que sur son banc, sur une redingote élimée et sur un vieux chapeau haut de forme pour varier ses effets. Il n’a pas besoin de davantage. L’essentiel est dans l’intensité des expressions, la musique rauque de la voix, la poésie poignante du texte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Jeanne Béziers dans <em>Monstres</em>.</strong></p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4276" class="wp-caption aligncenter" style="width: 458px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/sony-dsc-2/" rel="attachment wp-att-4276"><img class="size-full wp-image-4276" title="Jeanne Béziers" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Jeanne-Béziers1.jpg" alt="" width="448" height="299" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Jeanne Béziers</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Une femme seule en scène à l’exception du musicien qui l’accompagne : La formule est <em>a priori</em> la même que chez Chapelot. Rien de plus dissemblables, pourtant, que leurs deux spectacles. Jeanne Béziers (fille de Pierre Béziers – cf. infra), passée par la Comédie de Saint-Etienne et la troupe paternelle, s’est mise à concevoir des <em>one-woman-shows </em>qui tiennent autant de la comédie musicale ou du music-hall que du théâtre. Aussi le rôle du musicien est-il, chez elle, très important. Armé non seulement d’une contrebasse mais d’un synthétiseur et d’un certain nombre d’enregistrements, il peut balancer toutes sortes de musiques et de sons au gré de la comédienne, meneuse d’une revue dont elle serait l’unique exécutante. Jouant agréablement des claquettes, chantant non moins agréablement des mélodies anglo-saxonnes tirées souvent de Walt Disney, avec parfois des incursions dans l’opéra rock, changeant de ou plutôt transformant son costume pour se métamorphoser, par exemple, en une grenouille désopilante, J. Béziers fait avancer son spectacle à un rythme d’enfer tout en nous racontant ses songes réels ou imaginaires, peuplés – comme bien entendu – de « monstres », plutôt sympathiques au demeurant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Compagnie du Maquis dans <em>Les Bougres</em>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les « bougres », un mot ancien sert de titre à une pièce traitant d’un sujet ancien, la croisade des Albigeois, écrite et mise en scène par Pierre Béziers, le père donc de la susnommée et directeur de la troupe du Maquis, laquelle est installée à Aix-en-Provence  depuis plus de vingt ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Ai Toloza et Proensa                 Aïe ! Toulouse et Provence,<br />
E la terra d’Argensa                  Terre d’Argence,<br />
Bezers et Carcassey                  Béziers et Carcassonne,<br />
Quo vos vi et quo-us vey           Comme vous étiez et comme je vous vois maintenant !</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4277" class="wp-caption aligncenter" style="width: 458px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/les-bougres/" rel="attachment wp-att-4277"><img class="size-full wp-image-4277" title="Les Bougres" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Les-Bougres.jpg" alt="" width="448" height="336" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Les Bougres</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Ainsi pleurait (en langue d’oc) le troubadour Bernard Sicart de Marvejols après le passage des croisés sur le Midi. Ce court extrait d’un poème qui est dit en entier pendant le spectacle (avec sous-titres en français) suffit pour donner une idée de la thématique. Le ton cependant est joyeux et l’on rit plus qu’on ne pleure devant les malheurs du comte Raymond Trencavel et de ses comparses. L’effet comique est liée en partie au talent des comédiens et comédiennes, en particulier Florence Hautier qui, entre autres, commente ou résume (ou remplace) l’action avec les accents d’une vraie native de Bab-el-Oued (qu’elle n’est pas) – et Anne Décis (que les amateurs de séries télévisées françaises ont sans doute repérée dans <em>Plus belle la vie</em>). Il est dû également à l’emploi du procédé d’incrustation des comédiens dans des images. Ce procédé utilisé désormais au cinéma consiste comme on sait à filmer les comédiens sur un fond neutre (bleu en fait) et à mixer ensuite cette prise de vue avec d’autres images, par exemple un traveling sur une forêt. Il est ainsi très aisé de reconstituer par exemple le galop d’un chevalier dans un paysage sylvestre. Le spectacle démonte et démontre le procédé, permettant nombre d’effets fort comiques. Ainsi, en laissant seulement visible la tête d’un comédien et un bâton qui lui va sous le menton (tout le reste étant dissimulé sous du bleu), fait-on apparaître sur l’écran sur l’écran la tête d’un guerrier piqué sur une lance, qui se détache sur un fond de rempart. .. Pour peu que cette tête se mette à parler, l’effet est garanti !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le Malade imaginaire</em> par la compagnie Kronope.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Molière est réellement malade quand il écrit cette pièce, la dernière, satire contre la médecine de son temps. Il aurait pu en faire une pièce tragique (comme l’on sait, la tragédie s’invita elle-même lorsque Molière s’effondra sur la scène lors de la quatrième représentation), il choisit d’en faire une farce.  Les mentalités ne sont plus les mêmes aujourd’hui qu’au XVIIe siècle, nous ne rions pas des mêmes choses. Il est donc difficile pour une troupe d’aborder ce genre de spectacle. Guy Simon a pourtant parfaitement gagné son pari.</p>
<p style="text-align: justify;">Directeur du Kronope (Poitiers), comédien, metteur en scène, il s’est chargé, comme Molière, du rôle d’Argan. Au-delà de son jeu, très expressif, qui accentue autant que faire se peut le comique du personnage, il parvient à le faire exister comme une personne à part entière, avec une fragilité presque enfantine. Il est le seul non masqué en dehors d’Angélique (sa fille qu’il désire marier au jeune médecin Diafoirus, afin, dit-il, d’avoir toujours un médecin sous la main) et de Cléante, l’amant (au sens du XVIIe !) d’Angélique. Tous les autres personnages se dissimulent derrière des masques, ce qui – au-delà de l’économie de comédiens permise – renforce le côté fantastique de la farce. D’autant que les masques sont à eux seuls très éloquents.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4278" class="wp-caption aligncenter" style="width: 443px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/armand-et-beline/" rel="attachment wp-att-4278"><img class="size-full wp-image-4278" title="Armand et Béline" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Armand-et-Béline.jpg" alt="" width="433" height="336" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Armand et Béline</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le <em>Malade</em> de Guy Simon est un spectacle littéralement « merveilleux », ce qui est dû en grande partie à un dispositif scénique aussi spectaculaire qu’efficace : un lit immense qu’on ne devine pas au début, qu’on découvrira lorsqu’il s’inclinera pour révéler Argan dans sa majesté de malade alité. Ce lit, agrémenté d’un trapèze (au départ la barre qui doit aider le malade à se redresser), servira de terrain de jeu aux comédiens, variable dans sa hauteur tout au long du spectacle… en fonction des partenaires d’Argan : car certains d’entre eux – Béline, la traîtresse épouse, souveraine dans son costume blanc agrémenté de dentelles, ainsi que le frère d’Argan – sont juchés sur des échasses. Tous les comédiens défendent vaillamment (ou plutôt drôlement) leur rôle, à commencer par Joëlle Richetta, parfaite en Toinette (la servante) et désopilante dans le rôle de la petite sœur d’Angélique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La troupe de l’hôpital de Montfavet dans <em>Le Libertin</em> d’E.-E. Schmitt.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une troupe basée dans un hôpital psychiatrique (Montfavet près d’Avignon), composée de patients (en majorité) et de soignants sous la houlette d’un metteur en scène, Pascal Joumier. La troupe a impressionné dans le passé par son interprétation du <em>Vol au-dessus d’un nid de coucou</em>. Cette année, elle présentait en Avignon une reprise (<em>L’Atelier</em> de J.-C. Grumberg) et une création (<em>Le Libertin</em> d’E.-E. Schmitt). E.-E. Schmitt est selon nous un auteur un peu en-dessous de sa réputation, qui fait du boulevard à prétention intellectuelle avec moins de verve que le boulevard tout court (celui qui n’affiche aucun prétention). Ici le thème est rien moins qu’une interrogation philosophique sur la morale à travers le personnage de Diderot, un Diderot, en l’occurrence, assailli par son secrétaire – qui le presse de rendre sa copie pour <em>l’Encyclopédie</em> – et par un certain nombre de femmes qui ne lui veulent pas toutes que du bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous n’étions pas là pour Schmitt,  ni pour Diderot mais pour la troupe de Montfavet, en l’occurrence six comédiens (quatre patients et deux soignants). On ne saurait évidemment exiger d’une troupe d’amateurs – même si certains de ses membres jouent depuis plusieurs années – la même perfection que de la part de professionnels ; la prestation fut néanmoins plus qu’honorable dans l’ensemble.  Le décor (pour l’essentiel un ensemble de colonnes à section carrée dessinant un escalier) ne cherche pas l’originalité mais l’efficacité. Nicolas Barrière (un infirmier dans la « vraie vie ») parvient à rendre crédible le personnage de Diderot (qui ne quitte pas la scène un seul instant). Les quatre dames tirent plus ou moins leur épingle du jeu, plutôt plus que moins. Enfin Marc Rapp (un patient qui a donné précédemment une interprétation, paraît-il inoubliable, du chef Bromden dans <em>Le Vol au-dessus d’un nid de coucou</em>), affiche à nouveau ici, dans le rôle du secrétaire du philosophe, sa présence impressionnante et sa voix rocailleuse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Congre et Homard</em>, production guadeloupéenne d’une pièce de Gaël Octavia.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Gaël Octavia, comme son nom ne l’indique pas, est une jeune femme d’origine martiniquaise. <em>Congre et Homard</em> est sa première pièce montée, sinon son premier essai d’écriture théâtrale. Elle y révèle une étonnante maîtrise. Construction parfaite (dans le genre des pièces à tiroir avec des rebondissements successifs), langue brillante avec quelques rares pépites empruntées à un vocabulaire plus populaire, voire créole puisque nous avons affaire respectivement à deux représentants du petit peuple antillais : un pêcheur et un « jobeur » (c’est-à-dire un chômeur « officiel » faisant des petits boulots).</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4279" class="wp-caption aligncenter" style="width: 458px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/joel-jernidier-et-dominik-bernard/" rel="attachment wp-att-4279"><img class="size-full wp-image-4279" title="Joël Jernidier et Dominik Bernard" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Joël-Jernidier-et-Dominik-Bernard.jpg" alt="" width="448" height="298" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Joël Jernidier et Dominik Bernard</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">On ne racontera surtout pas l’histoire. Disons simplement que le pêcheur a une bonne raison d’en vouloir au jobeur et qu’il lui fera passer de très mauvais moments. Le premier, Dominik Bernard – qui a également assuré la mise en scène – mène le jeu avec un bagout et une autorité sans faille.  Joël Jernidier, son comparse, qui endosse le rôle plus ingrat d’une victime presque tout le temps passive, démontre une belle intériorité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce spectacle est exemplaire parce qu’il réunit toutes les qualités que l’on attend du théâtre : 1) un vrai texte, écrit pour le théâtre, utilisant de manière magistrale les techniques propres à l’écriture théâtrale. 2) des comédiens talentueux. 3) une mise en scène rigoureuse et une scénographie au service du texte.  En l’occurrence, le parti retenu par le metteur en scène et le décorateur (Pascal Catayee) fut de placer les deux hommes (tous deux vêtus d’une combinaison de travail) face à face de part et d’autre d’une table qu’on pourrait imaginer dans un bistrot branché, cubique de forme et d’où surgit par moment une lumière bleutée. Le bleu est d’ailleurs la tonalité dominante et cette lumière froide n’est pas sans contribuer à la tension qui domine le spectacle de bout en bout. Lumière bleue qui contraste avec le rouge qui accompagne le tout début du spectacle lorsque le pêcheur, seul en scène, esquisse une valse : première fausse piste, il y en aura d’autres !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Bobby Fischer vit à Pasadena</em> de Lars Norén</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Deux comédiens, Muriel Jarry er Gérard Volat, se sont associés à un metteur en scène d’origine roumaine, Calin Blaga, pour monter cette pièce qui décrit un huit-clos familial aussi explosif qu’étouffant, et dans lequel ils interprètent respectivement la mère (Gunnel, ex comédienne à succès) et le père (Carl, industriel). La distribution est complétée par Giuliano Errante (Thomas, le fils psychotique) et Anne Rouzier (Ellen, la fille alcoolique). L’auteur suédois, Lars Norén, a lui-même été interné dans un hôpital psychiatrique. Il sait donc de quoi il parle quand il brosse le portrait de Thomas, lequel s’exprime peu avec des mots mais dont chaque intervention est saisissante. Le texte est brillant (après avoir néanmoins subi de nombreuses coupes pour faire passer la représentation de trois heures à une heure et demie). Les répliques fusent ou bien les discours se superposent sans se rencontrer, c’est selon. Ellen ne rate pas une occasion pour accabler ses parents, sa mère en particulier qu’elle accuse de tous les maux. Si Gunnel, pour sa part, essaye de se montrer accommodante en face d’enfants aussi difficiles, son naturel dominateur reprend vite le dessus. Seul Karl réussit à garder plus ou moins son calme au milieu de la tempête.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4280" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/bobby-fischer-vit-a-pasadena/" rel="attachment wp-att-4280"><img class="size-full wp-image-4280 " title="Bobby Fischer vit à Pasadena" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Bobby-Fischer-vit-à-Pasadena.jpg" alt="" width="500" height="335" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Bobby Fischer vit à Pasadena </dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">En dépit de quelques longueurs qui subsistent, <em>Bobby Fischer vit à Pasadena</em> (le fils est un brillant joueur d’échec, d’où ce titre insolite) est un spectacle prenant et souvent émouvant qui présente, accessoirement, l’avantage de nous parler du théâtre (les quatre personnages revenant justement d’une représentation théâtrale).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Proudhon modèle Courbet</em> de Jean Pétrement</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Jean Pétrement dirige la compagnie Bacchus à Besançon, ville natale de Proudhon. A l’occasion du bicentenaire de la mort de ce dernier, en 2009, il a créé cette pièce, laquelle – dans l’affrontement entre le philosophe (joué par Pétrement) et son ami Courbet, le peintre (Alain Leclerc) – fait ressortir quelques-unes de leurs divergences. L’admiration que Courbet témoigne à son ami ne l’empêche pas en effet de s’opposer à lui. Et il faut bien reconnaître que le plus sympathique des deux n’est pas Proudhon, tout engoncé qu’il est dans de rigides principes. Deux autres personnages, Jenny, le modèle (Adeline Moncaut) et Georges, le braconnier (Lucien Houvier) apportent respectivement le point de vue du féminisme (qui s’oppose frontalement à la misogynie de Proudhon, dont le texte donne quelques exemples frappants) et celui d’un représentant du « peuple authentique », bien éloigné de l’idéal proudhonien.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4282" class="wp-caption aligncenter" style="width: 570px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/jean-petrement-et-alain-leclerc/" rel="attachment wp-att-4282"><img class="size-full wp-image-4282 " title="Jean Pétrement et Alain Leclerc" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Jean-Pétrement-et-Alain-Leclerc.jpg" alt="" width="560" height="420" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Jean Pétrement et Alain Leclerc </dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Un décor réaliste, avec en toile de fond une reproduction de « L’Atelier » de Courbet, encore inachevé (le tableau dans son état définitif est exposé au musée d’Orsay à Paris), une interprétation très dynamique dominée par un Alain Leclerc magistral, rendent bien compte des intentions de l’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dernier s’appuie sur des extraits judicieusement choisis pour illustrer les points de vue en présence, d’abord des  ouvrages de Proudhon, et en particulier celui qu’il a consacré à l’art et à Courbet (<em>Du principe de l&#8217;art et de sa destination sociale</em>, 1865) – où l’on peut lire par exemple « qu’en peinture ni plus ni moins qu’en littérature et en toute chose, la pensée est la chose principale, la dominante ; que la question du fond prime toujours celle de la forme ; et qu’en toute création de l’art, avant de juger la chose de goût, il faut vider le débat sur l’idée » (p. 14), une opinion qui reste valable pour l’art le plus contemporain. Pour illustrer le point de vue féministe, J. Pétrement a retenu des extraits de <em>La Femme affranchie, réponse à MM. Michelet, Proudhon, E. de Girardin et autres novateurs modernes</em> (1860), un ouvrage sorti de la plume d’une certaine Jeanne-Marie Poinsard, alias Jenny d&#8217;Héricourt (d’où le choix du prénom Jenny, pour le modèle incarné sur la scène par la charmante Adeline Moncaut).</p>
<p style="text-align: justify;">Les thèmes abordés ne se limitent pas pour autant à la question du réalisme en art et au féminisme. Ni la doctrine sociale (le mutuellisme) ni la théorie économique ne sont oubliées (avec, pour le second point, la reprise de l’exemple de l’obélisque de Louxor dressée sur la place de la Concorde par « deux cents grenadiers », l’une des explications proudhoniennes de l’origine de la plus-value capitaliste).</p>
<p style="text-align: justify;">La pièce, présentée aux deux dernières éditions du festival d’Avignon, est reprise cet automne à Paris (du 1<sup>er</sup> septembre au 30 octobre à La Folie Théâtre, rue de La Folie-Méricourt, XIe).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne</em> de Jean-Luc Lagarce</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Catherine Decastel, elle-même auteure de théâtre, a signé cette mise en scène dans laquelle elle interprète le rôle de la mère. Le texte est l’un des meilleurs de Lagarce : cinq femmes, la mère et ses quatre filles, ressassent leur vie passée dans l’attente d’un hypothétique retour du fils et frère, chassé par son père de la maison pour une raison qui demeurera obscure. Une pièce constituée principalement de monologues pas vraiment faciles à faire fonctionner sur un plateau. C. Decastel s’en sort très bien. Sur un plateau nu, à l’exception du lit, au fond, sur lequel est couché le fils (il est finalement revenu mais s’est effondré sans avoir prononcé un mot et se trouve depuis dans un état catatonique), elle fait se déplacer les cinq femmes (toutes vêtues de robes taillées dans la même étoffe, le visage blanchi) et interagir autant que le texte le permet. L’impression générale est celle d’une cérémonie un peu perverse, où se mêlent des confessions impudiques, avec une violence rentrée, dans une famille ou l’amour et la haine se confondent.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4283" class="wp-caption aligncenter" style="width: 512px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/j%e2%80%99etais-dans-ma-maison%e2%80%a6/" rel="attachment wp-att-4283"><img class="size-full wp-image-4283 " title="J’étais dans ma maison…" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/J’étais-dans-ma-maison….jpg" alt="" width="502" height="333" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">J’étais dans ma maison…</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Une scène de masturbation, une bassine d’eau en guise d’accessoire à peu près unique, autant de tics d’une mise en scène « moderne » qu’on pardonnera cependant volontiers dans la mesure où ils ne paraissent pas plaqués artificiellement – pour « faire moderne », justement – mais restent toujours au service du texte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>La Répartition des mouches</em> de Jean Cagnard</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Beau titre pour un authentique théâtre populaire qui part du peuple, s’adresse au peuple, le fait participer et tout cela sans l’ennuyer. Il faut dire que Jean Cagnard sait, lui aussi de quoi il parle (à l’instar de Nordén), puisqu’il est à la fois écrivain et maçon. Il traite ici de la solitude autour d’un personnage récurrent, « l’homme avec lequel on se sent seul quand on se trouve dans une pièce avec lui ». Le propos de la pièce impose le recours aux monologues mais la mise en scène de Michèle Addala est telle que cela ne paraît jamais artificiel ou pesant.</p>
<p style="text-align: justify;">La troupe composite, qui effectue pendant toute l’année un travail d’animation dans le quartier de la gare, en Avignon, est représentative de la population de la France d’aujourd’hui (une Espagnole, un Français d’origine africaine, un autre d’origine nord-africaine, à côté de trois Français « de souche »). La scénographie se limite à quatorze bancs en bois, tous semblables et à un portique derrière lequel un musicien joue de divers instruments, parfois accompagné par d’autres membres de la troupe. Les bancs manipulés avec autant d’élégance que de dextérité par les comédiens permettent de construire autant de décors que nécessaire, un lit par exemple ou un mur en guise d’écran. La mise en scène très dynamique enchaîne les tableaux sans temps mort. A la fin, une partie du public est invitée à remplir les bancs sur la scène et le spectacle s’achève donc au milieu des spectateurs. Ajoutons que le texte, sans jamais pontifier, permet néanmoins de faire passer quelques vérités essentielles. Bref, <em>La Répartition des mouches</em> est une réussite.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les Lois de la gravité</em> d’après Jean Teulé</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Marc Brunet, un ancien de la Cartoucherie de Vincennes, a adapté le roman éponyme de Jean Teulé. Le passage du roman à la scène fonctionne à la perfection, les personnages existent et le suspense est entretenu jusqu’à la fin. Les personnages, un lieutenant de police et un agent en tenue, de garde, la nuit, dans un commissariat, voient se présenter devant eux une femme. S’accusant du meurtre de son mari qu’elle a commis plusieurs années plus tôt, celle-ci vient se constituer prisonnière. S’ensuivra entre la femme qui réclame d’être jugée et le policier qui s’efforce de la faire changer de décision, un huit-clos seulement interrompu de temps en temps par l’agent en tenue. Pour paradoxale qu’elle soit – la coupable qui cherche son châtiment, le policier qui le lui refuse – cette situation est néanmoins parfaitement crédible, car les deux personnages ont, chacun, leurs petites fêlures qui les poussent à se conduire de façon <em>a priori</em> anormale.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_4284" class="wp-caption aligncenter" style="width: 512px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/apercus-sur-le-%c2%ab-off-%c2%bb-avignon-2011/attachment/helene-vauquois-et-marc-brunet/" rel="attachment wp-att-4284"><img class="size-full wp-image-4284 " title="Hélène Vauquois et Marc Brunet" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/10/Hélène-Vauquois-et-Marc-Brunet.jpg" alt="" width="502" height="334" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Hélène Vauquois et Marc Brunet</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Pour autant, le spectacle n’est jamais pesant. Il est drôle sans être comique, attendrissant sans être larmoyant. Quant aux interprètes, on peut dire qu’ils sont eux aussi parfaits : Marc Brunet a beau se révéler un policier plutôt compliqué, sa faconde est inépuisable lorsqu’il s’agit de défendre ce qu’il croit une juste cause. Hélène Vauquois est émouvante dans son rôle de femme fragile mais néanmoins volontaire. Quant à Christian Neupont, l’agent sur le point de partir à la retraite, il a toute la sagesse et l’humanité requises par son personnage.</p>
<p style="text-align: justify;">La mise en scène sans chichi d’Elizabeth Sender, la scénographie qui se résume à quelques meubles de bureaux fatigués, ont évidemment aussi leur part dans la réussite de ce spectacle.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Pour mémoire, des spectacles que nous aurions préféré ne pas voir :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Corinne Valancogne dans <em>La Repasseuse qui chantait « Besame Mucho » </em>(qui joue faux sans le vouloir !)</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Claude Drouot et Serge Le Lay dans <em>Lear et son fou</em> (incontestable performance des deux acteurs sur un texte mortellement ennuyeux).</p>
<p style="text-align: justify;">Alain Macé dans <em>L’Apprentissage</em> de J.-L. Lagarce (le Lagarce qu’on déteste, comme celui du Savoir-Vivre, qui étire indéfiniment son texte, faute d’avoir vraiment quelque chose à dire).</p>
<p style="text-align: justify;">Jacques Boudet dans <em>La Dernière Bande </em>de S. Beckett (un texte de Beckett ramené à rien, sinon quelques mimiques toujours les mêmes : qu’est-ce que Jacques Boudet est allé faire là-dedans ?)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cannibales</em> de José Plyia (Plyia, incontestable metteur en scène, est-il vraiment un auteur ? Cette pièce, malgré ses qualités, n’a pas suffi pour nous en persuader).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Hamlet Machine</em> par le Théâtre du Rêve Expérimental, Pékin (on a le droit d’être jeune et inexpérimenté mais à ce point ?)</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Jeu de l’amour et du hasard</em> par le Théâtre d’Azur, La Réunion (des amateurs sympathiques, sincères amoureux du théâtre, mais qui – à une ou deux exceptions près – restent trop amateurs).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Brûlez</em> <em>tout</em> de et par Pierrette Dupoyet (le thème de <em>Farenheit 451</em> sans l’imagination de Bradbury, l’élégance de Truffaut ni le charme d’Oskar Werner).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lucy</em> de Valérie Goma (le brouillon d’une pièce à venir).</p>
<p style="text-align: justify;">___________________________________</p>

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		<title>Réception de la remise des Prix Mondes Francophones 2010, le 22 mai 2011. Prix de la création: Francis X. Pavy ; prix de l&#8217;essai: Jean-Sébastien Philipart</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Sep 2011 16:58:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
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<div id="attachment_4229" class="wp-caption aligncenter" style="width: 648px"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/reception-de-la-remise-des-prix-mondes-francophones-2010-le-22-mai-211-prix-de-la-creation-francis-x-pavy-prix-de-lessai-jean-sebastien-philipart/attachment/may-22-2/" rel="attachment wp-att-4229"><img class="size-full wp-image-4229 " title="Oeuvres " src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/09/may-22-2.jpg" alt="" width="638" height="226" /></a><p class="wp-caption-text">Oeuvres de François X. Pavy.</p></div>
<div id="attachment_4230" class="wp-caption aligncenter" style="width: 479px"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/reception-de-la-remise-des-prix-mondes-francophones-2010-le-22-mai-211-prix-de-la-creation-francis-x-pavy-prix-de-lessai-jean-sebastien-philipart/attachment/party-22-mai/" rel="attachment wp-att-4230"><img class="size-full wp-image-4230" title="" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/09/party-22-mai.jpg" alt="" width="469" height="438" /></a><p class="wp-caption-text">Rocky McKeon et son goupe Isle Derniere (Récipiendaire du Prix Mondes Francophones Création 2008)</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4227" class="wp-caption aligncenter" style="width: 364px"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/reception-de-la-remise-des-prix-mondes-francophones-2010-le-22-mai-211-prix-de-la-creation-francis-x-pavy-prix-de-lessai-jean-sebastien-philipart/attachment/22-may/" rel="attachment wp-att-4227"><img class="size-full wp-image-4227" title="" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/09/22-may.jpg" alt="" width="354" height="396" /></a><p class="wp-caption-text">Louis Curé, fondateur des &quot;Friends of French&quot; (à gauche) et Francis X. Pavy, récipiendaire du Prix Création (à droite) .</p></div>
<div id="attachment_4239" class="wp-caption aligncenter" style="width: 355px"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/reception-de-la-remise-des-prix-mondes-francophones-2010-le-22-mai-211-prix-de-la-creation-francis-x-pavy-prix-de-lessai-jean-sebastien-philipart/attachment/22-may-2/" rel="attachment wp-att-4239"><img class="size-full wp-image-4239 " src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/09/22-may1.jpg" alt="" width="345" height="415" /></a><p class="wp-caption-text">Gaines M. Foster, Doyen de la Faculté des Humanités et des Sciences Sociales de Louisiana State University (à gauche);  Dr. Gregory Stone, Président du Département des Études Françaises à Louisiana State University (à droite);  Dr. Adelaïde Russo, Professeur à LSU.</p></div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_4257" class="wp-caption aligncenter" style="width: 340px"><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/reception-de-la-remise-des-prix-mondes-francophones-2010-le-22-mai-211-prix-de-la-creation-francis-x-pavy-prix-de-lessai-jean-sebastien-philipart/attachment/may-22-2-2/" rel="attachment wp-att-4257"><img class="size-full wp-image-4257" title="Remise des Prix Mondes Francophones" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/09/may-22-21.jpg" alt="" width="330" height="403" /></a><p class="wp-caption-text">Louis Curé, fondateur des &quot;Friends of French&quot;; Dr. Alexandre Leupin, Éditeur de Mondes Francophones.</p></div>
<p><em><br />
</em></p>
<p><em>* Jean-Sébastien Philipart, recipiendaire du prix Mondes Francophones pour l&#8217;essai:  «<a href="http://mondesfrancophones.com/blog/annonces/espaces/politiques/observer-la-liberte-une-regle-liberale/">Observer la liberté : une règle libérale</a>» n&#8217;a <em>malheureusement pas </em>pu  assister à la remise des prix. Cependant, il nous a écrit et nous reproduisons ci-dessous son discours de remerciement:</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quelques mots en guise de gratitude</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A propos du français qui n’était pas sa langue maternelle, le philosophe Emmanuel Levinas disait que dans cette langue « on sent les sucs du sol ».</p>
<p style="text-align: justify;">Façon peut-être de dire qu’habiter une langue, ce n’est pas seulement être habitée par elle. En-deçà de la sécheresse des structures linguistiques et de l’écriture automatique où se complaisent les gardiens de l’inconscient, il y a la pensée, la pensée <em>personnelle</em> qui s’éprouve dans <em>la saveur</em> des mots. Les mots font marcher la pensée et celle-ci, d’abord, s’en réjouit.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il n’y a de plaisir qu’au creux de <em>la relation</em> qui rend toute solitude aimable. Levinas savoure la langue française parce que le français a été pour lui un espace d’<em>accueil</em>, qu’il entend donc défendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en va peut-être également ainsi des textes qui circulent au sein d’une même langue. En deçà, encore une fois, de la posture romantique inquiétée par l’étrangeté des mots, il y a <em>le plaisir</em> pour celui qui écrit de se délecter d’une pensée qui se surprend dans ses propres mots.</p>
<p style="text-align: justify;">Et le plaisir grandit parce que l’écriture, qu’on le veuille ou non, demeure attachée à l’autre ou aux autres à qui elle s’adresse précisément. C’est dans cette « adresse » de l’écriture que se joue <em>le goût</em> du risque que prend celui qui écrit.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plaisir d’écrire fait cependant pâle figure devant la joie d’être reçu. De sentir votre texte respirer de toutes parts, s’animer de la respiration même de ses lecteurs. De sentir la route sinueuse de votre écrit éclater en plein air, sans se disperser.</p>
<p style="text-align: justify;">Or l’échange entre soi et l’extérieur s’accomplit par<em> l’habitat</em> ; et quoi de plus réjouissant que d’habiter à titre d’<em>invité</em> ?</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fraîcheur, cette joie d’être reçu et de partager, je la dois donc à <em>l’hospitalité</em> de <em>Mondes Francophones</em> qui m’a offert d’habiter un espace inouï. Une hospitalité d’autant plus réelle qu’elle se veut exigeante. Que serait en effet un abri ouvert aux quatre vents ?</p>
<p style="text-align: justify;">Que soient de la sorte remerciés l’équipe de <em>Mondes Francophones</em> et son directeur, M. Alexandre Leupin, le jury et le bienfaiteur M. Daniel Blanchard.</p>
<p style="text-align: justify;">Grâce à leur accueil, je goûte particulièrement aujourd’hui les sucs libérés par ma langue maternelle — le français.</p>
<p style="text-align: justify;">_________________________________</p>
<p style="text-align: justify;">

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		<title>L’Affaire DSK vue par Catherine M.</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 19:42:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>cmillet</dc:creator>
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<p><a rel="attachment wp-att-4113" href="http://mondesfrancophones.com/blog/l%e2%80%99affaire-dsk-vu-par-catherine-m/attachment/c-millet-strauss-kahn-2/"><img class="alignleft size-full wp-image-4113" title="C.-Millet-Strauss-Kahn" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/06/C.-Millet-Strauss-Kahn1.jpg" alt="" width="560" height="350" /></a></p>
<p>Quelle unanimité ! Toute la classe politique française, ses ennemis à droite comme ses amis et éventuels rivaux à gauche s’appliquent à préserver Dominique Strauss-Kahn du lynchage. Tous reprennent en cœur la formule consacrée : « Laissons faire la justice ». Mais si jamais cette justice devait reconnaître DSK coupable, oh là là ! « Si les faits reprochés étaient avérés, déclare le Premier Ministre François Fillon, nous serions en présence d&#8217;un acte très grave qui n&#8217;appelle aucune excuse », tandis qu’Elisabeth Guigou, ex-ministre socialiste de la justice, évoquant la réputation de « libertin » de son ancien collègue, précise évidemment qu’ « il y a une très grande différence entre ça et le délit ou le crime sexuel où là, il faut être évidemment d&#8217;une sévérité implacable ». Oserai-je dire que moi, qui ai la chance, à la différence des personnalités politiques, de ne représenter que moi-même, et qui suis de toute façon précédée de ma propre réputation de « libertine », je n’aurais pas cette « sévérité implacable » ? Oui, j’ose. Bien sûr, si j’étais juge, je condamnerais la violence exercée par un fort sur un faible parce que ma conception de la liberté sexuelle s’applique dans le cadre de relations entre personnes consentantes, mais je jugerais en fonction du degré de violence, non pas en fonction de la nature sexuelle de l’acte, tant je crois que rien n’est plus relatif que le jugement en cette matière.</p>
<p>Éminente juriste, Marcela Iacub publia il y a quelques années un ouvrage intitulé <em>Le Crime était presque sexuel</em>. « Presque » soulignait bien la difficulté à qualifier un crime sexuel. Dans le cas d’un crime de sang, pas de problème : il n’y a pas à se demander si la victime est morte ou pas morte, elle l’est ; reste à discuter des motifs du crime et des moyens employés. Dans le cas d’un crime sexuel, la qualification de viol, par exemple, est beaucoup plus imprécise et relative. Historienne du droit, Marcela Iacub sait bien à quel point la définition du viol a varié selon les époques, et même comment à notre époque, elle peut être interprétée différemment selon les cours : elle citait dans son livre deux jugements différents à propos d’un acte identique (l’intromission d’un objet dans l’anus). Dans le premier cas, l’acte fut jugé comme « crime de viol », tandis que la même année, une autre cour affirmait qu’il « ne saurait être qualifié de viol », retenant « l’acte de barbarie ». Il faut dire que dans ce second cas, l’acte avait pour but une extorsion de fonds et pas la satisfaction sexuelle du criminel. Avant de qualifier un crime de sexuel, les juges prenaient donc en compte l’intention de l’auteur. Evidemment, si Dominique Strauss-Kahn doit réfuter l’accusation de tentative de viol, il aura du mal à faire croire qu’il voulait dérober à la femme de chambre les pourboires qu’elle avait peut-être dans sa poche.</p>
<p>Il n’en reste pas moins que si le viol est un acte difficile à définir, il est encore plus difficile de repérer où passe la frontière entre la « tentative » de viol et la brutalité du « dragueur » obsessionnel, « lourd », et qui « harcèle » les femmes, comme le reconnaissent même ceux qui prennent la défense de DSK. Je n’ai donc pas pu m’empêcher de me demander ce qu’aurait été ma réaction si je m’étais trouvée (avec quelques années en moins) dans la situation d’Ophelia, la femme de chambre qui dit avoir été agressée (je suis sûre que je ne suis pas la seule à avoir joué à ce jeu.) De deux choses, l’une : ou DSK me plaît, ou il ne me plaît pas. Je passe sur le cas où il me plaît… S’il ne me plaît pas, je le repousse en rigolant. En général, la plaisanterie désamorce le priapisme. J’imagine qu’une autre aurait hurlé, une autre, sportive, lui aurait balancé le gros vase en porcelaine sur le crâne, une autre encore, vénale, en aurait profité pour soutirer quelque argent à son riche agresseur. Puisqu’il est question de fellation, ou du moins « du contact du pénis avec la bouche » —pour reprendre les termes de l’acte d’accusation— une quatrième, méchante et hardie, l’aurait mordu là où ça fait très mal, etc. À condition bien sûr que l’homme en rut ne soit pas armé, il y a certainement autant de réactions possibles qu’il y a de femmes, de la plus timide à la plus audacieuse, et la gamme d’appréciation est infinie depuis celle qui pensera avoir eu affaire à un gros cochon brutal à qui elle voudra donner une leçon, ce qui donnera plus tard une histoire édifiante ou amusante à raconter, jusqu’à celle qui se pensera victime d’une tentative de viol et en sera traumatisée.</p>
<p>Ce que je trouve absolument déplorable, c’est que très souvent, l’entourage de celle qui souffre de cette agression, au lieu de l’aider en lui disant que son corps n’est pas irrémédiablement meurtri, qu’une giclée de sperme se lave sur le corps et aussi dans la tête, que s’il s’est emparé de son corps, son agresseur ne s’est pas emparé de sa personne qui n’est pas réductible à son corps, cet entourage dis-je prend un malin plaisir (un plaisir pervers ?) à l’enfoncer un peu plus dans le malheur. « Elle est complètement dévastée », déclare celui qui se présente comme le frère d’Ophelia. Et au lieu d’envisager la façon dont elle peut se reconstruire, beaucoup de ceux et celles qui s’expriment dans la presse, sous l’influence du féminisme vieux jeu, en rajoutent une couche : « ces femmes [victimes de viol] finissent par sombrer dans la dépression », et encore « Le viol est profondément destructeur et pèse comme une menace sur la liberté de toutes les femmes ». Que dira-t-on alors des femmes, et des hommes, de Deraa qui affrontent en ce moment la police syrienne ? J’ai lu qu’Ophelia, d’origine guinéenne, était une bonne musulmane. Cela ne devrait pas empêcher qu’on lui fasse découvrir Saint Augustin l’Africain. Ces quelques lignes, par exemple, à propos du viol : « Qu’il soit donc bien dit et entendu… tant que se maintient ferme et inchangée cette volonté [vertueuse], rien de ce qu’un autre peut faire du corps ou dans le corps, et qu’on ne peut éviter sans pécher soi-même, n’entraîne de faute pour qui le subit… Si [la chasteté] est un bien de l’esprit, elle ne saurait être perdue, le corps fut-il forcé.» (<em>La Cité de Dieu</em>, livre 1<sup>er</sup>)</p>
<p>Autant les débats politiques dans nos sociétés sont de plus en plus lassants, autant lorsque ce sont des affaires de mœurs qui surgissent en couverture de nos journaux, nous nous passionnons. Et nous avons raison. Ce sont elles qui révèlent l’humanité à elle-même. Exemples. La presse française s’est scandalisée que les télévisions américaines aient été là pour filmer, déchu, mal rasé et menotté, l’un des hommes les plus puissants de la planète. On rappelait chaque fois qu’en France, pays civilisé, une loi interdisait de publier des photographies d’un prévenu menotté. Et pour ce faire, on repassait en boucle sur les chaînes de télévision françaises et pour s’en repaître les images de celui qui est un des « éléphants » du parti socialiste, encadré par des flics aux carrures de gladiateurs, parce que, en revanche, la loi n’interdit pas de rediffuser des images prises à l’étranger… La France est un pays sophistiqué qui ne dédaigne pas les jeux du cirque tels qu’ils se conçoivent à l’ère de la diffusion de masse. Et voici qu’à la faveur de toute cette médiatisation, une jeune femme, Tristane Banon, se souvient qu’elle aussi avait été sexuellement agressée par Dominique Strauss-Kahn, il y a 9 ans. Sa maman, membre du Parti Socialiste, proche de François Hollande, autre leader socialiste, l’avait alors dissuadée de porter plainte. Mais après tout, puisque maintenant on en est au grand déballage, la jeune femme se demande tout à coup si elle aussi ne va pas engager un procès. Peut-être a-t-elle le sentiment que son corps a été sali par les attouchements de DSK. Ce qui est sûr, c’est que c’est son âme qu’elle-même salit maintenant.</p>
<p>Catherine Millet</p>

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		<title>La soirée des Oscars: une mégalomanie galopante</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2011 18:22:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jwilson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’ai renoué avec une vieille habitude il y a quelques semaines, soit de regarder la « Soirée des Oscars », ce que je n’avais pas fait depuis dix ans. Il aura été intéressant de voir ça avec le recul qu’offre une pareille intermission. Quelques détails frappants. 1) Je n’avais jamais réalisé à quel point cette [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">J’ai renoué avec une vieille habitude il y a quelques semaines, soit de regarder la « Soirée des Oscars », ce que je n’avais pas fait depuis dix ans.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">Il aura été intéressant de voir ça avec le recul qu’offre une pareille intermission.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">Quelques détails frappants.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">1) Je n’avais jamais réalisé à quel point cette Académie est tout bêtement une industrie et que cette soirée des Oscars est tout bêtement une cérémonie lors de laquelle cette industrie s’auto-congratule. Un peu comme si l’« Académie des Plombiers de Californie » remettait des prix aux membres de sa discipline. Mais avec une convergence des regards absolument extraordinaire ! </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: 'Times New Roman';">2) Les membres de cette Académie souffrent de la même mégalomanie galopante que les dirigeants du baseball américain qui ont le culot de faire chaque année des World Series dans lesquelles un seul et unique pays participe (et toujours le même). On nous donne l’impression que l’envergure des gens primés est universelle et planétaire, alors qu’elle n’est que tout bêtement locale : 98% des gens présents et primés étaient blancs et Californiens. On n’a même pas vu le visage des réalisateurs des films étrangers ou documentaires. Tous ceux qui sont éloignés de l’épicentre de cette industrie étaient assis très loin derrière et jouissaient de beaucoup moins de temps d’écran que leurs comparses plus <em>géo-centrés</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">3) Cette Académie est manifestement aussi un Boys Club très fermé. L’oscar de la meilleure musique de film a ét remis à Randy Newman. On entendait alors qu’il s’amenait sur scène une voix off nous dire : « Mr Newman en est à sa <em>vingtième</em> nomination et c’est la deuxième fois qu’il gagne ! » Vingtième nomination ! Pour un musicien ! On penserait qu’il y en aurait des tonnes de musiciens sur la planète qui voudraient faire de la musique de film. Or ce sont toujours les mêmes douze Apôtres qui reviennent aux Oscars. Utile : ça donne l’impression qu’ils sont pétris d’une autre pâte que la nôtre. Et que dire du mec du maquillage, ce « génie absolu », ce Einstein du beurrage, qui gagnait sa <em>huitième</em> statuette ! Son congénère, avec qui il a dédoublé son oscar a d’ailleurs osé dire : « Je pensais que ça serait un honneur si je parvenais un jour à perdre <em>contre</em> ce monstre sacré du <em>makeup</em>… mais là, j’ai gagné <em>avec</em> lui… » Bienvenue au Club des Douze, mon Coco !!!</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">4) Le phénomène du dédoublement des Oscars est aussi digne de considérations. L’oscar du meilleur acteur, actrice, réalisateur, est invariablement remis à une seule personne. Les oscars primant les aspects plus techniques des films sont souvent remis à deux ou trois personnes. Mais quand on arrive aux producteurs, c’est l’avalanche, ils sont cinq à monter sur l’estrade pour recevoir <em>chacun</em> une statuette. On aura compris que, dans cette industrie, vos chances d’être <em>oscarisé</em> augmentent en proportion directe de votre proximité aux tiroirs-caisses des studios.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">5) Avoir une « wife » semble être aussi très « in » en Californie, par les temps qui courent… Même si c’est la sixième ( « That grounding element of my Life !!! » )… À l’époque de Bob Hope, ils les gardaient toute leur vie leurs femmes, mais ne les mentionnaient que dans leurs farces : genre « My wife ! She so ugly… she went to the plastic surgeon… and he put a tail on her ! » À remarquer que les femmes qui gagnaient hier remerciaient, quant à elles, rarement leur conjoint…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">6) Cette Académie est décidément encore très entichée des vieillards (rarement de vieilles femmes honorées toutefois…). Ce sont invariablement d’anciens bellâtres, supposés alpha mâles, très noceurs en leur temps et devenus aujourd’hui de tremblotantes silhouettes à longues oreilles… Mais cette année, l’Académie s’est surclassée : ils sont allés secouer le cadavérique Kirk Douglass, vieux niais hyper thrombosé qui a eu l’indécence d’improviser, par deux fois, des machouillements quasi inaudibles sur la beauté des jeunes femmes  qui l’entouraient !…Ouf ! fallait pas avoir trop lourdement mangé au souper !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">9) Le clou de la soirée aura été une remémoration post-mortem pour Leana Horn, une chanteuse noire des années quarante, qu’ils nous ont montrée jeune, avec un éclairage d’époque, c’est-à-dire complètement « floodée ». Résultat  : elle était, à l’écran, plus BLANCHE que ne l’a jamais été Michael Jackson ! C’était à pouffer de rire… Halle Berry qui la présentait comme une pionnière de la cause <em>black</em> avait la larme à l’œil… Une seule vraie « Négresse » aura réussi cette année a occupé un peu de temps d’écranaux Oscars… une femme bien foncée, pas trop refaite et aux formes superbement amples  : Oprah soi-même !… Mais elle, on expliquera sa présence par le simple fait qu’elle était plus riche que TOUTE la salle !</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">10) Ajoutons que le plus comique, c’était de voir la caméra lécher, à trois reprises au moins, la grimace hypersatisfaite de Warren Beatty ! Warren Beatty ! Cette LÉGENDE dont le sommet de carrière aura été d’avoir été <em>dumpé</em> par Madonna (qui ne goûtait apparemment pas sa nature « promiscuiteuse » ) ! Warren Beatty !… Beau oui, mais avec presque autant de <em>sex appeal</em> qu’un veston de garde-robe…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;">À l’époque où je regardais la cérémonie des Oscars jusqu’à la fin, comme je l’ai regardée cette année, on pouvait au moins se rabattre, de temps en temps, sur le sourire narquois de Jack Nicholson… Il ne nous reste désormais que le plaisir de voir passer, durant cette longue soirée, quelques <em>robes</em>… qui sont parfois, il faut bien le dire, absolument magnifiques…</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Times New Roman;"> </span><span style="font-family: Times New Roman;"> </span></p>

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		<title>Remise des Prix Mondes Francophones 2010</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Apr 2011 18:14:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Administrateur</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Événements]]></category>

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		<description><![CDATA[  Vous êtes cordialement invité à la remise des prix Mondes francophones le dimanche 22 mai de 16 à 18 h 6204 Overton Drive Baton Rouge, Louisiane   Prix de la création : Francis X. Pavy   Le prix de création a été attribué à Francis X. Pavy, pour l’interview qu’il a donnée sur son œuvre. [...]]]></description>
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<p style="text-align: center;"><strong><a rel="attachment wp-att-4048" href="http://mondesfrancophones.com/blog/annonces/remise-des-prix-mondes-francophones-2010/attachment/mondesfr-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-4048" title="mondesfr" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/04/mondesfr1.jpg" alt="" width="556" height="286" /></a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Vous êtes cordialement invité à la remise des prix </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>Mondes francophones</em></strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>le dimanche 22 mai de 16 à 18 h</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>6204 Overton Drive</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Baton Rouge, Louisiane</strong></p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><strong>Prix de la création : Francis X. Pavy</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le prix de création</strong><strong> </strong>a été attribué à<strong> <strong>Francis X. Pavy</strong></strong>, pour l’<a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/periples-des-arts/entretien-avec-francis-x-pavy-5-icones-et-modulations/">interview</a> qu’il a donnée sur son œuvre. Le jury estime que  « l’ampleur, la richesse, l’originalité et la profondeur de son œuvre peinte est exceptionnelle. Elle se nourrit des thèmes de la culture louisianaise, où l’aspect francophone joue un rôle décisif ».</p>
<p style="text-align: center;">Peintre, sculpteur et céramiste né en 1954 à Lafayette, Louisiane, Francis X. Pavy puise ses sources d&#8217;inspiration dans la vie et le folklore de la population locale. Cajun par excellence, on l&#8217;a surnommé le &laquo;&nbsp;Picasso du Zydeco&nbsp;&raquo; (<em>Rolling Stone</em>, 1990), en référence à la musique folklorique locale.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;"><strong>Prix de l’essai : Jean-Sébastien Philippart</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le prix de l’essai</strong><strong> </strong>a été attribué<strong> <strong>Jean-Sébastien Philippart</strong></strong>, pour son article intitulé <a href="http://mondesfrancophones.com/blog/annonces/espaces/politiques/observer-la-liberte-une-regle-liberale/">Observer la liberté : une règle libérale.</a> Le jury observe que « son approche iconoclaste produit une vision originale de l’antilibéralisme de la  philosophie occidentale. Cette vision originale est étayée par un argumentaire sans failles. »</p>
<p style="text-align: center;">Jean-Sébastien Philippart est né en 1973 en Belgique. Titulaire d’un DEA en philosophie (UCL) et agrégé, il est actuellement enseignant à Bruxelles.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p style="text-align: center;">Petits fours et boissons diverses</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Musique par Rocky McKeon et le groupe Isle dernière</strong></p>
<p style="text-align: center;">Les prix sont financés par la grande générosité de Daniel M. Blanchard</p>
<p style="text-align: center;">Nos remerciements vont aussi aux amis du français à LSU et à leur président Robert Lafayette, qui ont généreusement contribué à la réception.</p>

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		<title>CONFERENCE-DEBAT: &#171;&#160;Laïcité ou multiculturalisme, quelle voie pour Maurice?&#160;&#187; ?</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Feb 2011 17:50:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>UpopIleMaurice</dc:creator>
				<category><![CDATA[Événements]]></category>
		<category><![CDATA[Créolisations]]></category>

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		<description><![CDATA[Samedi 19 fevrier 2011 LAÏCITÉ OU MULTICULTURALISME : QUELLE VOIE POUR MAURICE ? Salle du conseil de la mairie de  Curepipe de 10h a 12h Belall Maudarbux, enseignant et chercheur. De par le monde, toutes les sociétés deviennent de plus en plus plurielles. La globalisation a fait de la diversité un fait accompli même dans les États et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
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<h4><strong>Samedi 19 fevrier 2011</strong></h4>
<p><strong> </strong></p>
<h4><strong>LAÏCITÉ OU MULTICULTURALISME : QUELLE VOIE POUR MAURICE ?</strong></h4>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Salle du conseil de la mairie de  Curepipe</strong></p>
<h4><strong>de 10h a 12h</strong></h4>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><a href="http://www.upim.info/annonce/intervenants/belall-maudarbux/" target="_blank">Belall Maudarbux</a></strong><strong>, </strong>enseignant et chercheur.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><em>De par le monde, toutes les sociétés deviennent de plus en plus plurielles. La globalisation a fait de la diversité un fait accompli même dans les États et les nations qui se considéraient jusque-là monolithiques et unitaires. Mais lors de la construction de l’identité et de la nation européenne en particulier, la diversité et la différence n’étaient pas des éléments constitutifs de cette démarche. Face aux défis actuels de la diversité, quel mode de gestion du pluralisme pourrait garantir un minimum de paix sociale et de cohésion nationale ?</em></p>
<p><em>La laïcité est-elle adaptée face à ces nouveaux défis ? Qu’en est-il du multiculturalisme anglo-saxon ? Va-t-on, en définitive, vers un clash des cultures ? Ce cycle de trois conférences-débats propose de développer ces questions et de chercher des éléments de réponses. Nous examinerons les postulats des penseurs contemporains sur la politique de diversité, de minorité et de reconnaissance. Le cas de la laïcité indienne sera examiné pour faire un parallèle avec le cas mauricien. On va également chercher à comprendre la nébuleuse relation entre les groupes « socioculturels » et la politique de l’État mauricien vis-à-vis de ces groupes et de la religion en générale.</em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong><a href="http://www.upim.info/annonce/intervenants/hyleen-mariaye/" target="_blank"><br />
</a></strong><strong> </strong></p>
<p><em> </em></p>
<p><strong>2<sup>ème</sup> conférence-débat</strong><strong> </strong></p>
<p><strong>Laïcité ou multiculturalisme : le cas de l’Inde</strong><br />
<span style="color: #888888;">&#8211;<br />
Université Populaire de l&#8217;Île Maurice (UPIM)<br />
email : <a href="mailto:upmaurice@gmail.com" target="_blank">upmaurice@gmail.com</a><br />
site web : <a href="http://www.upim.info/" target="_blank">http://www.upim.info</a><br />
Tél. : Annick au (00.230) 701 3587</span></p>

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		<item>
		<title>Une histoire pas si banale : « Une Banale Histoire » d’Anton Tchekhov au théâtre de l’Atelier avec un modeste mais immense comédien, Jean-Pierre Darroussin</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/une-histoire-pas-si-banale-%c2%ab-une-banale-histoire-%c2%bb-d%e2%80%99anton-tchekhov-au-theatre-de-l%e2%80%99atelier-avec-un-modeste-mais-immense-comedien-jean-pierre-darroussin/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/une-histoire-pas-si-banale-%c2%ab-une-banale-histoire-%c2%bb-d%e2%80%99anton-tchekhov-au-theatre-de-l%e2%80%99atelier-avec-un-modeste-mais-immense-comedien-jean-pierre-darroussin/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Feb 2011 17:43:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>slander</dc:creator>
				<category><![CDATA[Événements]]></category>
		<category><![CDATA[Frances]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu’est-ce qui nous attire vers telle ou telle pièce dans l’offre immense qui est proposée en permanence à Paris ? Un comédien. Au théâtre de  l’Atelier, Jean-Pierre Darroussin incarne en ce moment Nicolaï Stepanovitch, vieux professeur de médecine au seuil du trépas, qui fait le bilan d’une existence en demi-teinte : succès universitaires, déboires financiers, famille décevante. [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;">Qu’est-ce qui nous attire vers telle ou telle pièce dans l’offre immense qui est proposée en permanence à Paris ? Un comédien. Au théâtre de  l’Atelier, Jean-Pierre Darroussin incarne en ce moment Nicolaï Stepanovitch, vieux professeur de médecine au seuil du trépas, qui fait le bilan d’une existence en demi-teinte : succès universitaires, déboires financiers, famille décevante. Il faut aider le fils officier en garnison en Varsovie, financer les études de la fille au conservatoire. Elle est courtisée par un garçon qui se présente comme un hobereau de province, l’est-il vraiment ? Et tout cela n’est-il pas de toute façon dérisoire ? Nicolaï Stepanovitch est vieux, déjà diminué, la mort le guette. Quel drame peut compter auprès d’une telle tragédie ? Professeur de médecine, il est incapable de se soigner lui-même. Sa science lui apprend seulement sa mort prochaine. Peut-il en pleurer ? Non. Rire ? Non plus. Et qui le réconforterait ? Il n’aime plus personne, ni sa femme, ni de sa fille en train de se laisser séduire par le jeune homme au statut plutôt flou (qu’on ne verra pas, ni elle non plus, d’ailleurs – petite frustration). Tout au plus garde-t-il un reste d’attachement pour sa pupille, une comédienne, fille mère de surcroit, une déclassée donc dans la société moscovite de son temps, même si  lui n’y attache pas d’importance. D’ailleurs à quoi attacherait-il de l’’importance sinon à lui-même ?</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3888" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/une-histoire-pas-si-banale-%c2%ab-une-banale-histoire-%c2%bb-d%e2%80%99anton-tchekhov-au-theatre-de-l%e2%80%99atelier-avec-un-modeste-mais-immense-comedien-jean-pierre-darroussin/attachment/une-banale-histoire/"><img class="aligncenter size-full wp-image-3888" title="Une banale histoire" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/02/Une-banale-histoire.jpg" alt="" width="240" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On comprend l’intérêt d’adapter cette nouvelle au théâtre. Tchekhov l’a écrite à la suite de l’échec (!) d’<em>Oncle Vania </em>à Moscou. Il y a donc des considérations désabusées (et outrancières) sur la médiocrité des comédiens à côté d’une satire des mœurs universitaires. Mais rien de cela ne compte comparé à la vérité de la condition humaine… Et du jeu de Jean-Pierre Darroussin. Voilà tout le théâtre, en effet : la vérité (à distinguer du réalisme) et le jeu. Pour incarner cette vérité, Jean-Pierre Darroussin présente l’avantage de n’être pas encore tout-à-fait une star. On peut regarder son jeu sans être obnubilé par sa réputation. Aussi endosse-t-il sans peine l’habit du professeur d’anatomie Nicolaï Stepanovitch. Son interprétation est, comme l’on dit, magistrale : il n’a pas encore soixante ans ; il n’a certainement jamais été un « éminent » professeur de médecine de l’université moscovite ; cela ne l’empêche pas d’être le Nicolaï Stepanovitch imaginé à l’orée  du XXème siècle par un certain Anton Tchekhov (1860-1904). Avec ses mains, pour commencer : on ne dira jamais suffisamment l’importance des mains dans le jeu d’un acteur. Des mains peuvent exprimer à elles-seules l’âge d’un homme, comme le peuvent la courbure d’un dos, ou une démarche hésitante, ou la lenteur de l’élocution. Ce qui n’empêche pas le personnage de s’exprimer, et beaucoup, puisqu’il tient la scène du début à la fin. Et que son humour désabusé nous fasse rire, aussi souvent qu’il  nous fait frémir.</p>
<p style="text-align: justify;">L’éminent professeur est entouré par quelques comédiennes et comédiens qui tiennent leur rôle honorablement mais, qui, il faut bien le reconnaître, ont du mal à exister à côté d’un professeur Darroussin sur qui se focalise en permanence l’attention des spectateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Au théâtre de l’Atelier, à Paris, en janvier-février 2011.</p>

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		<title>Aimez-vous la nuit ? de Julien Séchaud : un Huis-Clos à l’envers</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Jan 2011 19:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>slander</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un nouvel auteur de théâtre est né ! Comment ne pas se réjouir ? S’il n’a pas encore droit aux grandes scènes françaises, gageons que son talent sera bientôt reconnu, car sa première pièce témoigne d’une surprenante maturité pour un auteur de vingt-six ans. Ambiance glauque comme chez O’Neill, avec cependant davantage de comédie pour détendre l’atmosphère [...]]]></description>
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<p style="text-align: center;"><img src="https://mail.google.com/mail/?attid=0.4&amp;disp=emb&amp;view=att&amp;th=12d71dafd12a3604" alt="" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un nouvel auteur de théâtre est né ! Comment ne pas se réjouir ? S’il n’a pas encore droit aux grandes scènes françaises, gageons que son talent sera bientôt reconnu, car sa première pièce témoigne d’une surprenante maturité pour un auteur de vingt-six ans. Ambiance glauque comme chez O’Neill, avec cependant davantage de comédie pour détendre l’atmosphère lorsque celle-ci devient trop lourde à supporter (tant pour les personnages de la pièce que pour les spectateurs. Thèmes graves (la solidarité, la maternité, le sacrifice) traités dans le cadre d’une situation dramatique par excellence. Cela fait déjà beaucoup d’atouts. Lorsqu’en outre l’interprétation s’avère sans faille, tous les ingrédients sont réunis pour faire un spectacle mémorable.</p>
<p style="text-align: justify;">On n’en dira pas davantage, ici, sur l’argument de la pièce que dans le titre de cet article : une sorte de Huis-Clos à l’envers. Il importe que le spectateur puisse le découvrir lui-même, la construction étant telle que notre compréhension de l’histoire et des personnages progresse tout du long. On ne dira rien non plus du décor, suffisamment banal pour nous faire douter pendant un bon moment du lieu où se déroule l’action et donc de la nature des personnages (de quelle sorte de gens s’agit-il ?).  </p>
<p style="text-align: justify;">Par contre on peut et l’on doit saluer la virtuosité d’Annie Vergne qui a mis en scène et tient le rôle principal. Au premier abord un peu déroutante – on hésite à croire qu’elle saura nous séduire – elle prend en quelques répliques la dimension de son personnage un rien démiurgique. Comédienne expérimentée, qui passe aisément du comique au drame, de la chanson aux larmes, et retour, elle mène le jeu sur la scène avec autant d’autorité qu’elle en a eu, à l’évidence, pendant la préparation du spectacle. Elle est entourée par deux jeunes comédiens qui lui donnent fort honorablement la réplique : l’auteur, Julien Séchaud, fait preuve d’une étonnante présence dans le rôle d’un gros balourd, rustre d’apparence mais au fond plein de sensibilité ; Ghislain Geiger joue quant à lui, avec toute la fragilité qui convient, un chef d’entreprise impatient et travaillé par le remord. Anne-Chantal Bourdillat, qui intervient sporadiquement pour faire avancer l’action, contribue efficacement à l’impression d’étrangeté qui domine toute la pièce jusqu’à son dénouement. Enfin une voix off imite avec un réalisme saisissant celle qui, dans les gares de France, annonce si souvent désormais le retard ou l’annulation des trains (la pièce ayant en effet quelque chose à voir avec une gare et des trains).</p>
<p style="text-align: justify;">A Paris, au Guichet Montparnasse, à partir de janvier 2011.</p>

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		<title>Grande Mosquée sur Ground Zero : Obama se trompe</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 20:45:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lsoulahbib</dc:creator>
				<category><![CDATA[Événements]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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<p>C&#8217;est une très mauvaise idée en réalité puisqu&#8217;il sera possible de dire que sans le 11 septembre il n&#8217;y aurait jamais eu ce centre, tenu certes par un modéré, du moins paraît-il, un soufi, tendance ultra-minoritaire en Islam cependant et souvent pourchassé par les autres sectes musulmanes. Certains, et parce que le soufisme semble être compatible avec la perception eurocentriste de l&#8217;islam, voudraient néanmoins encourager cette tendance dont le rédacteur en chef de <strong><a href="http://www.lucien-sa-oulahbib.info/ext/http:/www.newsweek.com/2010/08/06/the-real-ground-zero.html">Newsweek Fareed Zakaria</a></strong>.</p>
<p>Pourquoi pas ? Mais pas au détriment préalable d&#8217;une clarification entre islam et islamisme qui n&#8217;existe que dans les têtes occidentales projetant encore une fois leur propre vision de la &laquo;&nbsp;paix&nbsp;&raquo; qui, en islam, ne peut être qu&#8217;une paix &laquo;&nbsp;musulmane&nbsp;&raquo; c&#8217;est-à-dire la Sharia. Dans ces strictes conditions, le débat, relancé également par Obama récemment, ne consiste pas à dire que l&#8217;islam ce n&#8217;est pas Ben Laden et donc il faudrait promouvoir le &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; islam puisque c&#8217;est précisément le contraire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;observer : Ben Laden c&#8217;est lui le vrai islam, fidèle aux <strong><a href="http://www.lucien-sa-oulahbib.info/ext/http:/www.lefigaro.fr/international/2009/09/21/01003-20090921ARTFIG00402-virginie-une-ecole-islamique-dechaine-les-passions-.php">principes hobbesiens</a></strong> d&#8217;extension et de domination de tout corps constitué et désirant persévérer dans son être, ce qui est humain.</p>
<p>Ainsi, <strong><a href="http://www.lucien-sa-oulahbib.info/ext/http:/www.lepoint.fr/societe/agresse-parce-qu-il-n-a-pas-respecte-le-ramadan-23-08-2010-1227824_23.php">et si l&#8217;on en croit le Point.fr</a></strong>, de plus en plus de gens sont attaqués durant le ramadan en France, ce qui est tout à fait normal selon ces mêmes principes.</p>
<p>Or, les musulmans qui ne seraient pas d&#8217;accord avec cette perception absolue, et qui donc admettraient que la paix ce n&#8217;est pas seulement la leur, mais aussi le partage de valeurs communes avec d&#8217;autres civilisations, doivent dans ce cas montrer non pas dans le Coran mais dans les faits en quoi leur islam diffère du sien à Ben Laden. Car dans tous les pays musulmans l&#8217;islam y est pratiquement celui de Ben Laden, et dans ces pays, la paix n&#8217;est pas fameuse… En fait Ben Laden voudrait aller plus loin encore dans l&#8217;application intégrale de l&#8217;islam, il y a une différence de degré pas de nature, c&#8217;est tout.</p>
<p>Obama devrait plutôt expliquer que si certains musulmans sont en désaccord avec Ben Laden c&#8217;est bien parce qu&#8217;ils ont intégré certaines valeurs universelles découvertes en Europe et qui aujourd&#8217;hui se répandent comme autant de techniques mentales de vie et d&#8217;organisation sociale, à la façon de l&#8217;électricité, internet, le moteur à explosion.</p>
<p>Dans ces conditions il n&#8217;y a aucune raison que ces musulmans poursuivent la même voie que Ben Laden concernant la place des femmes, le voile, le hallal, voire même l&#8217;alcool et le porc, pourquoi pas ? Les juifs ont fait d&#8217;ailleurs ce pas: on peut être juif et manger du porc, mais il est vrai que être juif c&#8217;est avant tout être membre d&#8217;un peuple plus que d&#8217;une ethnie, ce qui diffère des musulmans, contrairement à ce qu&#8217;avancent certains croyant que l&#8217;islam est une race, ce qui est un mensonge éhonté, à moins que cela soit une race métaphysique, et l&#8217;on tombe dans la politique, avec une ressemblance nette avec le nazisme qui lui aussi se considérait comme une idéologie de la race.</p>
<p>Mais comme l&#8217;islam n&#8217;est pas une race, les musulmans ont donc tout le loisir d&#8217;inventer l&#8217;islam de leur temps sans pour autant se référer à des pratiques qui correspondent justement à l&#8217;islam de Ben Laden. Car si l&#8217;on veut prouver que l&#8217;islam diffère vraiment de celui de Ben Laden, c&#8217;est simple, il suffit d&#8217;abandonner tous les préceptes qui le rappellent. Si ce n&#8217;est pas le cas, on peut avoir des doutes sur la différence supposée radicale entre l&#8217;islam de Ben Laden et l&#8217;autre islam. Comme on avait déjà des doutes sur l&#8217;islam soviétique ou maoïste ou l&#8217;autre communisme qu&#8217;un Badiou ou un Besancenot prétendent encore trouver sous un fer à cheval. En tout cas l&#8217;islam qui différerait radicalement avec celui de Ben Laden n&#8217;est pas encore né, cela se saurait.</p>
<p>Il suffit de se demander comment vivent les gens sous domination musulmane même modérée hormis deux à trois pays : pas ou peu de cinéma, pas de théâtre, de concerts, de danse, pas de mixité également dans les rares lieux qui existent encore ; ne parlons pas des musées, bibliothèques, librairies etc&#8230; Et là, il s&#8217;agit de pays non encore benladenisés c&#8217;est-à-dire ne vivant pas encore sous le &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; islam&#8230;</p>
<p>Pour marquer votre inquiétude, vous pouvez l&#8217;indiquer en joignant les rasssemblements prévus le 4 septembre pour défendre l&#8217;idée d&#8217;une République démocratique et laïque : </p>
<p><strong><a href="http://www.lucien-sa-oulahbib.info/ext/http:/cjoint.com/data/iykfkSXjIp_double-recto-verso.pdf">http://cjoint.com/data/iykfkSXjIp_double-recto-verso.pdf</a></strong></p>

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		<title>Anthologie de poésie louisianaise du XIXe siècle</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Apr 2010 22:26:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>dkress</dc:creator>
				<category><![CDATA[Événements]]></category>
		<category><![CDATA[En librairie]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Louisianes]]></category>

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		<description><![CDATA[Textes choisis et présentés par les étudiants de français de Centenary College of Louisiana. Édité par D. A. Kress, Margaret E. Mahoney et Rebecca Skelton      « Cette Anthologie de poésie louisianaise comble une lacune jusqu’ici très regrettable dans le corpus franco-louisianais. »             Clint Bruce             Brown University      « L’Anthologie de poésie louisianaise du XIXe siècle, projet récompensé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Flouisianes%252Fanthologie-de-poesie-louisianaise-du-xixe-siecle%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Anthologie%20de%20po%C3%A9sie%20louisianaise%20du%20XIXe%20si%C3%A8cle%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><strong><a href="http://www.centenary.edu/editions/anthop.htm">Textes choisis et présentés par les étudiants de français de Centenary College of Louisiana. Édité par D. A. Kress, Margaret E. Mahoney et Rebecca Skelton</a></strong></p>
<h5><a rel="attachment wp-att-3293" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/anthologie-de-poesie-louisianaise-du-xixe-siecle/attachment/anthologie-lg/"><img class="size-full wp-image-3293 alignleft" title="anthologie-lg" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/04/anthologie-lg.jpg" alt="" width="263" height="407" /></a>     « Cette Anthologie de poésie louisianaise comble une lacune jusqu’ici très regrettable dans le corpus franco-louisianais. »<br />
            Clint Bruce<br />
            Brown University</h5>
<h5>     « L’Anthologie de poésie louisianaise du XIXe siècle, projet récompensé par le Centre de la francophonie des Amériques dans le cadre du concours Jeunesse francophone en action, illustre bien la riche diversité de la littérature louisianaise issue d’auteurs aux parcours et aux origines variés. Elle contribuera à mieux faire connaître le patrimoine littéraire créole en faisant découvrir la passion qui animait la quarantaine de poètes dont les textes sont repris dans cet ouvrage. »<br />
            Michel Robitaille<br />
            Président-directeur général<br />
            Centre de la francophonie des Amériques</h5>
<h5>     « …un recueil impressionnant qui sera d’une grande utilité dans les cours sur la littérature louisianaise. Cette Anthologie réunit un excellent choix de textes avec des essais dans lesquels le lecteur découvrira de nouvelles perspectives sur le développement et l’évolution de la littérature louisianaise dans son contexte sociopolitique. La sélection de poésies en créole louisianais qui clôt cette étude est tout particulièrement provocante. »<br />
            Chris Michaelides               <br />
            University of Louisiana at Monroe</h5>
<p style="text-align: center;"><strong> ***</strong></p>
<p><strong>L’Éveil poétique de la colonie</strong></p>
<p><strong>Introduction</strong></p>
<p>Si la première colonie permanente en Louisiane fut établie à Biloxi en 1699 près d’un siècle après la fondation de Jamestown par les Anglais, les conditions primitives et difficiles défavorisèrent la création d’une littérature indigène dans le territoire louisianais pendant encore un autre siècle. Tout ce qui reste de cette ère, dans le domaine littéraire, est une série de récits de voyages et de mémoires rédigée par des colons et voyageurs qui s’identifiaient non pas comme Louisianais mais comme Français. Leur poésie arrivait donc avec eux, véhiculée dans les chansons apportées de France. Il fallut de nombreuses années avant qu’un art poétique et une littérature véritablement louisianaise naquissent de l’expérience coloniale. Ainsi, les premières créations poétiques coloniales furent des sortes d’hybrides, c’est-à-dire, des ouvrages avec des sujets louisianais mais écrits pour un public européen.</p>
<p>Par exemple, la première publication de poésie en Louisiane fut la « Prise du Morne du Bâton Rouge » par Julien Poydras de Lalande, un Breton qui quitta la France vers 1768. Imprimée en 1779 à la Nouvelle-Orléans pour le roi d’Espagne, cette allégorie mythologique met en scène la nymphe Scaesaris s’adressant au dieu du Mississipi. Poydras s’inspira de la bataille de Bâton Rouge où les soldats combattirent pour le fort anglais. Les forces espagnoles attaquèrent les Anglais parce que l’Espagne avait déclaré la guerre à la Grande Bretagne pendant la guerre d’Indépendance des États-Unis. Ainsi, le poème ne célèbre pas un événement proprement louisianais, mais un épisode de la guerre entre deux rivaux  coloniaux européens.</p>
<p>Le deuxième ouvrage poétique d’envergure, <em>La Fête du petit blé</em>, tragédie en cinq actes imprimée en 1814, fut la première pièce française écrite en Louisiane. LeBlanc de Villeneufve, inspiré par ses expériences avec les Houmas pendant les années 1752 à 1758, retrace l’histoire d’un jeune Amérindien houma qui s’enfuit après avoir tué un guerrier de la nation chactas. Suite à son évasion, le devoir amérindien prescrivit que le père du jeune homme devait mourir à la place de son fils coupable. LeBlanc de Villeneufve, impressionné par le sens de devoir du père, Poucha-Houmma, célèbre son sacrifice à l’honneur en tant que « bon sauvage » si apprécié des écrivains préromantiques tels que Chateaubriand, Rousseau, et Bernardin de Saint-Pierre.</p>
<p>Le vrai essor poétique en Louisiane dut attendre la floraison des journaux de langue française à la fin du XVIIIe siècle quand la fortune des planteurs s’agrandit et qu’ils eurent besoin de s’informer des affaires du monde et de la colonie. En 1794, Louis Duclot, anciennement imprimeur à Saint-Domingue, fonda <em>le Moniteur de la Louisiane</em>, premier journal de la colonie louisianaise.</p>
<p>Établi pendant la domination espagnole, <em>le Moniteur</em>, qui ne traitait que des affaires et ne publiait pas de littérature, resta longtemps le seul journal de la colonie, même après la vente du territoire aux États-Unis en 1803. La création littéraire, la poésie, et les nouvelles commencèrent à paraître, ironiquement, non pas sous la domination française, mais sous celle du gouvernement américain puisque la vente de la colonie amena aux États-Unis de nombreux réfugiés des révolutions de France et d’Haïti et des guerres au Canada. Parmi ces réfugiés politiques, souvent bien instruits, se trouvaient des journalistes qui apportèrent une contribution non négligeable au rayonnement intellectuel du territoire. Au même moment, les Américains anglophones, qui avaient été présents en Louisiane depuis l’établissement de la colonie, entrèrent en concurrence directe avec la population française et créole et provoquèrent l’assimilation lente et irréversible de la population francophone.</p>
<p>Ainsi, huit journaux néo-orléanais furent fondés pendant les sept premières années de la  domination américaine ; de 1810 à 1820, trois journaux furent établis ; les années 1820 virent la naissance de six journaux ; après 1830, le nombre de nouveaux journaux de langue française déclina fortement. Si la ville du croissant vit la création de plus de cent périodiques, aussi éphémères les uns que les autres, seule l’<em>Abeille de la Nouvelle</em>-<em>Orléans</em> vit l’aube du nouveau siècle. Fondée en 1827 par François Delaup, immigrant de Saint-Domingue,  l’<em>Abeille</em>, fut publiée en français et en anglais pendant presque la totalité de son existence et la section française offrit régulièrement des poésies françaises entre 1827 et 1849. Cependant, après 1849, le rédacteur supprima la moitié de la poésie indigène car bon nombre des auteurs créoles refusaient de signer leurs œuvres. Pendant des années on ne trouva que des ouvrages signés de la main d’auteurs tels qu’Alexandre Dumas, Alphonse Daudet, et George Sand. L’<em>Abeille</em> cessa la publication en 1925, quatre ans après avoir été achetée par le <em>Times-Picayune</em>.</p>
<p>On peut relier l’impulsion de créer une littérature véritablement louisianaise au lecteur qui envoya une lettre signée au rédacteur de l’<em>Abeille</em> en 1827 dans laquelle il se plaignit que le journal n’avait jamais manifesté d’intérêt pour la poésie. Après cette date, les journaux néo-orléanais, toujours sensibles au journalisme des affaires, se réorientèrent lentement vers une nouvelle tradition plus tournée vers les idées et l’analyse critique de la musique, du théâtre, et de la littérature. Ainsi, les journaux répondirent aux goûts littéraires d’un lectorat de plus en plus sophistiqué, composé de diplômés créoles assez riches et cultivés pour apprécier les arts littéraires. Nés en Louisiane après 1800 et éduqués en France, ils rapportèrent à l’ancienne colonie une sensibilité littéraire française enracinée dans un vécu pourtant profondément louisianais.</p>
<p style="text-align: right;">Amanda Leigh Russel, Parker Jarnigan, Stephen Lioy.</p>
<p><strong></strong> </p>
<p><strong>Julien de Lallande Poydras (1746-1824)</strong><strong> </strong></p>
<p>Lorsque l’on pense à l’histoire française de la Louisiane, le nom de Julien Poydras renvoie surtout au monde littéraire et politique. Poydras naquit à Nantes en France au milieu du XVIIIe siècle. Après avoir terminé l’école préparatoire, il s’engagea dans la marine française. À l’âge de 20  ans il fut capturé par la marine anglaise mais réussit à s’échapper à Saint-Domingue à bord d’un navire de commerce. Il arriva à la Nouvelle-Orléans en 1768. Un an plus tard, il entra dans le monde du commerce et voyagea autour de la Louisiane vendant de l’indigo, des écharpes et des bijoux de pacotille. En peu de temps, Poydras devint riche et acheta une grande maison à la Pointe Coupée d’où il put vendre ses marchandises aux gens des Opélousas, des Natchitoches et de la Nouvelle-Orléans. Il poursuivit son commerce et, grâce à son honnêteté et son intégrité, sa réputation et sa fortune se développèrent.</p>
<p>En 1779, inspiré par la guerre pendant laquelle le général Bernardo de Galvez réclama la Floride au nom de l’Espagne, Poydras écrivit « La Prise du morne du Bâton Rouge par monseigneur de Galvez ». Imprimé aux frais du roi Carlos III pour célébrer la victoire espagnole contre les troupes britanniques pour le contrôle de la région, « La Prise du morne de Bâton Rouge » fut un des premiers ouvrages littéraires publiés dans le territoire louisianais. Alcée Fortier, qui le reproduisit dans ses <em>Louisiana Studies</em>, remarqua le ton pompeux et froid du poème, mais nota que son style enflé et déclamatoire était usuel à l’époque.</p>
<p>Vers la fin de sa vie, il contacta ses neveux et nièces en France et les fit venir en Louisiane. À sa mort, ne s’étant jamais marié et n’ayant jamais eu d’enfants, il leur laissa la plupart de ses biens.</p>
<p style="text-align: right;">Randi L. S. Weeting</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong></strong> <strong>La Prise du morne du Bâton Rouge</strong></p>
<p style="text-align: center;">Quel fracas et quel bruit vient frapper mon oreille?<br />
Je dormois, tout à coup la foudre me réveille.<br />
A ses coups redoublés, je vois frémir mes Eaux,<br />
Et trembler mon Palais, retentir les Echos.<br />
Quel Mortel, ou quel Dieu vient ici dans sa rage,<br />
Troubler la douce paix, de mon heureux Rivage,<br />
Où sous mes sages Loix, mes habitans chéris,<br />
Couloient les plus beaux jours, sans peine et sans soucis.<br />
Chers objets de mes soins, ils voyoient l’abondance (…)</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Table des matières</strong></p>
<p>Introduction</p>
<p>L’Éveil poétique de la colonie  13</p>
<p style="padding-left: 30px;">Julien de Lallande Poydras   15</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Prise du morne du Bâton Rouge  16</p>
<p style="padding-left: 30px;">Paul Leblanc de Villeneufve   21</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Fête du petit blé  22</p>
<p>Les Poètes créoles  69</p>
<p style="padding-left: 30px;">Louis Allard  71</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Amour enfant  72</p>
<p style="padding-left: 60px;">Pour le portrait de&#8230;  72</p>
<p style="padding-left: 60px;">Trois impromptus&#8230;  72</p>
<p style="padding-left: 60px;">À Églé 73</p>
<p style="padding-left: 60px;">À Zoïle, orgueilleux  73</p>
<p style="padding-left: 60px;">À Céditianus  73</p>
<p style="padding-left: 60px;">De Calliodore, gourmand  73</p>
<p style="padding-left: 60px;">Les Bons Époux  74</p>
<p style="padding-left: 60px;">À l’épouse de Charidème  74</p>
<p style="padding-left: 60px;">À Émile 74</p>
<p style="padding-left: 60px;">À Thaïs 74</p>
<p style="padding-left: 30px;">Tullius Saint-Céran  75</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Louisiane en 1840  76</p>
<p style="padding-left: 30px;">Dominique Rouquette  77</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Fête des Morts  77</p>
<p style="padding-left: 60px;">Midi 79</p>
<p style="padding-left: 30px;">Adrien Rouquette  79</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Génie  80</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Arbre des Chactas  81</p>
<p style="padding-left: 30px;">Charles Deléry   84</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Chat gras et le Rat maigre  84</p>
<p style="padding-left: 60px;">Les Dix Frères  85</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Guêpe et l’Abeille  87</p>
<p style="padding-left: 60px;">Changement de commerce  87</p>
<p style="padding-left: 30px;">Alexandre Latil  88</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Délire  89</p>
<p style="padding-left: 60px;">Désenchantement 92</p>
<p style="padding-left: 60px;">À mon grand-père Lazare Latil  95</p>
<p style="padding-left: 60px;">Prière 96</p>
<p style="padding-left: 30px;">Alfred Mercier   97</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Curée  98</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Homme – l’Araignée 100</p>
<p style="padding-left: 30px;">Charles-Oscar Dugué  102</p>
<p style="padding-left: 60px;">À une étoile tombante  102</p>
<p style="padding-left: 60px;">Désenchantement 103</p>
<p style="padding-left: 60px;">Souvenirs de la Louisiane  104</p>
<p style="padding-left: 60px;">Souvenirs du désert  105</p>
<p style="padding-left: 60px;">À M***  107</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Génie des savanes  107</p>
<p style="padding-left: 30px;">Albert Delpit   110</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Ami 110</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Mort et l’Amour  111</p>
<p style="padding-left: 30px;">George Dessommes  113</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Vie 114</p>
<p style="padding-left: 60px;">Coucher de soleil  115</p>
<p style="padding-left: 60px;">Afternoon 115</p>
<p style="padding-left: 60px;">Regrets ! 116</p>
<p style="padding-left: 60px;">Ô grands bois  117</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Orage 118</p>
<p style="padding-left: 60px;">Un soir au Jackson Square  123</p>
<p style="padding-left: 30px;">Léona Queyrouze  128</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Désir  129</p>
<p style="padding-left: 60px;">Vision 130</p>
<p style="padding-left: 60px;">Sonnet – Sous son premier baiser&#8230;  132</p>
<p style="padding-left: 60px;">Allégorie – Pensée d’un Créole  133</p>
<p style="padding-left: 60px;">Sonnet – À mon amie Magda Turpin  133</p>
<p style="padding-left: 60px;">Fantôme d’Occident  134</p>
<p style="padding-left: 60px;">Sonnet – Sous un souffle d’amour&#8230;  135</p>
<p>Les Exilés français en Louisiane  137</p>
<p style="padding-left: 30px;">Stephen Bernard   138</p>
<p style="padding-left: 60px;">Distribution septennale de la vie de l’homme  139</p>
<p style="padding-left: 30px;">Émilie Evershed   139</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Laurier rose  140</p>
<p style="padding-left: 30px;">Alexandre Barde   146</p>
<p style="padding-left: 60px;">Les Morts  147</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Fièvre jaune  148</p>
<p style="padding-left: 60px;">Réponse 154</p>
<p style="padding-left: 30px;">Charles Testut 157</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Convoi du pauvre  159</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Langue française en Louisiane  160</p>
<p style="padding-left: 60px;">À M. A. Barde  161</p>
<p style="padding-left: 30px;">Joseph Déjacque   165</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Huître et la Perle  166</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Carancro et le Tireur à la cible  166</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Chasseur  167</p>
<p style="padding-left: 60px;">Voile au vent !  169</p>
<p style="padding-left: 30px;">François Tujague   170</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Guerre  171</p>
<p style="padding-left: 30px;">Joseph Maltrait   174</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Melon  174</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Chatte et les Chatons  175</p>
<p style="padding-left: 60px;">Les Nez  177</p>
<p>La Poésie engagée des Créoles de couleur  179</p>
<p style="padding-left: 30px;">Hippolyte Castra  182</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Campagne de 1814-1815  184</p>
<p style="padding-left: 30px;">Armand Lanusse  185</p>
<p style="padding-left: 60px;">Épigramme 186</p>
<p style="padding-left: 60px;">Un frère au tombeau de son frère  186</p>
<p style="padding-left: 30px;">Camille Thierry   187</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Incube 188</p>
<p style="padding-left: 60px;">Mariquita la Calentura  189</p>
<p style="padding-left: 60px;">Eugène B&#8230;  190</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Suicide  191</p>
<p style="padding-left: 60px;">Amélie Girardot  192</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Général Magloire d’Hoquincourt  193</p>
<p style="padding-left: 30px;">Aristide Mary   195</p>
<p style="padding-left: 60px;">Un martyr inconnu !  196</p>
<p style="padding-left: 30px;">Auguste Populus   201</p>
<p style="padding-left: 60px;">À mon ami P***  201</p>
<p style="padding-left: 30px;">Deux poèmes anonymes  202</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Guerre et l’Avenir  202</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Triomphe des opprimés  206</p>
<p style="padding-left: 30px;">Adolphe Duhart   208</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le 13 avril  208</p>
<p style="padding-left: 60px;">À une enfant  210</p>
<p style="padding-left: 60px;">Mon trésor  211</p>
<p style="padding-left: 30px;">Pierre l’Hermite  212</p>
<p style="padding-left: 60px;">Au Père Chocarne  213</p>
<p style="padding-left: 30px;">Camille Naudin  214</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Marseillaise noire  215</p>
<p style="padding-left: 30px;">Victor E. Rillieux   216</p>
<p style="padding-left: 60px;">Amour et Dévouement  217</p>
<p style="padding-left: 60px;">Une larme  219</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Timide  220</p>
<p style="padding-left: 30px;">Pierre-Aristide Desdunes   221</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Idéal 222</p>
<p style="padding-left: 60px;">Les Pensées d’un esclave soldat  223</p>
<p style="padding-left: 60px;">Ressentiment d’un être sans patrie !  225</p>
<p style="padding-left: 60px;">Élégie 226</p>
<p>La Poésie d’expression créole  229</p>
<p style="padding-left: 30px;">Alfred Mercier  232</p>
<p style="padding-left: 60px;">Étude sur la langue créole en Louisiane (extrait)  232</p>
<p style="padding-left: 30px;">Alcée Fortier  234</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Chanson de Roland  235</p>
<p style="padding-left: 30px;">Jules Choppin   236</p>
<p style="padding-left: 60px;">Les Animaux malades de la peste  236</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Lièvre et la Tortue  238</p>
<p style="padding-left: 60px;">Le Singe et le Léopard  238</p>
<p style="padding-left: 60px;">L’Huître et les Plaideurs  239</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Chasse Chaoué  240</p>
<p style="padding-left: 30px;">Charles Jobey   242</p>
<p style="padding-left: 60px;">Chant du vié Boscugo  243</p>
<p style="padding-left: 30px;">Joe Beaumont   245</p>
<p style="padding-left: 60px;">Toucoutou 246</p>
<p style="padding-left: 30px;">Adrien Rouquette  248</p>
<p style="padding-left: 60px;">Mokeur Shanteur  248</p>
<p style="padding-left: 60px;">Weird Solo by a Zombi-Frog  250</p>
<p style="padding-left: 30px;">Poèmes anonymes  251</p>
<p style="padding-left: 60px;">La Caze du nègre  252</p>
<p style="padding-left: 60px;">Élégi d’un Affranchi  253</p>
<p style="padding-left: 60px;">Françoése et les races  254</p>
<p style="padding-left: 60px;">Valentine 255</p>
<p>Sources bibliographiques  257</p>
<p><strong>Ce recueil a reçu une bourse du Centre de la Francophonie des Amériques.</strong></p>
<p><strong>Copyright © 2010 <a href="http://www.centenary.edu/editions/index.html">Éditions Tintamarre</a>, Centenary College of Louisiana, Shreveport, ISBN : 978-0-9820558-4-7</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong><strong></strong></p>

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