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	<title>MondesFrancophones.com &#187; lrosenzweig</title>
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		<title>Hollande: un parfum de IIIème République…</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 22:53:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Président parie sur les valeurs sûres et s’entoure de vrais amis François Hollande aura beaucoup appris de Nicolas Sarkozy. Notamment qu’une entrée par trop décoiffante dans la fonction présidentielle peut vous pourrir un quinquennat. Le Fouquet’s et le yacht de Bolloré sont restés dans les mémoires, alors que l’hommage rendu le 16 mai 2007 aux martyrs [...]]]></description>
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<h2>Le Président parie sur les valeurs sûres et s’entoure de vrais amis</h2>
<p><img src="http://extremecentre.org/wp-content/uploads/2012/05/Francois-Hollande-trempe-pluie-champs-elysees-le-temps-se-gate.jpg" alt="" /></p>
<p>François Hollande aura beaucoup appris de Nicolas Sarkozy. Notamment qu’une entrée par trop décoiffante dans la fonction présidentielle peut vous pourrir un quinquennat. Le <em>Fouquet’s</em> et le yacht de Bolloré sont restés dans les mémoires, alors que l’hommage rendu le 16 mai 2007 aux martyrs de la Résistance du Bois de Boulogne par un Nicolas Sarkozy tout juste investi est tombé dans l’oubli…</p>
<p>Ce sera sans doute le cas des propos tenus par François Hollande au cours de la journée du 6 Mai, à l’Elysée, devant la statue de Jules Ferry aux Tuileries, et lors de la réception à l’Hôtel de ville de Paris. Il ne faisait que reprendre les thèmes de sa campagne : l’exigence de justice dans la répartition des sacrifices inévitables, la priorité donnée à l’école, à la jeunesse, et à la recherche. Il n’est cependant pas indifférent que les deux personnalités symboliques auxquelles il a tenu à rendre hommage dès son entrée en fonction représentent l’idée de progrès telle qu’elle s’est épanouie sous la IIIème République : celui qui se fonde sur l’étude et sur l’avancement des sciences. Les enfants des écoles aux Tuileries, et les blouses blanches des piliers de laboratoire à l’institut Curie : François Hollande nous fait savoir qu’il ne craint aucun procès, ni pour ringardise par les esprits forts du déconstructivisme, ni pour illusion productiviste par les khmers verts et associés. Cela mérite d’être salué, car l’intention est bonne : on doit aider l’école à mieux remplir son rôle de transmission du savoir indispensable à l’émancipation des individus, et donner à ceux qui repoussent toujours plus loin les limites de la connaissance les moyens de faire que notre pays demeure une grande nation de science et d’industrie. C’est, bien entendu, plus facile à dire qu’à faire et de bonnes intentions ne produisent pas toujours une bonne politique. Reste que les mots engagent, et ceux qui les entendent sauront, le moment venu, juger s’ils ont été suivis d’effets.</p>
<p>Les esprits resteront donc marqués, plus que par ses discours, par le déchaînement des éléments que le nouveau président dut subir dès sa sortie de l’Elysée : trombes d’eau en remontant les Champs du même nom, averse de grêle devant la statue de Pierre et Marie Curie, et enfin coup de foudre sur l’avion le conduisant à Berlin.</p>
<p>Le ciel semblait vouloir tenir le rôle assigné à l’esclave qui tenait la couronne de laurier au dessus de la tête des Césars triomphants : placé tout prêt de lui alors que le peuple de Rome acclame l’empereur vainqueur, il lui chuchote sans cesse : « Souviens-toi que tu es mortel ! ». Cette coutume était destinée à protéger les souverains de l’<em>hubris</em>, cette démesure qui s’empare de ceux qui sont parvenus au sommet de la gloire et du pouvoir. On n’a beau être le président de la République, on subi la météo comme les citoyens ordinaires… Mais un président, fût-il normal, n’est pas un citoyen ordinaire : celui qui resterait debout à l’arrière d’une automobile décapotable alors qu’il pleut à verse serait tenu pour un original. Mais au bout du compte, François Hollande n’aura pas trop à se plaindre de l’intervention de Zeus dans un cérémonial qui avait été réglé au millimètre : le dieu du tonnerre lui a offert une métaphore imprévue : « Je tiens le cap sans frémir au milieu des tempêtes ! ». On aura également admiré le sens pratique d’un président qui a toujours un costard prêt à se substituer à celui que l’eau du ciel a transformé en serpillère.</p>
<p>On a également pris connaissance des premières nominations, celles des principaux conseillers du président, et celle du premier ministre Jean-Marc Ayrault. Elles en disent beaucoup sur la manière dont François Hollande s’apprête à exercer le pouvoir. Il ne sera pas cet hyperprésident décidant de tout au vu de tous, comme le fut son prédécesseur, mais il veille que ceux à qui il délègue une partie des responsabilités soient insoupçonnables quant à leur loyauté. Rien ne vaut les camarades de promo de l’ENA pour faire fonctionner la machine élyséenne : ce sera la tâche de Pierre-André Lemas, secrétaire général de l’Elysée et de Sophie Hubac, directrice de cabinet. Le conseiller spécial, Aquilino Morelle est, lui, l’exact équivalent d’Henri Guaino chez Sarkozy : écrivain des discours, il ne vient pas de l’école delorienne et européiste qui a formé François Hollande. Opposé au Traité constitutionnel européen, il fut le principal conseiller d’Arnaud Montebourg lors de la primaire socialiste. L’important, c’est aussi de bien choisir, à ses côtés, celui qui ne pense pas comme vous, mais qui a du talent.</p>
<p>Le premier ministre, chef du gouvernement qui « détermine et conduit la politique de la nation » (article 20 de la Constitution) est l’un des rares hiérarques socialistes qui n’a jamais « manqué » à François Hollande, même lorsque celui-ci ne semblait pas être le mieux placé dans la course à l’Elysée 2012. Il serait surprenant qu’entré à Matignon, il se place sur une trajectoire de confrontation avec le président de la République. Bien malin serait d’ailleurs celui qui pourrait expliquer en quoi les philosophies politiques des deux hommes pourraient diverger, alors que ce petit exercice est aisé avec Martine Aubry, ou Laurent Fabius. Jean-Marc Ayrault, qui fut brièvement prof avant de ce lancer avec succès dans la vie politique, devra jouer le rôle de surveillant général<sup><a id="fnref-17534-1" href="http://www.causeur.fr/hollande-un-parfum-de-iiieme-republique%e2%80%a6,17534#fn-17534-1">1</a></sup> d’une équipe gouvernementale où des personnalités dotés d’un ego surdimensionné, mais dont la présence est indispensable en raison de leur poids politique devront cohabiter.</p>
<p>L’annonce de la composition de ce gouvernement ne devrait pas comporter de surprise de taille. Le coup médiatico-politique n’est pas le genre de la maison. Il semblerait même que François Hollande prenne un malin plaisir à rendre ennuyeuse l’observation de la vie publique et des lieux de pouvoir, ayant délégué à sa compagne Valérie Trierweiler la tâche de donner au peuple la dose de ragots « people » qu’il exige désormais de ses gouvernants.</p>
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id="fn-17534-1">Je sais. On dit aujourd’hui « conseiller principal d’éducation ». Mais le « surgé » reste la figure emblématique de la loi et l’ordre scolaire. <a href="http://www.causeur.fr/hollande-un-parfum-de-iiieme-republique%e2%80%a6,17534#fnref-17534-1">↩</a></li>
</ol>
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		<title>La victoire de Hollande : un jour sans Histoire</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 08:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Frances]]></category>
		<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Rien de très nouveau sous le soleil de l’Elysée  L’homme politique le plus stupide de la nomenklatura européenne est sans doute Guido Westerwelle, qui exerce les fonctions de ministre des affaires étrangères en Allemagne. Son insignifiance le contraint, pour avoir un semblant d’existence aux côtés de l’envahissante Angela Merkel, à sortir des déclarations à la [...]]]></description>
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<p><strong>Rien de très nouveau sous le soleil de l’Elysée </strong></p>
<p>L’homme politique le plus stupide de la nomenklatura européenne est sans doute Guido Westerwelle, qui exerce les fonctions de ministre des affaires étrangères en Allemagne. Son insignifiance le contraint, pour avoir un semblant d’existence aux côtés de l’envahissante Angela Merkel, à sortir des déclarations à la mode de Lucky Luke. Plus vite que son ombre, mais à la différence des coups de revolvers du héros de Morris et Goscinny, elles ratent régulièrement leur cible. Ainsi, dimanche soir, aux alentours de 20h30, notre Rantanplan d’outre-Rhin qualifia la victoire de François Hollande d’« événement historique ». En V.O. cela donne « ein historisches Ereignis ». Cela a en jette pour les ignorants, mais on est très loin de Goethe, présent sur le champ de bataille de Valmy, déclarant à des officiers allemands : « A partir d’aujourd’hui commence une nouvelle époque de l’histoire du monde, et vous pourrez dire, j’y étais ! ».</p>
<p>L’élection de François Hollande à la présidence de la République française est un événement politique d’une importance certaine, mais on a pu constater qu’aucun de ses partisans présents sur les plateaux de télévision ne se sont risqués à invoquer l’Histoire pour qualifier le succès de leur champion. Ils ont eu raison.</p>
<p>Les images de liesse de la place de la Bastille et de désolation au palais de la Mutualité (on ne dit plus la « Mutu » depuis que ce lieu a été squatté par la droite) évoquent plus les soirées d’après match des supporters des vainqueurs et des vaincus que les « grandes journées qui ont fait la France ». François Hollande aura d’ailleurs fait le nécessaire pour évacuer l’Histoire de cet épisode de la Vème République. Son discours de Tulle n’était pas de nature à donner aux braves gens de Corrèze, ayant bravé la pluie pour l’entendre, le souvenir impérissable qui ferait briller les yeux de leurs petits-enfants à qui ils le raconteraient, le soir à la veillée.</p>
<p>Aujourd’hui, on change de président comme on change de bagnole. On est fier, quelques heures, quelques jours au plus de la nouvelle voiture, on est soulagé de s’être débarrassé de l’ancienne qui nous sortait par les yeux en dépit de quelques dizaines de milliers de kilomètres de bons et loyaux services, et on passe vite à autre chose.<br />
Les antisarkozystes viscéraux vont bientôt se sentir orphelins de leur objet de détestation, et vont très vite se mettre en quête d’un nouveau punching ball. Il n’est pas certain qu’ils trouvent une nouvelle cible de la qualité de la précédente, à moins que Bibi Netanyahou ne décide de débarrasser une bonne fois son pays de la menace nucléaire iranienne. C’est bien triste pour eux, mais on me permettra d’avoir une compassion modérée pour leur frustration.</p>
<p>Le 6 Mai 2012, la France n’a pas réélu le président sortant. So what ? On avait déjà vu cela en 1981… Elle en a élu un nouveau qui leur vend à peu près la même chose que l’ancien, avec un nouvel emballage, et un nouvel argumentaire de vente. Il n’y a donc pas de raison d’en faire toute une histoire. L’Histoire, la vraie, reviendra très sûrement un jour, de manière aussi brutale qu’inattendue. On verra alors si notre président « normal », s’il est toujours en fonction, est capable d’en faire sa compagne pour la postérité.</p>

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		<title>François Hollande, l’homme qui n’aime pas les passions</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 19:52:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Frances]]></category>
		<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
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		<description><![CDATA[Un bon arbitre fait-il un bon président ? &#160; A un journaliste qui l’interrogeait sur le peu de ferveur suscitée dans les foules par sa candidature, François Hollande a répondu « Je préfère être élu sans ferveur que battu avec !». Certains ont vu dans cette boutade une pique adressée à son ex-compagne qui avait, elle, [...]]]></description>
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<h2>Un bon arbitre fait-il un bon président ?<a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions/attachment/caricature_francois_hollande_by_cyrielkiller-d4psysm-2/" rel="attachment wp-att-4695"><img class="alignleft size-medium wp-image-4695" title="caricature_francois_hollande_by_cyrielkiller-d4psysm" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/04/caricature_francois_hollande_by_cyrielkiller-d4psysm1-236x300.jpg" alt="" width="236" height="300" /></a></h2>
<p>&nbsp;</p>
<div id="post-head"></div>
<p>A un journaliste qui l’interrogeait sur le peu de ferveur suscitée dans les foules par sa candidature, François Hollande a répondu « Je préfère être élu sans ferveur que battu avec !». Certains ont vu dans cette boutade une pique adressée à son ex-compagne qui avait, elle, mobilisé les affects des militants et sympathisants de gauche lors de son duel avec Nicolas Sarkozy en 2007, avec le résultat que l’on connaît. Cette interprétation est un peu réductrice, car la flèche visait également Nicolas Sarkozy, qui ne manque pas une occasion de faire de sa personne le réceptacle des sentiments, positifs ou négatifs, qui animent les électrices et les électeurs.</p>
<p>Lorsque l’on est pas le meilleur dans un registre, on se trouve face à une alternative : soit l’on s’efforce de se hisser au niveau de ses concurrents, soit l’on décide d’abandonner ce terrain pour jouer une partition qui vous convient mieux. C’est cette dernière solution que François Hollande a choisie, avec l’aide, sans doute, de communicants moins faisandés que Jacques Séguéla. Fade je suis, fade je resterai, car l’époque n’est plus à la flamboyance baroque de dirigeants se conduisant comme de vulgaires pipoles, brisant tous les tabous de la bienséance bourgeoise, comme Silvio Berlusconi ou, dans une moindre mesure, Nicolas Sarkozy. Mario Monti ou Mariano Rajoy ont le charisme d’une huître, ce qui ne les empêche pas de bénéficier, pour l’instant, du soutien de la majorité de leurs concitoyens. Voilà pour le message. Pour la tactique, François Hollande se sert des inévitables passions émergeant à l’occasion de la « mère de toutes les élections » comme un judoka du poids de son adversaire, qui peut être fatal à ce dernier s’il n’est pas utilisé à bon escient. En dramatisant les enjeux, Nicolas Sarkozy galvanise ses partisans, mais aussi ses adversaires, dont l’antisarkozysme viscéral défie toutes les lois de la raison. Durant la campagne du premier tour, Mélenchon, Joly<sup><a id="fnref-17214-1" href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fn-17214-1">1</a></sup> et Marine Le Pen se sont livrés au Sarko-bashing sans retenue, dispensant ainsi le candidat socialiste de se vautrer dans la basse polémique.</p>
<p>Jean-François Copé accusait, au lendemain du premier tour, François Hollande de se comporter comme une anguille, un poisson qui, comme chacun sait, vous file entre les doigts dès qu’on cherche à le saisir. C’est une forme d’aveu : on a beau le chercher, le pousser à la faute, il est quasi impossible de transformer ce quinquagénaire sympathique pour les deux tiers des Français en épouvantail à bourgeois. Son implantation en Corrèze l’a instruit de l’expérience des deux grands hommes politiques du terroir : Henri Queuille, pour qui « il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout » et Jacques Chirac, qui avait l’art de susciter la sympathie pour sa personne, sinon pour ses idées… Qui va se lever pour faire barrage à une anguille ? D’autant plus que le bonhomme a l’air franc du collier, ne promet pas la lune et le reste, et cultive une discrétion de bon aloi sur sa vie privée<sup><a id="fnref-17214-2" href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fn-17214-2">2</a></sup>.<br />
Ce candidat « antipassionnel » pourra-t-il, en cas de victoire, exercer le pouvoir comme il fit campagne, sans bruit ni fureur, avec juste ce qu’il faut de fougue rhétorique pour éviter aux auditoires de s’ennuyer ?</p>
<p>Constatons d’abord qu’au seuil de la soixantaine, il est très rare que les traits de caractère fondamentaux d’un individu se modifient radicalement. Le « J’ai changé ! » de Sarkozy ne convainc personne, ni ses amis qui l’aiment comme il est, ni ses adversaires qui adorent le détester comme tel. Le pouvoir ne transfigure pas ceux qui sont amenés à l’exercer, sinon tous les présidents de la République finiraient par se ressembler, ce qui est loin d’être le cas. Les sobriquets dont on a affublé Hollande (Flanby, Culbuto) sont, certes, désobligeants et pour une part injuste, mais ils pointent des traits de caractère qui ont émergé de sa longue carrière politique. Son aversion pour les conflits a fait de lui l’homme de la synthèse qui surgit au bout de la longue nuit de la commission des résolutions du congrès du PS. Qui peut imaginer qu’il se comportera d’une manière totalement différente une fois installé à l’Elysée ? Il rassemblera autour de lui les ducs, comtes et barons du PS, primus inter pares d’une aristocratie des féodaux des pouvoirs locaux et régionaux. Il veillera, à l’inverse de Lionel Jospin, à ce que la possession des leviers du pouvoir central ne mette pas en danger la solidité des fiefs électoraux de ses plus fermes soutiens. Il sera l’arbitre de leurs différends et de leurs querelles de préséance, ce qui n’est pas une mince affaire. En bon disciple de Mitterrand, il enverra son premier ministre au feu de l’impopularité en lui faisant porter le poids des inévitables décisions douloureuses exigées par la situation économique. Il sera l’artisan des motions de synthèse bruxelloises qui remettront au surlendemain ce qu’il était urgent de faire l’avant-veille, s’attirant ainsi les bonnes grâces d’Angela Merkel qui va apprécier en lui l’homme prévisible, qui n’aime ni les « coups », ni les tables renversées.</p>
<p>Cela fera-t-il un bon président ? Rien n’est moins sûr, mais rien n’est exclu non plus, car l’Histoire est rusée. On n’est pas un bon, ou un grand homme d’Etat du fait de ses seules qualités personnelles. Il faut que celles-ci soient adaptées aux situations qui se présentent. Churchill, on s’en souvient, fut un calamiteux ministre des finances en temps de paix…<br />
Denis Jeambar, l’ancien directeur de <em>L’Express</em>, qui vient de passer plusieurs mois dans la proximité de François Hollande pour les besoins d’un documentaire, le compare à un galet « lisse à l’extérieur, mais dur à l’intérieur ». Fort bien. Mais n’oublions pas que le destin des galets est d’être emportés par le courant.</p>
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id="fn-17214-1">La candidate écologiste, véritable Rantanplan de la campagne du premier tour, en a même fait un peu trop dans ce registre, avec l’effet inverse de celui escompté. <a href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fnref-17214-1">↩</a></li>
<li id="fn-17214-2">La médiatisation familiale antérieure était le fait de Ségolène Royal. Il est à craindre que Valérie Trierweiler, qui n’a pas peur de la lumière, assure le rond de serviette du couple présidentiel dans les magazines people. Mais il n’est pas indifférent de choisir ce genre de compagne… <a href="http://www.causeur.fr/francois-hollande-l%e2%80%99homme-qui-n%e2%80%99aime-pas-les-passions,17214#fnref-17214-2">↩</a></li>
</ol>
</div>

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		<title>La seule campagne possible</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/chroniques/la-chronique-de-luc-rosenzweig/la-seule-campagne-possible/</link>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 16:40:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>

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<p>« C’est à la fin du marché qu’on compte les bouses … ». La sagesse paysanne et maquignonne nous incite à la prudence pour évaluer une campagne, celle de Nicolas Sarkozy, alors que la joute électorale du premier tour n’est pas encore terminée. Qui peut dire aujourd’hui quelle tonalité prendra le duel final, alors que l’on ne connaît pas le score des Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou ?<br />
Le seul critère qui vaille pour juger de la qualité d’une campagne présidentielle se résume à la question : « Le candidat, qu’il soit élu ou battu, sort-il en meilleure forme politique de ce combat qu’il n’y est entré ? ». La question est déjà tranchée pour Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Eva Joly. Le premier a réussi à coaguler sur son nom le potentiel électoral de l’extrême gauche, la seconde devrait, selon les sondages obtenir un score nettement plus élevé que son père en 2007. Eva Joly, à l’inverse, portera le fardeau de la déroute présidentielle des écologistes, alors que ceux qui l’ont envoyée au casse-pipe comptent les jours les séparant de leur destin ministériel.<br />
Cette question, en revanche, reste ouverte pour François Bayrou, dont le score prévu, largement inférieur à celui de 2007, ne sera pas déterminant pour son futur rôle politique. Pour François Hollande et Nicolas Sarkozy, seule une victoire le 6 mai peut leur permettre de ne pas disparaître du paysage politique français.</p>
<p>Quel serait en effet le destin d’un François Hollande vaincu à l’issue d’une élection réputée imperdable ? Aurait-il encore l’énergie et l’abnégation de se consacrer à la Corrèze ?<br />
Nicolas Sarkozy a prévenu : s’il est battu, il ira se faire voir ailleurs.<br />
Le critère de réussite de sa campagne ne sera pas seulement la victoire. L’époque est sans pitié pour ceux qui ont la charge de conduire les affaires dans la tourmente de la crise de l’euro et des dettes souveraines, qu’ils soient de droite ou de gauche : Zapatero, Berlusconi, Papandréou et quelques autres moins connus en ont fait récemment l’amère expérience. De plus, dans l’histoire de la Vème République, aucun président de la République n’a été élu sur son bilan. La campagne de Giscard d’Estaing en 1981 n’était pas honteuse, en dépit d’un slogan raté (« une France plus forte »). Mitterrand et Chirac ont été réélus en faisant porter à leurs concurrents, premiers ministres de cohabitation, la responsabilité du bilan de la législature. Nicolas Sarkozy est donc parfaitement fondé à ne pas faire de son bilan un argument de campagne, bien que celui-ci soit moins calamiteux qu’on le clame ici ou là.</p>
<p>Mais on ne saurait rallier les foules avec la réforme de la carte judiciaire ou la question préalable de constitutionnalité. Il est aussi difficile de faire valoir que les désagréments provoqués par la crise dans la vie quotidienne des Français auraient été bien plus rudes si le président de la République sortant n’avait pas pris les bonnes décisions, celles, justement qui font mal. Certes, quelques lignes de la partie négative du bilan relèvent de la responsabilité directe de Nicolas Sarkozy, et non pas de la contrainte extérieure (le Fouquet’s, « casse-toi pov’con ! »). On a pourtant connu des présidents dont les « casseroles » étaient notablement plus sonores que celles attachées aux basques de Nicolas Sarkozy, comme François Mitterrand (Rainbow Warrior, écoutes téléphoniques) ou Jacques Chirac (emplois fictifs à la mairie de Paris) qui ont été brillamment réélus.</p>
<p>On ne saurait non plus reprocher au candidat Sarkozy la « droitisation » de ses thèmes de campagne. Est-il indigne de chercher, comme en 2002 d’essayer de réduire le score du FN en prenant en compte le besoin de protection (dans tous les domaines) des secteurs les plus fragiles de la population ? Rappelons, à ceux qui l’auraient oublié que Nicolas Sarkozy n’a jamais été de gauche, et que ceux qui lui font confiance n’attendent pas de lui qu’il leur propose une analyse de la société puisée dans les œuvres des sociologues de la gauche bien-pensante. Moins crédibles, je le concède, sont ses appels du pied à la France du « non » au référendum constitutionnel européen de 2005, lorsque l’on a été l’artisan de son retour par la fenêtre sous la forme du Traité de Lisbonne adopté par le Congrès…</p>
<p>Enfin, Nicolas Sarkozy a réussi une chose que Lionel Jospin avait manqué en 2002, empêcher toute concurrence venue de sa famille politique. De son score du 6 mai dépendra, pour une bonne partie, le maintien de la cohésion d’une droite qui a cédé beaucoup de terrain depuis 2007 (mairies, départements, régions, sénat). Honorablement défait – disons à 52-48 — le président sortant pourra se prévaloir d’avoir maintenu la cohésion de la droite républicaine. S’il subit une débâcle, le risque est grand de voir l’UMP éclater entre partisans et adversaires d’une alliance avec le FN. Mais s’il en est ainsi, ce n’est pas la campagne qu’il faudra mettre en cause, mais le choix de Nicolas Sarkozy de se représenter.</p>

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		<title>Günter Grass raisonne comme un tambour</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 10:51:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>

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		<description><![CDATA[Israël danger pour la Paix mondiale, etc, etc… &#160; Günter Grass, prix Nobel de littérature, 84 ans, vient de se signaler à l’attention du public international, qui avait tendance à l’oublier, par la publication, dans plusieurs grands journaux européens d’un « poème ». En voici la traduction en français que Le Monde.fr a fait établir. Les guillemets [...]]]></description>
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<h2>Israël danger pour la Paix mondiale, etc, etc…</h2>
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<p><img title="grass" src="http://www.causeur.fr/wp-content/uploads/2012/04/grass.jpg" alt="" width="460" height="280" /></p>
<p>Günter Grass, prix Nobel de littérature, 84 ans, vient de se signaler à l’attention du public international, qui avait tendance à l’oublier, par la publication, dans plusieurs grands journaux européens d’un « poème ». En voici la <a href="http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/04/05/gunter-grass-ce-qui-doit-etre-dit_1681403_3214.html">traduction en français</a> que Le Monde.fr a fait établir. Les guillemets s’imposent pour classer ce texte dans le genre poétique, et le pauvre traducteur n’en est aucunement responsable. La version allemande est tout aussi filandreuse et amphigourique, témoignant du très sérieux affaiblissement des capacités créatrices de l’écrivain allemand vivant le plus connu sur la planète. Comme le fait remarquer le polémiste juif allemand Henryk Broder, il ne suffit pas de couper les phrases de telle manière à ce que, vu de loin, le texte ait l’air d’être écrit en vers pour que cela fasse poésie…</p>
<p>Il s’agit plutôt d’un stratagème pour transformer en pseudo œuvre littéraire une prise de position politique – en l’occurrence l’accusation portée contre Israël de menacer la paix mondiale – en s’exonérant de développer une argumentation convaincante. Moi, Günter Grass, Grand Ecrivain vous affirme que l’Etat juif projette la vitrification nucléaire de l’Iran avec la complicité de l’Allemagne qui livre à Israël des sous-marins lui permettant de mettre ce funeste projet à exécution. Croyez-moi sur parole, car je me suis trop longtemps interdit de briser le tabou qui nous interdirait, à nous autres Allemands, de désigner cet Etat qui menace notre survie à tous au prétexte que son peuple a eu quelques ennuis avec l’Allemagne au siècle dernier. Admirez mon courage, garant de la pertinence de mes propos…<br />
Cela fait maintenant plus d’un demi-siècle qu’Israël dispose d’un arsenal nucléaire présumé, construit, rappelons-le avec l’aide de la France ante-gaullienne. Il n’en a jamais fait un autre usage que dissuasif, même dans les jours critiques de la guerre de Kippour, en 1973, alors que Tsahal était sur le point d’être débordée par les forces égyptiennes et syriennes. Cela n’émeut pas Günter Grass, qui passe sous un poétique silence les imprécations du président iranien appelant de manière répétitive à la destruction d’Israël comme jadis Caton l’ancien exigeait que Carthage fût détruite à l’issue de chacun de ses discours.</p>
<p>La bonne nouvelle, cependant, c’est qu’à de très rares exceptions, les milieux politiques et intellectuels d’outre-Rhin – y compris le Parti de Gauche d’Oskar Lafontaine – ont déploré, plus que condamné, la prise de position tonitruante de l’écrivain. Les plus charitables des commentateurs mettent sur le compte du grand âge la « perte de contact de Grass avec le réel » . Celui qui était, avant la chute du mur de Berlin, une conscience morale de l’Allemagne d’après guerre a perdu son statut d’oracle. Même son aveu de s’être engagé à la Waffen SS à 17 ans en octobre 1944 ne l’a pas replacé au centre du débat public, ce qui le navre plus que tout. Son aveuglement persistant sur la vraie nature du régime est-allemand, et ses réticences face à la réunification de l’Allemagne en 1990 l’ont disqualifié dans les nouvelles générations, qui n’ont d’ailleurs plus besoin, comme les précédentes, de bouée morale pour survivre à un passé trop lourd. Grass ne sera donc pas le Hessel d’outre-Rhin. Les Allemands ont bien de la chance.</p>
</div>
</div>

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		<title>Derrière Mélenchon, le printemps des staliniens</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Apr 2012 17:21:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
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		<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Le nouveau printemps du totalitarisme mondain Dans les dîners en ville de la capitale, il est du dernier chic de faire son « coming out » mélenchonien, à la suite de quelques pipoles qui annoncent sur Youtube leur ralliement au candidat du Front de gauche, comme le psychanalyste mondain Gérard Miller, ou l’actrice Sophie de la Rochefoucauld, [...]]]></description>
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<p><strong><span style="color: #800080;">Le nouveau printemps du totalitarisme mondain</span></strong></p>
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<p><img title="stalmel" src="http://www.causeur.fr/wp-content/uploads/2012/04/stalmel.jpg" alt="" width="460" height="280" /></p>
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<p>Dans les dîners en ville de la capitale, il est du dernier chic de faire son « coming out » mélenchonien, à la suite de quelques pipoles qui annoncent sur Youtube leur ralliement au candidat du Front de gauche, comme le psychanalyste mondain Gérard Miller, ou l’actrice Sophie de la Rochefoucauld, arrière-petite-fille de Pierre de La Rochefoucauld (1853-1930), duc de La Roche-Guyon, petite fille du comte Jacques de La Rochefoucauld (1897-1981) et de Jacqueline de Cassagne de Beaufort (1902-1966), et fille du cinéaste Jean-Dominique de La Rochefoucauld<sup><a href="http://www.causeur.fr/derriere-melenchon-le-printemps-des-staliniens,16914/print#fn-16914-1" rel="external">1</a> <sup>[1]</sup></sup>. La conversation portera alors sur la question de savoir si le tribun issu du trotskisme est en train de plumer la volaille stalinienne, ou si, à l’inverse l’ancien « lambertiste » Mélenchon n’est pas devenu l’idiot utile permettant aux héritiers de Staline retranchés place du Colonel-Fabien de se refaire une santé électorale. On se gardera bien, ici, de se prononcer sur cette question cruciale, qui fera l’an prochain les choux gras des maîtres de conférences à Sciences Po tout contents d’expliquer la généalogie du mélenchonisme à un public d’étudiant(es) en état de pamoison.</p>
<p>Mais il faut bien constater que le printemps des sondages dont bénéficie Jean-Luc Mélenchon a fait éclore des plantes dont les graines, telles celles des végétaux du désert, attendaient depuis deux décennies la pluie salvatrice. Ainsi, on avait cru qu’avec la mort de Jeannette Vermeersch en 2001, l’espèce <em>Stalinistus galliensis</em> s’était définitivement éteinte. Grave erreur ! Il existe encore, dans notre pays, des gens qui considèrent que la chute du mur de Berlin et la dissolution de l’URSS ont été une catastrophe pour l’humanité. Il ne s’agit pas, pour eux, de se raccrocher à « l’hypothèse communiste » d’Alain Badiou, qui fait du passé table rase pour ne penser la révolution qu’au futur, mais d’affirmer que le « socialisme réellement existant », en URSS et dans les pays satellites ne manquait pas de vertus. J’exagère ? Je renvoie les sceptiques à la réécoute, sur le site de France-Culture de l’émission <em>Les retours du dimanche</em> diffusée le 1er avril, et qui n’avait rien d’un canular, hélas ! Cette émission avait convié un estimable professeur de philosophie à la Sorbonne, Jean Salem, qui vient de publier un petit livre, <em>Elections, piège à cons ?</em>, qui veut mettre en garde les possesseurs d’une carte d’électeur contre les illusions provoquées par l’idée stupide d’en faire usage à l’occasion du prochain scrutin présidentiel. Pourtant Salem n’est pas sectaire : il ira voter Mélenchon au premier tour, et s’abstiendra au second. Issu d’une célèbre famille de communistes orthodoxes<sup><a href="http://www.causeur.fr/derriere-melenchon-le-printemps-des-staliniens,16914/print#fn-16914-2" rel="external">2</a> <sup>[2]</sup></sup>, Salem peut sans susciter la moindre contradiction chez ses hôtes de France-Culture développer une analyse historique décoiffante. L’URSS et l’ensemble des forces progressistes à travers le monde ont, selon lui, été victime d’un complot ourdi par les Etats-Unis de Ronald Reagan, qui ont contraint l’URSS à courir au suicide économique en la forçant à une course aux armement démentielle. Ce complot visait, toujours selon Salem, à soumettre les classes laborieuses du monde entier à la domination sans partage du capital. Sans le bouclier d’un « socialisme réel » puissant, il n’est pas d’espoir pour les opprimés d’espérer leur émancipation.</p>
<p>Il est symptomatique qu’un tel discours puisse aujourd’hui trouver des médias pour le relayer, et des oreilles pour y prêter attention. Vingt ans et des poussières après l’effondrement du communisme soviétique, arrive à l’âge politique une génération qui n’a pas eu l’expérience sensible de la guerre froide, de l’existence, moins d’une heure d’avion de la France, de pays où l’on emprisonnait les dissidents, muselait la presse, et procédait à des parodies d’élections où les sortants étaient régulièrement reconduits avec 95% des voix au minimum. Il arrivait même que l’on construise des murs pour empêcher les habitants de ces « démocraties populaires » d’aller voir à côté si l’herbe n’était pas plus verte.</p>
<p>Cette génération, qui pour la première fois est appelée à élire un président de la République française a tout à fait le droit de revisiter cette histoire à la lumière de ses propres aspirations. Les vieux staliniens sortent donc de leurs tanières où ils s’étaient terrés pendant vingt ans, et s’engouffrent dans la brèche que leur ouvrent les Hessel et les Mélenchon. Ce phénomène ne concerne pas que la France. Pour la première fois depuis la chute du mur de Berlin, Margot Honecker, la veuve, exilée au Chili, du dernier satrape stalinien de la défunte RDA a accordé un long entretien à une chaine de télévision allemande. Cette dame, âgée aujourd’hui de 84 ans, saine de corps et d’esprit, s’étonne encore aujourd’hui que certains de ses concitoyens ait eu l’idée saugrenue de tenter, au péril de leur vie, de franchir le « mur de protection antifasciste » édifié par son défunt époux à Berlin « La question que nous nous sommes toujours posée, c’est: “pourquoi ont-ils pris ce risque ?” Ils n’avaient pas besoin de faire cela, pas besoin de franchir le Mur. C’est quand même dur de payer de sa vie une telle stupidité » explique-t-elle candidement. Et d’ajouter que si Honecker n’avait pas été lâchement abandonné par Mikhaïl Gorbatchev, la RDA aurait pu réaliser des grandes choses. Enfin, Margot Honecker, qui fut ministre de l’éducation de RDA de 1963 à 1989, et responsable de l’endoctrinement marxiste-léniniste des enfants dès la maternelle se plaint amèrement du montant « scandaleusement insuffisant » de la pension mensuelle de 1500 € (net d’impôts) que lui accorde le gouvernement de la RFA<sup><a href="http://www.causeur.fr/derriere-melenchon-le-printemps-des-staliniens,16914/print#fn-16914-3" rel="external">3</a> <sup>[3]</sup></sup>. En Allemagne, ces propos ont provoqué un scandale. En France, ils sont passés inaperçus, sauf du Figaro. On aurait bien aimé entendre l’ami Jean-Luc à ce sujet.</p>
<div id="post-footnotes">
<ol>
<li id="fn-16914-1">Je me moque, mais j’ai tort. Sophie de la Rochefoucauld est une militante de longue date de toutes les causes impliquant des « sans » (papiers, logis etc…) <a href="http://www.causeur.fr/derriere-melenchon-le-printemps-des-staliniens,16914/print#fnref-16914-1" rel="external">↩</a> <sup>[4]</sup></li>
<li id="fn-16914-2">Jean Salem est le fils d’Henri Alleg, dirigeant du Parti communiste algérien, arrêté et torturé en 1957 par la police française en raison de son soutien actif au FLN. <a href="http://www.causeur.fr/derriere-melenchon-le-printemps-des-staliniens,16914/print#fnref-16914-2" rel="external">↩</a> <sup>[5]</sup></li>
<li id="fn-16914-3">N’ayant pas été condamné, car son procès a été suspendu en 1992 pour raisons de santé, Erich Honecker a bénéficié jusqu’à sa mort d’une pension versée par les autorités allemandes, comme à tous les anciens fonctionnaires est-allemands, à l’exception des membres de la police politique. Margot Honecker touche aujourd’hui la pension de réversion de son défunt époux. <a href="http://www.causeur.fr/derriere-melenchon-le-printemps-des-staliniens,16914/print#fnref-16914-3" rel="external">↩</a> <sup>[6]</sup></li>
</ol>
</div>
</div>

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		<title>Les prêcheurs de haine</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Apr 2012 20:01:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Frances]]></category>
		<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>

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<p>Nicolas Sarkozy vient d’annoncer que le cheikh Youssouf al Qardawi, prêcheur vedette de la chaine Al Jazira n’était, je cite, pas le bienvenu dans notre pays. Il devait participer, au début du mois d’avril à la rencontre annuelle des musulmans de France, organisée par l’UOIF, une organisation proche des Frères musulmans. Pourvu d’un passeport diplomatique du Qatar, ce prédicateur dispense son enseignement et ses fatwas sur toute la planète, grâce à la diffusion mondiale qui lui est assurée par Al Jazira.<br />
Son message n’est pas un message de paix, loin de là, si l’on en juge par les propos qu’il tient sur la Shoah. Je cite :<br />
« Tout au long de l’histoire, Allah a imposé aux [Juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler. Avec tout ce qu’il leur a fait – et bien qu’ils [les Juifs] aient exagéré les faits -, il a réussi à les remettre à leur place. C’était un châtiment divin. Si Allah veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans » fin de citation. Sur France Culture, où l’on pratique avec brio l’euphémisme, le contenu des prêches de Youssouf Al Qardawi était qualifié « d’ambivalent ». Ce genre de prêches, et beaucoup d’autres semblables diffusés sans entraves sur les chaines satellitaires arabes, sont compris sans équivoque par des émules français du Jihad mondial, comme Mohamed Merah.<br />
La reprise, sans la moindre distance des éléments de langages de la propagande islamiste par de grands médias français, concernant, par exemple le prétendu meurtre délibéré d’enfants palestiniens par l’armée israélienne contribue également à la radicalisation de quelques jeunes français de confession musulmane. Dans ce contexte, il faut souhaiter que l’interdiction du sol français aux prêcheurs de haine soit le prélude à une vigilance accrue dans ce domaine. Et à une surveillance plus étroite des chaines satellitaires diffusées en France.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div></div>
<div><span style="color: #555555; font-family: Helvetica, Arial, sans-serif; line-height: 18px; background-color: #ffffff;"><br />
</span></div>

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		<title>Mélenchon, Villiers et Beate Klarsfeld…</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Mar 2012 20:25:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un long dimanche de nostalgie pour icônes de la France muséale On retiendra du dimanche 18 mars 2012 que, pour la première fois, un parc à thème français, Le Puy du Fou, a reçu le prestigieux Thea Award, qui distingue chaque année le meilleur établissement de ce genre dans le monde. Tel Jean Dujardin, Philippe [...]]]></description>
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<h2>Un long dimanche de nostalgie pour icônes de la France muséale</h2>
<p><a href="http://mondesfrancophones.com/chroniques/la-chronique-de-luc-rosenzweig/melenchon-villiers-et-beate-klarsfeld%e2%80%a6/attachment/4-bataiile_donjon/" rel="attachment wp-att-4622"><img class="alignleft size-full wp-image-4622" title="4-bataiile_donjon" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/03/4-bataiile_donjon.jpg" alt="" width="581" height="387" /></a></p>
<p>On retiendra du dimanche 18 mars 2012 que, pour la première fois, un parc à thème français, Le Puy du Fou, a reçu le prestigieux Thea Award, qui distingue chaque année le meilleur établissement de ce genre dans le monde. Tel Jean Dujardin, Philippe de Villiers, le fondateur de ce haut lieu de la mémoire chouanne est allé chercher lui même à Los Angeles ce trophée qui le consolera quelque peu de ses déboires politiques et familiaux. On retiendra également qu’une reconstitution improvisée des grandes heures révolutionnaires françaises, à l’initiative du Front de Gauche, a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes sur la place de la Bastille à Paris. On se souviendra enfin que Beate Klarsfeld, épouse de Serge et maman d’Arno, a obtenu 126 voix lors de l’élection à la présidence de la République fédérale d’Allemagne, remportée haut la main par Joachim Gauck, un pasteur originaire de l’ex-RDA<sup><a id="fnref-16555-1" href="http://www.causeur.fr/un-long-dimanche-de-nostalgie,16555#fn-16555-1">1</a></sup>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La hiérarchie de ces événements, dans la presse française du lendemain, était nettement à l’avantage de la manifestation de la Bastille, ce qui se comprend aisément, mais ne lui garantit aucunement de conserver cette position dans les siècles des siècles…<br />
J’aurais, pour ma part, tendance à privilégier la distinction accordée par les magnats américains de l’entertainment au modeste parc du Puy du Fou, qui n’est que le quatrième parc à thème français en termes de fréquentation, avec 1,5 millions de visiteurs annuels, alors que Disneyland Paris en reçoit 17,5 millions. A la différence du Futuroscope de Poitiers, Le Puy du Fou ne mise pas sur le high-tech, la 3D et les robots sophistiqués pour épater le populaire : ce sont gladiateurs, Vikings et mousquetaires, la plupart du temps interprétés par des bénévoles du cru qui font le spectacle, celui du roman national version ancien régime, sabots, terroir et légendes merveilleuses inclus. En couronnant les Vendéens, les géants américains du secteur reconnaissent qu’il existe des choses qui ni l’argent, ni la technologie ne peuvent créer : l’authenticité d’un lien à l’histoire et au terroir, par exemple.</p>
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<p>Quelques heures plus tard, en regardant le Mélenchon-show de la Bastille devant mon téléviseur, il me vint à l’idée que l’on n’était pas si loin de la Vendée, et que le spectacle offert par le Front de Gauche au peuple français était le pendant républicain et révolutionnaire de la geste catho-tradi du Puy du Fou. Le discours de Mélenchon aurait parfaitement pu constituer la voix off d’une grande reconstitution en costumes des heures de gloire du peuple français insurgé contre les tyrans de 1789 jusqu’au Front populaire, en passant par 1848 et la mobilisation antifasciste de février 1934… Il s’agissait, pour les organisateurs, de donner une identité collective à une foule disparate, de faire, comme dirait Marx, de cette foule « en soi » une foule « pour soi ». Le pari n’est, à mes yeux, qu’à moitié réussi, car il planait comme un malentendu sur cette opération. Les gens étaient venus voir Mélenchon, la nouvelle star de la scène politique, et s’attendaient au numéro maintenant bien rodé du tribun gouailleur, fustigeant les capitalistes, leurs valets et leurs coryphées ( les « belles personnes »), et n’épargnant pas le voisin de palier quelque peu timoré. Le PCF, deus ex machina de la mobilisation des militants rameutés de tout l’hexagone en avait décidé autrement : c’est le peuple qui allait faire le spectacle, et non pas le candidat dont le charisme commence à devenir quelque peu encombrant pour les apparatchiks de la place du Colonel-Fabien. Le style « Entre là, Jean Moulin… » n’est pas ce que Méluche réussit le mieux, et l’enthousiasme modéré de la foule agitant les oriflammes écarlates était loin d’égaler l’intensité des affects provoqués par les discours de Mélenchon en meeting. Je serais à la place de Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, je réfléchirais sérieusement à créer un parc à thème sur l’histoire de cette France des révoltes et des révolutions. Cela donnerait de l’emploi dans ce 9-3 qui en manque cruellement, et pourrait permettre à « l’autre » roman national de se voir porté au pinacle en Californie lors d’un prochain palmarès du Thea.</p>
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<p>Beate Klarsfeld est aujourd’hui moins connue du grand public que son mari et son fils. Ce ne fut pas toujours le cas. Cette fille de SS venue en France comme jeune fille au pair à 19 ans, en 1960, consacra sa vie à expier et faire expier à ses concitoyens les turpitudes du régime nazi. Elle connu la célébrité en giflant publiquement, le 7 novembre 1968, le chancelier Kurt Georg Kiesinger, qui avait exercé des fonctions de responsabilité dans l’appareil de propagande nazie en direction de l’étranger. C’est à elle que Serge Klarsfeld doit son aura de « chasseur de nazis », car sa méconnaissance de l’allemand ne le mettait pas en position de traquer les criminels de guerre reconvertis en notables de la RFA. Jusqu’en 1989, les fiches des Klarsfeld étaient alimentées par les services secrets de la RDA, qui utilisaient le couple comme un auxiliaire dans sa propagande contre une République fédérale coupable, à ses yeux, de recycler les anciens nazis dans les hautes sphères de la politique et de l’administration. Cela explique pourquoi les amis allemands de Jean-Luc Mélenchon, le parti <em>Die Linke</em>, majoritairement composé des héritiers idéologiques des communistes de l’ex-RDA aient accordé leur investiture pour l’élection présidentielle ouest-allemande à une femme vivant à Paris dont la famille est proche de Nicolas Sarkozy, et qui professe des idées sionistes très éloignées des prises de positions anti-israéliennes de <em>Die Linke</em>. Opposer Beate Klarsfeld à Joachim Gauck, qui dirigea pendant dix ans, de 1990 à 2000 l’autorité chargée de gérer les archives de la Stasi, la redoutable police politique est-allemande, était pour <em>Die Linke</em>, un plaisir rare dont il aurait été dommage de se priver.</p>
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<div id="post-footnotes">
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<li id="fn-16555-1">La présidence de la RFA est une fonction essentiellement protocolaire et honorifique généralement confiée à un homme politique blanchi sous le harnois, et jouissant de l’estime générale, au delà de son parti. Il est élu par le Bundestag et des délégués envoyés par les parlements régionaux. L’élection présidentielle du 18 mars avait été organisée à la suite de la démission de Christian Wulff, un chrétien-démocrate mis en cause dans des affaires de corruption. <a href="http://www.causeur.fr/un-long-dimanche-de-nostalgie,16555#fnref-16555-1">↩</a></li>
</ol>
</div>
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		<title>Grèce : à quoi joue Merkel ?</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 16:59:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economies]]></category>
		<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>

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		<description><![CDATA[Et si l’Allemagne voulait forcer Athènes à sortir de l’euro ? La chancelière et le Premier ministre grec. Le traitement infligé à la Grèce par l’Union européenne – totalement sous la coupe allemande dans ce dossier – est sans précédent dans l’Europe de l’’après-guerre. Les ultimatums s’ajoutent aux diktats, on n’épargne aucune humiliation publique aux dirigeants [...]]]></description>
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<h1>Et si l’Allemagne voulait forcer Athènes à sortir de l’euro ?</h1>
<div id="post-head">
<p><img title="papa" src="http://www.causeur.fr/wp-content/uploads/2012/02/papa.jpg" alt="" width="460" height="280" /></p>
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<div id="attachment_15603">
<p>La chancelière et le Premier ministre grec.</p>
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<p>Le traitement infligé à la Grèce par l’Union européenne – totalement sous la coupe allemande dans ce dossier – est sans précédent dans l’Europe de l’’après-guerre. Les ultimatums s’ajoutent aux diktats, on n’épargne aucune humiliation publique aux dirigeants d’Athènes. A Bruxelles et à Berlin, on ne semble pas se soucier outre mesure de la possible, voire probable déstabilisation politique d’un pays situé dans une zone géographique sensible.</p>
<p>Pourquoi tant de haine ? L’argument type « chat échaudé craint l’eau froide » expliquant que l’Europe ne veut pas se laisser encore un fois rouler dans la farine par ces Hellènes dont il « faut se méfier, même lorsqu’ils apportent des présents » (Virgile) est un peu courte. Il n’est pas besoin d’être prix Nobel d’économie pour comprendre que l’étranglement de la Grèce par une cure d’austérité impitoyable, sans qu’elle soit assortie d’un programme d’aide à la relance économique du pays, va à l’encontre du but affiché. La récession provoquée va rendre Athènes encore moins capable d’assainir ses comptes et de rembourser ses dettes car les rentrées fiscales attendues ne seront pas au rendez-vous. Même le plus borné des Allemands est capable de comprendre cela.</p>
<p>Alors, à quoi jouent Angela Merkel et son redoutable ministre des finances Wolfgang Schäuble ? Un rapide coup d’œil dans la presse d’outre-Rhin et notamment dans la <em>Frankfurter Allgemeine Zeitung</em> (FAZ), le journal qui reflète la pensée des milieux d’affaires allemands, donne la clé de l’énigme. Pour les éditorialistes de la FAZ, la cause grecque est entendue : ce pays est inamendable. La gabegie, le clientélisme, la corruption sont inscrits dans ses gènes, et il est inutile de s’éreinter comme Sisyphe (un autre Grec) pour lui faire retrouver le sentier escarpé de la vertu. Or, on sait d’expérience que la pensée-FAZ n’est jamais très éloignée de celle des cercles gouvernementaux lorsque la droite est au pouvoir. La preuve en est administrée par la position contraire adoptée par l’hebdomadaire de centre-gauche <em>Der Spiegel</em> qui tire à boulets rouges sur le <em>Spardiktat</em> (le diktat de l’austérité) imposée par Berlin aux héritiers de Platon et Démosthène.</p>
<p>Pour comprendre le jeu allemand, il suffit de se reporter aux statistiques du commerce extérieur de notre grand voisin. 55% des exportations de la RFA sont effectuées vers les pays de la zone euro, et 80% en direction des pays de l’UE. L’Allemagne a donc un intérêt majeur à la préservation de la stabilité monétaire de cette zone de chalandise pour ses produits, car la clientèle des pays émergents, même si elle est prometteuse, serait loin de compenser les pertes provoquées par un désordre économique et monétaire sur l’ensemble du continent. C’est en constatant que le risque de faillite de la Grèce, dont le PIB ne représente que 3% de celui de l’eurozone, était de nature à déstabiliser l’ensemble de l’édifice que Berlin a décidé de contraindre Athènes à sortir de la monnaie unique. On peut lire, toujours dans la FAZ, que les principaux acteurs de l’économie allemande ont fait marcher leur calculette : provisionner les pertes consécutives à un défaut grec est, au bout du compte, moins coûteux que de remplir le tonneau des Danaïdes. Comme il est politiquement impossible d’obtenir de l’UE une décision d’expulsion de la Grèce de la zone euro, il faut donc procéder autrement.</p>
<p>Il faut amener les Grecs à décider eux-mêmes d’abandonner la monnaie unique en leur serrant tellement la vis qu’ils craquent comme une vieille planche malmenée par un bricoleur amateur. C’est pourquoi les images des manifestations violentes d’Athènes, ou la perspective d’une victoire électorale des anti-européens lors des élection anticipées d’avril n’ont rien d’effrayant pour la chancelière et ses amis, bien au contraire. Les seuls exportateurs allemands qui risquent de perdre des plumes dans l’affaire sont les marchands d’armes, fournisseurs principaux d’une armée surdimensionnée en raison de l’interminable conflit avec la Turquie sur la question chypriote. Mais les marchés pour ce genre de produits, les machines à tuer haut de gamme, sont loin d’être saturés. Pour le reste, le dommage causé par une Grèce ramenée à son destin balkanique à la balance commerciale allemande est négligeable. Le Portugal est aussi dans la ligne de mire des snipers germaniques : il ne pèse pas beaucoup plus lourd que la Grèce dans l’économie européenne, et il est également menacé par la spirale mortelle austérité-déflation-défaut de paiement.</p>
<p>En revanche, la France, l’Italie et même l’Espagne n’ont dans l’avenir proche, aucun souci à se faire. Les exportateurs allemands n’ont aucun intérêt à voir ces marchés perdre en solvabilité, car c’est vers eux, plus le Royaume-Uni et les Etats-Unis qu’ils écoulent la plus grande partie de leurs produits. L’Allemagne est donc en train de remodeler l’Europe continentale à sa convenance, comme une zone de libre-échange où elle fait la loi sans obligation de solidarité avec ses maillons les plus faibles. Vae victis !</p>
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		<title>Qu’on fiche la paix aux « petits » maires !</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 02:32:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lrosenzweig</dc:creator>
				<category><![CDATA[La chronique de Luc Rosenzweig]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques]]></category>

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		<description><![CDATA[Le système des parrainages est caduc La polémique qui se développe sur la question des cinq cents parrainages d’élus nécessaires pour être candidat à l’élection présidentielle est le signe évident que ce système ne fonctionne plus. A l’origine, il était destiné à limiter le nombre de candidats fantaisistes, ou seulement désireux de bénéficier d’une présence [...]]]></description>
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<h1>Le système des parrainages est caduc</h1>
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<p><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/politiques/qu%e2%80%99on-fiche-la-paix-aux-%c2%ab-petits-%c2%bb-maires/attachment/marine/" rel="attachment wp-att-4553"><img class="alignleft size-full wp-image-4553" title="Marine" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2012/02/Marine.jpg" alt="" width="300" height="290" /></a></p>
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<p>La polémique qui se développe sur la question des cinq cents parrainages d’élus nécessaires pour être candidat à l’élection présidentielle est le signe évident que ce système ne fonctionne plus. A l’origine, il était destiné à limiter le nombre de candidats fantaisistes, ou seulement désireux de bénéficier d’une présence médiatique dans le cadre de la campagne officielle. Instauré en 1976, ce dispositif était calibré pour qu’un parti, ou un courant d’idée disposant d’une implantation militante à l’échelle nationale puisse avoir accès au débat public majeur de notre vie politique.<br />
Le vivier de plus 40 000 élus, pour la plupart maires sans étiquette de petites communes (une exception française !) devait, dans l’esprit du législateur, suffire à garantir un minimum d’équité dans l’accès à la candidature.</p>
<p>Trente-cinq ans plus tard, le paysage de notre démocratie locale a été considérablement modifié : l’intercommunalité, qui couvre actuellement plus de 95% du territoire rend les « petits maires » beaucoup plus dépendants, sur le plan budgétaire, des élus de communes plus importantes. Ces derniers sont dans leur grande majorité affiliés à des partis politiques, et sont – c’est humain !- fortement tentés de faire pression sur leurs collègues pour les dissuader d’accorder leur parrainage à un candidat, ou une candidate risquant de présenter un danger pour le champion de leur parti.<br />
Inversement, ils peuvent inciter ces maires de petites communes à promettre leur signature à un candidat susceptible de gêner leur principal adversaire politique.</p>
<p>Cet effet pervers apparaît dans toute sa nocivité avec le cas Marine Le Pen. N’étant pas marmiton dans la cuisine électorale du Front national, je suis dans l’incapacité de trancher sur le fait que cette dernière bluffe ou pas quand elle sonne l’alarme en affirmant qu’elle risque ne pas obtenir les cinq cents signatures exigées. Néanmoins, je constate que les édiles de mon voisinage sont de plus en plus réticents à apparaître publiquement comme parrains d’un candidat : la satisfaction d’avoir contribué à l’expression du débat démocratique ne compense pas, et de loin, les désagréments causés par la publicité donnée à leur geste. Le « qui parraine qui ?» est devenu un marronnier de la presse quotidienne régionale lors de chaque élection présidentielle, ouvrant la voie à leur mise en cause par des citoyens qui confondent parrainage et soutien politique.</p>
<p>Je constate également que les formations politiques dont la pratique est la plus proche des sectes ou religions prosélytes faisant du porte à porte comme le Parti ouvrier européen de Jacques Cheminade, ou Lutte Ouvrière de Nathalie Arthaud, recueillent plus aisément des parrainages que des aspirant candidats représentant un courant de pensée de l’arc politique classique, comme Nicolas Dupont-Aignan ou Christine Boutin.<br />
Enfin, est-il juste de faire reposer sur les seuls maires ruraux le bon fonctionnement de notre démocratie ? C’est un peu comme si l’on confiait aux aides-soignants des hôpitaux le soin de choisir les bons docteurs capables de traiter un patient…<br />
Comment s’en sortir ? On pourrait, par exemple, décider que seuls les partis ayant obtenus 5% des suffrages lors d’un scrutin national au cours du quinquennat écoulé soient habilités à présenter un candidat à l’élection présidentielle. Si cette règle avait été instituée pour celle de 2012, L’UMP, Le PS, le Modem, le Front National, le Front de Gauche et EELV auraient pu concourir. Quant aux trotskistes, ils auraient sans doute, comme ils l’ont fait en 2004, présenté des listes communes de leurs diverses chapelles aux européennes ou aux régionales pour tenter d’être présents lors de la présidentielle.</p>
<p>Cette proposition ne règle pas le cas urgent de Marine Le Pen, dont l’absence forcée lors du scrutin du 22 avril prochain causerait un dommage certain à l’image de notre démocratie, notamment à l’étranger. Au cas où son incapacité à recueillir les cinq cents parrainages serait avérée, il reviendrait aux grands partis d’éviter la catastrophe d’une élimination « technique » d’un courant politique peut-être haïssable, mais dans lequel un grand nombre d’électeurs semblent se reconnaître. Ainsi, un accord entre le PS et L’UMP (et peut-être d’autres partis représentés au Parlement) pourrait décider de compléter la liste des parrains de la candidate FN en les tirant au sort parmi les députés et sénateurs de ces formations, ce qui les exonèrerait de tout procès de connivence avec la bête immonde.</p>
<p>Cette solution aurait également l’avantage de rendre plus difficile pour Mme Le Pen de se présenter comme une candidate « anti-système », alors même qu’elle devrait à ce système de pouvoir concourir.</p>
</div>
</div>

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