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	<title>MondesFrancophones.com &#187; bmosbey</title>
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		<title>Obama, enfin</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 16:43:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bmosbey</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politiques]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

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<p>Je me suis rendue en France le printemps dernier afin de participer à une série de conférences, en particulier à Montpellier, à la conférence de l’Association Française d’Études Américaines (AFEA).</p>
<p>Naturellement, on m’a demandé ce que je pensais des chances de Barack Obama d’être élu président des États-Unis. À cette époque, au mois de mai, je prenais encore soin de ne pas être trop enthousiaste de peur de jeter un mauvais sort aux résultats. Ayant été témoin du vol de l’élection de 2000 par George W. Bush avec la complicité du parti républicain, il me semblait qu’il valait mieux garder un œil sur toute cette affaire avant de prédire la réussite du premier candidat afro-américain à la présidence du plus grand pouvoir occidental.</p>
<p>Maintenant, fait accompli. Barack Obama est le quarante-quatrième président des États-Unis, et l’on peut se demander comment il en est arrivé là.</p>
<p>Pas de bêtises avec Obama, et encore moins de fanfares. Quand Hillary Clinton lui a offert la vice-présidence sur la liste de sa campagne, en suggérant qu&#8217;il était impossible qu&#8217;il gagne l&#8217;élection, il lui a rappelé immédiatement qu&#8217;il menait la course à la présidence, en concentrant ainsi l&#8217;attention publique sur l’arrogance du camp Clinton dans leur présomption qu&#8217;il briguait un but moindre – ou qu’il accepterait un destin moindre – que la Maison Blanche. Ainsi, faut-il traiter avec des spéculateurs et des imbéciles. Tandis que Bush est parti en vacances aussitôt son élection, Obama, lui, s’est mis au travail, nommant les premiers membres du gouvernement transitionnel.</p>
<p>Il est sans doute le premier chef politique afro-américain à ne pas avoir été formé ni par l&#8217;église noire, ni par le Mouvement des droits civiques. Et cela est positif. Avant d’agir, sa première pensée n’est jamais de supplier, de traîner les pieds, ou de chercher l’approbation de quatre pasteurs baptistes. À la différence des anciens politiciens noirs, Obama ne présume jamais de la position du suppliant. Il parle et il se comporte avec l’autorité de quelqu’un qui a le droit de participer, le doit d’agir, le doit de décider. Avocat de profession, ses arguments font appel à la justice et au bon sens autant qu&#8217;à la loi.</p>
<p>Obama offre un programme spécifique et détaillé concernant le rétablissement économique du pays, la prospérité des classes moyennes et des petites entreprises, et la réforme économique de Wall Street. Il est difficile de croire que presque 50 millions d&#8217;américains n&#8217;ont aucune assurance maladie. Le plan de santé publique de Barack Obama garantira que chaque américain aura des soins médicaux de bonne qualité. Notamment, son plan offre le droit d’assurance à tous les citoyens, l&#8217;enrôlement simple et la pleine garantie de conditions préexistantes.</p>
<p>De son côté, McCain a promis de donner de plus grands avantages aux puissances financières, en démontant simultanément Medicare et en privatisant la Sécurité Sociale. Comme Bush, McCain est un homme de richesse considérable. Comment un homme qui ne connaît pas le nombre de résidences qu’il possède pourrait-il s&#8217;identifier à la classe ouvrière et aux pauvres ?</p>
<p>Par son histoire personnelle de lutte contre les privations de son enfance, ses années de travail difficile pendant sa jeunesse, et sa grande sensibilité aux valeurs de la famille, Barack Obama s’identifie avec les classes moyennes, les pauvres et les étrangers. Parmi les afro-américains en particulier, sa tendresse évidente pour sa mère et sa grand-mère le rend admirable. Pendant les derniers jours décisifs de sa campagne, il a interrompu son programme politique pour aller rendre visite à sa grand-mère souffrante, démontrant, par conséquent, un équilibre entre sa vie politique et sa vie privée, à la différence de précédents politiciens américains.</p>
<p>En ce qui concerne son caractère, le président-élu est calme, confiant, inébranlable, courtois et gracieux même avec ses adversaires et ses détracteurs. McCain, de son côté, dans les dernières semaines de campagne, semblait souvent hystérique, colérique, se livrant à des attaques personnelles contre Obama, essayant de mettre en doute non seulement son « patriotisme », mais aussi sa nationalité et sa religion dans un effort non déguisé de faire peur aux blancs, en le présentant comme un extrémiste musulman et terroriste potentiel. Dans le débat final, McCain apparaissait aliéné et sur le bord de l’effondrement mental.</p>
<p>Dès le début, Obama n&#8217;a jamais changé sa promesse de mettre fin à la guerre en Irak – une guerre qu&#8217;il a condamnée comme inutile et « stupide ». Il était le seul candidat présidentiel proposant un retrait complet et rapide des troupes et de n’installer aucune présence militaire américaine permanente en Irak.</p>
<p>Traditionnellement, le corps électoral américain a horreur des personnages publics d&#8217;intelligence plus grande que la moyenne. Une plainte souvent lancée contre Al Gore était son intellectualisme apparent. « Personne n&#8217;aime le gars le plus intelligent dans la classe, » disait-on souvent de lui. Deux saisons plus tard, au 21e siècle pourtant, ce pays semble avoir développé un plus grand nombre d’électeurs d’un meilleur niveau d’éducation. Un plus grand nombre de jeunes gens et diplômés d’universités ont voté au cours de cette élection. Évidemment, c&#8217;est une indication aussi d’un corps électoral tout à fait épuisé de l&#8217;embarras national et international de huit ans de <em>bushisme</em>.</p>
<p>Bien sûr, Obama n’a pas été élu parce qu’il est noir. Mais il n’a pas été élu non plus <em>malgré</em> qu’il soit noir, comme le disaient certains journalistes. D’ailleurs, et bien que ce soit Colin Powell qu’il l’ai dit (il devrait en avoir honte), Obama n’est pas noir, non plus, « par hasard ». Il est noir. Et il est président des États-Unis. Ces deux faits ne s’invalident pas.</p>
<p>La raison principale pour laquelle Obama ait gagné est qu&#8217;il est clair qu’il était de loin le meilleur choix pour la présidence des États-Unis. Il s’intéresse surtout à la création de l&#8217;équité dans une société qui est devenue de plus en plus profondément divisée entre les riches et les pauvres. Est-ce que l&#8217;élection d&#8217;un afro-américain signifie que le racisme est mort ici aux États-Unis ? Absolument pas.</p>
<p>Maintenant, à peine un an après cette élection historique, les américains blancs semblent déjà l’avoir abandonné, et cela, peu après les rachats des banques en défaut, mais surtout après le dévoilement de son plan pour la réforme d&#8217;assurance maladie. Là, ils ont vu qu’il ne plaisantait pas : il a l&#8217;intention d&#8217;étendre l’assurance à chacun et surtout aux pauvres et aux sans-emploi. Et il est clair qu’il a l&#8217;intention aussi de faciliter la citoyenneté graduelle des ouvriers sans-papiers.</p>
<p>C’est surtout les blancs qui ont crié au scandale après qu&#8217;il ait reçu le Prix Nobel de la Paix. « <em>Il est engagé dans deux guerres !</em> » se plaignent-ils. Deux guerres, négligent-ils de mentionner, auxquelles il essaie de mettre fin, ayant hérité de ces dernières de l&#8217;administration précédente, ainsi que de la dette nationale la plus ridicule dans l&#8217;histoire de la nation.</p>
<p>Non. Ni le racisme et ses préjugés ne sont encore morts. Nous avons du travail jusqu&#8217;à ce que cela soit accompli. Ici, aux États-Unis, comme dans le reste du monde postcolonial.</p>
<p>Il vaut la peine de noter qu’à la différence de la France, les États-Unis n&#8217;ont jamais nié leur passé esclavagiste, d’oppression et de racisme prolongé. Au contraire, la discussion de race était toujours au centre – ou bien à gauche du centre – de toutes les discussions politiques, économiques et sociales depuis l’établissement des premières colonies.</p>
<p>La France, 2e pouvoir négrier du monde occidental après l’Angleterre, par contre, a supprimé l’intégralité de sa propre histoire concernant le commerce d’esclaves, en préférant établir une société sans race ni ethnie, unifiée seulement par la langue et la culture française.</p>
<p>Et malgré son insistance d’avoir créé une société sans considération de race, d’ethnie et de couleur, on cherche en vain des gens noirs de pouvoir, ou même d&#8217;influence, dans la France d’aujourd’hui. Il est certain qu’en France, aucun homme d&#8217;héritage africain ne s&#8217;élèverait jamais à une telle stature politique. Ni en Angleterre non plus.</p>

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		<title>Qu’on arrive enfin</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 16:32:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bmosbey</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratiques Poétiques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>

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		<description><![CDATA[Qu&#8217;on arrive enfin, (une histoire en cours/ a tale in-progress) in Renaissance Noire, Fall 2004 (vol. 6, no. 1), pp. 138-143.   I. Et qu&#8217;on arrive enfin au pays natal - la terre même imprimée d&#8217;esclavage. Là-haut, en plein air, la puanteur, la piste toute chaude du sang très chaud des mauvais-nég&#8217;s du passé. C&#8217;est [...]]]></description>
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<p><strong><em>Qu&#8217;on arrive enfin</em></strong><strong>, (une histoire en cours/ a tale in-progress) in <em>Renaissance Noire</em>, Fall 2004 (vol. 6, no. 1), pp. 138-143.</strong></p>
<p> </p>
<p>I.</p>
<p>Et qu&#8217;on arrive enfin au pays natal -</p>
<p>la terre même imprimée d&#8217;esclavage.</p>
<p>Là-haut, en plein air, la puanteur, la piste toute chaude</p>
<p>du sang très chaud</p>
<p>des mauvais-nég&#8217;s du passé.</p>
<p>C&#8217;est bien drôle, non ?</p>
<p>Comment nous retournons toujours à ceci -</p>
<p>la ville, la vie, que faisait l&#8217;esclavage,</p>
<p>les histoires inventées de toutes pièces que faisaient les historiens, les pères-</p>
<p style="PADDING-LEFT: 60px">fondateurs, la sainte-église.</p>
<p>Et qu&#8217;on en a marre des mensonges, des tromperies et des fraudes.</p>
<p>On en a marre des histoires, des historiens.</p>
<p>On en a marre d&#8217;indigo, de tabac, de riz et de rhum.</p>
<p>On en a marre de coton-m&#8217;sieu-le-roi et de canne à suc&#8217;.</p>
<p>On en a marre</p>
<p>et ne peut que souhaiter, souhaiter, souhaiter très fort</p>
<p>que les lacs, les bayous, les grands et petits marais</p>
<p style="PADDING-LEFT: 330px">auraient tout engonflé</p>
<p style="PADDING-LEFT: 330px">tout inondé, tout effacé.</p>
<p>Mais,</p>
<p>nous ne nous inquiétons point de ce point :</p>
<p>car il y a toujours l&#8217;ouragan.</p>
<p> </p>
<p>À bas, donc, les industriels de sang et de chair.</p>
<p> </p>
<p>Vive l&#8217;ouragan conquérant.</p>
<p>Vive le marais aplanissant.</p>
<p>Vivent les mauvais-nég&#8217;s et les mauvais négrillons.</p>
<p>Qu&#8217;il ne reste aucune plantation où reste la puanteur de chair-et-sang brûlé.</p>
<p> </p>
<p>II.</p>
<p><em>Quoi donc me suffira ? </em>je me demande.</p>
<p>Et la réponse &#8211; <em>Rien. Rien de tout. </em></p>
<p><em>Tant, tant, tant-que-je-vivrai-rien-ne-me-jamais-suffira-pour-tout-cela.</em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>III.</p>
<p><em>&#8216; Y avait</em>,</p>
<p><em>Oui, c&#8217;est bon bel-âge</em></p>
<p><em>&#8216; y avait un jour qu&#8217;ils coupaient le cou</em></p>
<p><em>à beaucoup moindre</em>.</p>
<p> </p>
<p>Et combien de têtes sanglantes verrait-on là-hier ?</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Et chaque fois qu&#8217;on entend le mot « créole » ou- beaucoup mieux-</p>
<p style="PADDING-LEFT: 390px"> « monde créole »</p>
<p> </p>
<p style="PADDING-LEFT: 60px">souffle le mal haleine des négriers et leurs petits-négociants</p>
<p> </p>
<p style="PADDING-LEFT: 60px">et le grand pu de ses femmes qui prennent leur petit bain de putain</p>
<p style="PADDING-LEFT: 510px">tous</p>
<p style="PADDING-LEFT: 510px">les</p>
<p style="PADDING-LEFT: 510px">trois</p>
<p style="PADDING-LEFT: 510px">jours.</p>
<p>Et quoi donc ?</p>
<p><em>Quoi donc à nous ? </em>nous nous demandons parfois.</p>
<p>Et encore mille fois-</p>
<p>quoi donc à nous, alors ?</p>
<p> </p>
<p><em>&#8216; Y avait</em>,</p>
<p><em>&#8216; y avait, oui</em></p>
<p><em>&#8216; y avait un jour </em></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>IV.</p>
<p>Je ne m&#8217;explique pas pourquoi, non.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>V.</p>
<p>C&#8217;est quoi, alors, l&#8217;histoire ?</p>
<p>Même pas des fables</p>
<p>Même pas des mythes -</p>
<p>Que des mensonges qui répètent les maîtres et leurs sycophantes</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Que des phrases qu&#8217;ils répètent ad nauseum</p>
<p>pour les bien mémoriser</p>
<p>pour bien s&#8217;amuser</p>
<p>quand arrive l&#8217;heure de bien couper le cou d&#8217;une de leurs négresses</p>
<p>après peut-être ayant bien frotté le coin ?</p>
<p> </p>
<p>Ce n&#8217;est que les usines</p>
<p>                    les factoreries- bon</p>
<p>                    là</p>
<p>                    auprès de la rivière</p>
<p>                    ou ils produisent</p>
<p>                    ni grain ni sucre ni rien d&#8217;autre-</p>
<p>les sciences humaine, quoi, de l&#8217;esclavage</p>
<p>ce qu&#8217;ils écrivent aux fouet et pinceaux &#8211; oui</p>
<p>Répétez-s&#8217;il vous plaît</p>
<p>Répétez-s&#8217;il vous plaît</p>
<p>          Tout à la fois à la fois à la fois</p>

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		<title>Les indigènes sont agités : La Nouvelle-Orléans à la suite de l’orage</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 18:16:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bmosbey</dc:creator>
				<category><![CDATA[Louisianes]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Indigènes sont agités : la Nouvelle-Orléans à la suite de l&#8217;orage (&#171;&#160;The Natives Are Restless : New Orleans in the Wake of the Storm&#160;&#187;), à la demande du Consulat Général de la Nouvelle-Orléans et des Médiathèques de Plaines Communes, publié dans Planète Ovale, automne 2007.             Il est généralement admis que les [...]]]></description>
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<p><strong><em>Les Indigènes sont agités :</em></strong><strong><em> la Nouvelle-Orléans à la suite de l&#8217;orage</em></strong><strong> (&laquo;&nbsp;The Natives Are Restless : New Orleans in the Wake of the Storm&nbsp;&raquo;), à la demande du Consulat Général de la Nouvelle-Orléans et des Médiathèques de Plaines Communes, publié dans <em>Planète Ovale, </em>automne 2007.</strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<p>          Il est généralement admis que les inondations qui ont suivi les ouragans Katrina et Rita ont eu pour conséquence la plus grave catastrophe naturelle qui ait jamais frappé les États-Unis. Or, cela est faux. Il n&#8217;y a eu et il n&#8217;y a rien de naturel dans tout cela.</p>
<p>          L&#8217;ouragan de catégorie 3 qui s&#8217;est formé dans le Golfe du Mexique n&#8217;était plus que de catégorie 2 lorsqu&#8217;il a atteint La Nouvelle-Orléans. Ce n&#8217;est pas l&#8217;ouragan, mais la rupture des digues de la ville qui a causé des ravages sans précédent dans l&#8217;histoire de la nation. La défaillance des digues est due à l&#8217;erreur humaine engendrée par la négligence et l&#8217;avarice. Le corps du génie militaire, l&#8217;organisme fédéral responsable de la construction et de l&#8217;entretien des digues, a par la suite révélé la construction médiocre de ces dernières, admettant que cela était principalement dû aux économies de bouts de chandelle de sa part. Les pertes en vies humaines, en moyens d&#8217;existence, en habitations, en biens mobiliers, ainsi que la disparition d&#8217;un sentiment de communauté sont injustifiées. Elles sont, pour des Nouvelle-Orléanais comme moi, inadmissibles. Pire, c&#8217;est un crime contre l&#8217;humanité.</p>
<p>         Mais c&#8217;était il y a deux ans. Aujourd&#8217;hui, la vie ici est à l&#8217;arrêt, comme verrouillée. D&#8217;après les statistiques, la population est entre un tiers et la moitié de ce qu&#8217;elle était avant l&#8217;inondation. L&#8217;organisation des établissements d&#8217;enseignement publics a été complètement revue (certains diront d&#8217;ailleurs que ce n&#8217;est pas vraiment une réussite). Les hôpitaux manquent de personnel et sont surchargés. Les communautés culturelles si uniques de la ville et les institutions qui s&#8217;y rattachent sont sévèrement mises à mal.</p>
<p>         La Nouvelle-Orléans et sa région se préparent à la deuxième saison d&#8217;ouragans depuis les inondations. Et les citoyens se retrouvent otages, non pas de la nature mais des administrations à tous les niveaux : municipalité, état, gouvernement fédéral, un gouvernement qui semble avoir appris très peu de tout cela. Dans ces conditions, il ne faut pas s&#8217;étonner si nous nous trouvons déchirés &#8211; en tant que ville, en tant que peuple, en tant qu&#8217;individus &#8211; déchirés entre une grave dépression et la plus profonde indignation.</p>
<p>        Selon des estimations plutôt faibles, la population afro-américaine de la ville se situe à 70 pour cent de ce qu&#8217;elle était avant les ouragans de 2005. Et malgré une diminution globale de la population suite aux inondations et d&#8217;innombrables prédictions du contraire, la ville reste majoritairement afro-américaine. En d&#8217;autres termes, il est impossible de parler de la Nouvelle-Orléans sans parler de sa « négritude » profonde.</p>
<p>         Fondée en 1718, La Nouvelle-Orléans faisait partie de l&#8217;empire colonial français du Nouveau Monde, maintenu entièrement par l&#8217;esclavage. Dès le début, dans un climat et un territoire peu familiers, assaillis par des rébellions et des soulèvements de captifs africains et d&#8217;indigènes dont ils avaient usurpé les terres, les colons eurent du mal à subvenir à leurs propres besoins. Contraints et forcés d&#8217;échanger armes contre nourriture et vêtements, les premiers colons français n&#8217;arrivaient pas à asseoir leur domination et renégociaient constamment les conditions de libération des esclaves. Sous l&#8217;autorité coloniale espagnole, des conditions d&#8217;accession à la liberté à la fois plus précises et plus généreuses furent introduites. Ainsi, dès le début du 19e siècle, en pleine « slavocratie » américaine, la Nouvelle-Orléans était-elle depuis longtemps déjà un refuge pour les Noirs libres : ils y venaient de tous les États-Unis et des Antilles. Dans toute l&#8217;histoire coloniale &#8211; sous l&#8217;autorité française, espagnole ou américaine &#8211; la ville ne cessa, tout au long de son histoire coloniale, d&#8217;avoir la plus grande communauté de Noirs libres du continent.</p>
<p>         La culture de la Nouvelle-Orléans que le reste du monde connaît le mieux &#8211; celle des origines du jazz, des enterrements jazz, des premiers grands maîtres du jazz comme Louis Armstrong et Sidney Bechet, celle de la Cuisine créole et des splendeurs du carnaval tel que le célèbrent les <em>Mardi Gras Indians </em>- est entièrement issue du riche patrimoine culturel noir de la ville. La première anthologie de poésie afro-américaine ne fut pas publiée pendant la Renaissance de Harlem des années 1920, mais en 1848 par un groupe de Nouvelle-Orléanais afro-francophones. Même le mouvement américain des droits civils des années 1950 trouve ses origines dans l&#8217;activisme d&#8217;un groupe d&#8217;Afro-Orléanais libres des années 1840, un activisme organisé contre l&#8217;esclavage et pour la reconnaissance de la pleine citoyenneté des Noirs.</p>
<p>         Dès que les Afro-Américains représentèrent à nouveau la majorité statistique, on assista à l&#8217;élection du premier maire afro-américain, Ernest N. Morial, issu d&#8217;une famille de Noirs libres et lui-même activiste dans le mouvement pour les droits civils. Depuis 1978, la ville a eu des maires afro-américains et une administration municipale majoritairement afro-américaine. Plus qu&#8217;une minorité ethnique invoquant circonstances spéciales, les Afro-Orléanais ont constitué la majorité statistique, culturelle et politique.</p>
<p>         Bien qu&#8217;il y ait depuis longtemps une classe moyenne noire bien établie ainsi qu&#8217;une élite qui est passée par l&#8217;enseignement supérieur, la classe laborieuse des Afro-Américains pauvres constitue la véritable majorité. Ce qu&#8217;il faut bien voir c&#8217;est que, indépendamment des variations d&#8217;un siècle à l&#8217;autre dans la démographie et la facilité d&#8217;exercer ses droits politiques, le pouvoir économique est toujours resté entre les mains d&#8217;un petit groupe de riches à l&#8217;intérieur de la minorité blanche.</p>
<p>         Ce que tout cela signifie maintenant, à la suite de l&#8217;orage, est que la population afro-américaine de toutes classes &#8211; les pauvres, les classes laborieuses, les propriétaires de petites et grandes entreprises, les enseignants, les professions libérales et l&#8217;élite intellectuelle, ceux qui travaillent dans les secteurs qualifiés, techniques et technologiques &#8211; a subi de plein fouet le traumatisme de l&#8217;ouragan et des inondations qui ont suivi, ainsi que celui causé par l&#8217;extraordinaire lenteur du rétablissement et de la reconstruction.</p>
<p>         Tandis que les propriétaires et les hommes d&#8217;affaires afro-américains se battent pour récupérer ce qu&#8217;ils ont perdu et pour sauver tout ce qu&#8217;ils peuvent de leur existence d&#8217;avant l&#8217;inondation, les blancs ont lancé une nouvelle tradition d&#8217;achat qu&#8217;on appelle désormais « maisons d&#8217;évacuation ». Selon des reportages récents, les blancs ont amorcé un processus d&#8217; « acquisition-élévation » &#8211; achetant frénétiquement des maisons suffisamment proches de la ville pour des raisons de commodité, mais qui sont aussi hors du chemin des ouragans à St. Francisville, Louisiane et Natchez, Mississippi, des zones synonymes d&#8217;élévation dans tous les sens du terme.</p>
<p>         Le destin de la ville elle-même, cependant, est profondément lié à l&#8217;état de sa culture et de ses établissements culturels. La culture ne peut exister sans le peuple, qui la crée et qui la nourrit. À l&#8217;heure où j&#8217;écris ces lignes, la culture Nouvelle-Orléanaise se trouve encore dans un état d&#8217;extrême instabilité. Beaucoup d&#8217;artistes, d&#8217;artisans et d&#8217;animateurs culturels ne sont pas encore revenus ; et parmi ceux qui sont revenus, nombreux sont ceux qui n&#8217;ont pas retrouvé leur créativité d&#8217;avant les inondations. Il se pourrait bien que nombre de nos plus grands artistes ne soient pas en mesure de revenir et ce pour très longtemps, en raison de préoccupations nées chez eux ou chez leurs proches à la suite des ouragans et liées à la santé ou à l&#8217;environnement. Dans une communauté tellement tournée vers la culture de la famille, cette absence est ressentie d&#8217;autant plus fortement.</p>
<p>         Beaucoup font, néanmoins, des efforts conscients pour revigorer des traditions culturelles de la Nouvelle-Orléans telles que les célèbres « Second-lines » hebdomadaires, les cérémonies des <em>Mardi Gras Indians</em>, les sociétés de bienfaisance, les orchestres de cuivres et les compositeurs, les musiciens et les interprètes du jazz contemporain. Individus, communautés artistiques et culturelles, fonctionnaires, organismes publics de toutes sortes se battent pour revigorer et soutenir les associations et les institutions culturelles. Pour la première fois depuis les inondations, il y a eu de grands festivals de rue post-Carnaval auxquels participaient les <em>Mardi Gras Indians</em>. Des restaurants servant la cuisine Créole et la <em>« Soul Food »</em> rouvrent avec des horaires plus souples. Les théâtres associatifs recommencent depuis peu à proposer des saisons normales. Les six universités de la ville fonctionnent toutes même si le nombre d&#8217;étudiants inscrits, de cours proposés, et d&#8217;enseignants a diminué. De plus, l&#8217;année écoulée a vu la publication du premier groupe de livres analysant les conséquences des ouragans et des inondations qui les ont suivis. Voilà pour les bonnes nouvelles. Passons maintenant aux mauvaises.</p>
<p>         Bien que des évaluations fassent état de 2000 morts, on se rend compte que les chiffres réels doivent être en fait bien supérieurs. Il y a eu, et nous savons maintenant qu&#8217;il continuera à y avoir d&#8217;innombrables décès dus au syndrome de stress post-traumatique (Post<strong>-</strong>Katrina Stress Syndrome) : crises cardiaques, attaques cérébrales, cancers liés à des facteurs environnementaux, maladies de peau, maladies respiratoires, dépression sévère, et une augmentation choquante du taux de suicide. Il y a une pénurie de logements résultant pour l&#8217;essentiel de lenteurs bureaucratiques, d&#8217;où un grand nombre de sans-abri. À signaler également la fermeture imminente de la plus ancienne église catholique afro-américaine de la ville, fondée en 1842 par des Noirs libres et des esclaves.</p>
<p>         Nous sommes handicapés par une municipalité et un état tellement myopes qu&#8217;ils concentrent tous leurs efforts pour relancer l&#8217;économie en difficulté sur le tourisme &#8211; projet qui fait de La Nouvelle-Orléans la simple capitale du &#8216;bon temps&#8217;, de la débauche et des fêtards, au lieu de souligner l&#8217;héritage culturel sans pareil de la ville et son attrait historique évident.</p>
<p>         Nous sommes toujours sur nos gardes. Nous nous méfions du gouvernement à tous les niveaux. Nous sommes aux prises avec des problèmes de relations interraciales, de classes sociales et de patrimoine culturel. S&#8217;il est vrai qu&#8217;il y a de la méfiance raciale chez les Afro-Américains, les incidents sur le Pont du Fleuve Mississippi (Mississippi River Bridge) et sur le Pont Danziger (Danziger Bridge) ont montré qu&#8217;elle est tout à fait justifiée. L&#8217;hystérie raciale des blancs a provoqué de longues souffrances du côté des Afro-Américains : quelques jours après le passage de l&#8217;ouragan, des blancs armés de fusils d&#8217;assaut ont empêché des Afro-Américains de traverser le pont pour chercher refuge dans un secteur non inondé. Un autre incident implique la mort d&#8217;un Afro-Américain de quarante ans tué par la police alors qu&#8217;il essayait d&#8217;échapper aux coups de feu tirés par des civils sur le Pont Danziger. L&#8217;homme, sans armes et retardé mental, a reçu cinq balles dans le dos tirées par des officiers de police, sous les yeux de sa famille qui essayait également d&#8217;éviter les tirs sporadiques. Complication supplémentaire : certains des policiers impliqués dans l&#8217;incident sont aussi afro-américains. Reste encore à savoir si des inculpations pour meurtre seront prononcées contre les officiers qui ont tué Ronald Madison sur le Pont Danziger.</p>
<p>         Les tensions raciales et les tensions de classe enfouies sous des générations d&#8217;injustice et de luttes de pouvoir ont été dévoilées au grand jour. Et ceci n&#8217;est pas prêt de finir car le pouvoir est rarement donné ou librement partagé : l&#8217;histoire a montré qu&#8217;on ne l&#8217;obtient qu&#8217;au terme d&#8217;une longue lutte. La lenteur de la réaction face à ce mélange provoque d&#8217;immenses pertes, d&#8217;injustice et de violence, et est maintenant devenue emblématique de la division entre le gouvernement et les gouvernés. Barack Obama &#8211; le premier Afro-Américain ayant, de l&#8217;aveu général, des chances sérieuses d&#8217;être élu président des États-Unis &#8211; a récemment lancé un avertissement de risque imminent &laquo;&nbsp;d&#8217;émeute silencieuse&nbsp;&raquo; déclenchée par l&#8217;inefficacité du gouvernement au lendemain des ouragans. La Nouvelle-Orléans est ainsi devenue une pierre de touche, une aune à laquelle se mesurent l&#8217;humanité, le respect de la personne humaine, l&#8217;acte juste ou la simple ténacité face à l&#8217;abandon et au défaitisme.</p>
<p>         Il est une vieille expression Créole de la Nouvelle-Orléans fréquemment utilisée lorsqu&#8217;on se trouve confronté à une décision difficile ou à une épreuve qui semble insurmontable &#8211; « attendant sur le temps ». Nous ici à La Nouvelle-Orléans, qui avons survécu aux ouragans et aux inondations, qui sommes revenus pour reprendre la ville et pour reconstruire nos vies, nous avons vu de très près ce que le temps amène.</p>
<p> </p>
<p><strong>Note :</strong> Les « Second-lines » font partie des enterrements jazz et aussi des célébrations des sociétés de bienfaisance. La « first-line » est le cortège officiel (funéraire ou non) ; le nom « second-line » dénote la foule des célébrants informels qui font partie du spectacle de la culture de la rue à la Nouvelle-Orléans.</p>
<p> </p>
<p><strong>Texte revu par Anne Ulentin.</strong></p>

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		<title>L’Abécédaire DOM-TOM</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Jun 2009 20:58:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>bmosbey</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratiques Poétiques]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>

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<p><strong>&laquo;&nbsp;L&#8217;Abécédaire DOM-TOM/ DOM-TOM Primer&nbsp;&raquo; (bilingual French/English), <em>Illuminations: An International Magazine of Contemporary Writing</em>, July 2007, vol. 23, pp. 53 &#8211; 60.<br />
©2006, 2007 Brenda Marie Osbey. Tous droits réservés.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>les DOM</p>
<p>les TOM</p>
<p>le beau patrimoine</p>
<p> </p>
<p>les dom</p>
<p>yé les tom</p>
<p> </p>
<p>il y a une espèce de femme qui se présente comme un paradis</p>
<p>laquelle qu&#8217;on fait ce qu&#8217;on peut</p>
<p>laquelle qu&#8217;on fait ce qu&#8217;on veut</p>
<p>tant qu&#8217;on paie les comptes</p>
<p>ou bien signe les reçus.</p>
<p> </p>
<p>il y a une espèce de terre sur laquelle on marche</p>
<p>sans le moindre sens</p>
<p>d&#8217;être même dans ce monde-ci-bas.</p>
<p>elles produisent normalement</p>
<p>des bananes</p>
<p>des ananas</p>
<p>et des belles épices</p>
<p>toutes sortes d&#8217;alimentations</p>
<p>pimentées, douces,</p>
<p>exotiques</p>
<p>elles ont des noms comme -</p>
<p>bien, elles n&#8217;ont pas de nom donc il faut les nommer.</p>
<p>bon. une fois qu&#8217;elles seraient nommées</p>
<p>on les écrit sur les cartes du monde vaincu</p>
<p>du monde conquis</p>
<p>et parce qu&#8217;on est humain, quoi</p>
<p>on commence à les civiliser.</p>
<p>et parce qu&#8217;on s&#8217;intéresse à leur bien</p>
<p>il faut les humaniser.</p>
<p>et pour les bien humaniser</p>
<p>il faut les étudier, les anthropologiser.</p>
<p>et pour les bien étudier -</p>
<p>et par ce qu&#8217;on est très humain -</p>
<p>il faut les baiser.</p>
<p>oui. pour les bien humaniser</p>
<p>il faut une bonne séance de baise.</p>
<p>et tout le temps pendant qu&#8217;on les baise</p>
<p>on donne aussi des leçons de civilisation.</p>
<p>par ce qu&#8217;on est humain, quoi.</p>
<p>et c&#8217;est bon, quoi</p>
<p>oui c&#8217;est bon</p>
<p>c&#8217;est bon d&#8217;avoir ce sens</p>
<p>de baiser</p>
<p>tout</p>
<p>un</p>
<p>monde &#8211; oui -</p>
<p>tout un peuple</p>
<p>d&#8217;avoir le sens</p>
<p>de ne jamais en avoir</p>
<p>assez !</p>
<p>mais il faut en finir</p>
<p>faut conquérir, vaincre, maîtriser</p>
<p>conquérir, vaincre, maîtriser</p>
<p>sinon</p>
<p>sinon alors</p>
<p>il faudra signer les putains reçus.</p>
<p>il le faudra</p>
<p>parce qu&#8217;on est très humain enfin.</p>
<p>mais un de ces jours</p>
<p>quelqu&#8217;une va venir présenter les reconnaissances de dette.</p>
<p>et c&#8217;est comme ça qu&#8217;on fait les DOM</p>
<p>les TOM</p>
<p>parce que c&#8217;était si bon</p>
<p> </p>
<p>cette presque-ancienne séance de baise</p>
<p>de patri-</p>
<p>moine</p>
<p>les DOM</p>
<p>les TOM</p>
<p>ya-bòn</p>
<p> </p>
<p>ya-bòn</p>
<p>comme ça</p>
<p>et ça</p>
<p>tel qu&#8217;on n&#8217;en finira jamais.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>O &#8211; les DOM</p>
<p>les TOM</p>
<p>comme ça</p>
<p>ya-bòn</p>
<p>ainsi</p>
<p>le patrimoine</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>2.</p>
<p>et si un de ces jours</p>
<p>si un de ces jours l&#8217;on finit avec tout ce dom-tom-erie ?</p>
<p>si l&#8217;on décide de sacrifier le goût de banane et d&#8217;ananas ?</p>
<p>mais à quoi faire ?</p>
<p>toutes les meilleures colonies ont été déjà reprisées.</p>
<p>on ne peut que consommer</p>
<p>les fruits de son travail.</p>
<p>ce n&#8217;est pas exactement facile civiliser le monde entier comme ça.</p>
<p>ou presque entier.</p>
<p>bretagne -</p>
<p>même qu&#8217;elle n&#8217;est plus la grande -</p>
<p>elle aussi jouait sa pièce.</p>
<p>oui.</p>
<p>car, jadis, le monde était beaucoup plus grand qu&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p>aujourd&#8217;hui il ne reste rien.</p>
<p>c&#8217;est tout fini.</p>
<p>tout abîmé ce monde d&#8217;aujourd&#8217;hui -</p>
<p>que des pays insignifiants qui ne savent que faire la moue.</p>
<p>et ils sont tous finis, tous.</p>
<p>et nous</p>
<p>nous mangeons quelques petites bananes pitoyables</p>
<p>en rêvant des temps perdus.</p>
<p>et il faut les manger</p>
<p>les engloutir entières</p>
<p>faut les avaler d&#8217;un seul coup si c&#8217;est nécessaire.</p>
<p>il le faut absolument.</p>
<p>et si c&#8217;était à moi de décider,</p>
<p>je ferais passer des lois</p>
<p>pour que les français</p>
<p>mangent des bananes</p>
<p>tous</p>
<p>les putains</p>
<p>jours.</p>
<p>comme</p>
<p>ça.</p>
<p> </p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Note</strong> : DOM-TOM est l&#8217;acronyme pour les Départements d&#8217;Outre-Mer et les Territoires d&#8217;Outre-Mer de France : Guadeloupe, Martinique, Guyane, St. Pierre et Miquelon, Mayotte, Réunion, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, Polynésie française.</p>

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