<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>MondesFrancophones.com &#187; Alexandre Leupin</title>
	<atom:link href="http://mondesfrancophones.com/author/alexandre-leupin/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://mondesfrancophones.com</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Mon, 21 May 2012 12:07:58 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2.1</generator>
		<item>
		<title>&#171;&#160;L&#8217;arbre du voyageur commence à me parler&#160;&#187;, hommage de Patrick Chamoiseau à Édouard Glissant</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/larbre-du-voyageur-commence-a-me-parler-hbommage-de-patrick-chamoiseau-a-edouard-glissant/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/larbre-du-voyageur-commence-a-me-parler-hbommage-de-patrick-chamoiseau-a-edouard-glissant/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Feb 2011 02:08:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Édouard Glissant]]></category>
		<category><![CDATA[Caraïbes]]></category>
		<category><![CDATA[Créolisations]]></category>
		<category><![CDATA[Hommages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=3901</guid>
		<description><![CDATA[Cher Maître, la Lézarde du pays réel a traversé la contrée des rocailles, notre vieille vallée des larmes, notre allée des soupirs, elle a connu sans rémission le delta des ravages, l&#8217;océan des douleurs, puis de l&#8217;autre connaissance du pays des sans chapeau… Mais la lézarde du pays rêvé n&#8217;a jamais quitté les mornes, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fcreolisations%252Flarbre-du-voyageur-commence-a-me-parler-hbommage-de-patrick-chamoiseau-a-edouard-glissant%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22%5C%22L%27arbre%20du%20voyageur%20commence%20%C3%A0%20me%20parler%5C%22%2C%20hommage%20de%20Patrick%20Chamoiseau%20%C3%A0%20%C3%89douard%20Glissant%20%23%22%20%7D);"></div>
<p>Cher Maître, la <a href="http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=9944">Lézarde </a>du pays réel a traversé la contrée des rocailles, notre vieille vallée des larmes, notre allée des soupirs, elle a connu sans rémission le delta des ravages, l&#8217;océan des douleurs, puis de <em>l&#8217;autre </em>connaissance du pays des sans chapeau…</p>
<p>Mais la lézarde du pays rêvé n&#8217;a jamais quitté les mornes, elle n&#8217;a jamais cessé d&#8217;arpenter les hauteurs où l&#8217;ombre et la lumière sont d&#8217;une même intention, <em>et jamais déserté la vigilance des cimes </em>- c&#8217;est par cette exigence qu&#8217;il lui a été donné d&#8217;irriguer le pays, en fondocs et racines, de fréquenter le long secret des acacias, l&#8217;éternité des très vieux acomats, les soifs de la rocaille du côté des Salines, <em>et cette angoisse qui sert d&#8217;humus aux bois sans chaînes des nègres marrons.</em> Et c&#8217;est au vif de cette topographie devenue éminente, ces cannes à sucre et ces vieilles cases, la ruine des grandes usines, squelettes de Bitation, qu&#8217;elle a tramé une claire vision du monde, qu&#8217;elle a ramené le monde à l&#8217;alchimie du lieu, qu&#8217;elle a versé le monde aux circulations souterraines de l&#8217;igname et des bleutés de la dachine, si bien que pas une seule poussière de ce petit pays, pas une maille de ses misères ou de ses tragédies, n&#8217;a pu nourrir le moindre enfermement, un quelconque renoncement, toujours l&#8217;espérance la plus haute, toujours le soleil même fragile de la plus haute conscience, et c&#8217;est parce que son eau était de poésie, ses doums et ses bassins, de poésie toute pure, qu&#8217;elle a su faire<em> vision</em>, dégager des futurs, <em>confier aux pupilles en alerte le scintillement des avenirs.</em></p>
<p>La lézarde a aussi enfanté des poètes &#8211; t&#8217;a distingué poète - ; de Sainte Marie à Lamentin, des Salines au Diamant, elle a laissé des souvenirs et toutes ces traces dont la fragilité forge la résistance, <em>et dont la brièveté éternise la durée,</em> je vois, je vois l&#8217;émotion dans les hauteurs de Bezaudin là où la case originelle a disparu, je vois cet amour du Lamentin au cœur des flèches violettes, dans les panaches maintenant invisibles des longues cheminées, je vois cette écoute attentive des usines (jadis féroces) avalées par la rouille, je vois aussi la plage ardente qu&#8217;il fallait chaque matin déchiffrer, et la confession du sable noir qui filtrait des volcans oubliés pour renverser la blancheur des coraux, je vois les bains avec la chaussure bleue, et le punch à préserver des mouches, le carême qui asphyxie le vieux ventilateur, le poisson rouge à écailler pour le bon court-bouillon, et j&#8217;entends encore cette célébration renouvelée du tinen et du djol polius, cette justice toujours rendue aux bonda-man-jacques jaunes, et les colères, les mauvaises foi, et l&#8217;amitié, et les indignations, et encore les colères, et toujours l&#8217;amitié, et surtout cette tendresse exigeante, flagellante et toute pleine d&#8217;oxygène, qui forçait le gibier à conserver le cap, sans une flatterie ni un seul compliment, avec juste la manière du commandeur sublime.</p>
<p>Maintenant, cher Maître, j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;un acoma de cent mille ans s&#8217;est effondré, qu&#8217;à Sainte-Marie, qu&#8217;au Lamentin, et qu&#8217;ici au Diamant, et même dans chaque parcelle de cette fixe tragédie qu&#8217;est le pays réel, un pan de paysage s&#8217;est laissé envahir par cette brume des déroutes que craignent les pêcheurs, et qu&#8217;il y a une solitude irrémédiable qui accable le guerrier -, mais je sais aussi que <em>wè mizè pa mô,</em> que les vérités meurent mais que le vivant reste, et donc que l&#8217;acoma n&#8217;a jamais été aussi puissant, sa grande livrée frémit déjà sous l&#8217;alizé de ces futurs qui nous sont pour l&#8217;instant impensables, que les obscurités des paysages énigmatiques vont désormais non pas se dissiper, non pas se dire ou même se dévoiler, mais au contraire s&#8217;offrir à ces éblouissements très lents qui changent l&#8217;imaginaire, et qui constitueront à coup sur <em>l&#8217;âme tutélaire de notre pays rêvé. </em>Tant de richesses nous ont été données. Tant d&#8217;humanité, de puissance poétique, d&#8217;océans visionnaires, que nous n&#8217;avons en vérité perdu que l&#8217;aptitude à en jauger l&#8217;ampleur, et que nous sommes plus que jamais appelés à connaissance, à devenirs inarrêtables, entre sources et deltas, de cette mer qui diffracte l&#8217;atavique aux cheminements tremblants et composites qu&#8217;offrent les archipels. C&#8217;est la grâce des poètes que de ne pas mourir. Leur poésie fascine tous les espaces et conditionne le temps, elle leur offre le lit de ces feuilles qui guérissent dont ils ont su le rêve, et ces petits hôtels où l&#8217;amour se retire, et ces villes invisibles où l&#8217;errance fait soleil, et tout un monde tissé comme une région nouvelle, <em>une région de jeunesse, à même l&#8217;inextricable du monde.</em> Et comme ils ont vécu de cette célébration, que leur âme (ce très pur souffle du rêve) était de poésie, qu&#8217;à chaque répit de la souffrance filtrait la poésie, leur vie même s&#8217;est transmutée <em>mythologie de poésie</em> &#8211; depuis le voyage initial par les descentes de Bezaudin, jusqu&#8217;aux guerres anticolonialistes, l&#8217;avion pourri de Ben Bella, le couscous délavé par la sueur, ces belles aux shorts serrés qui à Cuba portaient la mitraillette, et puis Racine qui donnait la leçon et l&#8217;injure <em>Ce n&#8217;est pas les Troyens mais c&#8217;est Hector que l&#8217;on poursuit</em>, tous ces récits et tous ces rires, <em>et cette vigilance qui savait s&#8217;indigner contre le retour incessant des ombres et des vieilles barbaries.</em> Poésie encore, poésie toujours, poésie jusqu&#8217;au bout, qui fait que la jeunesse du poète n&#8217;est affectée d&#8217;aucune douleur ni altérée d&#8217;une disparition. Son corps seul, son corps seul, comme un rempart, <em>un bouclier qui pleure et qui chante en même temps, et qui fait stèle en demeurant</em>. Il nous reste à lire les poèmes, tous les poèmes dont nous lestons nos chairs, les lire dans toutes les langues, dans le concert des amitiés et des langages, avec la complicité des musiciens et des conteurs, <em>et la solennité malicieuse des flambeaux.</em> Nous voilà en grande peine au tiret des tristesses, sur la stase d&#8217;une virgule insondable des douleurs, pourtant voici quand même venu le temps de la joie poétique, de cette foudre qui ne frappe qu&#8217;en amour et beauté, qui nous change dans l&#8217;échange, <em>et qui relie, et qui relaye, et qui relate infiniment.</em></p>
<p>Cher Maître, j&#8217;aimerais pouvoir chanter, et me trouver une allégresse, et rire encore de la vallée des larmes, et ramener le comique de l&#8217;allée des soupirs, &#8211; mais il est quand même difficile d&#8217;envisager que plus personne ne te verra filer un pas de biguine à la manière ancienne, ou marier le citron et le sucre dans les cinquante degrés de la fraternité, -<em> là se trouve la grande peine, là se tient la déveine la plus folle, celle qui n&#8217;a pas de paupières et qui nous fixe maintenant,- </em>nous n&#8217;avons que la ressource d&#8217;en faire une beauté,<br />
et dès lors j&#8217;imagine la Lézarde…</p>
<p>… J&#8217;imagine la lézarde…</p>
<p>… elle dévale sans quitter les hauteurs, je vois ses eaux refléter les magnolias de Faulkner, la rose de porcelaine qui jamais ne se brise, le sourire de Paul Niger au-dessus de l&#8217;avion, je vois Priska, Tikilik, Apocal, l&#8217;impatience coléreuse de Fanon, l&#8217;Annonciation considérable que signifie Césaire, ces Indes inattendues qui surprirent Saint John Perse, et le jasmin de Nedjma parmi les acacias, et le coucher de soleil sur la femme du Diamant, je vois Carthage et Carthagène, Wilfredo Lam dans sa jungle verticale, et Matta, Cardenas et Ségui, et ce bon Segalen qui déchiffre l&#8217;errance, je vois même Mycéa dont aucun mot n&#8217;a su nous rendre compte, et si le vent souffle, et que l&#8217;arbre du voyageur commence à me parler, cet arbre que tu as ressuscité lors du dernier cyclone, s&#8217;il te nomme (on me l&#8217;a dit) <em>&laquo;&nbsp;âme vivante du monde</em><em>&laquo;&nbsp;,</em> et que tout un peuple de fromagers en assume l&#8217;écho, je leur dirai qu&#8217;il est probable que tu refuses ce signe, ou cet insigne, mais que moi pour ma part, j&#8217;ai donné révérence depuis le chant du pipiri, et que depuis je n&#8217;ai jamais cessé, que la révérence a été affectueuse, et que maintenant comme pour les vents qui viennent l&#8217;affection, toute l&#8217;affection, restera révérente.</p>
<p><span class="signature">Patrick Chamoiseau</span></p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/larbre-du-voyageur-commence-a-me-parler-hbommage-de-patrick-chamoiseau-a-edouard-glissant/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Édouard Glissant, le plus grand des penseurs francophones</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/edouard-glissant-le-plus-grand-des-penseurs-francophones/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/edouard-glissant-le-plus-grand-des-penseurs-francophones/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 15:48:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Caraïbes]]></category>
		<category><![CDATA[Créolisations]]></category>
		<category><![CDATA[Frances]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=3880</guid>
		<description><![CDATA[Le Diamant, Noël 1988: Édouard Glissant écrit la &#171;&#160;Poétique de la relation&#160;&#187; ©Alexandre Leupin Quelle était votre relation avec Edouard Glissant ? Avant tout, celle d’un ami, qui aimait sa drôlerie, sa profondeur, sa présence humaine, ses fulgurances. Pendant quatre ans, nous fûmes collègues à mon université (Louisiana State University).  Nous jouions au billard, et, pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Ffrances%252Fedouard-glissant-le-plus-grand-des-penseurs-francophones%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22%C3%89douard%20Glissant%2C%20le%20plus%20grand%20des%20penseurs%20francophones%20%23%22%20%7D);"></div>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: left;">
<dl id="attachment_3882" class="wp-caption aligncenter" style="width: 479px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a rel="attachment wp-att-3882" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/edouard-glissant-le-plus-grand-des-penseurs-francophones/attachment/glissant-1989-001/"><img class="size-large wp-image-3882 " title="Glissant 1989 001" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2011/02/Glissant-1989-001-1024x719.jpg" alt="" width="469" height="381" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Le Diamant, Noël 1988: Édouard Glissant écrit la &laquo;&nbsp;Poétique de la relation&nbsp;&raquo; ©Alexandre Leupin</dd>
</dl>
<p><strong>Quelle était votre relation avec Edouard Glissant ?</strong></p>
<p>Avant tout, celle d’un ami, qui aimait sa drôlerie, sa profondeur, sa présence humaine, ses fulgurances. Pendant quatre ans, nous fûmes collègues à mon université (Louisiana State University).  Nous jouions au billard, et, pour déconcerter mon jeu, il récitait des passages entiers de <em>La légende des siècles</em> tout en ajustant sa prochaine frappe – il m’a fait aimer et comprendre Victor Hugo. Je me rappelle ces années de contact comme d’une étendue lumineuse dans ma vie. À la Noël 1989, nous visitâmes la Martinique, qu’il déchiffra symboliquement à notre usage. Ce fut une révélation que j’aurais dû consigner par écrit. Je me rappelle aussi la patience et la gentillesse qu’il déploya pour conseiller  un auteur débutant, fort intimidé, lors d’un mémorable méchoui au Diamant.</p>
<p>Quand il nous quitta pour aller enseigner à New York, ce fut pour moi une grande perte, que sa mort récente irrémédiablement répète. Mais les défunts continuent à vivre intensément en nous, et non pas seulement par leur œuvre. En bref, je lui dois sans doute, outre les lectures attentives et suggestives de mes manuscrits d’alors, outre l’idée séminale de ma revue <a href="http://www.mondesfrancophones.com/">www.mondesfrancophones.com</a>, une dette fondamentale : l’ouverture de mon monde de critique textuelle, littéraire et universitaire sur la respiration de l’univers et du réel.</p>
<p>Dialoguer avec Édouard Glissant, c’est un privilège qui comble.</p>
<p><strong> </strong><strong></strong></p>
<p><strong>De votre point de vue, quelle est l’influence et quelle est la place d’Edouard Glissant sur/dans la littérature francophone ? Et plus généralement mondiale ?</strong></p>
<p>Édouard Glissant est sans conteste l’écrivain le plus important et le plus talentueux de la francophonie. Mais c’est le réduire que de le classifier ainsi, son œuvre et sa vision dépassent les cadres dans lesquels on veut l’enfermer. Ses nombreux disciples, la réception critique qu’a reçue son œuvre témoignent de la dimension globale de son influence. Il s’agit là d’un phénomène rare (parmi les écrivains français du XXe siècle, seul Sartre peut prétendre à une telle dimension). La chose remarquable est qu’Édouard Glissant a d’avance calculé cet événement, en appelant au frottement de toutes les cultures entre elles par l’entremise du Tout-monde et de la créolisation. Ces notions débordent largement du cadre francophone. Pour prendre un exemple, on peut les reprendre et les mettre en jeu dans l’Europe médiévale, qui voit la naissance postcoloniale des nations sur le fond des débris de l’empire romain, et surtout l’émergence des langues littéraires européennes, analogue à la naissance du créole.</p>
<p>Avec des exceptions, je pense par exemple à Philippe Sollers, le roman français contemporain sent un peu, aujourd’hui, le renfermé intimiste.  D’un coup de plume, Glissant balaie toutes ces petites angoisses pour exposer les particularités au parfum du monde (il était temps !).</p>
<p>Son coup de génie fut de prendre acte de la mondialisation et de l’arracher à son statut uniquement économique. Il est souhaitable, indispensable, que les pauvres s’enrichissent par le biais de la mondialisation. Mais il ne faut pas s’arrêter là : sans une poétique, la mondialisation reste spirituellement indigente et inachevée. Glissant fut le seul à percevoir cette nécessité et à la mettre en œuvre en poésie. Dans la littérature française, il a certes un grand prédécesseur, Montaigne, ce « mestis, le cul entre deux chaises ». Mais Glissant témoigne de l’intensité imparablement plus forte, plus profonde et plus rapide du métissage des cultures aujourd’hui, résultante de la communication électronique qui fait que toutes et toutes parlent potentiellement à tous et toutes.</p>
<p><strong> </strong><strong></strong></p>
<p><strong>Qu’est-ce qui faisait la spécificité d’Edouard Glissant ?</strong></p>
<p>Un grand écrivain est toujours une exception, une singularité.  Il échappe aux déterminations de tout ordre pour développer une fulgurance jusqu’alors inouïe. Dans le cas d’Édouard Glissant, il rejette radicalement par sa pratique d’écriture et de pensée la victimologie, le ressentiment et le discours identitaire qui sont le pain rassis de la francophonie contemporaine. Ouvrez par exemple <em>Le discours antillais </em>: vous n’y trouverez rien de ce rabâchage lassant, mais une critique acérée et réelle de la condition concrète de la Martinique, qui dépasse les trivialités du postcolonialisme.</p>
<p>La grandeur d’Édouard est d’avoir saisi que la relation doit <em>se dire</em>, c’est-à-dire <em>se créer</em>, dans une poétique ; il répète par là, en lui donnant une dimension planétaire, le geste épique de la <em>Chanson de Roland</em>, qui fait naître la France par la puissance subtile de son verbe poétique. À la suite de la publication de la <em>Poétique de la relation</em>, Gilles Deleuze avait dit que nul n’avait tenté une telle entreprise : il faut lui donner raison. Un penseur mondial, voilà un événement exceptionnel.</p>
<p><strong> </strong><strong></strong></p>
<p><strong>Que ressent-on à lire Edouard Glissant ?</strong></p>
<p>Un choc, né d’un dialogue avec une voix unique, avec une vision qui se plie à tous les genres, théâtre, poésie roman, essai, télévision et radio.</p>
<p><strong> </strong><strong></strong></p>
<p><strong>Quelle œuvre conseillez-vous à la lecture pour un non-initié ?</strong></p>
<p>Je dirais <em>Le quatrième siècle</em>, <em>Mahogany</em>, le <em>Discours antillais</em>, la <em>Poétique de la relation</em>, les poèmes<strong>. </strong>J’arrête là, sinon je finirai par une bibliographie complète<strong>.</strong><strong></strong></p>
<p><strong> </strong><strong></strong></p>
<p><strong>Vous avez publié avec Edouard Glissant <a href="http://www.amazon.fr/entretiens-Baton-Rouge-%C3%89douard-Glissant/dp/2070120856/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1207852655&amp;sr=8-1">« Les entretiens de Baton Rouge »</a> (Gallimard, 2008). Que retenir de cette expérience ? </strong></p>
<p>Cette conversation fut pour moi un dépassement de soi.  La pensée d’Édouard Glissant, visant à faire dialoguer le monde entier avec lui-même, est d’une générosité sans limite. Elle est aussi respectueuse du singulier : c’est la mise en pratique de ce qu’il appelle l’opacité, la part obscure et silencieuse des êtres et des cultures qui ne saurait être réduite à un discours quel qu’il soit. Comment ne pas souscrire à un tel projet ?</p>
<p>Mais<em> Les Entretiens de Baton Rouge </em>furent aussi un dialogue véritable, loin des encensoirs qu’agitent les thuriféraires et les disciples.  À mon esprit de système, il opposait son relativisme radical qui est l’essence de ce qu’il baptise comme « relation » (très proche de Montaigne, encore une fois). Les <em>Entretiens</em> laissent à mon sens deux questions ouvertes, non résolues. En premier lieu, le dialogue entre cultures différentes, voire opposées, peut conduire aussi bien à l’affrontement qu’au bonheur, on peut le vérifier historiquement.</p>
<p>Ici entre en jeu ce que Freud appelait le « narcissisme des petites différences », source catastrophique, selon lui, de bien des conflits meurtriers de l’histoire. Un dialogue authentique n’est possible que si les deux parties reconnaissent une tierce instance médiatrice et transcendantale. On peut prendre l’exemple présent de l’affrontement entre les Lumières européennes et l’islamisme politique. Le dialogue y est à sens unique, la tolérance et le respect de l’autre ne vivant que d’un côté de l’échange : il y faudrait un tiers transcendant, mais où le trouver ?</p>
<p>Le second problème laissé pour compte est celui des universaux (vieille question qui remonte à Boèce, au VI siècle). Glissant assure que « l’universel n’a pas de langue » : en d’autres termes, que rien n’est parfaitement traduisible d’une langue à l’autre. Postulat partiellement vrai, puisque chaque langue réajuste le monde à sa vision particulière.  Mais Freud avait construit une structure qu’il pensait traduisible,  à tort ou à raison,  en toute langue, celle du complexe d’Œdipe. Cette proposition freudienne peut être mise en doute : on cherchera donc chez Claude Lévi-Strauss un universel traduit partout et toujours dans tous les cultures humaines, celui de la prohibition de l’inceste. Certains universaux sont donc transférables, quelle que soit la langue dans laquelle ils s’énoncent. La poétique de la relation, dans le futur, aura à se poser cette question de la traduction d’une culture à l’autre, car elle au cœur de sa problématique.</p>
<p>On voit que pour moi, comme pour beaucoup de ses lecteurs, Édouard Glissant n’est nullement décédé : la conversation que j’ai commencée avec lui se poursuivra longtemps, outre sa tombe.</p>
<p>Pour conclure, je lui laisse la parole. Nul autre ne saurait si bien exprimer ce que fut l’atmosphère magique de ces heures passées à deviser ; le dire poétique, ici, crée et recrée avec exactitude l’antan, qui reste ainsi, à jamais, <em>vivant</em>:</p>
<p><em>(Un silence moyenâgeux, ressenti à ce moment et pour la première fois par les interlocuteurs, recouvre Baton Rouge. La question posée n’y est pour rien. Les feuillages immenses d’un chêne de Louisiane, comme d’un arbre à palabres mis à plat. L’air ténu soulève une mélancolie qui est d’abord rêveuse. Le soleil reflue dans ses ombres. Faut-il noter cela ? Continuer, sans se laisser distraire ? Et d’ailleurs, qui note ?&#8230;). Les entretiens de Baton Rouge, </em>p. 148.</p>
<p>Février 2011.</p>
<p>Propos recueillis par Pierre-François Besson pour <a href="http://www.swissinfo.ch/fre/Dossiers/LArchipel_francophone/Carrefour_des_cultures/Edouard_Glissant:_Plus_grand_ecrivain_francophone_.html?cid=29456870">swissinfo.org</a></p>
<p>Février 2011.</p>
<p><em> </em></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong> </strong></p>
<p> </p>
</div>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/frances/edouard-glissant-le-plus-grand-des-penseurs-francophones/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Isle dernière: rock cadien</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/isle-derniere-rock-cadien/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/isle-derniere-rock-cadien/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 12:46:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Louisianes]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=3725</guid>
		<description><![CDATA[Isle Dernière &#8211; Enterre-mon pas from Isle Dernière on Vimeo. Rocky McKeon dirige le groupe Isle dernière. Il est lauréat du prix de la création Mondes francophones.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Flouisianes%252Fisle-derniere-rock-cadien%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Isle%20derni%C3%A8re%3A%20rock%20cadien%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><object width="400" height="300"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="movie" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=14626621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" /><embed src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=14626621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=1&amp;color=&amp;fullscreen=1&amp;autoplay=0&amp;loop=0" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" width="400" height="300"></embed></object>
<p><a href="http://vimeo.com/14626621">Isle Dernière &#8211; Enterre-mon pas</a> from <a href="http://vimeo.com/user2245011">Isle Dernière</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/mon-nom-cest-rocky/">Rocky McKeon </a>dirige le groupe <a href="Isle dernière">Isle dernière</a>. Il est <a href="http://mondesfrancophones.com/blog/remise-des-prix-mf-de-creation-et-dessai-a-rocky-mckeon-et-timothy-lachin-le-25-avril-2009/">lauréat</a> du prix de la création Mondes francophones. </p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/isle-derniere-rock-cadien/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jean-Michel Olivier, prix Interallié pour &#171;&#160;L&#8217;amour nègre&#160;&#187;</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/suisses/jean-michel-olivier-prix-interallie-pour-lamour-negre/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/suisses/jean-michel-olivier-prix-interallie-pour-lamour-negre/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 12:41:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Annonces]]></category>
		<category><![CDATA[En librairie]]></category>
		<category><![CDATA[Suisses]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=3713</guid>
		<description><![CDATA[Adam et la mondialisation Adam se meut dans un univers de pacotille, de couleurs excessives, de néon, de toc et de frime où, visiblement, tout le monde se cherche une identité Distingué la semaine dernière par les jurés du prix Interallié, L’Amour nègre, de l’écrivain-journaliste suisse Jean-Michel Olivier, est une pochade tournant au tragique. En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fsuisses%252Fjean-michel-olivier-prix-interallie-pour-lamour-negre%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Jean-Michel%20Olivier%2C%20prix%20Interalli%C3%A9%20pour%20%5C%22L%27amour%20n%C3%A8gre%5C%22%20%23%22%20%7D);"></div>
<p><a rel="attachment wp-att-3714" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/suisses/jean-michel-olivier-prix-interallie-pour-lamour-negre/attachment/olivier-une-jpg_92119/"><img class="aligncenter size-full wp-image-3714" title="olivier-une-jpg_92119" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/11/olivier-une-jpg_92119.jpg" alt="" width="566" height="223" /></a><br />
Adam et la mondialisation</p>
<p>Adam se meut dans un univers de pacotille, de couleurs excessives, de néon, de toc et de frime où, visiblement, tout le monde se cherche une identité</p>
<p>Distingué la semaine dernière par les jurés du prix Interallié, <em>L’Amour nègre</em>, de l’écrivain-journaliste suisse Jean-Michel Olivier, est une pochade tournant au tragique. En passant par la case poétique. On s’y plonge d’abord avec amusement, délassement, tant ce roman semble de prime abord éloigné de l’esprit de sérieux qui rend si prétentieuse une bonne partie de la production contemporaine. Tout, dans cet univers déroutant, paraît tellement excessif, caricatural, genre BD, que l’on s’amuse sans arrière-pensée.</p>
<p>Un Africain qui donne son fils à des acteurs américains bourrés de bons sentiments en échange d’un écran plasma pour télévision, c’est un troc inimaginable. A-t-il seulement le courant sous sa case? Le couple glorieux, dont la vie s’étale sur les pages des journaux «people» du monde entier, va débaptiser l’enfant et l’appeler du beau prénom d’Adam. Adam…</p>
<p>On se doute alors que l’on va, peu à peu, cesser de rire. Que la vie richissime et oisive, qui se déroule dans une hacienda de la région de Los Angeles, monde artificiel de fêtes absurdes et luxueuses où tout le monde s’ennuie et se toise, va déboucher sur des aspects moins riants que le beau sourire d’Adam, à la peau noire et aux dents blanches. Le monde commence dans un sourire édénique et va mal tourner.</p>
<p>Le «père numéro 1», oublié dans sa lointaine Afrique, aura peut-être, dans son village de brousse, des nouvelles de son fils sur son écran plasma (si la télé marche…). Nul ne le saura jamais. Adam, né en Afrique, n’y retournera jamais. Le «père numéro 2», vedette de l’écran, et sa femme Dolores, tenaillée par le désir d’adopter tous les enfants de la terre, forment un couple apparemment idéal, en vérité déchiré, explosif. Et qui explosera.</p>
<p>Le jeune Adam sera ensuite confié à un «père numéro 3», star mondiale encore supérieure en célébrité au père deuxième du nom. Et le jeune Adam sera voué à passer quelque temps dans un de ces paradis superlatifs que constituent, si l’on en croit les magazines sur papier glacé, les «îles privées» de l’Océanie que peuvent s’offrir quelques vedettes de cinéma légèrement misanthropes.</p>
<p>Passons sur les détails. Tout cela ira de mal en pis. Cocotiers, plages (et filles…) de rêve, gourous fumeux, soleil éternel, il faudra tout quitter. Fuir, car la mort est venue, on ne sait même pas comment. Pour se retrouver en Asie dans un autre lieu de rêve (là où le tsunami de 2004 fit les ravages que l’on sait) dans une sorte de paradis artificiel où les filles sont jeunes (très jeunes…), les hommes blancs bedonnants et nettement plus âgés que leurs proies, les trafics de toutes sortes nombreux, les rencontres de cabarets ambiguës, etc.</p>
<p>Et toujours cette musique lancinante, ces airs moulinés sur la planète entière par les Anglo-Saxons de plusieurs générations. L’auteur ne néglige pas de donner la liste des titres de ces «tubes» qui n’eurent qu’un temps mais ont laissé dans l’oreille de l’humanité entière des souvenirs et des regrets.</p>
<p>Le jeune Adam n’a en tête que de retrouver la sœur de misère de son péché originel, une Eurasienne baptisée Ming. Il finira par se retrouver en Europe, en Suisse précisément. Du côté de la face cachée de la lisse ville de Genève. Côté trafics en tous genres, côté dealers, courses-poursuites avec les policiers, sexualité commerciale, assistanat d’un marchand de rêves qui soulage les misères des femmes de ces messieurs de la banque.</p>
<p>Adam, ainsi, on l’aura compris, se sera cherché partout sur la terre une identité : Afrique, Amérique, Océanie, Asie, Europe. Et il ne l’aura retrouvée nulle part à moins que le livre n’ait été amputé de cette fin heureuse que semble annoncer, dans les dernières lignes, une rencontre avec une certaine Eva…</p>
<p>Ce récit haletant, écrit d’une manière rapide, au style bref et efficace, coupe le souffle. Il y a une sorte de montée tragique que semblent annoncer les épisodes de sexualité sans tendresse, de plus en plus fréquents, de plus en plus précis, de plus en plus lassants, aussi. Adam se sera cherché dans les villas luxueuses d’Hollywood, sur les plages magnifiques de l’Océanie, dans les bouges de l’Asie louche, au plus près des lacs de la paisible Suisse.</p>
<p>Partout il aura rencontré les mêmes illusions, les mêmes marques des produits de luxe (vêtement, montres, chaussures), les mêmes variantes de l’alcool et des drogues. Nulle part il n’aura rencontré de vraie tendresse, ou du moins une tendresse durable. Adam, déraciné du jardin d’Eden qu’était son petit village d’Afrique, n’en exprime même pas de nostalgie. Il se meut dans un univers de pacotille, de couleurs excessives, de néon, de toc et de frime où, visiblement, tout le monde se cherche une identité.</p>
<p>Le monde fracassé dans lequel il tourne est celui de la mondialisation qui tresse autour de nous un filet d’artifices, d’étrangeté, de faux-semblants. La quête de soi y est rendue plus dure par une universalité de façade. Peut-on se passer de cette lecture? Oui, mais, dès lors qu’on y est entré, on file jusqu’au bout. Partageant avec Adam l’inquiétude du paradis perdu.</p>
<p>BRUNO FRAPPAT</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/suisses/jean-michel-olivier-prix-interallie-pour-lamour-negre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Renée Balibar, Eulalie et Ludwig (in memoriam)</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/moyens-ages/renee-balibar-eulalie-et-ludwig-poien-e-m-e-2004-in-memoriam/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/moyens-ages/renee-balibar-eulalie-et-ludwig-poien-e-m-e-2004-in-memoriam/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Jul 2010 15:53:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[En librairie]]></category>
		<category><![CDATA[Moyens-Ages]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=3421</guid>
		<description><![CDATA[J&#8217;ai rencontré Renée Balibar pour la première fois en octobre 1990; je l&#8217;avais invitée au colloque &#171;&#160;La chose médiévale&#160;&#187;, tenu à Louisiana State University, à la suite de la lecture de L&#8217;institution du français, livre dont l&#8217;intelligence et la liberté m&#8217;avait frappé. Nous nous revîmes ensuite en 1994 dans sa belle demeure de Tréguier, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fmoyens-ages%252Frenee-balibar-eulalie-et-ludwig-poien-e-m-e-2004-in-memoriam%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Ren%C3%A9e%20Balibar%2C%20Eulalie%20et%20Ludwig%20%28in%20memoriam%29%20%23%22%20%7D);"></div>
<div id="attachment_3431" class="wp-caption alignleft" style="width: 167px"><a rel="attachment wp-att-3431" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/moyens-ages/renee-balibar-eulalie-et-ludwig-poien-e-m-e-2004-in-memoriam/attachment/balibar/"><img class="size-full wp-image-3431" title="Balibar" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/07/Balibar.jpg" alt="" width="157" height="222" /></a><p class="wp-caption-text">Colloque à LSU</p></div>
<p>J&#8217;ai rencontré Renée Balibar pour la première fois en octobre 1990; je l&#8217;avais invitée au colloque &laquo;&nbsp;La chose médiévale&nbsp;&raquo;, tenu à Louisiana State University, à la suite de la lecture de<em> L&#8217;institution du français</em>, livre dont l&#8217;intelligence et la liberté m&#8217;avait frappé. Nous nous revîmes ensuite en 1994 dans sa belle demeure de Tréguier, et nous conversâmes longuement à propos de sainte Eulalie et du roi Ludwig II, petit-fils de Charles le Chauve.</p>
<p>La pensée passionée de Renée Balibar est, dans le paysage intellectuel français et parmi les médiévistes, unique. Son originalité éclate dans plusieurs domaines; tout d&#8217;abord, sur le plan de la méthode: Renée Balibar a vu que lorsqu&#8217;il s&#8217;agit des premiers monuments du français (<em>Serments de Strasbourg</em>, en 842, <em>Cantilène de Sainte Eulalie</em> en 881), il était impossible de les interpréter hors contexte, c&#8217;est-à-dire sans faire appel aux traditions culturelles postcoloniales (et prénationales) qui émergent à la suite de la chute de l&#8217;Empire romain. Dans les manuscrits, ces monuments sont en effet juxtaposés à des textes en grec, latin et germanique, constituant un ensemble qui relève de la notion que Renée Balibar a inventée, le colinguisme. Balibar dépasse donc le contexte étroit des traditions universitaires nationalistes. Plus encore, au-delà de la linguistique historique, son exégèse fait appel à d&#8217;autres disciplines, en particulier l&#8217;histoire, la théologie et la patristique.</p>
<p>Sa vision est elle aussi singulière; elle est enracinée tout d&#8217;abord, et fondamentalement, dans le moment de la Pentecôte, qui abolit la notion de langue sacrée, dont la connaissance est réservée à une caste religieuse et érudite. À partir de la Pentecôte, toute langue est susceptible de révélation et de vérité. Ensuite, Renée Balibar souligne sans cesse le caractère divin de l&#8217;écriture, &laquo;&nbsp;don de Dieu&nbsp;&raquo; depuis les Tables de la Loi. Là encore, la Pentecôte présuppose que ce don doive être partagé avec tous, sans distinction de sexe, de nation ou de classe. L&#8217;histoire est donc, pour Renée Balibar, téléologique: la Pentecôte aboutit lentement mais nécessairement à l&#8217;école de Jules Ferry, qui démocratisera un français national, tous en partage. Et pourquoi pas? On peut certes avoir quelque doute sur la finalité positive  de l&#8217;histoire, surtout quand elle est laissée aux mains d&#8217;une Éducation nationale qui la dilapide par pusillanimité. Ce qui est hors de doute, cependant, c&#8217;est la puissance explicative de la vision prônée par Renée Balibar: cette conception téléologique est celle-là même de l&#8217;homme médiéval, elle rend donc cohérent le labeur immense que le Moyen-âge a accompli sur les langues.</p>
<p>La fille de Renée Balibar, Antoinette Balibar-Mrabti, a eu l&#8217;heureuse idée de réunir les études posthumes de mon amie, décédée en 1998. Que sa mémoire accepte ce modeste hommage.</p>
<p>Renée Balibar, <em>Eulalie et Ludwig</em>, POIEN, E.M.E, 2004</p>
<p><a rel="attachment wp-att-3428" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/moyens-ages/renee-balibar-eulalie-et-ludwig-poien-e-m-e-2004-in-memoriam/attachment/balibar1mf/"><img class="alignleft size-full wp-image-3428" title="Balibar1mf" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/07/Balibar1mf.jpg" alt="" width="560" height="825" /></a></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3429" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/moyens-ages/renee-balibar-eulalie-et-ludwig-poien-e-m-e-2004-in-memoriam/attachment/balibar2mf/"><img class="alignleft size-full wp-image-3429" title="balibar2mf" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/07/balibar2mf.jpg" alt="" width="560" height="816" /></a></p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/moyens-ages/renee-balibar-eulalie-et-ludwig-poien-e-m-e-2004-in-memoriam/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A partir de Lacan : Analyse topologique du signe linguistique et Formalisation mathématique des coupures épistémologiques</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 08 May 2010 21:18:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychés]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=3356</guid>
		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fpsyches%252Fa-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22A%20partir%20de%20Lacan%20%3A%20Analyse%20topologique%20du%20signe%20linguistique%20et%20Formalisation%20math%C3%A9matique%20des%20coupures%20%C3%A9pist%C3%A9mologiques%20%23%22%20%7D);"></div>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3359" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/001-5/"></a><a rel="attachment wp-att-3360" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/002-2/"></a><a rel="attachment wp-att-3358" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/001-4/"></a><a rel="attachment wp-att-3372" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/13-2/"></a><a rel="attachment wp-att-3359" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/001-5/"><img class="size-large wp-image-3359 aligncenter" title="001" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/0012-988x1024.jpg" alt="" width="531" height="561" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3360" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/002-2/"><img title="002" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/002-753x1023.jpg" alt="" width="527" height="862" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3361" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/003-2/"><img class="alignnone size-large wp-image-3361" title="003" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/003-749x1024.jpg" alt="" width="525" height="816" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3362" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/004/"><img class="alignnone size-large wp-image-3362" title="004" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/004-771x1024.jpg" alt="" width="524" height="825" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3363" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/5-2/"><img class="alignnone size-large wp-image-3363" title="5" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/5-769x1023.jpg" alt="" width="537" height="867" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3365" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/6-3/"><img class="alignnone size-large wp-image-3365" title="6" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/61-744x1024.jpg" alt="" width="535" height="829" /></a></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3364" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/6-2/"></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3366" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/7-2/"><img class="alignnone size-large wp-image-3366" title="7" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/7-764x1023.jpg" alt="" width="539" height="833" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3367" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/8-2/"><img class="alignnone size-large wp-image-3367" title="8" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/8-762x1024.jpg" alt="" width="539" height="813" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3368" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/9-3/"><img class="alignnone size-large wp-image-3368" title="9" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/9-841x1024.jpg" alt="" width="538" height="766" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3369" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/10-3/"><img class="alignnone size-large wp-image-3369" title="10" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/10-744x1023.jpg" alt="" width="537" height="858" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3370" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/11-3/"><img class="alignnone size-large wp-image-3370" title="11" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/11-774x1024.jpg" alt="" width="535" height="794" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3371" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/12-2/"><img class="alignnone size-large wp-image-3371" title="12" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/12-739x1024.jpg" alt="" width="532" height="847" /></a> </p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3372" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/13-2/"><img title="13" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/13-735x1024.jpg" alt="" width="531" height="872" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-3373" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/14-2/"><img class="alignnone size-large wp-image-3373" title="14" src="http://mondesfrancophones.com/wp-content/uploads/2010/05/14-1024x846.jpg" alt="" width="536" height="484" /></a></p>
<p><a rel="attachment wp-att-3358" href="http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/attachment/001-4/"></a></p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/psyches/a-partir-de-lacan-analyse-topologique-du-signe-linguistique-et-formalisation-mathematique-des-coupures-epistemologiques/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LE PRIX MF D’ESSAI 2009 A ÉTÉ DÉCERNÉ !</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/blog/le-prix-mf-d%e2%80%99essai-2009-a-ete-decerne/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/blog/le-prix-mf-d%e2%80%99essai-2009-a-ete-decerne/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 20:04:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Blog]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=3204</guid>
		<description><![CDATA[Le prix MF d’essai récompense de jeunes auteurs qui ont publié un inédit dans MF au cours de l’année 2009. Le prix de l’essai va à Ylva Lindberg pour son article, intitulé Calixthe Beyala – écrit-elle pour les Scandinaves ? : Le jury estime que &#171;&#160;L&#8217;article de Mme Lindberg traite un thème original, appuyé d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fblog%252Fle-prix-mf-d%2525e2%252580%252599essai-2009-a-ete-decerne%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22LE%20PRIX%20MF%20D%E2%80%99ESSAI%202009%20A%20%C3%89T%C3%89%20D%C3%89CERN%C3%89%20%21%20%23%22%20%7D);"></div>
<p>Le prix MF d’essai récompense de jeunes auteurs qui ont publié un inédit dans MF au cours de l’année 2009.</p>
<h2>Le prix de l’essai va à Ylva Lindberg pour son article, intitulé <a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/calixthe-beyala-%e2%80%93-ecrit-elle-pour-les-scandinaves/">Calixthe Beyala – écrit-elle pour les Scandinaves ?</a> : Le jury estime que &laquo;&nbsp;L&#8217;article de Mme Lindberg traite un thème original, appuyé d&#8217;une solide documentation&nbsp;&raquo;.</h2>
<p>Le prix est rendu possible par une donation de M. <a href="http://www.mondesfrancophones.com/espaces/Langues/bios/dblanchard">Daniel Blanchard</a>.</p>
<h2>NB : Le prix de création n&#8217;a pas été attribué en 2009.</h2>
<p> </p>
<p>La date de clôture pour les prix de l’année 2010 est le 31 décembre 2010. Ils seront annoncés le 31 janvier 2011.</p>
<p>Alexandre Leupin<br />
Directeur<br />
<a href="mailto:leupin.mondesfr@gmail.com">leupin.mondesfr@gmail.com</a></p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/blog/le-prix-mf-d%e2%80%99essai-2009-a-ete-decerne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LES PRIX MF DE CRÉATION ET D’ESSAI 2008 ONT ÉTÉ DÉCERNÉS !</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/langues/les-prix-mf-de-creation-et-d%e2%80%99essai-2008-ont-ete-decernes/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/langues/les-prix-mf-de-creation-et-d%e2%80%99essai-2008-ont-ete-decernes/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2009 02:29:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langues]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=2248</guid>
		<description><![CDATA[  Les prix MF de création et d&#8217;essai récompensent de jeunes auteurs qui ont publié un inédit dans MF au cours de l&#8217;année 2008.   - Le prix de la création va à Rocky McKeon pour son poème L&#8217;argent a peur : le jury a estimé que « l&#8217;énergie et la vitalité dont fait preuve l&#8217;écriture [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Flangues%252Fles-prix-mf-de-creation-et-d%2525e2%252580%252599essai-2008-ont-ete-decernes%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22LES%20PRIX%20MF%20DE%20CR%C3%89ATION%20ET%20D%E2%80%99ESSAI%202008%20ONT%20%C3%89T%C3%89%20D%C3%89CERN%C3%89S%20%21%20%23%22%20%7D);"></div>
<p> </p>
<p>Les prix MF de création et d&#8217;essai récompensent de jeunes auteurs qui ont publié un inédit dans MF au cours de l&#8217;année 2008.</p>
<p> </p>
<p>- Le prix de la création va à Rocky McKeon pour son poème <a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/Langues/espaces/Louisianes/creations/l-argent-a-peur/?searchterm=peur"><strong>L&#8217;argent a peur</strong></a> : le jury a estimé que « l&#8217;énergie et la vitalité dont fait preuve l&#8217;écriture de McKeon est le signe d&#8217;une prometteuse vocation poétique. »</p>
<p>- Le prix de l&#8217;essai va à Timothy Lachin pour son analyse, extraite d&#8217;un livre à paraître, intitulé <strong><a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/Langues/espaces/Psyches/creations/the-dead-gods-of-new-orleans">New Orleans: A Guide for the Inauthentic</a></strong> : selon le jury, « Timothy Lachin produit un croisement singulièrement intéressant entre une discipline, la psychanalyse, une ville, la Nouvelle-Orléans, et une catastrophe, Katrina. » Ces extraits seront ultérieurement traduits en français et montés sur MF.</p>
<p> </p>
<p>Les prix sont rendus possibles par une donation de M. <a href="http://mondesfrancophones.com/espaces/Langues/espaces/Langues/bios/dblanchard">Daniel Blanchard</a>.</p>
<p> </p>
<p>La date de clôture pour les prix de l&#8217;année 2009 est le 31 décembre 2009. Ils seront annoncés le 31 janvier 2010.</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/langues/les-prix-mf-de-creation-et-d%e2%80%99essai-2008-ont-ete-decernes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;ancien français et le créole louisianais</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/lancien-francais-et-le-creole-louisianais/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/lancien-francais-et-le-creole-louisianais/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2008 07:07:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Louisianes]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=2109</guid>
		<description><![CDATA[  Alcée Fortier (1856-1914) est une personnalité importante de l&#8217;éducation en Louisiane. Descendant d&#8217;un Fortier mentionné comme colon et « armurier du roy » en 1740, sa famille fait partie de l&#8217;aristocratie française établie en Louisiane ; son grand-père, Edmond, joue aux côtés des américains un rôle important dans la bataille de la Nouvelle-Orléans (1815); son père Florent, riche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Flouisianes%252Flancien-francais-et-le-creole-louisianais%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22L%27ancien%20fran%C3%A7ais%20et%20le%20cr%C3%A9ole%20louisianais%20%23%22%20%7D);"></div>
<p> </p>
<p>Alcée Fortier (1856-1914) est une personnalité importante de l&#8217;éducation en Louisiane. Descendant d&#8217;un Fortier mentionné comme colon et « armurier du roy » en 1740, sa famille fait partie de l&#8217;aristocratie française établie en Louisiane ; son grand-père, Edmond, joue aux côtés des américains un rôle important dans la bataille de la Nouvelle-Orléans (1815); son père Florent, riche planteur esclavagiste de canne à sucre, perdit toute sa fortune en 1865, à la fin de la guerre civile. Alcée devra donc gagner sa vie : en 1880, il devient professeur de langues romanes à l&#8217;université de Louisiane, et est reconduit à ce poste quand cette institution devient Tulane University. En 1899, il est élu président de la plus importante association académique américaine, la <em>Modern Language Association</em>. Son activité d&#8217;universitaire et d&#8217;éducateur est inlassable ; ses intérêts couvrent aussi bien la littérature française (<em>Sept grands auteurs du XIXe siècle</em>, <em>Histoire de la littérature française</em>), l&#8217;histoire (<em>A History of Louisiana</em>, 1903) que le folklore et la langue créole (<em>Louisiana Folk Tales : in French Dialect and in English Translation</em>). De nombreux établissements scolaires à la Nouvelle Orléans sont nommés en son honneur.</p>
<p><a href="http://www.mondesfrancophones.com/espaces/Louisianes/articles/bios/dkress">Dana Kress</a> nous a alertés sur son éloge parallèle du créole et de l&#8217;ancien français, dans <em>Louisiana Studies. </em><em>Literature, Customs and Dialects, History and Education, </em>New Orleans, F. F. Hansell &amp; bro., 1894. Au delà des préjugés de son temps (racisme où les noirs sont considérés comme de grands enfants, ancien français tenu comme une langue enfant, voire infantile), Alcée Fortier a l&#8217;intuition essentielle de situations historiques comparables : tout comme l&#8217;ancien français naît sur les ruines de la colonisation impériale romaine, le créole surgit de la situation coloniale et postcoloniale de l&#8217;empire français. Il va même jusqu&#8217;à traduire une laisse de la <em>Chanson de Roland</em> en créole, pour montrer l&#8217;affinité des deux langues.</p>
<p>          Voici les considérations d&#8217;Alcée Fortier en anglais et en français, suivie de sa traduction de la <em>Chanson de Roland</em> en créole, et, pour les lecteurs de <a href="http://www.mondesfrancophones.com/espaces/Louisianes/articles/">Mondes francophones</a>, <a href="http://www.mondesfrancophones.com/espaces/Louisianes/articles/"></a>de celle de Joseph Bédier en français moderne.</p>
<p> </p>
<p>*********************</p>
<p><strong>Alcée Fortier, Louisiana Studies. Literature, Customs and Dialects, History and Education. New Orleans, F. F. Hansell &amp; bro., 1894, 307 p.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>II. The Creole Dialect, pp. 134-5 and 146.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>          &nbsp;&raquo;While speaking of the French language in Lou isiana, it is necessary to say a few words about that very peculiar dialect, if it may be called so, spoken by the negroes in lower Louisiana. It is quite interesting to note how the ignorant and simple Africans have formed an idiom entirely by the sound, and we can understand, by studying the transformation of the French into the Creole dialect, the process by which Latin, spoken by the uncivilized Gauls, became our own French. How ever ridiculous the Creole dialect may appear, it is of importance to the student of philology; for its structure serves to strengthen the great laws of language, and its history tends to prove how dialects have sprung from one original language and spread all over the world.</p>
<p>          To the negroes of Louisiana may be attributed the same characteristics that Prof. James A. Harrison recognizes in the American blacks of the South, that is to say, humor and a naïveté bordering on childishness, together with a great facility for imi tating the sounds of nature and a wonderful aptitude for music. Their language partakes necessarily of their character, and is sometimes quaint, and al ways simple. Their plantation songs are quite po etical, and I may say, charming in their oddity.</p>
<p>          Of course there is no established orthogra phy for the Creole patois, and this obscure dialect of a Romance tongue is written, like the Spanish, without regard to etymology and simply by the sound, though the letters, in passing from the language into the dialect, have not kept their original value. It is this misconception in hearing that has given rise in the patois to the word-decay so important in the formation of dialects, but we may also observe in the language of the negroes a great many examples of abbreviations due entirely to the want of energy of the person speaking, a principle well established by linguists, and of great value. The negro does not wish to say <em>embarrassé, embêter, appeler, entendre, vouloir, aujourd&#8217;hui, écorcher, là-dedans, capable</em>, but will say; <em>&#8216;bété, &#8216;pélé, &#8216;tendé, &#8216;oulé, &#8216;jordi, &#8216;corché, ladan, capab&#8217;</em>, cutting off as many letters and even syl lables as possible, as we have done with the Latin for our French.</p>
<p>          The process of agglutination is very frequent in the Creole patois, and we see such expressions as in <em>nomme</em> (un homme) and <em>dé nomme</em>, <em>in dézef</em> (un oeuf), <em>dé lacloche</em> (deux cloches), <em>troi dézo</em> (trois os), <em>in lari</em> (une rue), which may appear very strange, but are not more so than our <em>deux lierres</em> and <em>le lendemain</em>.</p>
<p>          The genitive of the Old French exists purely in the Creole patois, and if the student of la langue d&#8217;Oïl finds it strange to see such expressions as &laquo;&nbsp;en son père verger,&nbsp;&raquo; he will be quite astonished to hear the Louisiana negro say: choal Jile mouri, which might indicate that Jules was a horse, if we did not know that he was the owner of the animal.</p>
<p>&#8230;<strong></strong></p>
<p>          Mr. Littré, in his &laquo;&nbsp;Histoire de la langue française,&nbsp;&raquo; says that the Iliad can be translated more easily into Old French than into our modern lan guage, and he gives the first book of Homer&#8217;s poem written in the language of the thirteenth century. I believe that Old French, in its turn, can be translated very well into the Creole dialect, and I give below a few lines of &laquo;&nbsp;la Chanson de Ro land&nbsp;&raquo; in our Louisiana patois.&nbsp;&raquo;</p>
<p> </p>
<p>          <strong>Traduction française :</strong></p>
<p> </p>
<p>          &nbsp;&raquo;Au sujet de la langue française en Louisiane, il est nécessaire de dire quelques mots au sujet de ce très étrange dialecte, si on peut l&#8217;appeler ainsi, parlé par les nègres en Basse-Louisiane. Il est tout à fait intéressant de noter la façon dont les Africains illettrés et primitifs ont formé un idiome entièrement par le son, et l&#8217;on peut comprendre, par l&#8217;étude de la transformation du français dans le dialecte créole, le processus par lequel le latin, parlé par les Gaulois non-civilisés, est devenu notre propre français. Malgré l&#8217;apparence éventuellement grotesque du dialecte créole, il est important pour les étudiants de philologie car sa structure sert à renforcer les grandes lois de la langue, et son histoire tend à montrer la façon dont les dialectes naissent d&#8217;une langue originelle et se propagent dans le monde entier. <br />
          Les Noirs de la Louisiane ont probablement les mêmes caractéristiques que le professeur James A. Harrison distingue chez les Noirs d&#8217;Amérique du Sud, c&#8217;est-à-dire, l&#8217;humour et une naïveté à la limite de l&#8217;infantilité, avec une grande facilité pour imiter les sons de nature et une brillante aptitude pour la musique. Leur langue, parfois pittoresque mais toujours simple, partage des similitudes avec leur personnalité. Les chansons des plantations sont assez poétiques, et je dirais, charmantes dans leur singularité. <br />
          Bien sûr, il n&#8217;y a pas d&#8217;orthographe officielle du patois créole, et ce dialecte obscur tiré d&#8217;une langue romane est écrit, comme l&#8217;espagnol, sans égard à l&#8217;étymologie et simplement par le son, même si les lettres, en passant de la langue au dialecte, n&#8217;ont pas conservé leur valeur d&#8217;origine. C&#8217;est cette erreur dans la sonorité qui a donné lieu dans le patois à la dégénérescence du mot, si important dans la formation des dialectes. Nous pouvons également observer dans la langue des nègres un grand nombre d&#8217;exemples d&#8217;abréviations entièrement dus à la paresse de la personne qui parle, un principe bien établi par les linguistes, et d&#8217;une grande valeur. Le nègre ne veut pas dire <em>embarrassé, embêter, appeler, entendre, vouloir, aujourd&#8217;hui, écorcher, là-dedans, capable</em>, mais dira: <em>&#8216;bété, &#8216;pélé, &#8216;tendé, &#8216;oulé, &#8216;jordi, &#8216;corché, ladan, capab&#8217;</em>, coupant le plus grand nombre de lettres et même de syllabes possible, comme nous l&#8217;avons fait avec le latin pour notre français. <br />
          Le processus d&#8217;agglutination est très fréquent dans le patois créole, et nous voyons des expressions telles que dans <em>nomme</em> (un homme) et <em>dé nomme</em>,<em>in</em> <em>dézef </em>(un oeuf), <em>dé lacloche</em> (deux cloches), <em>troi dézo</em> (trois os), <em>in lari </em>(une rue), qui peuvent apparaitre très étrange, mais qui ne le sont pas plus que nos<em>deux lierres</em> et <em>le lendemain</em>. <br />
          Le génitif du vieux français existe entièrement dans le patois créole, et si l&#8217;étudiant de la langue d&#8217;Oïl estime qu&#8217;il est étrange de voir des expressions telles que &laquo;&nbsp;en <em>son père verger</em>,&nbsp;&raquo; il sera très étonné d&#8217;entendre le nègre louisianais dire :<em>choal Jile Mouri</em>, ce qui pourrait indiquer que Jules était un cheval, si nous ne savions pas qu&#8217;il était le propriétaire de l&#8217;animal.</p>
<p>&#8230;</p>
<p>          M. Littré, dans son &laquo;&nbsp;Histoire de la langue française&nbsp;&raquo;, explique que <em>l&#8217;Iliade</em>peut être traduite plus facilement en vieux français que dans nos langues modernes, et il fait part du premier livre du poème d&#8217;Homère écrit dans la langue du XIIIème siècle. Je crois que le vieux français, à son tour, peut être très facilement traduit dans le dialecte créole, et je donne ci-dessous quelques lignes de &laquo;&nbsp;La Chanson de Roland&nbsp;&raquo; dans notre patois louisianais.&nbsp;&raquo;</p>
<p>**********************</p>
<p><strong>La Chanson de Roland</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p><strong></strong></p>
<p> </p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="346" valign="top">
<p align="center"><strong>Ancien français : LAISSE CLXXVI, vv. 2375-2396</strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
</td>
<td width="346" valign="top">
<p align="center"><strong>Créole</strong></p>
</td>
</tr>
<tr>
<td width="346" valign="top">Li quens Rollant se jut desuz un pin; <br />
Envers Espaigne en ad turnet sun vis. <br />
De plusurs choses a remembrer li prist: <br />
De tantes teres cum li bers conquist, <br />
De dulce France, des humes de sun lign,<br />
De Carlemagne, sun seignor, kil nurrit. <br />
Ne poet muer n&#8217;en plurt e ne suspirt. <br />
Mais lui meïsme ne volt mettre en ubli, <br />
Cleimet sa culpe, si priet Deu mercit: <br />
«Veire Patene, ki unkes ne mentis, <br />
Seint Lazaron de mort resurrexis, <br />
E Daniel des leons guaresis, <br />
Guaris de mei l&#8217;anme de tuz perilz <br />
Pur les pecchez que en ma vie fis!» <br />
Sun destre guant a Deu en puroffrit; <br />
Seint Gabriel de sa main l&#8217;ad pris. <br />
Desur sun braz teneit le chef enclin;</p>
<p>Juntes ses mains est alet a sa fin. <br />
Deus tramist sun angle Cherubin, <br />
E seint Michel del Peril; <br />
Ensembl&#8217;od els sent Gabriel i vint. <br />
L&#8217;anme del cunte portent en pareïs.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>Manuscrit d&#8217;Oxford, Joseph Bédier, <em>La Chanson de Roland, </em>Paris : L&#8217;Edition d&#8217;Art H. Piazza, 1937.<strong></strong></td>
<td width="346" valign="top">Conte Roland assite enba in pin</p>
<p>côté l&#8217;Espagne li tournin so figuire,</p>
<p>li commence pensé boucou kichoge :</p>
<p>tou laterre yé li prenne comme in brave,</p>
<p>la France si doux, nomme so famille,</p>
<p>é Charlemagne so maite, qui té nouri li</p>
<p>li pa capab&#8217; péché crié é soupiré.</p>
<p>main li vé pa blié li meme,</p>
<p>li confessé so péché, mandé bon Djé pardon</p>
<p>&#8216;mo bon papa qui jamin menti,</p>
<p>qui té ressuscité Saint Lazare</p>
<p>et sauvé Daniel de lion layé,</p>
<p>sauvé mo zame dé tou danzer</p>
<p>pou péché qué dans mo la vie mo fai.</p>
<p>so dégant drét li ofri bon Djé,</p>
<p>saint Gabriel prenne li dans so la main</p>
<p>enhau so bra li tchombo so latéte,</p>
<p>so lamain yé jointe, é li mouri enfin.</p>
<p>bon Djé voyé so zange cherubin</p>
<p>é saint Michel dé lamer péril</p>
<p>avec yé saint Gabriel vini</p>
<p>é yé porté so zame dans paradis.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Fortier, (Alcée), <em>Louisiana Studies</em>,</p>
<p>Hansell et Bro., Nouvelle Orléans, 1894.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p> </p>
<p> </p>
<p><strong></strong></p>
<p> </p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="343" valign="top">
<p align="center"><strong>Français moderne : LAISSE CLXXVI</strong> </p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p> </p>
<p> </p>
<table border="1" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td width="343" valign="top">Le comte Roland est couché sous un pin.</p>
<p>Vers l&#8217;Espagne il a tourné son visage.</p>
<p>De maintes choses il lui vient souvenance : de</p>
<p>tant de terres qu&#8217;il a conquises, le vaillant,</p>
<p>de douce France, des hommes de son lignage,</p>
<p>de Charlemagne, son seigneur, qui l&#8217;a nourri.</p>
<p>Il en pleure et soupire, il ne peut s&#8217;en empêcher.</p>
<p>Mais il ne veut pas se mettre lui-même en</p>
<p>oubli ; il bat sa coulpe et implore la merci de</p>
<p>Dieu : « Vrai Père, qui jamais ne mentis, toi</p>
<p>qui rappelas saint Lazare d&#8217;entre les morts,</p>
<p>toi qui sauvas Daniel des lions, sauve mon</p>
<p>âme de tous périls, pour les péchés que j&#8217;ai</p>
<p>faits dans ma vie ! » Il a offert à Dieu son gant</p>
<p>droit : saint Gabriel l&#8217;a pris de sa main.</p>
<p>Sur son bras il a laissé retomber sa tête ; il</p>
<p>est allé, les mains jointes, à sa fin. Dieu lui</p>
<p>envoie son ange Chérubin et saint Michel du</p>
<p>Péril ; avec eux y vint saint Gabriel. Ils portent</p>
<p>l&#8217;âme du comte en paradis.</p>
<p><strong> </strong><br />
<strong> </strong></p>
<p>Publiée d&#8217;après le manuscrit d&#8217;Oxford et traduite par Joseph Bédier, <em>La Chanson de Roland, </em>Paris : L&#8217;Edition d&#8217;Art H. Piazza, 1937.</td>
</tr>
</tbody>
</table>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/louisianes/lancien-francais-et-le-creole-louisianais/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Une revue francophone sur l&#8217;Internet</title>
		<link>http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/une-revue-francophone-sur-linternet/</link>
		<comments>http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/une-revue-francophone-sur-linternet/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 10 Aug 2008 21:22:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Leupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Créolisations]]></category>
		<category><![CDATA[Interviews]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://mondesfrancophones.com/?p=507</guid>
		<description><![CDATA[Paru dans l'Édition internationale du FIGARO FRANCE-AMERIQUE, 17-23 février 2007, Nº 1810.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[
<div class="topsy_widget_data topsy_theme_" style="float: right;margin-left: 0.75em; background: url(data:,%7B%20%22url%22%3A%20%22http%253A%252F%252Fmondesfrancophones.com%252Fespaces%252Fcreolisations%252Fune-revue-francophone-sur-linternet%252F%22%2C%20%22style%22%3A%20%22small%22%2C%20%22title%22%3A%20%22Une%20revue%20francophone%20sur%20l%27Internet%20%23%22%20%7D);"></div>
<p>Le 20 mars 2007, la revue <a href="http://mondesfrancophones.com/">mondesfrancophones.com</a> sur l&#8217;Internet fêtera son premier anniversaire. Son bilan témoigne d&#8217;un succès inespéré, qui va croissant : 150 articles, créations, interviews et comptes rendus, 1000 pages publiées par 80 auteurs, provenant de 18 pays et régions du monde (Baléares, Belgique, Brésil, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Congo, France, Guadeloupe, Polynésie Française, Martinique, Israël, Côte d&#8217;Ivoire, Portugal, Roumanie, Suisse, Tunisie, États-Unis). Chaque mois, la revue reçoit en moyenne 5500 visiteurs, qui lisent environ 15.000 pages. Son directeur est le professeur Alexandre Leupin, Chevalier des Arts et des Lettres, qui depuis 23 ans, enseigne la littérature française, l&#8217;épistémologie et la psychanalyse à l&#8217;Université d&#8217;État de la Louisiane (Louisiana State University). La revue est basée dans le Département d&#8217;Études Françaises. Le professeur Leupin est auteur de nombreux articles et ouvrages, le dernier en date « Lacan Today: Psycho-analysis, Science, Religion ». II nous explique ce succès.</p>
<p> </p>
<p><strong>FRANCE-AMERIQUE.-</strong></p>
<p><strong>Comment la revue est-elle née ? </strong></p>
<p> </p>
<p><strong>Alexandre LEUPIN.-</strong></p>
<p>La revue tire son origine d&#8217;une idée si simple que l&#8217;on s&#8217;étonne qu&#8217;elle ne soit venue à l&#8217;esprit de personne auparavant : la francophonie, dans ses dimensions de création et de réflexion, est un réseau qui couvre le monde et implique de nombreux pays différents. Il en va de même pour l&#8217;Internet. Dès lors, pourquoi ne pas faire coïncider ces deux toiles sur un site web ?</p>
<p> </p>
<p><strong>Quel est le but de la revue ?</strong></p>
<p> </p>
<p>Je suis convaincu tout d&#8217;abord que la francophonie doit prendre toute sa part dans les technologies nouvelles de l&#8217;information et de la communication :</p>
<p><a href="http://mondesfrancophones.com/">mondesfrancophones.com</a> emploie les procédures techniques les plus pointues. Nous souhaitons montrer ensuite que le recours à cette technologie n&#8217;oblige pas à négliger l&#8217;esthétique et le goût, valeurs que la culture francophone a toujours faites siennes. La revue qui entend diffuser la création et la pensée francophones innovantes, met un point d&#8217;honneur à soigner sa qualité graphique. Nous parions, aux rebours de certains préjugées, que l&#8217;Internet concerne aussi les pays en développement ; davantage, qu&#8217;il peut leur être essentiel. Grâce en particulier à l&#8217;action des organismes francophones, l&#8217;équipement de ces pays est en cours : c&#8217;est pour eux un droit légitime, ainsi qu&#8217;une chance. Nous pensons qu&#8217;une jeune écrivaine mauricienne, qu&#8217;un philosophe camerounais ou guadeloupéen originaux auront plus facilement accès à une revue en ligne qu&#8217;à une publication de papier, à l&#8217;impression coûteuse, à la distribution difficile et au lectorat aléatoire. Il est souhaitable que la N.R.F. les publie un jour ; ils le seront sans doute parce que <a href="http://mondesfrancophones.com/">mondesfrancophones.com</a> leur aura donné leur première chance. Dans cet esprit, il est aussi crucial que ces écrivains du Sud novateurs voient leurs créations ou essais affiches côte à côte avec ceux des auteurs mondialement connus (entre autres Édouard Glissant, Jacques Henric et Pierre Guyotat) dont nous avons déjà publiés des inédits.</p>
<p> </p>
<p><strong>Comment envisagez-vous le futur de la revue ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>II reste beaucoup à faire, en particulier dans le domaine de l&#8217;interactivité (commentaires, blogs, forums, etc.). Mais à long terme, <a href="http://mondesfrancophones.com/">mondesfrancophones.com</a> a l&#8217;ambition de devenir le lieu de rendez-vous privilégié pour les créateurs et les essayistes de la francophonie. Donc, francophones de tous horizons, si la plume vous démange, n&#8217;hésitez pas à nous soumettre des textes !</p>

]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://mondesfrancophones.com/espaces/creolisations/une-revue-francophone-sur-linternet/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

<!-- Performance optimized by W3 Total Cache. Learn more: http://www.w3-edge.com/wordpress-plugins/

Minified using disk
Page Caching using disk (enhanced)
Database Caching 6/21 queries in 0.005 seconds using disk

Served from: mondesfrancophones.com @ 2012-05-21 14:40:45 -->
